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SUJET : [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire

[Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1491

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Chroniques Métamorphes



L’Uroboros de l’Enfer :
fantastique voyage illusoire




Une colonne de lumière et d’éclairs rouges haute de trois mètres et large de deux apparut au milieu de la nuit au beau milieu d’une forêt.
Un cercle de lumière rouge remplit de symboles et de formes géométriques se trouvait à sa base.
Le tout disparut au bout de quelques secondes, laissant un adolescent vêtu de noir et de rouge inconscient dans son sillage.
Le silence de la nuit reprit alors ses droits et celle-ci s’acheva tranquillement…



Chapitre 1 : Un nouveau monde


« Voyager, c’est bien mais encore faut-il ne pas se perdre. Et ne pas mourir, aussi, accessoirement. »
Malbas Elric

- Aïe, ma tête… Se plaignit un jeune garçon qui venait de se relever, la main droite qui ne comportait que trois doigts sur le front.
Il tituba un instant puis regarda autour de lui.
Il devait avoir aux alentours de seize ans. Ses cheveux étaient noirs coupés courts et ses yeux bleu-gris allaient et venaient, analysant le décor.
- Mais… Où suis-je ? Demanda-t-il à haute voix.
(- Au hasard : une forêt), railla une voix dans l’esprit de l’adolescent.
Celui-ci soupira.
Cette voix, profonde et avec une légère sonorité métallique…
- Toujours là, Pride… Constata le perdu.
(- Ne prends pas cet air là, je suis sûr que je t’aurais manqué, l’Envieux… Remarque, faudrait innover… Il te faut un nouveau surnom…)
- Je me nomme Réo. Tu serais gentil de m’appeler par mon prénom !
(- Ah, c’est ton prénom ? Tu en es sûr ? D’ailleurs, tu peux me parler en pensée, inutile de t’exprimer à voix haute. Tu as l’air plus idiot qu’à l’accoutumée à déblatérer des inepties tout seul… Je crois que je vais ajouter Jealousy à ta liste de surnom…)
- Je t’emmerde, pensa Réo, ce qui tira un sourire mental à Pride.
Pride.
L’autre personnalité de Réo. Incarnation de l’Orgueil, Réo étant l’Envie, et détenteur du pouvoir de contrôler les ombres. Il était comme une seconde âme, une autre personne qui cherchant à prendre le contrôle.
Et il avait déjà réussi une fois…

Réo regarda à nouveau autour de lui.
La forêt dans laquelle il se trouvait était assez peu éclairée par le soleil, signe que ce devait être le matin. Probablement.
Quoi qu’il en soit, des champignons poussaient un peu partout et l’atmosphère était plutôt humide. Un mauvais point pour Réo qui appréciait peu l’humidité. Ainsi que l’eau et le froid.
(- T’aimes rien de toute façon), commenta Pride.
L’adolescent ignora le commentaire et se mit à marcher.
- Je me demande comment je suis arrivé là… Marmonna-t-il.
(- Bizarrement, ça me rappelle quelque chose… Comme un air de déjà vu cette situation…)
- Nan, j’ai toute ma mémoire, tous mes pouvoirs et t’es toujours là. Donc c’est pas pareil, contredit Réo.
(- A mon avis, nous sommes atterris ici à cause de l’absorption de la Pierre de Malbas. Si mes souvenirs sont bons, ça a provoqué une sacré instabilité…), tenta Pride.

Réo approuva et tenta de se souvenir.


Alors qu’une comète traverse le ciel le rendant orangé, deux êtres se battent dans un lieu rempli de colonnes rocheuses.
Réo, dont un œil était violet à la pupille verticale recule, évitant les lames qui avaient jaillies du sol dans un concert d’éclairs rouges.
Son adversaire lui fait face, toujours confiant.
Des cheveux blonds assez longs coiffés en queue de cheval, des yeux dorés, un âge physique de devant pas excéder dix-sept ans, il porte une bague dorée surmontée d’une pierre sphérique rougeâtre à la main gauche.
Pride fait jaillir ses ombres de celle de Réo, réduisant les lames en miettes et Réo en profite alors pour se ruer sur son ennemi.
Malbas lance un jet de flammes que sa pierre amplifie mais Réo le traverse en alliant sa maîtrise du feu à sa vitesse.
Il atteint son adversaire et lui donne un coup de poing.
Malbas le pare avec la main gauche...
La pierre entre alors en contact avec la main de Réo et est instantanément absorbée par celui-ci.
Une colonne de lumière et d’éclairs rouges s’élève soudain, englobant les deux combattant qui ressentent une douleur immense.
Un cercle lumineux se dessine au sol, puis…

- Puis rien. Le trou noir. Je me réveille ici, allongé… Pensa Réo.
(- A mon avis, nous avons changé de monde.) Proposa Pride.
- Super. Vraiment. Au moins, plus besoin que tu manges des gens, avec la pierre nous avons suffisamment d’âmes pour alimenter notre auto-régénération pendant des centaines d’années ! Lança Réo.
(- Je crains que non. Le… Voyage a consumé la quasi-totalité des âmes de la pierre. Des 13437 qu’elle contenait, il nous en reste à peine une vingtaine. Voir moins.)
Réo se figea.
Ça, c’était une mauvaise nouvelle. Avec l’énergie de vingt âmes, il pouvait certes survivre à plusieurs morts mais si Malbas était là lui aussi, cela risquait de ne pas être suffisant…

La dernière fois, Pride avait amassé l’énergie équivalente à plus de cent âmes humaines lambda, en trichant un peu puisque l’énergie de l’âme d’un maître d’un élément valait quatre âmes normales. C’était également ainsi que Réo avait apprit la maîtrise du feu, de l’eau et de la terre, car lorsque Pride mangeait quelqu’un, ils acquéraient ses souvenirs, compétences et pouvoirs. Ainsi que son âme.

(- Tu devrais me dire merci, sans moi nous serions morts et tu n’aurais pas la maîtrise des éléments…), lança Pride.
- Tu rêves ! Je ne te remercierai jamais pour avoir tuer des innocents ! Même si ça nous est bénéfique ! Gueula Réo.
(- Vous, les humains, êtes vraiment incompréhensibles… Et certains n’étaient pas si innocents que ça…)

Le nouvel arrivant se remit à marcher, râlant à propos de la disparition de ses deux sabres, perdus lors de son précédent combat. Il n’était pas un bretteur confirmé mais ses diverses facultés avaient comblé ses lacunes.
Alors que Pride élaborait une théorie selon laquelle la présence de la pierre, même presque vidée, améliorait le pouvoir de transformation de Réo ainsi que son alchimie, ils aperçurent une clairière un peu plus loin.
Une maison s’y trouvait.
De taille moyenne, sa façade était en partie envahie par du lierre. En plus du rez-de-chaussée, un second étage semblait avoir été aménagé puisque deux petites fenêtres étaient visibles dans la toiture.
(- Qui est assez taré pour vivre au milieu d’une forêt ?) Demanda Pride, toujours aussi direct.

Réo ne répondit pas et se mit à humer l’air, remarquant enfin une odeur particulière.
Odeur signalant que…
- Hé ! Mais, t’es qui toi ? Et qu’est-ce que tu fais devant chez moi ?
Signalant qu’une humaine ne se trouvait pas loin.
Réo se tourna vers la droite, faisant face à la jeune fille qui venait de l’interpeller.

Il fut assez surpris qu’elle était vêtue comme les sorcières dans les histoires de son monde d’origine.
Elle portait une jupe noire surmontée d’un tablier blanc ainsi qu’une veste noire par-dessus une veste blanche. Ses cheveux blonds étaient sous un imposant chapeau pointu et elle avait une natte à gauche de son visage. Enfin, elle tenait un balai à la main droite.

- Euh… Je me nomme Réo Ryu… Je ne fais que me balader… Où suis-je d’ailleurs ? Et qui es-tu ? Répondit l’adolescent, déstabilisé.
(- Je l’avais dis qu’il fallait être taré pour vivre ici), railla Pride.
La fille fronça les sourcils.
- Je suis Marisa Kirisame, magicienne ordinaire, annonça la demoiselle.
(- C’est vrai qu’être magicienne est tellement ordinaire…), commenta l’Orgueil.
La magicienne regarda étrangement Réo, comme si elle avait entendu le commentaire.
- Tu es dans la forêt de la magie. Et devant ma maison. D’où viens-tu et comment es-tu arrivé ici, puisque tu ignores où tu es ? Reprit Marisa.
- Euh… C’est compliqué… Avoua l’Envie.
(- Sûr que c’est con… pliqué. Bon, je propose de se barrer d’ici. Transforme-toi en aigle, qu’on ait une idée de ce à quoi ça ressemble ici. Ou alors je peux la manger. Tu me files ton corps, Jealousy ?) Proposa Pride.
Réo serra les poings, se préparant à rabrouer « avec délicatesse » son colocataire spirituel.

S’en fut trop pour Marisa.
Depuis un moment, elle ressentait une présence étrange dans la forêt. Pendant la nuit, elle avait vu au loin un éclat de lumière rouge mais elle n’avait pas été voir, trop occupée par ses recherches.
Et voilà que ce type arrivait.
Il s’agissait bien de la présence, l’éclat de lumière devait être lié à lui. En fait, une aura maléfique se dégageait de lui. Quelque chose de profondément malsain.
Et puis, il y avait autre-chose, à l’intérieur de lui. Comme si plusieurs personnes étaient emprisonnées dans son corps.

Convaincue que cet être était dangereux, la sorcière le somma de s’expliquer ou de partir, lui envoyant plusieurs projectiles énergétiques verts lorsqu’il détourna la question.
- Hey, du calme ! Tenta l’adolescent.
- Raconte pas de conneries, tu caches quelque chose ! Quelque chose qui n’est pas joli joli à mon avis ! S’énerva la magicienne.
(- J’ai toujours su que t’étais une brêle avec les filles mais là…), lança Pride avec un léger rire.

Trop occupé à éviter les tirs qui commençaient à pleuvoir, Réo ne pu répondre.
- Pride, quelque chose cloche. Pas de blagues, j’ai l’impression que j’ai perdu l’œil ultime ! Constata Réo qui manqua de se faire toucher par une grosse boule verte.

L’œil ultime, le dernier pouvoir lié à sa condition que Réo avait obtenu.
Il s’agissait d’une amélioration incroyable de la vue, ce qui lui permettait de voir des choses extrêmement rapides, le rendant très difficile à surprendre et à toucher.
Apparemment, cette faculté semblait avoir disparu ou du moins s’être considérablement affaiblie.

Marisa sortit soudain une carte de sa jupe, la brandit et énonça :
- Star Sign "Meteonic Shower"
Aussitôt, elle tendit les mains et des dizaines de grosses étoiles multicolores foncèrent vers Réo.
Ce dernier claqua ses mains l’une contre l’autre et les posa au sol dans le but de le transmuter en un mur métallique…
Rien ne se passa et il dut rouler sur le côté pour ne pas se faire toucher.
(- L’alchimie aussi ! Ma théorie s’effondre !) Constata Pride.
Réo pesta, évita une étoile et frappa le sol du pied tout en levant les bras, espérant faire sortir un mur de pierre du sol, via sa maîtrise de la terre.
Sans succès.
(- Epic Fail), s’amusa l’Orgueil.
- Merde ! Jura Réo avant de se transformer en eau.
Il évita ainsi tous les projectiles et se reforma, ce qui étonna assez Marisa pour donner un léger temps de répit au métamorphe.
Celui-ci décida de contre-attaquer et tendit brusquement ses bras, voulant lancer un jet de flammes…
(- Là, t’as vraiment l’air con), assura Pride alors que rien ne sortait.
De toute évidence, ils avaient perdu la maîtrise des éléments et Réo renonça à tenter celle de l’eau.
Marisa se reprit et se remit à tirer des projectiles verts et des petites étoiles tout en sortant un petit objet de sa poche…
L’ancien maître de trois éléments évita les projectiles par une roulade et plusieurs pirouettes, son agilité étant encore intacte.
Il se retrouva toutefois en pleine ligne de mire de Marisa qui tendit un objet octogonal en hurlant :
- Love Sign « Master Spark » !

Alors que Réo s’attendait à des projectiles divers et variés, ce fut un immense rayon d’énergie arc-en-ciel qui jaillit du petit objet.
Renonçant à l’esquiver, le métamorphe se protégea avec ses bras dont il modifia la structure de la peau. Celle-ci devint noire, étant désormais recouverte de carbone aussi dur que du diamant.
Réo venait d’utiliser en partie son « Bouclier Ultime » mais il ne put l’étendre encore plus, trop occupé à bloquer le laser.
Celui-ci était de l’énergie brute et dégageait énormément de chaleur.
Les bras du métamorphe se mirent alors à chauffer.
C’est alors que le bouclier commença à se fissurer et les bras à faiblir…
- C’est impossible… Mon bouclier ! Hurla Réo, éberlué avant que le Master Spark ne perce sa défense et le frappe de plein fouet
Le rayon brûla le métamorphe tout en le propulsant en arrière, lui faisant traverser une bonne partie de la forêt avant de disparaître.
Après que son adversaire eu disparut de son champ de vision, Marisa poussa un soupir, grimpa sur son balai et s’envola dans une toute autre direction.

Allongé près de la lisière de la forêt, Réo toussa et se releva tandis que plusieurs éclairs rouges crépitaient autour de lui, annonçant que son pouvoir d’auto-régénération s’était mis en marche.
Les brûlures disparurent et la douleur du dos dû à l’impact avec le sol aussi.
Voyant que ses vêtements en avaient pris un sacré coup, le métamorphe les répara via son pouvoir de changeur de forme : les éclairs rouges crépitèrent à nouveau et une lumière cramoisie le parcourut.
Une fois les « réparations » achevées, Réo poussa un long soupir.
Pas brillant, tout ça.

(- Pour une raclée, c’est une sacrée raclée. Le voyage t’a ramolli, petit envieux…), constata Pride.
- J’étais pas prêt ! Se défendit Réo, dégoûté par sa défaite cinglante.
(- En tout cas, le Bouclier a également perdu en puissance. Certes son laser produit pas mal de chaleur mais les atomes de carbone auraient dû mettre plus de temps à se désolidarisés. Je me demande si cela vient du voyage ou des âmes perdues… D’ailleurs, on a encore perdu de l’énergie avec cette fichue défaite… T’es vraiment pas doué, Jealousy), exposa l’Orgueil.
Nouveau soupir.
- Je vois où tu veux en venir et non, je ne te laisserai pas recommencer ta tuerie ! Prévint Réo à haute voix.
Méprisant le soupir déçu et les protestations de Pride, le métamorphe regarda autour de lui et aperçut un village qui ne devait pas être très loin.
Ayant toutefois une flemme immense d’y aller à pied et voulant limiter les rencontres, et les combats, Réo se transforma.
Eclairs rouges et lumière firent leur œuvre et ce fut un aigle noir qui s’envola en direction du village…


Accroupit près d’un arbre, un homme laissa un rictus se dessiner sur ses lèvres en voyant l’aigle s’éloigner.
- A bientôt, l’Envie… Murmura-t-il.
You know who I am.
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Re: [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1492

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Chapitre 2 : L'ombre du serpent vert

« La Jalousie est un poison. Certains trouvent parfois que quelqu’un de jaloux est « mignon » mais ils sont loin de la vérité.
Car la jalousie peut consumer une âme... Et causer des dégâts irréparables…»

Malbas Elric

Tout en s'approchant du village, Réo observa la géographie des alentours. Il repéra ainsi une montagne ainsi qu'un immense lac. Sa surface était toutefois couverte de brume ce qui empêchait d'en savoir plus.
L'aigle se posa près d'une demeure en bois à la périphérie du village et reprit forme humaine. Ce fut donc vêtu de simples vêtements noirs et les mains dans les poches que le métamorphe se mit à arpenter les rues.
(- Niveau technologie c'est encore à la ramasse. Apparemment, c'est du même niveau que lors de notre dernier voyage...), remarque Pride.
- Oui mais, au vu de ce que je me suis pris dans la tronche tout à l'heure, la magie fonctionne ici, rétorqua Réo.
(- Ne rêve pas, petite envieux, tu ne peux pas l'apprendre en l'état actuel des choses. Si tu me laisses manger un habitant de ce monde en revanche...), tenta l'Orgueil.
- Rêve, ombreux !
Ignorant les traditionnelles tentatives de négociation du maître des ombres, Réo s'engagea dans une nouvelle rue.
Après quelque pas, il lut distraitement une enseigne : « Magasin d'occasion Kirisame »,
(- LA SORCIÈRE !) Hurla Pride, ce qui fit sursauter le métamorphe qui s'éloigna rapidement de l'échoppe.

Occupé à discuter avec son opposé maléfique, Réo ne vit pas la jeune fille vêtue de vert et ayant les cheveux argentés coupés courts qui arrivait en sens inverse, un sac à la main droite et les yeux rivés sur un papier qu'elle tenait à la main gauche.
Coup classique et inévitable, les deux se percutèrent, perdirent l'équilibre et se retrouvèrent assis par terre.
Heureusement pour leur crédibilité, personne ne les avait vus.
- Ouch... Désolée, c'est ma faute, je ne regardais pas où j'allai, je ne vous ai pas fait mal ? S'excusa la fille en se relevant.
- Non, non, c'est rien... Je ne faisais pas vraiment attention non plus... Avoua Réo en se relevant.
(- Incapable...), commenta Pride.
Alors que la fille ramassait le sac qu’elle avait lâché, L’Envie ramassa un papier par terre.
- Euh… C’est à toi, non ? Demanda Réo en tendant ce qui était en fait une liste de courses très garnie.
Il remarqua alors la forme blanche étrange qui suivait la jeune fille ainsi que les deux katanas accrochés au niveau de la taille.
(- Ce sont plus exactement un katana et un wakizashi. Ce monde est également sous influence asiatique… Et c’est moi où le truc blanc est un fantôme ?)
- Oui, merci, j’ai dû la lâcher… Dire que je vais devoir porter tout ça toute seule… Fit la fille avant de soupirer.
- Je peux t’aider si tu veux, proposa Réo.
(- Quoi ? Tu déconnes !!!) S’exclama Pride.
- Oh, vraiment ? Je ne voudrais pas… Réagit la fille, surprise.
- J’ai rien d’autres à faire de toute façon, puis ça m’apprendra à ne pas regarder où je vais, lança le métamorphe avec un sourire.
- Et bien dans ce cas, allons-y… Au fait, je suis Youmu Konpaku, jardinière du Royaume des Morts, qui êtes-vous ?
- Réo Ryu, simple voyageur fraîchement arrivé ici et tutoie-moi s’il te plaît.
(- Pride, mais moi…)
- On s’en tamponne la navette, compléta l’envieux.
- « Fraîchement arrivé ici » Tu veux dire que tu ne viens pas de Gensokyo ? Demanda Youmu.
(- Grillé), constata l’Orgueil.
- Si Gensokyo est le nom de ce monde alors oui, je ne viens pas d’ici, répondit Réo.
- Je vois, tu viens d’au-delà de la Grande Barrière… Ah, c’est là… Fit la jardinière lorsqu’ils arrivèrent à un magasin.
Youmu acheta divers ustensiles que Réo se dévoua à porter, ce qui amusa énormément Pride.

- La Grande Barrière ? Releva l’Envie alors qu’ils sortaient.
- Celle qui sépare Gensokyo du Monde Extérieur, celui des Humains. Elle est réputée quasi infranchissable mais des Humains arrivent à passer et arrivent ici. En revanche, le voyage inverse est impossible, sauf pour la Youkai des frontières Yukari Yakumo, expliqua Youmu avant de jeter un œil à sa liste.
- Ah…
- C’est ce que tu as fais non ? Tu devais être prêt du Sanctuaire Hakurei de l’autre monde puis tu t’es retrouvé près de celui qui existe ici… Ajouta la jeune fille.
- Euh… Non. Pas du tout. Je ne sais pas comment je suis atterri ici, je suis juste apparu ce matin dans une forêt avant de me faire attaquer par une sorcière qui m’a mis une raclée effroyable, raconta l’envieux.
- Oh… Tu as rencontré Marisa… Elle a tendance à trop en faire, excuse-la. Et puis ici les combats de danmaku sont monnaie courante. Mais c’est évident que pour toi ce ne doit pas être facile…
- Comment ça ?
- Les hommes ne peuvent pas en faire. Du moins, c’est ce qu’on m’a toujours dit. Saches qu’outre dans ce village et à Kourindou, il n’y a pas d’hommes à Gensokyo, expliqua Youmu.
- Décidément, je ne suis pas au bout de mes surprises… Constata le métamorphe.

Les deux entrèrent dans une autre échoppe et en ressortirent dix minutes plus tard, Réo tenant un sac supplémentaire.
- Dis-moi Youmu… C’est normal le fantôme qui te suit partout ? S’enquit l’envieux, poussé par Pride qui le bassinait avec ça depuis plusieurs minutes.

Au mot « fantôme », la jeune fille se raidit puis se retourna, inquiète.
- Un… Un fantôme ? Où… Où ça ? Si c’est une blague, c’est pas drôle ! Balbutia-t-elle, apeurée.
(- Wait, elle travaille au Royaume des Morts et a peur des fantômes ?)
- Bah, le machin blanc qui te colle au basques c’est pas un fantôme ? Demanda l’Envie.
Youmu regarda alors le « machin blanc » puis soupira de soulagement.
- Non, ça c’est Myon, ma moitié fantomatique. Je suis mi-humaine, mi-fantôme. NE ME REFAIS JAMAIS UNE PEUR PAREILLE ! Réagit-elle, passant de l’explication posée à l’ordre hurlé bien que plus amusant qu’autre chose.
(- Donc oui, elle a bel et bien peur des fantômes… Alors qu’elle en est à moitié un… Il doit y avoir une logique quelque-part…), commenta Pride.
- D’accord m’dame ! Lâcha Réo qui se retenait difficilement d’éclater de rire.

Il fallut encore une heure pour que les emplettes soit faites. Désormais chargé de sacs contenant nourriture, ustensiles et autres, Réo suivait Youmu.
Celle-ci avait expliqué pas mal de choses concernant Gensokyo et volait en direction d’une gigantesque double-porte en pierre qui flottait dans les cieux.
Le métamorphe, qui avait utilisé son pouvoir pour s’équiper de deux grandes ailes de chauve-sourie, ne put retenir un sifflement admiratif lorsqu’ils s’en approchèrent.
Arrivée à une cinquantaine de mètres de la porte, Youmu s’arrêta puis se tourna vers Réo.
- C’est ici qu’on se sépare, Hakugyokuro n’est pas un endroit pour toi. C’est le monde des morts… Annonça-t-elle.
- Même pour une livraison ? Lança l’Envie.
- Même. Je ne peux pas te laisser entrer.
La jardinière s’approcha de Réo qui lui donna les sacs.
- T’as pas intérêt à râler parce que c’est lourd, railla l’envieux, ce qui amusa la jeune fille.
- Merci pour ton aide, à la prochaine ! Fit-elle.
Elle se dirigea ensuite vers la porte qui s’ouvrit très légèrement pour lui laisser assez de place pour passer avant de se refermer, sans le moindre bruit.

(- Mignonne cette petite…), lança Pride.
Réo ne répondit pas et prit sa forme d’aigle, gagnant ainsi en agilité puisqu’il n’était pas très à l’aise avec ses ailes géantes sous forme humaine.
- J’ai faim… Constata le métamorphe qui volait désormais vers la Forêt de la Magie.

Youmu lui avait enseigné les principaux lieux de Gensokyo et Réo savait que dans toutes les forêts, il y avait à manger.
(- Sinon on retourne au Village des Humains et on en mange quelques-uns), proposa Pride.
- Arrête, mes pulsions sadiques vont revenir… Prévint Réo.

Même lorsque Pride ne dominait pas, Réo avait parfois des envies de meurtre, un désir impérieux de faire couler le sang, semer la mort et la souffrance. D’après l’Orgueil, c’est justement pour cela que Réo avait ses pouvoirs. Il avait toutefois toujours réussi à ne jamais attaquer des innocents.
En revanche, lors de ses combats, il se déchaînait et ses ennemis l’avaient souvent payés de leur vie…
(- Elle est faite pour Danser… Tu es fait pour Tuer…), énonça l’Ombreux.
- Ne me fais pas penser à Elle ! Hurla intérieurement l’Envie.
(- Pourquoi Jealousy ? Cela te fait mal ? Tu es si gentil pourtant… N’est-ce pas ce qu’elle te disait ? « Tu es gentil »… Dis-moi, qu’es-ce que cela t’a apporté ? Qu’est-ce que ça a changé ?)
- LA FERME ! S’énerva l’Envie.

Ça y était, Pride recommençait à le torturer.
C’était ainsi qu’il s’y prenait pour tenter de s’emparer du corps de Réo : il l’affaiblissait mentalement pour pouvoir avoir le dessus. Et la jalousie était le meilleur moyen d’y arriver.
L’Orgueil allait s’y remettre mais il fut interrompu par le passage à toute vitesse de quelque chose à quelques centimètres de l’aigle.
Celui-ci perdit sa stabilité ainsi que le contrôle de sa trajectoire, fonçant désormais vers une forêt de bambous.
Incapable de se redresser, Réo se crasha à l’orée de ladite forêt, reprenant forme humaine peu avant pour se recouvrir de carbone.
Il se releva donc sans le moindre dommage et fit disparaître le Bouclier Ultime.

(- Au moins, il sert encore un peu… Mais, c’était quoi ce machin qui nous a bousculé ?) Se demanda Pride.
- De ce que j’ai vu, ça avait l’air d’être une femme vêtue de blanc et avec des ailes de plumes noires. Avec ce que m’a dit Youmu, je pense pouvoir affirmer que c’était une Tengu. Et vu sa vitesse… Expliqua Réo.
(- J’aurai mieux fait de l’écouter la demi-fantôme tiens. N’empêche, cette Tengu était encore plus rapide que toi lorsque tu fais tes charges. Et elle peut se contrôler…)
- Non, je ne te laisserai pas aller tenter d’en manger une !
(- Mais j’ai jamais dis que je voulais ça ! Puis tu ne peux pas lire dans mes pensées, d’abord !) Protesta l’Orgueil.

Réo soupira puis fit quelque pas vers les premiers bambous.
- Au pire je peux en manger… Lança-t-il à lui-même.
Il se mit toutefois à humer l’air et afficha un sourire satisfait.
- Mais ce ne sera pas la peine ! Triompha-t-il, ayant sentit un lapin à proximité.
Le métamorphe se transforma donc en loup noir et se fondit entre les bambous.

Marchant dans la forêt, une fille aux courts cheveux verts s’arrête brusquement et affiche un rictus de plaisir accompagné d’un sifflement aigu.

La forêt n’était pas très sombre mais semblait être toujours identique. Les bambous, espacés de deux mètres généralement, étaient absolument verticaux et aucun point de repère ne pouvait être fixé.
Cela ne dérangeait pas le loup noir qui, n’ayant même pas fait attention à ces détails, courait après un lapin qu’il rattrapa et mordit à la nuque, brisant les cervicales.
Le prédateur commença alors son premier repas à Gensokyo et fit honneur à cette première prise, la dévorant totalement.
Vraiment totalement puisqu’il ne resta du lapin que la trace de sang maculant le sol.
Réo reprit alors forme humaine et se lécha les lèvres.
- Excellent le gibier local. Vraiment, apprécia l’Envie.
L’odeur d’un autre lapin lui fit tourner la tête vers la gauche.
Le mammifère aux longues oreilles se déplaçait tranquillement à moins d’une dizaine de mètres mais lorsqu’il remarqua le regard du métamorphe, il voulut s’enfuir.

Réo tendit sa main gauche.
Son index s’allongea à une vitesse fulgurante, devenant une griffe noire démesurée qui transperça le crâne du lapin, désormais à vingt mètres.
(- La Lance Ultime fonctionne toujours. C’est un bon point), nota Pride.
Le doigt de l’Envie se rétracta, le lapin toujours accroché au bout. Sans plus de cérémonie, Réo décida de continuer son festin.

Quelque minutes plus tard, c’est tranquillement que l’envieux se déplaçait.
- Cette forêt est petite d’après ce que j’ai vu mais c’est un endroit idéal pour se perdre ! Râla-t-il.
(- C’est pas pour rien qu’on la nomme la Forêt de Bambous des Egarés).
Réo haussa les épaules et continua de se balader, pouvant de toute façon quitter la forêt par la voie des airs.

(- Dommage que l’œil Ultime ne fonctionne plus… Te rappelles-tu le soir où tu l’as obtenu ?) Demanda Pride.
Réo se figea.
(- Oh oui tu t’en souviens. C’est ce soir-là que je suis né et ai pu te contrôler. Jealousy, dis-moi que tu t’en souviens…), susurra l’Ombreux.
- Ne joue pas à ça ! Lui ordonna l’Envie.
(- Et pourquoi ça, Jealousy ? Ce surnom d’ailleurs te va si bien… La Jalousie est comme une partie de toi maintenant… Tu te souviens d’Elle ?) Continua l’Orgueil.
- Arrête !
(- A combien en étions-nous déjà ? Quatre ? Cinq ? Ah oui, cinq défaites. Pauvre petit envieux… Par cinq fois elle en a choisit un autre, dont deux fois le même… Tu te rappelles lorsque tu les as vus s’embrasser ?)
Les yeux de Réo s’écarquillèrent sous la rage et la douleur alors que Pride lui remettait cette image en tête.
(- Et ce n’était que le début… Pauvre petit envieux… Au moment où tu pensais avoir une chance, tu es défait une cinquième fois… Imagine ce qu’elle a fait avec lui… Oh oui, certainement…)
S’en était trop.
Les images que Pride montrait étaient insupportables.
Réo mit un genou à terre et se boucha les oreilles, chose inutile, tout en lui répétant de se taire.
Mais l’Orgueil n’écoutait pas et, au contraire, continuait…

Quel étrange bonhomme, agenouillé là à marmonner.
La fille cesse de l’observer et passe sa langue fourchue sur ses lèvres.
Un humain. Elle a si faim…
Silencieusement, elle s’approche dans le dos de sa proie…

- Pride, TAIS-TOI ! Hurla Réo en se relevant brusquement.
L’acharnement du maître des ombres avait énervé le métamorphe qui n’avait pas fait attention à l’étrange odeur qu’il sentait.
Toutefois, il se retourna quand même.
Il vit donc une fille qui devait avoir environ vingt ans physiquement.
Elle était vêtue d’un gilet et d’une jupe verte, aussi verte que ses cheveux courts. Ses yeux étaient jaunes aux pupilles verticales et deux boucles d’oreilles en forme de serpent se balançaient de chaque côté de sa tête.

- Ksssssss, tu n’es pas drôle… Et j’ai faim… Lança-t-elle.
(- Youkai serpent je suppose), lança Pride.
- Et tu crois que je vais te laisser me manger, idiote ? Railla Réo.
La fille-serpent ne répondit pas, se contentant de faire tressauter sa langue fourchue. Elle écarta ses doigts terminés par des griffes puis se mit en position de combat.
- Je t’attends, lâcha l’Envie.

La youkai ne se fit pas prier et fonça sur l’envieux qui évita de peu un coup de griffes.
(- Même pas de danmaku ?) Commenta Pride.
Réo transforma son bras droit en lame et tenta de blesser la fille qui évita l’assaut avec un sifflement et recula d’un bond.
- Tsssss, je vois que tu as de quoi te défendre. Tu n’es pas un humain ordinaire. Tant pis~… Fit-elle.
Elle sortit soudain une carte d’on ne sait où.
- Snake Sign « Creeping whistle » !

Aussitôt sa spellcard annoncée, des dizaines de petites sphères vertes se dirigèrent vers le métamorphe.
Celui-ci évita celles qui risquaient de le toucher et ne pu s’empêcher de grogner lorsque d’innombrables sifflements serpentins lui montèrent aux oreilles.
En fait, chaque fois qu’une sphère verte touchait quelque chose, elle explosait mais le bruit de l’explosion est un sifflement de serpent ce qui donnait l’impression d’être cerné par les reptiles.
Alors qu’il venait de se baisser pour éviter de se faire toucher à la tête, Réo remarqua la youkai à sa gauche.
Il para un coup de griffes avec son bras droit et tenta de la décapiter.
La fille, plutôt agile, évita la lame et balaya les jambes du métamorphe qui se transforma en eau et se reforma derrière la fille qui le gratifia d’un coup de pied qui l’éjecta contre un bambou.
(- Et si tu me laissais faire ? Tu es grandement affaiblit, grâce à moi…) Intervint l’Orgueil.
Réo l’envoya sur les roses et essaya d’empaler son ennemie via la Lance Ultime.
Echec puisque la youkai se coula entre les griffes noires avant d’effectuer une charge redoutablement rapide, ce qui lui permit de blesser Réo au bras gauche avant de bondir, hors d’atteinte.
Les éclairs rouges crépitèrent autour de la blessure qui disparut, ce qui étonna la youkai.
Celle-ci ne se laissa toutefois pas impressionner et sortit une autre carte de sa poche :
- Snake Sign « Poisonous hooks »

Cette fois, ce furent de très nombreuses petites pointes vertes que Réo devait esquiver, accompagnées de quelques boules vertes qui laissaient échapper les sifflements.
(- Quelle ironie, le serpent est un de tes animaux favoris. De plus, tu l’associes à la Jalousie… Je me demande si Elle a aimé…) Commença Pride, qui décidait de remettre ça.

Réo étouffa un cri de rage et se jeta dans le rideau de danmaku, se transformant brièvement en loup, évitant une partie des tirs, sauta, se transforma en chat, puis en corbeau et reprit forme humaine.
Il avait évité la plupart des les tirs en adaptant sans cesse sa taille à ce qu’il avait devant lui mais il s’était toutefois plusieurs fois fait toucher. Son pouvoir d’auto-régénération avait fait le reste.
Réo se préparait à contre-attaquer…
Il tituba et porta la main à sa tête.
Les sifflements continuaient autour de lui, ce qui le désorientait. Sa vision commençait à dérailler, les bambous devenant ondulés…
Et Pride continuait de le harceler de paroles.

- Mon poison fait effet… Peu importe que ton corps guérisse vite, ton âme, elle, est sans défense ! Triompha la youkai.

Réo tomba à genoux.
Un poison qui affectait l’âme, voilà bien une chose à laquelle il ne s’attendait pas… Et Pride qui continuait…
Une image claire et précise se dessina dans l’esprit de Réo.
L’image d’un couple s’embrassant.
Heureux.
Une larme coula…

Voyant sa proie immobile, la fille s’avança, prête à porter le coup de grâce.
Elle était à deux mètres lorsqu’elle vit son adversaire sourire avant de lever la tête.
Ses yeux violets aux pupilles de reptile la firent frémir.

- Bonjour, demoiselle, fit la proie dont la voix était devenue étrange, ayant une inexplicable sonorité métallique.
L’être éclata de rire après s’être relevé.
Il regarda autour de lui puis planta ses yeux dans ceux de la youkai.
- Dis-moi… Je peux te manger ? ~Tu as l’air délicieuse~ ! Lança-t-il avant de se lécher les lèvres.

Comprenant qu’elle venait de devenir la proie mais n’ayant aucune envie de fuir, la fille se jeta sur son adversaire.
Celui-ci recouvrit ses deux mains d’une armure de carbone noirâtre et para tous les coups que la fille donna, la griffant au ventre avant de l’envoyer valser par un coup de poing surpuissant, lui brisant deux côtes.
La fille se releva difficilement, s’aidant d’un bambou proche.
Le rictus de son adversaire lui glaça le sang.

- Je… Tu vas voir ! Fit-elle, enragée et sans doute apeurée.
En tremblant, elle sortit une dernière carte.
- Reptilian Dance « Deadly embrace » !


La youkai tendit ses bras en croix et fit tressauter sa langue fourchue alors qu’elle s’envolait. Des lasers jaunes ondulants se mirent à jaillir de devant elle alors qu’elle s’était stabilisée à plusieurs mètres de hauteur.
Elle se mit alors à effectuer d’amples mouvements avec ses bras ce qui ajouta une pluie de billes d’énergie verte ainsi que des boules plus grosses de couleur bleue.
Le métamorphe ne bougea que très peu, se contentant du minimum de mouvements pour éviter les attaques. Certes c’était peu esthétique mais aucun projectile ne le toucha, les lasers sensés le prendre par surprise explosèrent à côté de lui, ne lui faisant pas le moindre dommage grâce à une très rapide intervention partielle du Bouclier.

- Tu te demandes comment je fais, hein ? Et bien regarde, regarde-bien et retiens mon nom !
La youkai, décontenancée par l’échec de sa dernière spell put voir son ennemi s’entourer d’éclairs rouges, ce qui sembla faire apparaître des tatouages.
Rouges, ils représentaient un serpent ailé, ou un dragon, en cercle se mordant la queue. Il entourait six triangles, trois d’entre eux formant une pyramide percée d’un hexagone, les trois autres étant autour de ladite pyramide, à l’intersection des triangles qui la compose.
Un de ses tatouages se trouvait sur la main gauche et un autre avait remplacé la pupille l’œil gauche.
Elle l’ignorait mais on en trouvait un sur la langue, derrière l’épaule droite, la clavicule gauche, au-dessus de la poitrine et sur l’extérieur de la cuisse droite.
- Remercie l’œil Ultime, c’est grâce à lui que je vais te tuer, fit le tatoué en désignant son œil gauche.

La youkai se prépara mentalement à fuir.
- Quand à mon nom…
L’être écarta les bras.
- Mon nom est Pride !
L’obscurité derrière lui s’étendit et se garnit d’œils rouges à pupille noire verticale tendit que certaines de ses extrémités devenaient des bouches aux dents effilées, parfois surmontées d’un œil.

La youkai ne voulut pas en voir plus et s’enfuit.
Voulut s’enfuir.
Les ombres s’étendirent à une vitesse folle et, prenant la forme d’une multitude de bras noirs, lui accrocha les pieds et la fit chuter.
- Ne t’en fais pas, tu ne mourras pas vraiment…
La fille voulut se relever, les ombres transpercèrent ses chevilles avant de la retourner.
Elle put ainsi voir le rictus sadique de Pride.
Les ombres l’agrippèrent et l’élevèrent légèrement alors qu’une bouche assez grande pour l’avaler approchait…


Au beau milieu d’un jour paisible, un ultime cri de terreur se fit entendre avant de s'interrompre brutalement...
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Re: [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1493

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Chapitre 3 : Flammes Alchimiques

« L’ombre a beau être puissante et quasi omniprésente, elle ne peut apparaître et subsister s’il y a trop de lumière. Paradoxalement, sans lumière, l’ombre ne peut exister non plus… »
Kloar Akalir

Libre.
Enfin.
Tout en marchant à travers la Forêt de Bambou des Egarés, Pride jubilait. Ce sentiment de liberté qui l’envahissait était tout bonnement… Exaltant.
Cela faisait des semaines qu’il tentait de reprendre possession du corps de Réo et grâce à cette youkai, il y parvenait enfin. L’Orgueil n’était toutefois pas naïf et savait pertinemment que sa victoire était en très grande partie due au poison de la fille serpent. Maintenant qu’elle était décédée et absorbée, son pouvoir avait cessé de faire effet et Réo serait sans doute rapidement rétabli et apte à reprendre le contrôle de son corps.

- Mais je ne te laisserai pas faire, envieux… La dernière fois, tes amis ont dû s’y mettre tous ensembles pour me stopper, hors ici, tu es tout seul… Au fond, tu l’as toujours été ! Lança l’Ombre.
Son destinataire était toutefois comme « endormi » et ne répondit donc pas.
Pride était toutefois certains qu’il avait été entendu et se remit à avancer au gré de ses envies.
Il ignora l’odeur étrange qu’il sentait, semblable à celle d’un lapin mais celui-ci devait être plus gros et étrangement son odeur rappelait celle d’un humain, et fit disparaître ses tatouages.
- Il faudrait que je me trouve une apparence rien qu’à moi… Bah, ça peut attendre…

Après un haussement d’épaules, l’Orgueil observa les environs d’un air peu intéressé.
Il avançait depuis plusieurs dizaines de minutes et il avait l’impression de tourner en rond voir de faire du sur-place.
De plus, il s’ennuyait.
Cette constatation lui tira un léger rire. Il avait espéré avoir ce corps et la liberté pendant ce qu’il lui semblait être une éternité et voilà qu’une fois son objectif atteint, il s’ennuyait. C’était ridicule.
Le silence qui s’ensuivit changea sa pensée.
En fait, ce n’est pas tant qu’il s’ennuyait mais surtout qu’il était seul. Pas seulement physiquement, cela ne le gênait guère, mais aussi mentalement.
Depuis qu’il était « né », il commentait, jugeait, se moquait, discutait, riait, s’amusait avec l’Envie. Ils étaient indissociables.
La neutralisation de son autre lui-même déroutait un peu Pride.
Solitude.
Il détestait ce mot, quoi qu’il en dise.
Après tout, à quoi bon être libre si on était seul ? A quoi bon gagner en puissance s’il ne pouvait le montrer ?
- L’Envie déteint sur moi ou quoi ? Vais manger quelqu’un tiens… Pensa l’Orgueil.

Ayant décidé de sortir de ce labyrinthe de bambous, Pride se transforma en hyène et s’élança.
Il lui fallut une demi-heure pour atteindre l’orée de la forêt. Enfin, pour s’en approcher puisqu’il s’arrêta net à quelques mètres de celle-ci et reprit forme humaine.
Cette senteur qui lui montait aux narines…
Le doux parfum de la mort…
Toujours immobile, Pride fit jaillir les griffes noires de la Lance Ultime. Il attendit quelques secondes avant de sauter sur le côté.

Il évita ainsi une explosion causée par une boule d’énergie bleutée.
L’Orgueil dirigea son regard vers l’endroit d’où le projectile venait d’être tiré mais ne put voir qu’un rocher qui lui était propulsé en pleine face. Le roc fut toutefois anéantit par les griffes noires.
- Ainsi donc tu es là aussi, Elric. Tu tombes bien, je voulais justement manger quelqu’un… Lança l’Ombre.
Un rire lui répondit et l’intéressé se montra enfin.

Son âge physique laissait penser qu’il avait environ dix-neuf ans. Il avait de longs cheveux blonds attachés par un ruban cramoisi, des yeux dorés et était vêtu d’un ensemble sombre surmonté d’un large manteau noir.
Ses vêtements tranchaient avec ceux que l’Orgueil avait pu voir à Gensokyo et indiquait clairement qu’il ne venait pas de ce monde.

- Et bien, t’as pris un coup de vieux mon petit Malbas. Pas trop déçu d’avoir perdu ta chère petite pierre ? Railla Pride.
- A la vue de tes yeux, je suppose que je m’adresse à Pride. Ainsi donc, tu as réussi à reprendre possession de mon envieux préféré… Constata le blondinet.
- Quelle perspicacité, bravo ! De toute évidence, tu es toujours à nous coller, incroyable ça. Même en changeant de monde, on finit quand même par retomber sur ta jolie petite trogne d’imbécile ! Envoya l’Ombre en mettant sa main droite à la hanche tout en esquissant un sourire.
- La dernière fois que tu étais libre, tu étais plus coopératif, commenta Malbas.
- La dernière fois, tu n’avais pas tenté d’absorber toute mon énergie vitale. Mais qu’importe, tu vas enfin servir à quelque chose : m’occuper et me rendre parfait. Oh oui, j’ai hâte de voir quel goût tu as~, annonça l’Orgueil en passant sa langue sur ses lèvres.
Malbas poussa un soupir résigné.
- Lorsque ce sera finit, c’est moi qui serai parfait. Tu ne seras plus qu’un tas de poussières… Contredit-il avant de lancer un jet de flammes.
- Merde, il a toujours sa maîtrise des éléments, jura Pride en évitant.

Malbas claqua ses mains l’une contre l’autre et en posa une au sol.
Celui-ici se mua en une volée de pointes que Pride évita en sautant en avant. L’Orgueil donna un coup horizontal avec ses longues griffes noires ce qui obligea son alchimiste d’adversaire à reculer.
Une fois au sol, Pride envoya ses ombres, passant littéralement au travers d’un rocher que Malbas avait sortit de terre en prévision d’une attaque. L’alchimiste évita de peu de se faire trancher la gorge et lança une boule d’énergie.
Sans succès puisque son ennemi n’eut qu’à se décaler pour l’éviter, un sourire narquois aux lèvres.
Maudissant la disparition de sa pierre, Malbas évita un autre assaut des tentacules de noirceur piquetés d’œils et de dents et effectua un coup de pied circulaire.
Sa maîtrise de l’air fit le reste et Pride se prit une rafale de vent qui l’éjecta en arrière.
Malbas ne s’arrêta pas en si bon chemin et enchaîna par la sortie d’un bloc de pierre du sol avant de joindre ses paumes et de transmuter ledit bloc en une lance démesurée propulsée droit vers l’Orgueil.
Celui-ci, qui se relevait à peine, réduisit la lance en miettes avec ses ombres et lança ces dernières droit vers son adversaire qui fit jaillir une colonne de pierre sous lui en levant les bras, sauta alors que les ombres détruisaient la colonne, et lança deux boules d’énergies qui explosèrent près de Pride. Ce dernier contre-attaqua avec ses ombres mais Malbas disparut dans une volée de flammes.
Il réapparut de la même façon derrière son ennemi qu’il gratifia d’une boule d’énergie.
L’Orgueil ne se retourna que trop tard et le projectile lui déchiqueta le dos tout en le propulsant à une dizaine de mètres.
Les éclairs rouges l’entourèrent tandis que sa blessure, normalement mortelle, disparaissait, ce qui ne troubla pas Malbas qui tandis ses deux poings pour créer un formidable jet de flammes que Pride stoppa grâce au Bouclier Ultime qui venait de recouvrir ses bras.
La chaleur des flammes était toutefois bien insuffisante pour ébrécher le carbone mais Malbas mettait tant de force que l’Orgueil ne pouvait bouger, ce qu créait une sorte de statut-quo qui n’eut pas le temps de s’éterniser puisque les flammes changèrent soudain de direction, allant se perdre en hauteur.
Incrédule, Malbas se retourna, une femme ayant fait son apparition, mains dans les poches.

Un ignorant aurait sans doute dit qu’elle avait un peu plus de vingt ans, et son physique faisait de même, mais elle était bien plus vieille. Elle portait une chemise marron qui semblait être brûlée ainsi qu’une salopette rouge garnie de papiers, sorte de sceaux. Les mêmes papiers nouaient ses très longs cheveux blancs et ses yeux rouges toisaient Malbas d’un air mauvais.

- Qui es-tu ? Tu nous déranges ! Clama ce dernier, visiblement énervé.
- Je suis Fujiwara no Mokou, c’est tout ce que tu as besoin de savoir. Maintenant fous-lui la paix et dégages avant que je ne te fasse flamber, ordonna-t-elle.
- Tiens tiens, tu crois que je vais t’obéir ? Tu vas avoir l’honneur d’être la première que je tuerai ici ! S’écria l’alchimiste en lançant un nouveau jet de feu.

La femme ne réagit pas et les flammes la percutèrent, ce qui tira un sourire à Malbas.
Qui fut stupéfait de voir, une fois les flammes dissipées, que Mokou n’avait strictement rien.
- Est-ce tout ? Demanda-t-elle, ennuyée.
- JE VAIS TE…

Malbas ne put finir sa phrase.
Une véritable déferlante de feu s’était abattue sur lui, calcinant son corps.
- La dernière fois que j’ai vu une telle chose c’était lors du passage de la comète, et encore… Pensa Pride qui observait, sidéré.

Malbas, enfin ce qu’il en restait, tituba mais ne s’effondra pas. Son corps se reforma et en un instant il fut comme neuf.
- C’est tout ? Lança-t-il, ironique.
- Toujours son auto-régénération ce con ? Merde… Ragea l’Orgueil.
- Tu en veux plus on dirait, allez approche que je te fasse rôtir, envoya Mokou.

Malbas ne se fit pas prier et lança une boule d’énergie qui fut évitée facilement. Il fit jaillir un mur de pierre du sol via sa maîtrise de la terre, évitant ainsi de se faire carboniser, puis le transmuta en une pointe de flèche géante que la pyrokinésiste évita en sautant.
Ce fut dans les airs qu’elle annonça :
- Immortal « Fire Bird –Flying Phoenix- » !

A ce moment, des ailes de flammes apparurent dans son dos ainsi que deux pattes d’oiseau et une queue de volatile.
Elle écarta les bras et des dizaines de boules ignées ainsi que des oiseaux de feu apparurent et fondirent sur Malbas. Celui-ci esquiva un oiseau, roula, sauta, fit une pirouette, se téléporta…
La déflagration proche due à l’impact d’un volatile enflammé contre le sol fit perdre l’équilibre à l’alchimiste qui fut par la suite criblé de boules enflammées. Son auto-régénération lui assura toutefois la vie sauve et il se retourna…
Fujiwara lui avait foncé dessus et ce fut un poing nimbé de flammes que Malbas se prit au visage, l’envoyant bouler hors de la forêt.
L’alchimiste se relevait à peine qu’à nouveau un torrent de feu le noyait.
A nouveau, il se régénéra.
- Tu… Je t’aurai ! On se reverra ! Clama Malbas, l’expression douloureuse, avant de disparaître.

Pride, qui avait assisté au spectacle, poussa un sifflement admiratif et ne put s’empêcher d’applaudir lentement.
- Quelle raclée, mais quelle raclée ! Wouah, ça c’est de la puissance ! S’exclama-t-il, véritablement impressionné.
Mokou se posa sur le sol et remit les mains dans les poches, ses ailes et tout le reste ayant disparut.
- Mais qui es-tu donc ? Demanda l’Orgueil.
- Je suis une dingue de diététique qui fait tourner un stand de yakitori. Maintenant, rentre chez toi avant qu’un autre youkai ne t’attaque. A la prochaine ! Fit la pyrokinésiste avant de s’éloigner, laissant Pride en plan.
- … Ce monde est bizarre… Constata l’Orgueil avant de sortir de la forêt.

Il décida de trouver un refuge pour la nuit, qui ne tomberait pas avant plusieurs heures, et se transforma donc en condor noir teinté de rouge pour augmenter ses chances de succès tout en admirant le paysage.
Il survola à nouveau le Village des Humains et fila en direction de la Montagne Youkai.
Sa vue perçante lui permit de distinguer une forme étrange volant dans le ciel. C’était un…
Bateau ?
Mais que diable faisait bateau dans le ciel ?
Renonçant à comprendre, Pride se remit à chercher du regard un abri à peu près convenable. Il était pour lui hors de question de squatter chez quelqu’un, aussi il privilégiait la piste d’une maison abandonnée ou d’une ruine quelconque. Manque de chance pour lui, il ne vit rien de ce genre et rebroussa donc chemin après avoir observé un combat entre une fille-chat vêtue de rouge et une femme aux cheveux blancs ayant des oreilles et une queue de loup.

L’Orgueil retourna à la Forêt de la Magie, aperçut Marisa près d’un bâtiment se trouvant à l’orée de celle-ci, et se remit à chercher.
Après plus d’une heure, le rapace trouva une demeure en ruine dans la forêt.
Il se posa près de l’entrée et reprit forme humaine.

C’était une maison en bois d’un étage, ce qui la rendait assez haute. Sa façade était creusée de quelques trous et toutes ses fenêtres étaient brisées. La porte coulissante semblait toutefois intacte.
- Charmant… Dommage que je ne puisse plus utiliser l’alchimie pour la remettre en état, ça m’aurait occupé et j’aurais eu un logement disons, correct. Enfin, c’est mieux que rien. Voyons déjà l’intérieur… Monologua l’Ombre.
Le polymorphe poussa la porte et entra.
L’intérieur était dans le même état que l’extérieur et tout était vide. Enfin presque.
Une étonnante fraîcheur régnait dans la maison, ce qui intrigua Pride. Il trouva toutefois rapidement la raison de cette température puisqu’il aperçut des formes blanches voleter près des escaliers et à d’autres endroits.
- Génial, des fantômes… J’ai pas mon téléphone pour appeler les Ghostbusters ni de pigeon voyageur, y a-t-il un faucon messager dans le coin ?
Avec un soupir, Pride continua sa visite, constatant que le bâtiment était assez grand et qu’une fois rénové et les fantômes disparus, ce serait une résidence tout à fait acceptable avec plusieurs chambres en plus.
- Demanderai demain à Jeal’, il devrait s’être remit d’ici-là. Ah, liberté, nous nous retrouverons…

L’Orgueil s’accouda à une fenêtre du premier étage et regarda le soleil se coucher, serein.
Puis il se transforma en hyène et s’allongea au milieu de la pièce dans laquelle il se trouvait, celle-ci étant dépourvue de fantômes et de meubles.

Il se remémora sa journée fort bien remplie et une comptine lui revint en tête. Il se mit alors à la chanter, toujours sous forme d’hyène.
- ♪Enfin, il fait nuit
Cours, loup, elle t’attend
Elle veut ton pelage blanc.
La lune vous observe
Oh, loup, que tu es lent.
Ton fantôme te sourit
Oh, quelle délicieuse nuit
Loup, grand loup blanc,
Vas-tu avouer tes sentiments ?
Tapis, il regarde
En toi, il se sauvegarde
Mais il y a un espoir,
Cours oh, grand loup noir
Car le fantôme préfère le blanc
Du loup tout tremblant
Vas-t-il avouer ses sentiments ?♪




Près d’un arbre tâché de sang, un jeune homme aux longs cheveux blonds jette négligemment un squelette vêtu de bleu qui tombe en poussières.
Un joyeux rictus sadique apparaît alors sur ses lèvres alors que dans ses yeux dorés, une lueur de satisfaction s’est allumée.
Puis il disparaît, dans une gerbe de flammes.
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Re: [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1494

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Chapitre 4 : Le sang du vent

« Quoi que l’on en dise, la colère augmente la puissance, généralement. En fait, les émotions négatives sont une formidable source de pouvoir.
Pour peu que ce ne soit pas elles qui nous contrôlent… »

Malbas Elric


Réo était sur un pont encadré par deux parois rocheuses. Où exactement ? Il l’ignorait mais cet endroit était très sombre.
En fait, on aurait dit un genre de souterrain.
Un pont sous terre ? Quelle idée saugrenue.
Soudain, le lieu se mit à trembler, un immense serpent vert jaillit d’un mur et s’enroula autour du pont, faisant face au polymorphe.
Celui-ci recula lorsque le reptile démesuré ouvrit sa gueule pour un sifflement de très mauvais augure.
Une voix s’éleva alors.
- Tu as encore de l’espoir, pauvre idiot ? Tu n’es rien, tu es seul, tu l’as toujours été !
Cette voix semblait provenir de partout et résonnait désagréablement.
Le serpent s’approcha de l’Envieux, tétanisé, et se jeta sur lui alors que la voix lançait une ultime phrase :
- Tu n’es qu’une ombre dans son cœur… L’Ombre de l’Envie !


Réo ouvrit les yeux et les referma aussitôt, éblouit par la lumière du soleil passant à travers la fenêtre brisée qui lui faisait face. Il se releva toutefois rapidement, sa vue s’habituant à la luminosité ambiante.
Il observa la pièce dans laquelle il se trouvait et se posa son habituelle question :
- Bon, je suis où là ?
(- Dans une maison abandonnée en pleine Forêt de la Magie. Tu peux me remercier d’avoir fait en sorte qu’on ne dorme pas à la belle étoile), répondit Pride.
- Ah, et bien, bien joué. Tu as réussi à vaincre la youkai je suppose…
(- En effet, la reptilienne Hebi Gurïn a été vaincue et mangée… Elle nous a gentiment donné de l’énergie, autant que cinq humains moyens. Pour faire court, je vais te refiler mes souvenirs concernant cette journée…), expliqua l’Orgueil.
Celui-ci s’exécuta et quelques secondes plus tard, Réo pestait à propos de la présence de Malbas.
- On pourra jamais se débarrasser de cette vermine, grinça-t-il.
(- Faut croire… Bon, que fait-on au sujet de cette maison ?)
- Tu veux la rénover ? S’étonna l’Envie.
(- Quitte à avoir une nouvelle vie, autant la vivre de manière confortable, non ? A moins que tu connaisses quelqu’un susceptible de nous héberger…)
- D’accord, mais sans alchimie et sans argent, on va pas aller loin… Et vu que t’as bouffé cette Hebi, on peut pas avoir son argent, si elle en avait, affirma Réo.
(- Ce ne sont que des détails !)
Le polymorphe leva les yeux au plafond et descendit les escaliers, frissonnant à cause de la subite baisse de température dû aux fantômes qui virevoltaient en l’air, tranquillement.
- Déjà, il faut trouver un moyen de se débarrasser d’eux… Une idée ? Lança l’Envie.
(- J’aurai bien proposé de les manger mais ces trucs sont immatériels, donc impossible même pour moi. Du coup, je sais pas… A moins que… La demi-fantôme pourrait peut-être nous aider, même si elle en a la trouille), proposa Pride.
- Youmu ? Oui, à tenter. Enfin, faut trouver un moyen de la contacter et le Royaume des Morts n’est pas l’endroit où je rêve d’aller, d’autant plus qu’elle refusait qu’on y entre. Je ne sais même pas comment on ouvre cette porte volante, énonça Réo, dépité.
(- Nom d’un dragon noir… Enfin, je suis certains qu’on la croisera assez tôt…), espéra l’Orgueil.

Réo sortit de son habitation de fortune et utilisa son pouvoir de changeur de forme pour non seulement se laver, facette de son pouvoir qui ne cessait de l’étonner, mais aussi pour changer de vêtements.
Désormais vêtu d’un kimono rouge foncé et noir ainsi que d’un pantalon gris-sombre, le polymorphe se mit à marcher à travers la forêt, en quête d’une idée pour améliorer son logement.

C’est en plein débat avec son colocataire spirituel pour savoir si oui ou non il fallait trouver du travail que Réo se cogna contre quelque chose, ce qui déclencha un fou-rire de la part de l’Orgueil.
- Merde, même pas foutu de voir… Euh, attend, pourquoi y’a rien devant ? Râla l’Envie.
Force était de constater que Réo disait vrai : devant lui il n’y avait rien contre quoi il aurait pu se cogner, l’arbre le plus proche devant lui étant à plus de quarante mètres.
(- Génial, voilà que tu trouves le moyen de te prendre un truc inexistant dans la tronche ! De mieux en mieux !), railla Pride.
Le polymorphe tendit son bras gauche et pu ainsi sentir l’écorce d’un arbre. Mais pourquoi était-il invisible ?
(- Des fées je suppose. Ce serait bien le genre de farces à la gomme dont ces petits-êtres sont capables), tenta l’Ombre.
Réo approuva et se mit à humer l’air dans l’espoir de trouver celle qui se fichait de lui. Il repéra trois odeurs suspectes dans un arbre à sa gauche, allongea les doigts de sa main correspondante et trancha l’arbre d’un geste vif avant de rétracter ses longues griffes noires.
Un concert de cris accompagna la chute du végétal et Réo remarqua que plusieurs arbres dont celui qu’il avait percuté étaient à nouveau visible.

- Ouch… Ça fait mal… Se lamenta une fille en se massant le dos.
Petite, ses yeux étaient bleus et elle avait des cheveux courts et dorés tressés sur les côtés de sa tête. Elle portait une sorte de robe rouge et blanche et possédait deux ailes semblables à celles des insectes.
- Je te l’avais dis Sunny, on aurait dû se cacher plus loin ! L’apostropha une autre fée.
Celle-ci était vêtue d’une robe blanche ornée de rubans noirs. Ses yeux étaient marrons et ses cheveux blonds bouclés surmontés d’un chapeau blanc. Ses ailes ressemblaient aux précédentes mais étaient courbées vers le haut.
- Attention ! Il s’approche ! Prévint une troisième fillette.
Cette fois, sa robe était bleue avec des étoiles jaunes. Sa longue chevelure noire était surmontée d’un ruban bleu également et ses yeux étaient gris. Ses ailes transparentes avaient la même forme que celles des papillons.

Réo avançait tranquillement vers les fées, bras croisés et sourire aux lèvres. Après tout, voir des fées faisait toujours son petit effet quand on ne les connaissait qu’à travers les contes.
Il s’apprêtait à les héler mais elles disparurent subitement.
(- Invisibilité je suppose. Elles doivent sûrement être en train de s’enfuir. On les poursuit et tu me laisses les manger ?), demanda Pride.
- Pourquoi faire ? Lui répondit Réo en haussant les épaules avant de s’éloigner.
(- Elles se sont foutu de ta gueule et tu t’en fous ?), s’étonna l’Orgueil.
- Juste une petite blague, si ça les amuse… C’est des fées après tout ! Lança l’envieux, ce qui dérouta son autre-soi.
(- Ouais, des fées… Mais quand même !)
Ignorant les protestations de Pride, Réo se transforma en aigle, décolla, passa entre les arbres et se dirigea vers une direction aléatoire, ses seuls buts immédiat étant de profiter de l’incroyable expérience que sa forme d’aigle lui offrait et de satisfaire sa curiosité concernant ce nouveau monde.

La direction aléatoire du jour fut la Montagne Youkai, ce qui réjouit Pride qui espérait en apprendre plus sur le bateau aperçu la veille. Toutefois, malgré sa grande acuité visuelle, le rapace ne vit pas le navire flottant dans les airs pour la simple et bonne raison qu’il n’était pas là. L’aigle ne changea toutefois pas de cap et se posa au pied de la montagne, à proximité de l’immense lac recouvert de brume qu’il avait remarqué la veille.
- Impressionnant quand même, commenta Réo en croisant les bras, le regard absorbé par la majesté de la montagne.
(- C’est qu’un gros caillou), rétorqua Pride, blasé au possible.
L’Envie continua d’admirer le roc, projetant d’aller voir de plus près la forêt qui s’y étendait.
- Je sais pas pourquoi mais je sens que je vais me plaire à Gensokyo… Pas fâché d’être arrivé dans ce nouveau monde…
Réo avait à peine finit son commentaire qu’un bruit d’atterrissage le fit se retourner.

Il se retrouva face à une fille vêtue d’une blouse blanche ainsi que d’une mini-jupe noire. Un étrange chapeau rouge en forme de pyramide d’où partaient deux pompons trônait sur sa tête encadrée par des cheveux noirs mi-longs. Ses chaussures étaient deux hautes ghettas rouges, ce qui la rendait plus grande qu’elle l’était. Elle était dotée de deux grandes ailes de plumes noires.

- Un nouveau à Gensokyo ! Ça c’est un scoop ! S’exclama-t-elle en dégainant un appareil photo avant de se mettre à arroser l’envieux de flash lumineux.
(- Quelqu’un qui prend des photos de toi ! Ça c’est véritablement un scoop, ce monde est vraiment bourré de surprises !), ironisa Pride.
- Euh, à qui ai-je l’honneur ? S’enquit Réo alors que la fille tentait de refaire marcher son appareil qui venait de tomber en panne.
Elle sortit un calepin et un stylo d’on ne sait où avant de répondre :
- Je suis une journaliste ! La juste et honnête Aya Shameimaru ! Et toi ? Je peux t’interviewer ?
(- « Juste et honnête », niveau modestie j’ai vu mieux), commenta l’Ombre.
- Non merci, je n’ai pas envie de passer dans un journal. Mon nom est Réo Ryu, simple voyageur…
La tengu s’empressa de noter quelque chose sur son calepin avant de répondre :
- Mais tu peux faire la une !
- Sans façon…
- Allez, ça peut faire un super article ! « Un nouveau-venu atterrit à Gensokyo : interview exclusive ! » S’il te plait ! Insista Aya ?
(- Aurais-tu l’extrême obligeance de me laisser la déchiqueter pour qu’elle cesse de piailler ?), râla Pride.
- Non, non et non. Il doit y avoir des choses bien plus intéressantes ici, répondit Réo.
- Pas vraiment non, à part le meurtre de cette nuit… Marmonna la tengu.
(- Hein ? Elle a dit « meurtre » ?)
- Comment ça ? PRIIIIIDE ?
(- J’ai rien fait cette nuit. Puis si je tue, je mange donc pas de corps, donc c’est pas moi, donc ta gueule), rétorqua l’Ombre.
- Oui, des restes… Attends, je te dirai ce que je sais si tu acceptes que je t’interview ! S’exclama la paparazzi.
Le polymorphe poussa un long soupir qui témoignait de sa lassitude grandissante.
- T’abandonnes jamais toi… Et bah tant pis, je le saurai moi-même ! Affirma-t-il avant de se détourner.

Il n’avait pas parcouru plus d’une dizaine de mètres qu’une forte rafale de vent le percuta, ce qui le fit chuter. Réo se releva et fit face à Aya qui tenait un éventail qui ressemblait à plusieurs feuilles oranges.
- Désolée mais je ne peux laisser s’échapper un pareil scoop. Réglons ça par un combat ! Si tu gagnes, je te dirai ce que je sais sur le meurtre et tu échapperas à une interview, dans le cas contraire…
Elle esquissa un sourire avant de s’exclamer tout en brandissant son appareil photo :
- Tu seras à la une du Bunbunmaru Shinbun avec une super photo et une interview du tonnerre !
(- Super photo, en parlant de toi c’est plus qu’un oxymore ! Je peux m’en occuper ?) Susurra Pride.
- N’y compte pas trop, corbeau, prévint Réo en se mettant en garde.

Aya n’attendit pas plus longtemps, déployant ses ailes, fonça sur Réo qui ne vit pas le coup venir tant elle était rapide. Une ghetta en plein ventre envoya valser le métamorphe qui s’était à peine relevé que plusieurs croissants transparents, de l’air probablement, le percutaient.
- Bordel de…
Un nouveau coup au ventre l’empêcha de finir sa phrase puis la tengu s’éloigna à nouveau, sortit une spellcard qu’elle énonça :
- Gust "Sarutahiko's Guidance"

Aussitôt, elle effectua une ruée vers Réo en étant propulsée par du vent, ce qui augmentait encore sa vitesse mais aussi sa force.
Encore une fois, l’envieux ne put réagir et il percuta un rocher alors que la journaliste se stoppait.
- Elle est trop rapide… Pensa le polymorphe alors qu’il sentait la rage et la frustration monter en lui.
Aya agita son éventail, envoyant plusieurs rafales de vent sur son adversaire, lequel tentait d’éviter, sans succès.
- Et bien, il semble que tu vas devoir répondre à mes questions, ironisa Aya.
- Très bien saleté de pigeon, fini de jouer, réagit l’envieux que plusieurs éclairs rouges avaient entourés, ses bras étant devenus noirs et ses doigts des griffes qui semblaient métalliques.
La tengu ne sembla pas apprécier la remarque et énonça :
- Wind Sign "Wind of the Tengu Path"

Elle tendit alors son éventail et un véritable tourbillon en jaillit, droit vers Réo. Celui-ci sauta sur le côté, évitant sa première attaque depuis le début du combat puis effectua une charge d’une vitesse extrême, bien qu’inférieur à celle d’Aya.
Celle-ci évita de peu un coup de griffes et s’envola. Le polymorphe ne la laissa pas faire puisque son bras droit se scinda en trois tentacules noirs terminés par un aiguillon. Les appendices s’allongèrent et s’enroulèrent autour des jambes de la paparazzi qui fut aplatie sur le sol puis éclatée contre un rocher.
Réo rendit à ses bras une apparence normale et laissa échapper un rire désagréable, emprunt de sadisme.
La pupille de son œil gauche était le tatouage d’Ouroboros, le serpent qui se mort la queue, signe que l’œil Ultime était à nouveau actif, ce qui expliquait le renversement de situation.

Aya se releva difficilement, du sang s’échappant de son bras et de sa jambe droite.
Elle fit un signe vers le ciel et une nuée de corbeaux se jeta sur l’envieux. Celui-ci retransforma ses bras en griffes, évita une charge des oiseaux et en découpa certains.
La tengu en profita pour lui décocher un coup de pied qui le plia en deux avant de sortir une nouvelle spellcard :
- "Illusonary Dominance"

Les corbeaux survivants s’éloignèrent mais Réo n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit qu’Aya fonçait sur lui, si rapide que seule la ligne rouge qu’elle laissait dans son sillage permettait de la voir.
Malgré son Œil, Réo ne put l’éviter, il se prit ainsi tous les coups qui lui étaient destinés, tout en étant élevé dans les airs par la force des attaques, sans pouvoir réagir.
Une fois sa spell finie et son adversaire à terre, Aya le bombarda de croissants transparents si forts que l’herbe autour se coucha tout en restant au-dessus de lui.
- Elle… JE VAIS LA TUER ! Gueula l’envieux, qui ne cessait d’être entouré par ses éclairs rouges, avant de transformer son bras droit en un bouclier métallique.
Il se protégea ainsi des attaques le temps de se relever puis il bondit vers la journaliste qu’il frappa avec son bras gauche, l’avant-bras étant devenu une lourde lame métallique légèrement recouverte de matière noirâtre et rattachée au reste du bras par des sortes de filaments musculaires noirs.
Aya évita un coup de l’épée improvisée en reculant vivement puis rejoignit le sol pour ne pas se faire blesser par la chaîne terminée par un croissant métallique qu’était devenu le bras droit du polymorphe.
Celui-ci, qui avait fait jaillir deux ailes noires de chauve-souris pour pouvoir rester ne l’air, fonça vers la tengu qui l’accueillit par une rafale de vent qui le fit légèrement reculer.
Celle-ci ne fut toutefois pas assez forte et les griffes métalliques qu’étaient les trois doigts de la main droite de Réo blessèrent Aya à la hanche gauche et au ventre.
La journaliste cria de douleur et s’agenouilla.

Avec un rictus sadique, Réo lécha le sang qui était sur le bout de ses lames miniatures.
- Quel délice… Je prendrai bien le reste ! S’exclama-t-il après une moue de joie et en se passant la langue sur ses lèvres.
L’annonce fit frissonner la tengu qui tenait sa hanche, le sang continuant de s’échapper.
Visiblement, elle n’était plus en état de se battre.

Réo se posa, fit disparaître ses ailes et alterna ses transformations de sorte que les griffes furent à gauche et la lame à droite.
- Alors, pigeon, de quelle manière souhaites-tu mourir ? Demanda l’envie dont la voix s’était faite mielleuse.
- J’ai perdu, inutile d’aller plus loin, rétorqua Aya d’une voix blanche, une lueur de panique dans les yeux.
A ces mots, Réo éclata de rire, mettant sa tête dans le creux de sa main gauche.
- Et bien, pigeon, tu fais moins la maligne maintenant ! Ahahah, on ne t’a jamais appris que le journalisme est dangereux ? Dans mon monde, des reporters se font kidnapper voir tuer lorsqu’ils tombent sur les mauvaises personnes, pas de chance aujourd’hui se sera toi ! Tu vas perdre ta vie pour avoir voulu augmenter ton tirage, stupide non ? Tu n’as vraiment pas de chance, d’autant que je ne supporte pas les gens qui veulent absolument tout savoir, à tout prix, quitte à causer du tort et sans jamais penser aux conséquences ! Tout ça pour la sois-disant « vérité », ah ! Alors réponds-moi, de quelle manière souhaites-tu mourir ?

Un filet de sueur coula le long de la tempe droite de la tengu qui se tenait prostrée, incapable de répondre et encore moins de bouger.
En fait, à bien y regarder, elle tremblait.
- Alors ? Pas d’idée, de désir, de volonté ? Tant pis, on va y aller gentiment : décapitation !
Le polymorphe s’approcha d’Aya.
- Arrête… Murmura-t-elle.
Il se lécha les lèvres, une lueur de jubilation dans les yeux, enfin celui de droite.
- Non ! Fit-elle, plus fort.
Un sourire étira les lèvres de Réo, dont les dents s’étaient allongées et étaient devenues pointues en prévision du festin qui s’annonçait.
- Je t’en supplie, ne fais pas ça ! Hurla la tengu, terrifiée.
Ignorant sa supplication, Réo leva sa lame, amusé par les larmes qui coulaient sur les joues d’Aya qui poussa un dernier hurlement en fermant les yeux avant que Réo n’abatte son bras d’un geste brusque.


La brusque fin du cri fut accompagnée par un chuintement, celui de la chair coupée, suivit du bruit mou de la chair qui tombe sur le sol.
Puis ce fut le silence.
Pesant, total, les secondes s’égrenèrent sans que rien ne bouge au pied de la Montagne Youkai.


Puis un cri de douleur retentit.
- Mon bras !!!
Aya rouvrit les yeux et releva la tête vers son bourreau.
Celui-ci fixait son bras droit, enfin ce qu’il en restait puisqu’il était tranché au niveau des filaments qui retenaient jadis la lame métallique, celle qui gisait désormais à quelques centimètres de la tengu qui repéra également quelqu’un derrière Réo.

Vêtue d’un t-shirt blancs à manches détachée et d’une grande jupe noire, elle avait des cheveux blancs courts surmontés de deux oreilles de loups blancs ainsi que d’un chapeau semblable à celui d’Aya. Elle avait également une queue de loup blanche et tenait un bouclier blanc avec une feuille d’érable rouge peinte dessus ainsi qu’un impressionnant sabre, lequel avait amputé Réo de son bras droit.

La guerrière passa le fil de sa lame sur la gorge de Réo dont le bras ne s’était toujours pas régénéré.
- Si tu ne veux pas perdre autre chose, éloigne-toi d’elle ! Articula la fille.
Réo esquissa un sourire et se décomposa en eau avant de s’éloigner de reprendre une forme normale, son bras gauche étant de retour.
- Aya, ça va ? S’enquit la nouvelle-venue, le regard braqué sur Réo.
- Je… Ça ira, merci. Merci, Momiji, répondit la tengu-corbeau dont l’émotion transparaissait dans la voix.
- Pas la peine de fondre en larme, je ne fais que mon devoir, rétorqua la dénommée Momiji avec un soupir.
- On sent la joie que ce sauvetage te procure ! C’est émouvant, vraiment, attendez je crois que je vais pleurer… Ah, non, zut ! Railla Réo.
Momiji pointa son sabre vers le polymorphe qui croisa les bras.
- Je suis Momiji Inubashiri. En tant que tengu-louve et membre de la patrouille de la Montagne, je me dois de protéger mes semblables. Toi, qui es-tu pour oser menacer la vie d’une résidente de cette montagne ? Lança la louve.
- Mon nom est Réo Ryu. C’est tout ce que tu as besoin de savoir. Concernant ton pigeon de semblable, elle sait très bien, malgré sa cervelle de moineau, pourquoi elle a faillit terminer en repas. Et en trophée.
- Trophée ? Releva Aya.
- J’ai dit « décapitation » il me semble. Pas de prisonniers, seulement des trophées, expliqua Réo avec un sourire sur la fin de sa phrase.
- Je vois que tu aimes le sang… Es-tu le responsable de la mort de Seishi Kodoku ? Demanda Momiji en fronçant les sourcils.
- Non m’dame, je sais même pas qui c’est. D’ailleurs, c’est qui ?
- Ne fais pas l’innocent ! La magicienne qui vivait dans la Forêt Youkai, celle dont on n’a retrouvé que de la poussière et qui avait une robe bleue ! Informa la tengu-louve.
- Que de la poussière… Les vêtements intacts… Marmonna le polymorphe en se tenant le menton.
- Et bien ? Réagit la sentinelle.
- Ce n’est pas moi, dans le cas contraire il ne resterait soit strictement rien soit un cadavre si je n’ai pas faim, expliqua Réo.
- Tu as une idée de qui il s’agit ? S’enquit Aya que Momiji venait d’aider à se relever.
- Peut-être… Si j’ai raison, vous avez affaire à danger bien plus grand que moi. D’ailleurs, je ne pense pas être à proprement parler un danger…
- Tu as faillit tuer une tengu et tu oses dire que tu es innocent ! S’emporta Momiji qui soutenait la journaliste.
- Relax, boule de poils, tu vas faire mal au pigeon. Et c’est sa faute si elle a failli aller tester les flammes de l’Enfer !
Momiji poussa un grognement que Réo accueillit par un sourire moqueur.
- Bien, je vais vous laisser, la paparazzi a besoin de soins. M’étonne qu’elle n’ait toujours pas fait d’anémie d’ailleurs, sa blessure ne doit pas être si grave que ça, moi j’ai une scène de crime et une forêt, encore, à voir !

Le métamorphe fit un salut de la main et se détourna.
- Retiens bien la leçon, Shameimaru. Tu n’auras pas toujours quelqu’un qui attend des plombes avant d’essayer de faire taire tes piaillements ni une louve pour te sauver la mise. Je m’étonne d’être le premier à réagir ainsi… Ce monde est décidément bien étrange, énonça l’envieux sans se retourner.

Puis il se changea en une sorte de petit dragon brun ayant des ailes terminées par des doigts à la place des pattes avant traditionnelles.
Sans plus de cérémonie, le reptile s’envola vers la montagne, sous le regard peu amène de Momiji.
- Tu ne perds rien pour attendre, marmonna-t-elle.
Sur ces paroles, elle s’envola avec Aya, sans doute vers un endroit où elle pourrait guérir de ses blessures.
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Re: [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1495

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Chapitre 5 : Pandémonium arrosé d’alcool

« Dévoreur. Nom, certes peu original, donné à un type de démon spécifique se nourrissant d’énergie vitale, ce qui augmente leur puissance. Enfin, je ne suis même pas sûr que cela soit à proprement parler un démon. Quoi qu’il en soit, il n’en reste à ma connaissance, qu’un.
Et soyez certains que je ne l’affronterai pour rien au monde… »

Oriak Intil, Bestiaire infernal


Le dragon atteignit rapidement la forêt qui prenait place sur les flancs de ma base de la Montagne Youkai. La créature passa entre le sommet des hauts arbres qui y prospéraient grâce à sa taille limitée et fut entourée d’éclairs rouges. Une lumière écarlate le parcourut et en lieu et place du reptile ailé se tint un nouvel animal.

Recouverte de poils bruns, il était légèrement plus petit qu’un cheval mais restait musculeux et massif. Sa forme générale évoquait à la fois le loup et la hyène, surtout sa tête dont les naseaux et la gueule étaient proéminents mais les yeux plus petits.
Son œil gauche, marqué par une cicatrice, avait toujours le tatouage d’ouroboros comme pupille, tout comme lorsqu’il était sous la forme d’un dragon.

Le warg, car c’était cette forme que Réo avait choisit, se mit à humer l’air. Les effluves qu’il détecta durent le satisfaire puisqu’il se mit à courir à travers les bois aussi aisément que s’il était sur une plaine malgré sa corpulence. La créature avait décidé de suivre son instinct de chasseur et son odorat, amplifié à la fois par le pouvoir de la Gourmandise et sa forme actuelle. Ces deux atouts lui permirent de repérer des proies à savoir un cerf et une biche qui finirent intégralement dans l’estomac du prédateur.
Une fois son repas achevé, la bête s’élança à nouveau, à la recherche des restes de la magicienne Seishi Kodoku. Ce fut l’odeur du sang qui maculait l’arbre près duquel reposait la robe qui attira le warg qui mit une bonne vingtaine de minutes à atteindre sa destination.
Il reprit alors forme humaine, son tatouage laissant place à un œil tout à fait normal.

Réo prit une grande inspiration.
La colère qui l’avait dominé lors de sa confrontation avec Aya avait maintenant disparue, colère qui expliquait que l’œil Ultime avait autant fonctionné. Ce pouvoir semblait en effet lié au pêché capital dont il était le fruit, la colère donc.
(- Pas seulement. Rappelle-toi que lorsque tu as obtenu l’œil Ultime, je me suis réveillé et ai pu obtenir ton corps. Cette faculté est donc la passerelle entre la Colère et l’Orgueil. Je pense qu’il est inutile de t’expliquer pourquoi…), récita Pride.
L’Envie approuva puis fit quelque pas avant de s’accroupir près des restes de la victime.
Momiji avait vu juste, le corps s’était intégralement changé en poussières. Les vêtements étaient en revanche intacts. Réo se tourna ensuite vers l’arbre et observa l’éclaboussure écarlate qui souillait son écorce. Un détail en particulier attira son attention : Le bois était éclaté et noirci en un point. Le sang semblait avoir été projeté à partir de ce point, ce qui rendait évident qu’il s’agissait d’un impact.
(- Vu l’état de l’arbre, ça vient d’un projectile énergétique. Pas la peine de chercher plus longtemps, c’est évident que c’est Malbas), affirma Pride.
- Tous ces éléments prouvent en effet que c’est lui. Il l’a certainement attaquée par surprise d’une boule d’énergie dans le dos. Elle devait se trouver devant cet arbre, la boule l’a transpercée et a aspergé les alentours. Quoiqu’il en soit, elle n’était pas encore morte et Malbas a pu dévorer toute son énergie vitale… Son corps s’est alors asséché pour n’être plus qu’un squelette qui est tombé en poussières, raconta Réo qui s’aidait de ce qu’il avait pu voir et vivre auparavant.
(- C’est bien, Sherlock. Bon, et maintenant ?), s’enquit l’Orgueil.
- Sa demeure ne devrait pas être loin et j’ai bien envie de voir de quoi elle a l’air.

Plusieurs éclairs rouges crépitèrent autour de Réo qui se mettait à quatre pattes, se métamorphosant progressivement en loup noir. Le canidé renifla la robe puis remonta la piste odorante jusqu’à atteindre son objectif, ce qui lui prit une petite dizaine de minutes.
L’habitation était une petite maison occidentale rectangulaire en bois sombre, sans prétention. Elle n’avait pas d’étage et était constellée de plusieurs fenêtres.
Après avoir retrouver son apparence humaine, le changeur de forme marcha vers l’entrée. Il avait aperçu un mouvement furtif à l’intérieur et ce fut donc sur ses gardes qu’il entra, la propriétaire des lieux ne pouvant de toute façon plus râler.
La poignée tourna lentement mais efficacement et la porte s’ouvrit vers l’intérieur avec un léger grincement.

Il n’y avait pas de hall en ce lieu, aussi Réo se retrouva dans une grande pièce que les meubles désignaient comme étant la salle principale. Une porte se trouvait au fond en face et une autre tout à droite. Parmi les meubles sus-mentionnés se trouvaient plusieurs grandes étagères supportant des dizaines de livres.
Curieux, Réo s’approcha, contournant une table ovale entourée de quatre chaises. Ce fut lorsqu’il atteignit la bibliothèque qu’il s’aperçut véritablement que la maisonnée était vide, alors qu’il avait aperçu quelqu’un.
L’odeur qui lui montait au nez confirma son idée.
Malbas. Il devait s’être téléporté lorsque Réo était entré.
Mais que faisait-il ici ?

Réo reporta son attention à la collection de livres qui lui faisait face. Plusieurs trous étaient visibles dans les rangées d’ouvrages, signe qu’il en manquait. Une fois de plus, le prénom de Malbas revint en tête au métamorphe.
Mais pourquoi diable le blondinet volerait-il des bouquins à une magicienne qu’il avait massacrée ?
(- Parce qu’elle était magicienne, justement), répondit Pride.
L’annonce, logique, laissa Réo perplexe car si Malbas se mettait à apprendre la magie, il allait devenir un gros problème. Déjà qu’il en était un…
(- Il doit déjà avoir gagné en puissance vu qu’il l’a absorbée, la magicienne. A mon avis, il peut déjà utiliser la magie. Mais tout ça n’est que suppositions…), intervint l’Orgueil.
Le regard de l’Envie fut par la suite attiré par une bourse violette qui trônait sur une commode. Toujours aussi curieux, il la prit et l’ouvrit. Celle-ci contenait plusieurs pièces, ce qui ravit Pride, lequel se mit à repenser à ses idées de rénovations immobilières.

Alors que Réo continuait tranquillement sa visite, la porte s’ouvrit. Son grincement avertit le métamorphe qui, d’instinct, se décomposa en eau. Il se dirigea ensuite sous un fauteuil pourpre posé près du mur droit et attendit.
Malgré sa forme, il pouvait toujours voir et entendre, ainsi il vit Youmu refermer délicatement la porte, toujours accompagnée de sa moitié fantomatique.
La jardinière regarda un instant l’ensemble de la pièce puis se dirigea vers la bibliothèque, à l’endroit exact où Réo s’était tenu plus tôt. La jeune fille semblait chercher quelque chose, sans le trouver car elle sembla devenir nerveuse.
- Il doit être ici pourtant, marmonna-t-elle.
Plongée dans sa recherche, elle ne vit pas la flaque d’eau qui se déplaçait avant de s’élever pour prendre une forme humaine.
- Que cherches-tu ? demanda Réo en croisant les bras.
Sans surprises, Youmu sursauta, ce qui amusa à la fois Réo et Pride.
(- T’es vraiment une enflure quand tu t’y mets)
- Arrête, je suis certains que tu aurais fait la même chose.
- Réo ! Mais… Qu’est-ce que tu fais ici ? s’enquit la demi-fantôme.
- Je te retourne la question !
- Moi ? Je viens récupérer quelque chose, un livre, répondit la jardinière.
- Ah… Je ne fais que visiter. J’ai entendu parler du meurtre alors je suis venu voir ce qu’il en était. Tu connaissais Seishi ? demanda l’Envieux.
- Moi non mais ma maîtresse oui. C’est elle qui lui a prêté l’ouvrage que je ne trouve pas, expliqua la jeune fille en baissant la tête lorsqu’elle avoua son échec.
- C’est pas étonnant, plusieurs livres ont été volés, annonça Réo.
A ces mots, Youmu releva la tête.
- Volés ? Par qui ?
- Sans doute celui qui l’a tuée. Il est toujours en quête de connaissance et de pouvoir alors des infos sur la magie ne doivent pas le rebuter, informa l’envieux.
- Tu… Tu sais qui est le meurtrier ? s’étonna la jardinière.
- Yep. A moins d’une coïncidence plus qu’incroyable, cet assassinat porte la signature de Malbas Elric. C’est un tueur qui est venu à Gensokyo en même temps que moi.
(- On ne t’a jamais dit que tu parlais trop ?), s’exaspéra Pride.
- Sais-tu où il se trouve ? questionna Youmu dont la voix était devenue sérieuse.
- Non. Lui peut me localiser mais l’inverse n’est pas vrai. Toutefois, il ne tardera sans doute pas à se manifester…
Une dizaine de secondes passa puis Youmu vérifia encore que le livre qu’elle cherchait était manquant. Ceux-ci étant classés par ordre alphabétique, il n’y avait pas de doutes à avoir.
- Bon, et bien je vais devoir me résoudre à rentrer bredouille, soupira la jardinière visiblement dépitée.
- Pas de chance. Au fait, saurais-tu comment se débarrasser de fantômes ? intervint l’Envie, se rappelant soudain de la présence des ectoplasmes dans la demeure en ruines qu’il squattait sans vergogne.
- Oui pourquoi ?
- Ben, disons que j’ai décidé d’utiliser une maison en ruine dans la Forêt de la Magie comme résidence et avant de commencer à bosser dedans j’aimerai que les fantômes qui y ont élus domiciles ne soient plus là. Ils sont un peu… Gênants… Expliqua le changeur de forme.
- Je vois ce que tu veux dire par « gênants »… Tu fais bien de m’en parler, je vais les reconduire dans le Monde des Morts, ça fait partie de mon travail. Même si…
- T’en as peur, compléta Réo.
Youmu lui lança un regard noir qui le fit éclater de rire, suite de quoi elle se mit à le frapper en lui enjoignant d’arrêter de se moquer d’elle, ce qui le fit rire encore plus alors qu’il se protégeait des coups.
Chose inhabituelle, même Pride se mit à rire, semblant s’amuser en voyant ses deux-là alors que normalement il aurait sortit une réplique acide. Youmu finit par rire elle-aussi quand Réo se mit à feindre une supplication pour apaiser sa colère.
- Bon, c’est pas tout ça mais faudrait y aller, lança l’Envieux.
Youmu approuva et ils sortirent de la maison.
Une fois dehors, les éclairs rouges habituels crépitèrent autour du polymorphe qui prit sa forme d’aigle noir avant de s’envoler, suivit par la jardinière.

Pendant le trajet, le rapace remarqua une boule sombre qui volait à l’orée de la Forêt de la Magie. Les déplacements de la sphère de ténèbres étaient approximatifs et elle heurta plusieurs fois des arbres, chose qui fit rire Pride qui glissa un commentaire peu flatteur.

Une poignée de minutes plus tard, Youmu et Réo se tenaient devant la maison délabrée que Pride avait découverte.
- Si je ne me trompe pas il s’agit de l’ancienne maison de Seishi, informa la demi-fantôme.
- Ah, et bien décidément où que j’aille cette magicienne est là. Et elle est morte, c’est dire, plaisanta l’Envieux.
Il fit ensuite quelque pas et ouvrit la porte, invitant par la suite Youmu à entrer avec un « Les dames d’abord. » qui ne lui fit ni chaud-ni froid.
La jardinière entra donc, suivie par le métamorphe qui laissa la porte ouverte. Voyant les fantômes, la jeune fille se raidit légèrement mais garda son calme. Cela ne dura pas longtemps puisqu’une forme blanche traversa le mur de droite et passa juste devant son visage, lui tirant un cri de terreur.
Elle se retourna vivement vers Réo, son regard enjoignant l’Envieux à se retenir de toute réaction. Celui-ci fit des efforts et se retint de rire.
Ce qui n’était pas du tout le cas de Pride qui, ne pouvant être entendu que de Réo, s’en donnait à cœur joie et riait autant qu’il lui était possible de le faire.
(- C’est… C’est juste RI-DI-CU-LE ! Franchement, elle est géniale cette demi-fantôme !), lâcha-t-il, hilare.
Réo soupira, se demandant comment il allait faire pour rester sérieux avec l’autre qui se lâchait à l’intérieur de son esprit.
Quant à elle, Youmu s’était reprise et sortit sa plus longue épée de son fourreau, ses deux armes étant accrochées dans le dos, au niveau de la taille. Puis elle sortit une carte qu’elle lança en l’air avant de brandir sa lame.
- Ghostly call « Last journey of the dead’s soul »

La lame du katana s’illumina d’une lueur mauve tandis que la spellcard disparaissait dans une lumière bleue. Aussitôt, tous les fantômes de la maison se regroupèrent et se mirent à voleter autour de la lame puis autour de Youmu lorsqu’elle rengaina son arme.
- Je vais maintenant les conduire au Monde des Morts. Fais attention à ne pas les toucher, les fantômes sont très froids comme tu l’as sans doutes remarqué et tu risque des gelures si tu rentres en contact avec eux, expliqua la jardinière.
- Ne t’inquiètes pas pour ça, je guéris vite. Merci pour les fantômes…
- Merci à toi, les gens ont une fâcheuse tendance à s’amuser avec les fantômes et à les utiliser comme régulateurs de température, surtout en été. C’est d’un manque de respect vraiment consternant, exposa Youmu dont la voix s’était teintée d’irritation.
Il y avait des choses avec lesquelles on ne plaisantait pas.
(- Et merde, je suis d’accord avec elle. Faut être complètement abruti pour faire une chose pareille), lança l’Orgueil.
- C’est ingénieux. Complètement débile et irresponsable mais ingénieux… Enfin, j’aime pas le froid de toute façon, alors… Commenta Réo.
(- Ingénieux, tu parles), contredit Pride.
- Il y a tant de fantômes que ça à Gensokyo ? Demanda l’Envie alors que Youmu s’avançait vers la porte.
- Disons qu’il y en a un certain nombre. La frontière entre la vie et la mort est faible ici, du coup des vivants viennent dans le Monde des Morts pour des raisons futiles et des fantômes viennent dans le monde des vivants. C’est vraiment contre-nature, répondit-elle.
- Je vois, il est donc inutile que je demande si je peux t’accompagner ?
- En effet, je ne te laisserai pas entrer sans bonne raison, confirma la jardinière d’un ton sec alors qu’elle était sur le pas de la porte.
- Bien, dans ce cas, à la prochaine et encore merci pour les fantômes ! S’exclama Réo en faisant un salut de la main.
- Au-revoir, répondit sobrement la demi-fantôme avant de s’envoler en compagnie des ectoplasmes.

(- Si on suit son raisonnement, les morts doivent rester dans leur monde et les vivants aussi. Mais, elle est humaine ET fantôme. Donc, elle est où sa place ?), fit Pride, confus.
- Si on part sur ce sujet, on en a pour des heures avec un bon mal de crâne en prime. Et je doute qu’il y ait de l’aspirine dans ce monde, affirma le polymorphe.
Ce dernier se tourna ensuite vers les escaliers et décida de faire un bilan complet des travaux à faire dans la maison…

Loin de là, un jeune homme accroupit, ayant de longs cheveux blonds, passait un gantelet métallique gris à sa main gauche. Sur sa paume était tracé un cercle noir rempli de courbes qui convergeaient vers un point central, lequel était dans un cercle ovoïde ce qui rappelait un œil. Le blondinet fit quelques mouvements avec ses doigts désormais terminés par des griffes et, visiblement satisfait, se releva.
Il arqua ensuite son bras gauche, main ouverte, se concentra, puis tendit brusquement son bras. Un rayon transparent jaillit du gant, plus exactement du point central, et percuta un arbre, lequel explosa, ne laissant de lui qu’une souche calcinée.
- Parfait, commenta l’homme avec un rictus.

La porte de la maison en ruine se rouvrit, ce qui permit le passage de Réo qui s’assit sur le perron. Il laissa échapper un soupir de dépit tout en baissant la tête.
- Et ben, si on veut tout réparer on en a pour un moment. Surtout tout seul, marmonna-t-il.
(- On peut se relayer…), proposa Pride.
Il était vrai que les deux âmes n’étaient généralement pas sujettes à la fatigue en même temps. En fait, s’il était fatigué Réo pouvait très bien laisser Pride prendre le relais puis, se reposer puis reprendre possession de son corps. Toutefois, l’Orgueil ne pouvait habituellement pas voler le corps de l’Envieux pendant qu’il dormait, celui-ci étant l’âme principale pour ainsi dire.

Complètement abattu, le métamorphe resta une vingtaine de minutes assit, à vagabonder dans ses pensées. Le soleil se couchait alors que son estomac se mit à grogner, peu satisfait de ne pas être rempli en bonne et due forme.
Réo se releva donc, ferma la porte, se changea en loup et partit chasser.
Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver à manger, toutefois le jeune chevreuil dont il s’agissait ne suffit pas au prédateur qui continua son chemin.
Il sortit ainsi de la Forêt de la Magie qu’il longea tranquillement.
Il se stoppa lorsqu’une voix enfantine se fit entendre :
- Un loup ? Ça fait longtemps que y’en a plus dans la forêt ! Hey approche mon mignon !~
Réo se tourna vers la droite, la forêt étant à sa gauche, et vit ainsi une fille approcher.

Petite, elle avait des yeux noisettes, de longs cheveux roux attachés en queue de cheval ainsi que deux grandes cornes décorées de rubans qui partaient de son crâne. Elle portait une chemise rose partiellement déchirée en bas dont les manches étaient arrachées et une jupe violette et rose. Trois formes géométriques étaient accrochées à des chaînes lesquelles étaient reliées soit à l’un de ses poignets soit à ses cheveux, servant au passage de lien à ceux-ci. Ainsi, une pyramide rouge était liée à son poignet droit, une sphère jaune à son poignet gauche et un cube bleu à sa chevelure.
Une gourde violette décorée de sceaux rouges et blanc se balançait au bout d’une cordelette rouge reliée à la ceinture de la nouvelle-venue.
Elle semblait de bonne humeur et continuait de héler le loup, l’informant qu’il ne devait pas avoir peur.

(- Preuve en est que tu as plus de succès sous forme animale. Quand vas-tu te transformer définitivement ?), railla Pride.
Réo ne bougea pas, laissant la fille approcher.
(- Est-elle consciente que si elle avait affaire à un vrai loup, celui-ci aurait déjà déguerpi ?), renchérit l’Orgueil, amusé.
Réo approuva, notant au passage que la petite se comportait comme s’il s’agissait non pas d’un loup mais d’un chien totalement inoffensif.
Alors qu’elle n’était qu’à quelques mètres, le loup fut entouré d’éclairs rouges et se changea progressivement en humain, une lumière écarlate le parcourant.
La petite fille eut un léger temps d’arrêt puis se frotta les yeux.
- J’ai trop bu ? demanda-t-elle.
- Ça, j’en sais rien, en revanche je suis bien réel, répondit Réo en croisant les bras.
- Ah, donc je peux encore boire touuute la soirée… Qui es-tu ?
- Décidément, je suis condamné à répondre sans cesse à cette question. Je suis Réo Ryu, métamorphe voyageur fraîchement arrivé à Gensokyo.
- Oh, un nouveau ? C’est rare !
La rouquine attrapa la gourde qu’elle transportait et but plusieurs gorgées avant de continuer :
- Moi c’est Suika Ibuki, je suis une oni ! annonça-t-elle en se désignant avec le pouce.
(- Vu qu’on y connaît rien en folklore asiatique, ça ne nous avance pas vraiment), constata l’Ombre en soupirant.
La dénommée Suika but à nouveau puis tendit son index gauche vers le polymorphe :
- Toi, je te défie ! Si je gagne, tu viendras boire avec moi ! lança-t-elle.
- Je suppose que je n’ai pas le choix… Tu n’as personne d’autres pour t’accompagner ?
- Naaaan, Reimu est je sais pas où depuis ce matin, je m’ennuie moi ! se plaignit l’oni avant d’adopter une expression boudeuse tout en croisant également les bras.
- Bon, dans ce cas, faisons en sorte que tu te divertisses, fit Réo.
Le polymorphe fléchit sa jambe gauche, tendit l’autre vers l’arrière et leva son bras gauche qu’il mit en position oblique, main ouverte. Quant à son bras droit, il était en retrait.
Suika reprit une expression joyeuse puis s’éloigna avant de se mettre également en position, poings serrés.
- Merde, j’ai faim, murmura l’Envieux après que son ventre se soit manifesté.

L’envieux n’attendit pas plus longtemps, pressé de satisfaire sa faim, et se rua droit sur Suika, utilisant le pouvoir de la Paresse pour atteindre une vitesse si élevée qu’on ne pouvait le voir.
Alors qu’il était à quelques mètres de son adversaire, le métamorphe sauta, pivota et donna un coup de pied gauche, sa peau étant devenue noirâtre au niveau de sa jambe gauche suite à l’apparition du Bouclier Ultime, ce que l’oni ne pouvait voir.
Celle-ci bloqua l’attaque avec son bras droit, accusant le choc qui aurait déraciné un arbre avec la même facilité dont elle faisait preuve pour respirer.
- Pas mal, glissa-t-elle avant d’attraper la jambe gauche de l’Envieux avec sa main gauche et de balancer sans ménagement.
Ce denier se récéptionna avec les mains et effectua une pirouette pour se retrouver debout.

La petite oni ne laissa pas Réo attaquer à nouveau puisqu’elle tendit le bras, libérant plusieurs boules bleues à la suite. Les projectiles rebondissaient sur le sol mais leur trajectoire était rectiligne, ce qui permit à Réo de les éviter facilement.
Il ne put esquiver le magnifique crochet du gauche que Suika lui asséna dans le ventre et qui le fit reculer de deux bons mètres. La rouquine enchaîna en effectuant un arc de cercle avec son bras droit, ce qui propulsa la pyramide rouge qui y était rattachée dans la hanche gauche de l’Envie, qui évita en sautant en arrière.
Suika tendit un bras, comme voulant donner un coup de poing. Une boule de feu jaillit de sa main fermée et percuta Réo en plein air, le faisant se crasher violemment au sol.
(- Pour le coup, ça rappelle la maîtrise du feu), remarqua Pride.
Le polymorphe enjoignit à son colocataire spirituel de fermer son clapet et se transforma en tigre à dents de sabre à poils jaune foncé avant de foncer sur la petite fille.
Celle-ci courait également vers son adversaire et fut à peine surprise lorsque le fauve préhistorique lui bondit dessus. Elle attrapa ses pattes avant et le projeta sur le coté, au sol.
- Gather Sign "Throwing Mt. Togakushi"

Suika sauta et se mit à mouliner dans les airs avec son bras droit. Divers cailloux et pierres furent attirés et vinrent se coller à la main de l’oni, formant ainsi un gros rocher qu’elle propulsa vers le tigre. L’animal, qui se relevait à peine, se prit le projectile de plein fouet.
Plusieurs éclairs rouges entourèrent le polymorphe qui reprit forme humaine, ajoutant toutefois des ailes de chauve-souris reliées à son dos. Ces ajouts lui permirent de s’envoler pour continuer le combat, Suika étant toujours dans les airs.
Elle s’arracha quelques mèches de cheveux et les lança en l’air. Celles-ci devinrent des mini-Suika, répliques miniature de l’originale qui se ruèrent vers le métamorphe qui approchait.
Réo allongea ses doigts qui devinrent les griffes noires caractéristiques de la Lance Ultime et tailla en pièces ses multiples petites opposantes en bougeant les bras vers l’extérieur tout en continuant à avancer.
Son ennemie lança un projectile noir qui explosa pour donner naissance à plusieurs petites sphères ignées, comme un feu d’artifice. L’Envieux passa au travers, évita une boule de feu plus grosse et couvrit ses bras, redevenus normaux, de carbone.
Il serra son poing droit et l’envoya dans les côtes de l’oni lorsqu’il l’atteignit enfin. Suika dévia l’assaut en écartant le bras de sa trajectoire avec son bras gauche mais ne put pas contre-attaquer puisque Réo se baissa, permettant ainsi à son aile gauche de frapper le visage de l’oni. L’Envieux continua sur sa lancée et joignit ses mains toujours recouvertes de carbone avant de baisser brusquement les bras, frappant Suika à l’épaule.
Celle-ci chuta mais parvint à retomber sur ses jambes avant de lever la tête, tout en se tenant l’épaule avec un rictus. Elle vit ainsi son adversaire descendre en piquée, droit sur elle.
Suika sauta en arrière et frappa le sol avec ses deux poings, ce qui fit jaillir plusieurs gros pics de pierre du sol. Ceux-ci percutèrent Réo alors qu’il pensait pouvoir frapper la rouquine qui ne le laissa pas chuter car elle bondit et utilisa la sphère jaune reliée à son poignet gauche pour frapper l’Envie sur le sommet du crâne comme s’il s’agissait d’un fléau d’armes.

Désormais aplatit sur le sol, Réo fit disparaître ses ailes tout en se remettant debout, à nouveau entouré d’éclairs rouges à la fois pour ses ailes mais aussi pour soigner ses cervicales. A cinq mètres, Suika l’attendait, bras croisés.
L’Envieux fit craquer sa nuque une fois la régénération terminée puis ouvrit les bras, toujours protégé par le Bouclier Ultime, avant de foncer vers Suika.
La petite oni balança son bras droit, voulant frapper le métamorphe avec sa pyramide rouge qui filait droit vers le visage de celui-ci. Toutefois, Réo avait prévu le coup et glissa, sa tête passant en dessous de la forme géométrique colorée. Puis il pivota, attrapa la pyramide et continua de tourner tout en tirant.
La force de l’Envieux combinée au faible poids de Suika fit le reste : la petite oni décolla avant de faire une rencontre brutale avec le sol.
Ayant toujours la pyramide en main, Réo recommença. La rouquine ne se fit toutefois pas surprendre une deuxième fois et lorsqu’elle toucha terre, ce fut en étant accroupie. Elle tira sur sa chaîne, arrachant la pyramide des mains du métamorphe et sortit une nouvelle spellcard.
- Will-o'-wisp "Superdense Conflagration"

La petite oni frappa alors le sol à deux mains. Cette fois, ce fut une grosse boule de lave qui en jaillit. Elle s’éleva lentement dans les airs puis retomba vers Réo qui l’évita facilement en avançant vers Suika.
La boule explosa lorsqu’elle toucha le sol, se subdivisant en plusieurs boules plus petites qui firent le même mouvement que l’originale un peu plus tôt, prenant Réo par surprise.
Une boule de lave explosa dans son dos, créant quatre nouvelles boules plus petites comment le firent les autres.
Le métamorphe sauta, les évitant mais ne put rien faire lorsque Suika l’attrapa par le kimono avant de prononcer :
- Oni Sign "Massacre on Mt.Ooe"

Elle fonça alors vers le sol et fracassa son adversaire dessus. Puis elle sauta plus haut et recommença.
Réo ne put retenir un cri de douleur, son dos étant littéralement massacré, preuve que la spellcard portait bien son nom. Son auto-régénération étant en marche, il ne put pas étendre son Bouclier à son dos, ce qui lui aurait sauvé la mise.
C’est alors que Suika bondit à nouveau, plus haut encore, avant de retomber et d’éclater le métamorphe sur le plancher des vaches, l’impact produisant une explosion orangée.
L’oni recula d’un bond et attendit de voir le résultat.

Celui-ci n’était pas glorieux pour Réo qui ne se releva pas et ce même lorsque toutes ses blessures eurent disparues. En fait, il était épuisé.

- On dirait que j’ai gagné ! s’exclama Suika en levant le poing.
Elle s’approcha de son adversaire et l’aida à se relever.
- Huhu !~ C’était amusant, si tu pouvais utiliser des spellcards tu pourrais devenir très fort ! Maintenant, allons fêter ma victoire ! s’égosilla la fillette en brandissant sa gourde.
- Chouette… Et j’ai encore faim… Râla Réo, dont l’amertume de la défaite était balayée par la bonne humeur et l’énergie de la petite oni.
- Suis-moi, je connais un stand où on pourra boire et manger ! On va voir si t’es un grand buveur ou non !
(- Je suis curieux de voir si la Gourmandise a un effet là-dessus. Tu peux manger n’importe quoi en n’importe quelle quantité mais nous ignorons si cela a un effet sur les conséquences de l’alcool…), fit Pride qui s’abstint étonnamment de mentionner la défaite de l’Envie.
- Incarner les sept pêchés capitaux aurait une utilité en plus, répondit Réo qui suivait Suika.

Les deux compagnons atteignirent ce qui devait être un stand ambulant alors que la nuit venait de tomber. Celui-ci était signalé par une lanterne d’où émanait un lueur rouge et était tenu par une fille aux yeux gris, aux cheveux roses ayant des oreilles de hibou pointues et étant pourvue d’ailes d'oiseau rose pâle avec des reflets violacés. Elle était habillée d’une robe et d’un chapeau marron ainsi qu’une veste blanche aux manches longues. Plusieurs ornements en forme d’oiseaux ou d’ailes décoraient la robe et le chapeau.
La fille chantait lorsque Suika et Réo s’assirent sur le banc qui se trouvait devant le comptoir derrière lequel se trouvait la youkai aux attributs d’oiseaux.
(- Génial, encore un piaf. Elle va aussi prendre des photos ?), lança Pride.
- Salut Mystia ! Envoie les poissons, moi et mon ami avons faim ! annonça Suika.
- ~Oiseau de nuit, le chant de la nuit~ Oui ? Ah, combien en voulez-vous ? s’enquit la vendeuse, en interrompant sa chanson.
- Donne-m’en sept ! répondit Suika qui se tourna ensuite vers Réo.
- Euh… La même chose.
- Bien, bien. Un humain, hein ? T’as pas trouvé mieux que venir me voir pour ne pas mourir de faim et te faire dévorer par un youkai dans la forêt ? Tant pis… ~Un humain, perdu dans la forêt. Les oiseaux l’observent, ils veulent sa chair~, lança Mystia qui se remit à chanter après s’être retournée pour préparer les lamproies.
Réo eut un sourire.
- Fais pas attention, elle est toujours comme ça avec les humains ! Eyh Mystia, moins fort le volume, tu m’empêches de boire ! intervint Suika qui avait sortit sa gourde.
- Je doute d’être encore un humain de toute manière… Je n’ai plus grand-chose d’humain, mis à part mon aspect, énonça l’Envie.
Suika haussa les épaules et demanda deux chopes qu’elle obtint.
- Puisque j’ai gagné, je te rappelle que tu dois boire avec moi ! rappela l’oni à son invité qu’elle servit avec sa gourde.
- Faudrait quand même manger avant de finir dans un coma éthylique, railla Réo, ce qui fit rire Suika.
- Aucune chance, pour moi en tout cas, affirma-t-elle.

La rouquine prit sa chope et la cogna contre celle de Réo avant de la vider en même temps que lui.
La chaleur du liquide surpris un instant le polymorphe qui ne fut toutefois pas plus troublé que ça. Il se lécha les lèvres, avec moins de joie toutefois que lorsqu’il avait léché ses griffes ensanglantées plus tôt dans la journée.
- Alors ? fit Suika en même temps que Mystia les servait.
- Alors j’en prendrai bien encore, répondit Réo en tendant sa chope que l’oni se fit une joie de remplir.

C’est alors que Mystia commençait une nouvelle chanson que les deux se mirent à manger tout en buvant à intervalles réguliers, posant ainsi la première pierre de ce qui s’annonçait peut-être comme une solide amitié, pierre trempée de saké d’ailleurs.
Enfin, c’était mieux que rien…
You know who I am.
Dernière édition: il y a 6 ans 6 mois par Jealousy.
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Re: [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1496

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Chapitre 6 : Marionnettiste de la Pleine Lune


« Le potentiel de la magie est énorme. Je me suis toutefois souvent demandée, que se passerait-il si on l'alliait à d'autres arts encore ?
Un jour, j'eus ma réponse.»

Yuul, Mémoires du Septième Grand Maître


Tout était dévasté.
Debout devant des ruines, Réo observait la scène, éclairée par les feux du soleil couchant ainsi que par ceux qui ravageaient la végétation environnante.
Aux alentours, il n’y avait pas âme qui vive.. Le chemin de pierre qui menait au bâtiment détruit devant lequel se trouvait le polymorphe était également défoncé.
La seule chose encore miraculeusement intacte était la porte orientale rouge qui se trouvait juste avant l’imposant escalier, désormais brisé, qui permettait d’accéder en ce lieu.
L’attention de Réo se reporta sur le bâtiment.
Complètement effondré, il était impossible pour le métamorphe de deviner à quoi il ressemblait avant et encore moins à quoi il servait. Un autre bâtiment plus petit et également rayé de la carte se trouvait derrière à gauche du grand.
C’est alors qu’il le vit.
Debout sur le plus haut tas de débris, sa grande cape rouge, ou manteau, déchirée sur les bords l’enveloppant en partie tout en étant portée par le vent, un homme l’observait.
Celui-ci portait une étrange armure qui à la base devait être grise et noire mais le sang qui la maculait et gouttait un peu partout donnait l’illusion que tout était rouge.
Ainsi, les jambières noires de base étaient recouvertes par deux pièces grises métalliques en forme de cylindre, l’une au niveau de la cuisse et l’autre au mollet, la plus basse se terminant par les quelques maillons d’une chaîne brisée.
La taille était recouverte de plusieurs pièces noires qui étaient larges à la base mais s’affinaient en s’allongeant, se terminant en pointes. Leurs contours étaient courbes et torturés.
Le torse était majoritairement noir mais un genre de collier rouge parcourut de piques verticaux y était peint, partant du dessus de la poitrine pour rejoindre le dos.
Les bras étaient entièrement recouverts par des cylindres gris si bien joints qu’on avait l’impression que tout n’était qu’une seule et même pièce. Leur diamètre était si gros que les mains paraissaient en sortir. Les doigts étaient recouverts de métal noir et un fil métallique les reliaient à l’intérieur du cylindre, preuve que ces gants étaient liés à l’armure. D’imposants brassards noirs décorés de deux grosses sortes de pointes recouvraient les poignets. Ils étaient terminés par deux pièces courbes qui cachaient en partie les mains. Du bout des pièces cylindriques qui restaient toutefois visibles se trouvaient également les maillons d’une chaîne brisée.
Les épaules n’étaient pas visibles puisque la cape les enveloppait. Celle-ci était accrochée en dessous du cou.
Quant au casque, il était en deux partie. L’une enveloppait le cou, le menton et l’arrière du crâne et semblait souple. L’autre, faite de métal gris, recouvrait tout le reste sauf la bouche. Aucune ouverture n’était visible excepté quelques minuscules trous qui permettaient de respirer mais rien ne semblait permettre à l’homme de voir.
Les deux parties du casque étaient reliées à l’avant par quatre ceintures de cuir, deux à chaque joue.
Même la « visière » du casque était couverte de sang, ce qui là encore donnait l’impression qu’elle était entièrement rouge.
Sans comprendre pourquoi, Réo eut un mouvement de recul. Il remarqua que l’homme tenait quelque chose à la main droite.
Des cheveux noirs plutôt longs, deux mèches tombant sur un visage figé dans une expression de douleur et de terreur mêlées…
Une tête.
Une tête que l’homme retenait par le ruban rouge passé dans ses cheveux.
L’homme sourit alors, dévoilant ses dents plus pointues que la moyenne des humains, ses canines, notamment, étant anormalement longues.
Le sourire fut accompagné d’un « Ksh » peu rassurant…


Ce fut à ce moment que Réo rouvrit les yeux.
Il tenta de se lever mais le mal de crâne qui l’assaillit l’en empêcha, ce qui le contraignit à s’asseoir péniblement. Un rapide coup d’œil lui permit de certifier qu’il était dans le hall de la maison abandonnée où il séjournait.
Un bruit de respiration à sa droite lui apprit également qu’il n’était pas seul. En effet, Suika dormait près des escaliers. Bras étendus, elle tenait toujours sa gourde que Réo savait inépuisable.
L’une des rares choses dont il se souvenait de la veille.
(- Et une gueule de bois, une !), lança Pride.
- Pride, tu tombes bien, tu peux me dire ce qu’il s’est passé hier soir ? J’ai tout oublié après la huitième chope… fit Réo.
(- Et voilà, c’est encore moi que t’appelles à la rescousse. Donc, après le huitième verre, ou chope on s’en fout, t’as commencé à dérailler. Je te passe les détails mais c’était assez marrant à voir. Pour info t’as tenu jusqu’au treizième verre avant de plus pouvoir continuer, ce que Suika a fait. Inépuisable cette oni. M’enfin ça vous a pas empêché de partir dans des trucs… La pauvre Mystia pouvait même plus chanter vu le boucan que vous faisiez. Bref, après avoir que l’oiseau ait décidé de fermer boutique histoire de pas devenir folle, t’as tenté de revenir ici pour piquer un somme. Echec puisque tu galérais pour marcher et Suika ne t’était pas d’une grande aide. Donc bon, j’en ai eu marre alors j’ai pris tant bien que mal les commandes, ton âme étant affaiblie par le saké. Etant plus résistant à l’alcool que toi, j’ai pu nous conduire ici. L’oni, qui n’a même pas vu le changement avec les 349 grammes qu’elle avait dans le sang, s’est directe endormie et toi aussi dès que je me suis retiré. Voilà, pas de trucs croustillants par la suite, dommage d’ailleurs), narra Pride.
- Je vois… Attends, tu sous-entends quoi par « trucs croustillants » ? T’espérais quoi ? réagit l’Envie.
L’Orgueil ricana, ce qui lui valut de se faire traiter de pervers par un envieux peu emballé par ce qu’il soupçonnait.
(- Si on peut même plus déconner…)
- Pédobear !
(- Fake, elle est bien plus âgée que nous, elle l’a dit hier. C’est courant ici apparemment. Donc non, pas pédobear et je blaguais, raclure. Y’a bien mieux que cette oni ici…)
- Hein ? De qui tu parles ?
(- Personne, je suis juste sûr que y’a mieux !), affirma l’Orgueil, ce que Réo ne crut guère.
- Ahah ! Y’en a une qui te plait ! s’exclama Réo.
(- T’as pas plus débile comme idée à la con ? Nan mais je rêve… En plus on connaît personne ici. Et baisse le volume, je veux pas que l’oni se réveille et nous tape dessus. Pas foutu de gagner un combat…), envoya Pride après un soupir.
- Tu mens, j’en suis sûr !
(- Aurais-tu oublié que j’ai pour principe de ne pas mentir ?), rappela l’Orgueil.
Réo retint un commentaire et appuya sa tête contre le mur tout en fermant les yeux.
Le souvenir de son rêve lui revint alors, lui faisant relever les paupières.

C’était la deuxième nuit consécutive où il faisait un cauchemar, ce qui n’était pas très bon signe. Il avait en effet cessé d’en faire depuis que Pride était né, ce qui remontait à plusieurs semaines, sans doute deux mois.
En revanche, l’Envieux avait souvent fait des mauvais rêves précédemment. En fait, plus il avait obtenu de pouvoirs, plus ses cauchemars avaient gagné en intensité, chose que Pride expliquait par le fait qu’au fur et à mesure que l’Envie avait obtenu ses capacités, lui prenait forme. Car à ce moment-là, c’était l’Orgueil que Réo voyait dans ses songes et il s’y était fait de plus en plus présent.

- Quoi qu’il en soit, je me demande ce que cet homme en rouge vient faire dans mes rêves, fit l’envieux.
(- Une ombre puis un serpent géant et maintenant un homme en rouge. Ton subconscient est un vrai foutoir, Jealousy), railla l’Orgueil.
La remarque tira un sourire au polymorphe.
- Quel était ce lieu ? Qui était cette fille dont l’homme tenait la tête ? murmura le polymorphe.
Il tourna la tête en direction de Suika, laquelle dormait toujours.
- T’as une idée de l’heure qu’il est ? s’enquit Réo.
(- Je ne suis pas une horloge parlante !), s’exclama l’Ombre.
Son mal de tête n’étant toujours pas passé, l’Envieux fut contraint à rester assis à attendre d’être en état de bouger.

Une heure à rien faire plus tard, Suika se réveilla.
La petite oni s’assit puis s’étira en baillant avant de se lever et d’observer l’endroit où elle avait atterrit.
- Salut Réo ! C’est ta maison ? demanda-t-elle avant de se baisser pour attraper sa gourde qui était restée au sol.
- Bonjour Suika. On peut dire ça, mais je dois dire qu’il y a pas mal de travaux à faire, répondit l’Envie dont le mal de tête avait disparut.
- Vraiment ? Besoin d’aide ? questionna la rouquine avant de boire au goulot de sa gourde.
- Oh que oui ! réagit Réo en se levant.
- Et ben dans ce cas je veux bien te filer un coup de main ! annonça l’oni.
- Bien, ça c’est une bonne nouvelle, merci. Tout d’abord, faut aller au Village Humain pour acheter ce dont on aura besoin, pour peu que j’ai assez, expliqua le métamorphe en baissant la tête à la fin de sa phrase.
- En avant ! s’exclama Suika

Les deux compères s’envolèrent donc en direction du village.
Avant de faire les achats, ils choisirent de se restaurer, jetant leur dévolu sur un stand de yakitoris, ce dont raffolait Réo, qui n’avait pourtant rien demandé à personne.
(- C’est vrai que tu aimes manger de la volaille, des piafs et du poulet. Surtout du poulet…), glissa Pride qui se serait bien prit un bombardement orbital si Réo avait pu.
Après avoir pillé les réserves du vendeur, Suika et le métamorphe déambulèrent dans les rues, à la recherche de ce qui leur fallait.

A aucun moment ils ne remarquèrent Malbas qui les surveillait depuis les toits, changeant de perchoir via son pouvoir de téléportation.
Alors que ceux qu’il suivait venaient d’entrer dans un bâtiment, le tueur s’allongea sur le ventre, se tint la tête avec ses deux mains et observa les humains qui vaquaient à leurs occupations. Personne ne levait la tête, ce qui au fond le déçu un peu.
- Je suis lààà bande de glands ! Ah mais qu’est-ce qu’ils fichent à la fin ? Je veux tester ma Combustion en condition réelle ! s’impatienta-t-il.
Il dégagea son bras gauche et simula un tir sur magasin dans lequel se trouvaient l’oni et le métamorphe.

« Combustion » désignait la capacité qu’il utilisait grâce à son gant métallique qu’il portait à la main gauche. Elle lui permettait de projeter un rayon transparent d’énergie qui explosait lorsqu’il rencontrait quelque chose. Pour ce faire, il amenait son chi depuis son estomac jusqu’à sa main gauche où il concentrait l’énergie qu’il tirait ensuite grâce au cercle présent sur le gant. Cette habileté était un dérivé de la maîtrise du feu classique qu’il avait apprise en absorbant l’énergie vitale d’un maître du feu. Ainsi, il avait obtenu ses pouvoirs, compétences, souvenirs et âme, comme lorsque Pride mangeait quelqu’un via ses ombres.
La Combustion était toutefois maîtrisée par un homme que Malbas ne put qu’observer mais pas tuer, à son grand regret. De ce fait, sa version de la Combustion était en réalité un mélange entre sa maîtrise du feu, pour le principe, l’alchimie, au niveau du cercle, et une pincée de magie, chose qu’il connaissait depuis toujours. En effet, sa téléportation et sa compétence à projeter des boules d’énergie bleues étaient des capacités totalement naturelles pour lui, tout comme l’alchimie et quelques autres.

Voyant que ses proies tardaient à sortir, Malbas roula sur le toit, se retrouvant sur le dos. Il observa quelques instants le ciel, ce qui lui permit d’apercevoir une forme humaine dans les airs.
Elle était bien trop éloignée pour savoir à quoi elle ressemblait mais le tueur put déterminer qu’elle venait de la montagne et se dirigeait vers un endroit qu’il ne connaissait pas.
L’alchimiste soupira, roula encore et reporta son attention sur la rue.
Pas de Réo ni de Suika mais un gamin qui courait, accompagné de trois autres.
- Venez, venez, la marionnettiste de la forêt donne un spectacle sur la place ! Ça va être génial ! hurlait-il, obtenant l’approbation des autres.
Une marionnettiste ?
Un fin sourire étira les lèvres de Malbas.
- Je vois, ce doit être Margatroid. Kodoku ignorait où elle habitait mais maintenant, je vais pouvoir le savoir sans avoir à chercher ! jubila-t-il.
Le tueur se leva, mit les mains dans les poches de son pantalon noir et se dirigea tranquillement de l’autre coté du toit, qui donnait sur une autre rue.
Là, il sauta, atterrit souplement au sol et se dirigea vers la place en sifflotant, d’autres enfants lui ouvrant la voie.

Ce ne fut que trois minutes plus tard que Réo et Suika sortirent, les bras chargés de diverses choses. Ils décollèrent aussitôt, ignorant tous les deux qu’il y avait un spectacle sur la place.

Celle-ci était plus peuplée que Malbas l’aurait cru. Une foule de gens, généralement debout, et étant en arc de cercle, observaient quelques chose et applaudissaient.
Le tueur se retint de tous les faire exploser pour pouvoir voir quelque chose de là où il était et préféra les contourner, histoire de voir de quoi il s’agissait exactement.
Il vit ainsi une fille aux yeux vert clair et ayant de courts cheveux blonds. Elle tenait un épais livre noir à la main gauche et portait une robe bleu ciel sans manches décorée de rubans roses ainsi qu'un serre-tête rose dans les cheveux.
Autour d’elle virevoltaient plusieurs poupées, lesquelles étaient toutes identiques. Elles avaient la forme de petites filles aux cheveux blonds aux yeux bleus. Elles portaient une longue robe bleu foncé avec un tablier. Elles avaient un grand ruban rose dans leurs cheveux et un ruban plus petit de même couleur autour de leur cou.

Elles donnaient l’impression d’être animées d’une vie propre et allèrent même chercher chacune un enfant, lesquels étaient assis devant les adultes qui étaient debout, avant de se mettre à danser avec lui. Les enfants riaient aux éclats, accompagnant les poupées.
Malbas échoua à retenir un sourire et se surprit à applaudir avec les autres spectateurs lorsque les marionnettes et les enfants eurent fini leur danse improvisée.
- Pourquoi je souris moi ? Y’a rien de spécial… pensa Malbas qui resta malgré tout à observer l’habileté dont faisait preuve la magicienne.
A cet instant, il se sentit comme tomber en enfance.
Enfance qu’il n’avait jamais eue…

Le show dura encore une demi-heure puis, après un ultime salut, la foule se dispersa. Un homme alla voir la dénommée Alice et lui remis de l’argent, la remerciant pour avoir accepté de se déplacer.
La magicienne se contenta de prendre son dû puis s’en alla sans tarder.
Malbas ne bougea pas, la regardant s’éloigner tout en cherchant un moyen de la suivre sans se faire repérer.
- C’est beau n’est-ce pas ?
La question sortit le tueur de ses réflexions et il se tourna vers la voix féminine qui l’avait posée.

Il s’agissait d’une femme aux yeux bruns et à la longue chevelure argentée aux reflets bleutés. Elle portait un chapeau semblable à un bâtiment avec un ruban rouge sur le dessus, cerclé de glyphes. Sa robe bleu nuit avait des manches blanches courtes et un ruban rouge y est attaché au niveau du cou.

- En effet, cette magicienne est très douée, répondit Malbas.
La femme s’était approchée de lui et tendit sa main.
- Je suis Keine Kamishirasawa, professeur de l’école du village, annonça-t-elle.
- Malbas Elric, simple voyageur, enchanté, informa le tueur en serrant la main de la femme.
Elle l’ignorait mais en d’autres circonstances, ce simple geste lui aurait été fatal.
- De même.
- Ce genre de spectacle est courant ici ? s’enquit l’alchimiste.
- Disons qu’il arrive que nous l’invitions à exposer ses talents, elle ou une autre magicienne. Ça plait aux enfants comme aux adultes, exposa l’institutrice.
- Je vois, juste comme ça, savez-vous où je pourrai les trouver ? Ça m’intéresse, je dois dire.
- Les deux vivent dans la Forêt de la Magie. Où exactement je ne saurai vous le dire mais concernant Alice Margatroid, sa demeure est de type occidental. Son toit est bleu et il y a une grande tour sur le coté. L’autre magicienne est Marisa Kirisame. Sa maison est envahie de lierre et on trouve pas mal de champignons aux alentours, expliqua Keine.
- Je vois, merci.
- Pas de quoi, faites tout de même attention aux youkais qui peuplent la forêt, prévint la femme.
Un coup d’œil au cadran solaire présent plus loin lui apprit qu’il était temps qu’elle commence son cours, aussi quitta-t-elle le tueur.
Elle s’éloigna après un au-revoir mais soudain se retourna pour lancer une ultime mise en garde :
- Evitez de sortir cette nuit car ce sera la pleine lune. La regarder risque de vous rendre fou et les youkais sont encore plus dangereux.
Puis elle s’en alla.
Malbas se retint d’éclater de rire puis remit ses mains dans les poches avec un rictus.
- Sachez, demoiselle, que lors de la pleine lune, ce sont mes adversaires qui devraient se cacher, chuchota-t-il avant de se mettre en marche.

De leur côté, Réo et Suika avaient commencé les réparations. Ils avaient également choisi quel serait le destin de chaque pièce.
Ainsi, la cuisine serait la première salle se trouvant à gauche lorsqu’on entrait. Le salon lui ferait face, son entrée étant proche des escaliers menant à l’étage, et la salle de bain serait la porte adjacente à celle de la cuisine bien que naturellement espacée de cette dernière.
Quant à l’étage, les cinq pièces qui y étaient allaient devenir des chambres, ce qui laissait de la marge.
Ils réparèrent, remplacèrent bref bossèrent jusqu’à ce que le soleil ne commence à se coucher.
Ils s’assirent sur le perron et Suika but quelques gorgées de saké.
- Une bonne chose de faite ! déclara Réo, visiblement satisfait.
- Ouais, on est trop forts ! fit l’oni en levant les bras.
Elle se mit ensuite à bailler.
- Fatiguée ? Je te croyais plus endurante… railla l’Envieux.
- J’suis toujours assez en forme pour te battre ! lança Suika en envoyant un coup de poing dans l’épaule du métamorphe.
Celui-ci n’eut pas besoin de simuler la douleur, son articulation ayant bien faillit être démise.
- T’es vraiment une brute. Alcoolique en plus. Mais bon, je t’aime bien quand même, lança l’Envieux en se massant.
Suika lui fit un grand sourire comme réponse, ce qui acheva de le faire fondre.
Pride émit un commentaire du type « Comme c’est trop mignooon », ce qui lui valut un regard noir spirituel.
Les deux amis restèrent un quart d’heure encore puis Suika se leva.
- Moi, je vais rentrer ! Me demande si Reimu est revenue… fit-elle.
- C’est la deuxième fois que tu la mentionnes, je sais toujours pas de qui il s’agit, commenta l’Envie.
- Ben c’est la miko du Sanctaire Hakurei, répondit Suika comme s’il s’agissait d’une évidence.
- Celle qui garde la frontière ?
- Voilà. Tu savais pas ça ? s’étonna l’oni.
- Nan, je suis nouveau ici moi !
- Ah, oui, c’est vrai. Pense à y aller un jour ou l’autre !
La rouquine s’en alla sur ces bons mots, après avoir souhaité une bonne nuit au métamorphe.
Celui-ci, voyant que la nuit allait tomber dans très peu de temps alla chasser puis admira le coucher de soleil depuis l’un des futures chambres de sa maison.

Après deux heures à avoir collecté plusieurs plantes dans la forêt, Alice revenait enfin chez elle. Elle entra, déposa ce qu’elle avait ramassé puis, toujours son grimoire à la main, ressortit.
- C’est dangereux de sortir de chez soi seule en pleine forêt. On risque de faire de mauvaises rencontres, héla une voix masculine provenant du toit.
La magicienne se tourna et leva les yeux, apercevant Malbas, accroupi sur le bord.
- Mais parfois, c’est la mauvaise rencontre qui vient à nous, continua le tueur avant de sauter à terre.
- Qui es-tu ? Que fais-tu là ? demanda la marionnettiste, prête à réagir en cas d’attaque.
- Moi ? Je suis bien des choses, demoiselle. Mon nom est Malbas Elric, surnommé de temps à autre le Dévoreur. Et si je suis là…
Il eut un rictus.
- C’est parce que j’ai faim !

Sans plus attendre, Malbas attaqua. Son bras droit se tendit et de son poing fermé jaillit une boule de feu qui fut facilement évitée.
- Tu veux un combat ? Tu vas être servi ! s’exclama Alice Margatroid.

D’un mouvement de bras, une ribambelle de poupées jaillirent. Identiques à celles qui avaient servi dans le village, elles se stoppèrent dans les airs et tirèrent de petits projectiles multicolores.
En réponse, Malbas frappa la terre du pied tout en levant les bras. Un mur de pierre jaillit devant lui, bloquant les multiples attaques. L’alchimiste tapa ses mains l’une contre l’autre et les posa contre sa protection rocheuse. La traditionnelle lumière bleue fit son apparition tandis que le mur s’ornait de piques qui s’agrandirent pour empaler toutes les poupées.
Malbas sauta, s’accrocha au sommer du mur puis se balança, passant au-dessus en faisant un salto. Il en profita pour bombarder son adversaire de boules de feu, lesquelles étaient soient évitées soit interceptées par des maronnettes.
- Crimson Sign « Holland Doll »

Après avoir prononcé le nom de sa spellcard, Alice lança une poupée en l’air. De celle-ci jaillirent quatre rayons rouges, ce qui formait une croix qui se mit à tourner, la marionnette étant le centre de la rotation.
Malbas n’avait pas touché terre qu’il se prit l’un des lasers, la spell ayant été déclenché au moment idéal pour le toucher. La blessure au ventre qui en résulta disparut toutefois rapidement, alors que l’alchimiste se relevait.
Il sauta pour éviter un autre laser, prit appui sur le mur et lança une boule d’énergie bleue tout en s’envoyant vers son ennemie. La poupée fut détruite par le projectile énergétique et Alice dû sauter sur le côté pour ne pas se prendre un coup de pied, Malbas l’ayant rejointe.
- War Command "Dolls of War"

Alors que le tueur s’avançait, la magicienne lança plusieurs poupées armées de lances qui se mirent à tourner sur elles-mêmes avec une lueur soit bleue soit violette.
Coincé entre elles, Malbas ne put qu’endurer la douleur que les multiples blessures infligées lui causaient.
Lorsque le groupe marionnettes disparut, le tueur tituba mais eut un rictus.
Bientôt.

Alors que la marionnettiste déployait des forces supplémentaires, Malbas fit un ample mouvement avec son bras droit tout en pivotant.
L’herbe environnante se dessécha aussitôt, l’eau qui était en elle étant extraite puis attirée par le membre en mouvement de Malbas. D’un geste, le maître des quatre éléments envoya l’eau qu’il avait collectée, lui donnant assez de vitesse pour qu’elle puisse couper les poupées. Une fois ceci fait, il fit revenir son bras droit vers lui, l’eau suivant ses mouvements, avant de la renvoyer sur Alice.
- Curse Sign "Hourai Doll"

La magicienne envoya plusieurs poupées, vêtues d'une robe rouge, qui se mirent en cercle devant elle avant de tirer chacune un rayon rouge tout en tournant rapidement.
L’eau s’évapora au contact des lasers qui échouèrent à toucher Malbas, ce dernier s’étant téléporté sur le côté dans une volée de flammes. Il effectua alors un mouvement diagonal avec ses bras, projetant une rafale de vent qui envoya la magicienne contre un arbre.
L’alchimiste leva alors la tête, distinguant la pleine lune.
La nuit était tombée.

Alice se releva puis brandit une nouvelle spellcard.
- Spy Sign "Seek…
Elle n’eut pas le temps de finir.
Ses bras se mirent à bouger violemment dans tous les sens, sans qu’elle puisse les contrôler.
- Hey mais qu’est-ce que…
Sans comprendre, elle percuta à nouveau l’arbre mais ne tomba pas, se retrouvant debout mais sans rien pouvoir faire. Son corps ne l’écoutait plus.

Malbas ne retint pas le rictus de joie qui s’était dessiné sur ses lèvres. Bras tendus, il les faisait bouger de diverses façons, comme lorsqu’il contrôlait l’eau. Alice suivait ses mouvements, se déplaçant comme un pantin à moitié désarticulé.
La marionnettiste devenue marionnette ne put étouffer un cri d’angoisse lorsqu’elle comprit ce qu’il se passait. Ses bras se rejoignirent brusquement dans son dos, comme si elle était attachée.
- A genoux, ordonna Malbas en baissant les bras, faisant plier les jambes de la magicienne qui releva la tête, les yeux emplis de haine.
Et de peur.

- Alors, Margatroid, qu’est-ce que ça fait de devenir une marionnette ? Ça te change, n’est-ce pas ? susurra Malbas.
- Espèce de…
Une douleur à la poitrine lui arracha un hurlement, l’empêchant de continuer.
- Il n’y a que lorsque la lune est pleine que je peux faire cela. Là où ma maîtrise de l’eau est la plus puissante. Calme-toi, tu ne peux rien faire face à ça. Tu n’es rien face à ma maîtrise du sang ! Je contrôle chacun de muscles, chacune de tes veines…
Malbas serra sa main droite, provoquant une forte douleur au niveau du cœur de la magicienne désormais incapable de bouger.
A genoux, elle ne pouvait que subir.
Avec violence, elle se baissa pour se retrouver allongée à plat ventre alors que le tueur s’avançait. Seul son bras gauche était tendu, l’autre était légèrement arqué, la main grande ouverte.
Sans hésitation, l’alchimiste posa son pied gauche sur le dos de sa proie, continuant l’humiliation jusqu’au bout. Puis il se baissa tout en approchant sa main droite grande ouverte du visage de la magicienne…

- Love Sign "Master Spark"

Un gigantesque laser arc-en-ciel percuta le Dévoreur alors qu’il était sur le point de commencer son oeuvre. Emporté par le torrent d’énergie, il percuta un des murs blancs de la maison d’Alice. Ce qui ne l'empêcha pas de se relever rapidement, ses brûlures ayant rapidement disparues.
Il vit ainsi une fille à l'accoutrement de sorcière en train d'aider Alice à se relever.
De rage, Malbas reprit brièvement le contrôle du corps de la marionnettiste et serra ses deux mains. Un craquement écoeurant se fit entendre avant qu'Alice ne s'effondre en gémissant.
- Alice, Alice ! Qu'est-ce que t'as ? paniqua Marisa.
- Mes… Mes jambes… J'ai mal… articula la magicienne dont les joues étaient trempées de larmes dues à la douleur.
- Même si tu t'en sors, tu ne pourras plus jamais marcher idiote ! hurla Malbas qui s'approchait.
- Toi… Qu'est-ce que tu lui as fait ! s'écria Marisa, la voix tremblante de colère.
- Juste broyé ses muscles et ses os en exerçant une pression suffisante avec son sang. Rien de bien sorcier mais au moins, elle ne risque pas de m'échapper, expliqua le Dévoreur avec autant de calme que s'il s'agissait d'une recette de cuisine.
Animée d'une rage folle, Marisa enfourcha son balai tout en énonçant :
- Comet "Blazing Star"

Elle fonça alors droit sur Malbas à une vitesse énorme. Enorme mais insuffisante puisque Malbas sauta, se téléporta pour l'éviter, réapparut dans les airs puis, alors qu'elle était près de la maison d'Alice et s'apprêtait à rebrousser chemin, tira un rayon transparent via son gant de métal.
Avec un craquement, le rayon fusa droit vers Marisa…

L'explosion creusa une brèche béante dans la maison blanche et bleue mais la fumée empêchait de voir ce qu'il en était de la sorcière. Ayant touché terre, Malbas attendait, les bras croisés.
- Ma… Marisa… murmura Alice dont la douleur n'expliquait pas à elle seule son visage crispé.
- J'espère qu'elle n'est pas en morceaux, j'ai faim, commenta le Dévoreur.

Heureusement pour tout le monde, la magicienne ordinaire était vivante et fit quelques pas en sortant par la brèche. Ses vêtements étaient en partie déchirés, et elle saignait un peu partout mais elle était encore en vie et son balai, qu'elle tenait à la main gauche, était intact.
De toute évidence, le rayon avait frappé le mur plutôt qu'elle.
- C'est pas finit, annonça-t-elle.
- J'espère bien, je commence à m'amuser, lança Malbas.

Une fois ces mots finis, le Dévoreur leva une jambe tout en pivotant, ce qui fit jaillir un roc du sol. Puis il donna un coup de poing dans le rocher qui fonça sur son ennemie, laquelle l'évita de justesse.
Elle contre-attaqua par un laser bleuté esquivé par un simple déplacement de côté. Elle voulut tenter autre-chose mais à son tour, elle perdit le contrôle de ses mouvements.
- Une fois par mois, autant en profiter non ? railla le maître du sang qui s'amusa à faire monter les mains de Marisa, qui avait été contrainte de lâcher son balai, au niveau de son cou.
Avec un ricanement des plus malsain, le Dévoreur entreprit de faire s'étrangler son ennemie avec ses propres mains, le but étant toutefois qu'elle soit incapable de combattre et non pas morte, ce qui l'empêcherait de dévorer son énergie vitale pour d'évidentes raisons. Alors que la sorcière commençait à suffoquer, une voix faible se fit entendre :
- Curse Sign "Shanghai Doll"

Alice venait d'utiliser une spellcard. Elle lança d'un mouvement lent une marionnette qui tira un rayon rouge lequel frappa Malbas dans le dos, lui faisant perdre le contrôle de la magicienne ordinaire qui s'effondra, tentant de reprendre son souffle.
Furibond, le Dévoreur se retourna et, renonçant visiblement à la dévorer, arma son bras gauche dans le but sans équivoque d'achever la magicienne vêtue de bleu.
- Star Sign "Dragon Meteor"

Un rayon arc-en-ciel venu des airs, plus précisément de là où Marisa avec sauté et tendait un objet octogonal, fondit sur Malbas, le plaquant au sol et lui causant plus de dégâts encore que le Master Spark précédent.
La sorcière profita du temps de répit occasionné par son attaque pour rejoindre Alice.
Les deux amies virent ensemble Malbas se relever, visiblement énervé.
- Bien, je vois. Si vous vouliez mourir ensemble, fallait le dire tout de suite ! s'exclama le Dévoreur qui fit jaillir un nouveau rocher du sol avant de l'envoyer sur ses adversaires.
Une marionnette entra en contact avec le roc, le réduisant en miettes dans l'explosion qu'elle provoqua.
- Marisa… Ton hakkero… prononça difficilement Alice.
- Quoi ? s'étonna la sorcière qui s'accroupit alors que Malbas s'approchait.
- Tend ton hakkero… Que je puisse… continua la marionnettiste qui se redressa avec ses bras, la douleur déformant ses traits.
Marisa eut un sourire.
- Je vois, c'est vrai, si nous voulons le vaincre…
Elle tendit son bras droit, son mini-réacteur hakkero pointé vers Malbas.
- Nous devons le faire ensemble ! s'exclama la sorcière alors qu'Alice saisissait également le petit objet.
Ce furent en même temps qu'elles énoncèrent :
- Magic Amity "Malice Cannon" !

Un cercle magique ambré garnit de runes apparut autour du hakkero avant qu'un laser orangé entouré d'un halo arc-en-ciel n'en jaillisse.
Il percuta le Dévoreur, prit de vitesse en plein ventre. Le rayon d'énergie emporta tout d'abord le tueur avant qu'une monumentale déflagration n'ait lieu, créant un cratère de sept mètres de diamètre d'où jaillissait une fumée noire.
Les deux magiciennes regardèrent avec anxiété le trou béant dans le sol et furent rassurées de ne voir aucune trace de leur adversaire.
Alice se laissa alors tomber dans l'inconscience, épuisée.
- T'inquiètes pas je… Je vais chercher Eirin, prévint Marisa avant d'enfourcher son balai pour foncer à toute allure vers la Forêt de Bambous des égarés.


Dans une petite maison de bois, un Dévoreur apparut dans une volée de flammes. Il poussa un juron et alluma une bougie en lançant une flammèche dessus.
Il n'avait pas pu satisfaire sa faim ce soir.
Avec rage, il donna un coup de poing dans le plancher. Quelle ne fut pas sa surprise de voir que sa main traversa le bois, révélant ainsi qu'il y avait une pièce en-dessous.
La journée n'était peut-être pas si mauvaise finalement…
You know who I am.
Dernière édition: il y a 6 ans 2 semaines par Jealousy.
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Re: [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1497

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Chapitre 7 : Emissaire du Crépuscule

« Le pire moment dans une traque est celui où la proie parvient à s'échapper alors qu'on est sur le point de la tuer. »
Malbas Elric


Du sable.
Où que le regard de Réo se posait, il y avait du sable.
Une étendue de jaune et d’ocre qui paraissait infinie, balayée par une brise légère et néanmoins corrosive. De fines particules étaient transportées par le vent et attaquaient le métamorphe qui avançait, courbé, dans ce désert qu’un soleil sans doute matinal éclairait.
Des râles lointains se faisaient entendre.
Rauques, ils n’étaient pas sans rappeler ceux que Réo avait entendus dans des films d’horreurs.
Toutefois, plus il avançait, plus ces bruits gutturaux semblaient se rapprocher. Le polymorphe releva soudain la tête alors que les sons étaient soudains plus proches.
Alors qu’avant, tout était sable, un village se dressait désormais devant lui.
Entouré d’une muraille de bois, une imposante double porte de métal permettait l’accès.
Un frisson parcourut l’Envie lorsqu’il vit qua la porte était défoncée et que des brèches étaient visibles dans l’enceinte de fortune.
Et sur le sable, des cadavres.
Certains semblaient humains, d’autres étaient ceux d’êtres que Réo identifia comme étant des zombis.
De tous ces morts qu’il voyait, Réo ne connaissait personne mais pourtant, cette scène lui était familière.
Ce fut en relevant la tête qu’il le vit.
L’homme en rouge se tenait là, sa cape bercée par le vent et du sang maculant encore une fois la majeure partie de ses vêtements tout en gouttant.
Le dos tourné, il était accroupit sur un cadavre.
Réo le contourna légèrement et eut un haut-le-cœur.
Alors que les râles, qui venaient de l’intérieur du village se rapprochaient, le polymorphe identifia le corps.
A moitié dévorée, ses vêtements verts étant tachés de sang, Youmu reposait là, mâchoires ouvertes pour un hurlement silencieux.
L’homme en rouge ferma les paupières de la défunte puis se releva, le peu de visage que l’on pouvait voir étant inexpressif.
L’Envie remarqua alors que l’homme tenait une tête dans sa main droite. Là encore, la bouche était ouverte.
La tête d’un zombie.
Plusieurs des créatures sortirent soudain du village. L’homme en rouge se tourna vers Réo qui recula.
Il sourit, le *Ksh* caractéristique se faisant entendre puis tendit le bras gauche.
Vers les zombies.
Réo crut voir des sortes de fouets rouges jaillir du corps de l’homme pour déchiqueter littéralement les morts-vivants, réduisant leurs corps en charpies en moins d’une seconde.
Du… sang ?
Sans cesser de sourire, l’homme tendit son bras vers Réo…


Qui se réveilla brusquement.
(- Cauchemar ?), questionna Pride.
Réo confirma et narra son mauvais rêve de la nuit. L’Orgueil accueillit le récit avec perplexité et s’il avait pu, il aurait sans doute croisé les bras tout en baissant la tête, la mine sombre et préoccupée.
Toutefois, même dans l’esprit de Réo, il n’était qu’une ombre, une gigantesque masse noire parcourue d’yeux et de dents effilées.
(- Tes cauchemars deviennent glauques, envieux. Mais c’est vrai que ça parle à ma mémoire… Y’avait pas une histoire avec un truc semblable ?)
- Si, mais je ne m’en rappelle plus.
(- Mais si, c’est avec l’autre là… Avec la fille en rouge… Y’avait une histoire avec du métal aussi… Ah merde, je sais plus le nom ! Où c’est qu’on avait lu ça ?)
- Je sais plus. Et l’homme en rouge, j’ai l’impression de l’avoir déjà vu… Enfin, ce n’est pas important, je crois.
Tout en s’étirant, Réo apprécia le travail qu’il avait effectué avec Suika la veille.
En effet, la fenêtre de la chambre dans laquelle il se trouvait était comme neuve, ainsi que toutes les autres. De plus, la plupart des éléments en mauvais état de la maison étaient réparés.
Le peu qui restait pouvait être fait rapidement puis il faudrait meubler et régler divers détails. Tout cela rendait Réo plutôt joyeux, chose qui était assez rare.
(- T’es tout content juste parce que tu vas avoir ton propre chez-toi ? Et ben, il t’en faut peu. Gensokyo a mauvais effet sur toi, où est passé l’envieux désespéré qui en voulait à tout le monde ?)
- Disons que la perspective d’être totalement autonome et libre me ravit. Et nous avons tout un monde à découvrir, un monde qui m’a l’air des plus surprenants. Que demander de plus ?
(- Quelqu’un à manger, ton corps et des cookies au chocolat), répondit l’Orgueil, ce qui tira un soupir lassé à son contraire.

L’envieux décida de sortir et se dirigea à cet effet vers les escaliers, à gauche après avoir quitté la pièce vide.
Tout en descendant les marches, il s’entoura d’éclairs rouges et la lumière aux reflets écarlates fit son office.
Désormais vêtu d’une veste brune aux manches courtes surmontant un t-shirt noir ainsi qu’un pantalon gris très sombre veiné de vert, Réo sortit de sa demeure et pour une fois marcha dans la Forêt de la Magie sous forme humaine.

Il lui fallut une bonne heure pour sortir des bois. Il se léchait les doigts, couverts du sang qu’un animal qui avait eut le malheur de croiser sa route.
Cela ne l’empêchait pas d’avoir encore faim et il continua sa route, vers le Village Humain qui se dressait à environ trois kilomètres, Réo n’étant pas sortit face à sa destination.

Le polymorphe traversait tranquillement les étendues herbeuses qui le séparait du refuge des humains lorsque un grincement métallique se fit entendre.
Réo se stoppa net, à l’écoute.
Un autre grincement s’éleva, puis un autre, accompagné par des bruits de pas. De toute évidence, ce qui en était l’origine était une chose massive ou en tout cas lourde.
L’Envieux se tourna et fit face à ce qui approchait.

Haut d’un peu moins de quatre mètres, fait de métal gris, un golem de fer faisait désormais face au métamorphe. La créature avait l’apparence d’une armure démesurée, sa tête étant percée d’une visière en T d’où s’échappaient deux lueurs rouges en guise d’yeux.
Ses poings étaient fermés et Réo remarqua que des cercles remplis de formes diverses étaient tracés sur le dessus des mains, sur les avant-bras et les épaules.

(- Un golem d’acier, ou de fer, enfin de métal, super. Tu me le laisses ?), demanda Pride.
- Nan, il est à moi ! s’exclama Réo, excité à l’idée d’affronter réellement une créature qu’il n’avait jusque-là vue que dans les jeux.

Le golem frappa ses poings l’un contre l’autre puis donna un coup sur le sol. Le cercle alchimique présent sur le dessus de sa main, la gauche, s’illumina d’une lueur bleue tandis que le sol devant lui se muait en un pic qui s’agrandissait pour pouvoir atteindre le ventre de l’Envieux.
Celui-ci agrandit les doigts de sa main gauche, ceux-ci devenant de longues griffes noires, et trancha le produit de la transmutation d’un revers négligent.
(- Un golem capable d’alchimie ? C’est signé Malbas mais d’où le sort-il ?), s’étonna Pride.
- On verra ça plus tard, en attendant…
Réo sourit.
- Ce combat risque d’être intéressant !
(- Tu pourrais me le laisser, donne ton corps, Jealousy !)

Réo ignora l’Orgueil et fonça vers le golem, bras gauche tendu vers l’arrière et Lance Ultime déployée.
La créature frappa le sol de son poing gauche, créant un tapis de pointes de pierre à partir du sol qui s’étendait vers le polymorphe. Celui-ci sauta et balança son bras gauche en avant tout en allongeant ses griffes afin qu’elles transpercent la tête de son ennemi.
Ce fut toutefois le bras droit qu’elles touchèrent puisque le golem l’avait levé pour se protéger. Etrangement, la Lance cessa de s’allonger après être sortie du membre.
Réo toucha le sol et leva son bras gauche, arrachant des bouts de métal à la créature. Puis il rétracta ses griffes alors que le golem courrait vers lui.
Le monstre de métal envoya son poing droit fermé dans la direction du métamorphe, lui faisant décrire une trajectoire verticale. L’Envie évita l’attaque en effectuant une roue. Cette fois, ce furent les trois doigts de sa main droite qui s’allongèrent, ce qui permit à Réo de trancher la main droite du golem d’un simple revers alors que le membre continuait sa course vers le sol.
Le moignon toucha la terre, ce qui provoqua l’activation du cercle de transmutation présent derrière l’épaule gauche. Celui-ci s’illumina d’une lueur bleutée, la même lueur qui apparut au niveau du poignet droit.
Lorsque le golem releva son bras, un trou était présent au niveau du sol tendit que sa main droite était revenue, identique à celle qui gisait par terre.

- Je vois…
(- Bon, laisse faire le pro), tenta Pride

Le mastodonte d’acier tendit son bras gauche vers la droite, comme pour se protéger, et donna un coup de poing avec son bras droit. La main fraichement reformée passa sous le bras gauche, l’effleurant au passage, ce qui créa plusieurs étincelles.
Le cercle présent sur l’avant-bras droit s’illumina, l’étincelle s’amplifia et ce fut un torrent de feu qui fondit sur Réo.
Ce dernier recouvrit ses bras du Bouclier Ultime et se protégea en les croisant devant lui. Les flammes se heurtèrent aux membres recouverts de carbone et furent dissipées lorsque l’Envie écarta violemment ses bras, n’ayant subit aucun dommage.
Le golem l’avait toutefois rejoint et le métamorphe bondit afin d’éviter de se faire broyer la tête par un coup transversal, prit appui sur le bras de son adversaire et sauta à nouveau.
Le monstre de métal suivit les mouvements de l’Envieux, pivota, et le frappa au niveau du ventre alors qu’il était toujours dans les airs.
Propulsé au sol, Réo roula sur plusieurs mètres mais se releva rapidement en étant entouré d’éclairs rouges puisque son auto-régénération s’était mise en marche afin de ressouder ses deux côtes qui s’étaient cassées.
Déjà le golem était sur lui.

Le colosse tenta de toucher Réo à la tête par un coup de poing mais son attaque fut bloquée par le bras droit de l’Envieux, toujours recouvert de carbone.
Les deux adversaires restèrent un instant à tenter de faire ployer l’autre par la force.
(- La force de Sloth te permet de tenir, c’est bien mais ça ne suffira pas), commenta Pride.
Réo serra les mâchoires. Le golem était vraiment tenace et sa force rivalisait avec celle que le métamorphe tenait de l’être qui incarnait la Paresse dans l’un de ses mangas favoris.
Le cercle présent sur l’avant-bras gauche du golem s’illumina soudain. L’air présent autour de la zone de contact entre les deux adversaires se compressa à ce niveau puis se relâcha brusquement, créant une explosion qui sépara les deux combattants.
Ejecté en arrière, le polymorphe se trouvait désormais accroupit.
Il se releva sans mal et eut un rictus tout en faisant disparaître le Bouclier.
Ses yeux devenus violets aux pupilles verticales annonçaient le changement.
- C’est parti ! s’exclama Pride.
(- Pas de merci, non, rien, ingrat !), râla Réo.

L’Envie venait en effet de céder son corps à son colocataire spirituel, admettant ainsi qu’il avait besoin d’aide. Toutefois, l’ayant fait volontairement et son âme n’étant pas affaiblie, Réo pouvait reprendre le contrôle quand il le désirait.

Le golem se rua vers l’Orgueil et le frappa.
Tenta de le frapper.
Vif comme jamais, Pride plia les genoux, sa tête passant quelques centimètres sous le poing fermé du monstre métallique. D’une détente soudaine, l’Ombre sauta et décocha un coup de pied gauche, momentanément recouvert de carbone, dans la tête du golem qui recula de quelques pas alors que l’Orgueil faisait un salto arrière et retombait au sol.
Le monstre de métal n’abandonna pas et fonça sur l’Ombre qui jeta le haut de son corps en arrière pour esquiver un coup, bascula pour prendre appui sur ses mains et se propulsa dans les airs. Il passa au-dessus du golem et transforma son bras gauche, le rendant noir tout en troquant ses doigts pour des griffes métalliques grises.
Alors qu’il commençait à être attiré par la gravité, il planta ses mini-lames dans le dos du golem et se laissa glisser, les griffes étant presque aussi tranchantes que la Lance Ultime, réputée pour pouvoir quasiment tout trancher.
La descente de l’Orgueil traça cinq longues déchirures verticales dans le dos du colosse de métal. Une fois arrivé en bas, Pride sauta en arrière, s’éloignant pour observer son œuvre.

Il remarqua ainsi qu’une fine lueur bleue émanait de l’intérieur du ventre du golem. Plus tôt, il avait remarqué la même lueur au niveau de la tête, lorsqu’il avait frappé à cet endroit.

- Il l’a fait ! Il a trouvé le moyen de donner vie à un objet inanimé sans utiliser l’âme de quelqu’un ! Je parie que ça vient de Seishi, à tous les coups il a allié l’alchimie à la magie ! s’exclama Pride.

Lors de leur précédent et premier voyage, dans un autre monde que celui d’où Réo était originaire, Malbas avait déjà réussi à donner vie à des objets. Pour ce faire, il alliait une âme à une armure via un sceau de sang en utilisant l’alchimie. Toutefois, rien n’empêchait l’être ainsi crée de se rebeller, ce qu’avaient fait plusieurs prisonniers forcés de quitter leur corps.
Ayant contrôlé le corps de Réo pendant plusieurs semaines, Pride s’était alors joint à Malbas. Celui-ci lui avait alors confié son projet, utiliser ses pouvoirs de Dévoreur pour insuffler une partie de son âme dans une armure ou autre.
Jusqu’ici, ça avait été un échec.

Le golem se retourna et cogna à nouveau ses deux poings l’un contre l’autre, signe qu’il allait attaquer.
Cela ne manqua pas puisqu’il se rua vers l’Orgueil avec la ferme intention de le réduire en purée. Alors que son bras partait en direction du torse de son ennemi, il y eut un bruit métallique et le bras tomba à terre.
Pride, qui voulait se protéger avec son bras gauche, se figea tout comme le golem. Ce dernier se retourna, voyant un nouvel assaillant.

Ayant traversée le champ de bataille avec une vitesse impressionnante, Youmu se tenait immobile, bras tendus en arrière tout comme la lame de son katana qui reflétait les rayons du soleil.

- Bien joué ! lança Pride.
(- Elle arrive à trancher le bras d’une montagne d’acier avec un simple katana ?), commenta Réo.

Le monstre de métal tapa soudain le sol avec son bras restant. Le cercle présent derrière l’épaule gauche s’illumina et un trou se creusa autour du poing tandis que les blessures du golem se refermaient et que son bras réapparaissait.
Le mastodonte décida alors de changer d’adversaire et courut vers Youmu. Il n’avait pas fait trois mètres qu’une ombre garnie de dents effilées et de quatre yeux rouges aux pupilles verticales cisailla son bras droit à partir de l’épaule.
Le golem se retourna mais ne put rien faire puisque la jardinière fit de même avec l’autre bras, ayant rejoint le monstre de métal d’un bond spectaculaire.

Ayant visiblement décidé d’en finir, Pride fit jaillir les griffes noires de la Lance à sa main gauche et les plongea dans le ventre du golem au moment où Youmu sautait pour atteindre le dessus de la tête de son ennemi afin de plonger sa lame entre les deux lumières rouges servants d’yeux.
Inconsciemment ou non, elle détruisit le cristal bleu incrusté à l’arrière du casque au moment où Pride détruisait celui présent dans le ventre.

Les deux lueurs rouges disparurent tandis que le golem se mettait à chuter, sur l’Orgueil. Celui-ci se décomposa en eau et s’éloigna quelque peu.

Il reprit forme humaine, soupira… Et se retrouva avec la pointe d’un katana sur la gorge.
- Rends-lui son corps, ordonna Youmu d’une voix glaciale.
Pride resta immobile, surpris, puis laissa un sourire apparaître sur son visage. Il écarta la lame avec sa main gauche puis prit la parole d’une voix railleuse :
- Tu te trompes d’adversaire, Youmu Konpaku. Je te félicite toutefois, rares sont ceux qui comprennent de quoi il retourne.
- Tes yeux et cette aura maléfique qui s’échappe de toi suffisent à comprendre, tu es un esprit maléfique ! répondit la demi-fantôme.
- Et bien, tu me déçois. Je vais donc t’instruire un peu. Mon nom est Pride, je suis en quelque sorte la seconde âme qu’abrite ce corps. Réo en est le véritable propriétaire mais je n’en suis pas moins une partie de lui. Nous sommes les deux faces d’une même pièce ! expliqua l’Orgueil.
- Bon, admettons… Mais je t’ai à l’œil ! prévint Youmu.
L’Ombre éclata de rire tandis que la jeune fille rengainait sa lame.
- Tu t’es bien débrouillée contre le golem. Je suppose que tes lames sont spéciales pour pouvoir trancher du métal comme s’il s’agissait de beurre.
- Mes lames peuvent tout trancher, énonça la jardinière d’une voix sans émotion.
(- Même le Bouclier ? Ce serait dommage), lança Réo.
- Tiens, toujours là ? Tu ne reprends pas ton corps ? railla l’Orgueil.
(- Je suis de bonne humeur alors je te laisse faire, tant que tu ne fais pas de conneries)
- Oh, c’est trop d’honneur !
- Bon, que comptes-tu faire maintenant que tu occupes ce corps ? demanda Youmu, sortant Pride de son dialogue spirituel.
- Profiter, voyons ! Et toi, où te rends-tu ?
- Au Sanctuaire Hakurei, j’ai deux mots à dire à Reimu, annonça la demi-fantôme.
- Ah, je peux t’accompagner ?
Youmu resta un instant sans rien dire puis soupira.
- Comme tu veux.

Pride se transforma en condor noir teinté de rouge au niveau des ailes et du dos et suivit la jardinière qui s’envola.
(- Une chance qu'elle n'essaie pas de te tuer !), lança Réo.
- Une chance pour elle ! s'exclama l'Ombre.
(- Fais le moindre pas de travers et je te renvoie en mode spectateur), prévint l'Envie.
L'Orgueil se contenta de ricaner et poursuivit son chemin.

Les restes du golem restèrent donc à l'abandon.
Indifférent à ceux-ci, un homme marchait à leur gauche avec une canne. Il portait un long manteau blanc ouvert laissant transparaître une chemise fermée gris-clair. Son pantalon était également blanc, ainsi que ses gants et son chapeau. Ce dernier était posé sur une chevelure noire parcourue par ligne blanche en son milieu.
La canne était décorée d'un crâne d'argent en son sommet, sur lequel s'appuyait désormais l'homme qui s'était arrêté.
Ses deux mains étaient jointes sur le dessus de son appui et il fixait la direction du Sanctuaire Hakurei.
A moins que ce ne soient les deux qui se dirigeaient vers ledit lieu qui captaient son attention, malgré la distance.

- On approche, annonça sobrement Youmu.
Le condor qui l'accompagnait accueillit la nouvelle avec un piaillement, annonçant ainsi son impatience. Il baissa la tête et vit qu'ils survolaient un escalier de pierre.
Les voyageurs perdirent de l'altitude et se posèrent dans la cour, devant le temple.
Par réflexe, Pride observa les lieux.
Au bout de l'escalier se trouvait un portail rouge et Réo reconnut sans peine les lieux.
(- C'est de cet endroit que j'ai rêvé hier. Sauf qu'il n'y a pas l'homme en rouge et que tout est intact), annonça l'Envie.
- Et personne n'est mort, compléta l'Orgueil.

D'un pas décidé, Youmu se dirigea vers le temple. Elle atteignit rapidement l'entrée, contournant une caisse en bois qui reposait devant.
La jardinière appela alors Reimu puis, devant l'absence de réponse, tenta d'ouvrir la porte coulissante. Visiblement, elle était fermée, ce qui fit râler la demi-fantôme.
Mains dans les poches, Pride la rejoignit.

- Et bien, pourquoi tant d'excitation ? lança-t-il d'un ton railleur une fois à un mètre d'elle.
- Elle m'énerve ! s'exclama la fille aux cheveux argents.
L'Orgueil croisa les bras et esquissa un rictus moqueur.
- Tiens donc. La calme Youmu Konpaku pète une durite pour une porte fermée ? Dispute de couple ?
La remarque figea Youmu qui se tourna lentement vers Pride, lequel arborait toujours son rictus. Il était évident qu'il se fichait d'elle, sans doute fusse cela qui poussa la jardinière à dégainer sa plus longue lame, lui faisant décrire un arc de cercle qui aurait pu éventrer l'Orgueilleux.
Toutefois, celui-ci s'était jeté en arrière, sans se départir de son attitude moqueuse.
- Tu n'y es pas du tout, et tu le sais ! s'exclama la jardinière, pointant sa lame vers l'Ombre.
- Ah bon ? Je me trompe ? ironisa Pride.
- Arrête de te moquer de moi ! s'énerva la demi-fantôme, causant un fou-rire à son interlocuteur.
Ce fut une fois celui-ci passé que le maître des ombres reprit la parole :
- Bien, alors dans ce cas explique ce que signifie toute cette… Situation.
Youmu rengaina sa lame.
- Bien, alors écoute Réo…
- Pride.
Elle soupira.
- Si tu n'avais pas la même apparence que Réo, ce serait plus simple. Alors, Pride, je suppose que tu te souviens de ce que j'ai dis avant-hier ?
- Si tu fais référence au coup des fantômes qui ne devraient pas être là et qui servent à rafraîchir, alors oui, répondit l'intéressé.
- Voilà, c'est ça. La prêtresse Hakurei a capturé plusieurs fantômes et ce malgré ce que je lui ai demandé à ce sujet. Mais comme on ne m'écoute jamais…
Cette fois, la voix de Youmu s'était teintée de tristesse.
- J'ai beau lui dire chaque année de ne pas s'amuser avec les fantômes, comme à tous les autres mais… Ils s'en moquent !

Des larmes commençaient à perler, aussi les essuya-t-elle d'un revers de main. Elle sentit alors la main de Pride sur son épaule, ce qui lui fit relever la tête.
L'Orgueil était passé derrière elle et se tenait désormais devant la porte verrouillée du sanctuaire.
- Tout ce que tu veux, c'est libérer les fantômes ? Bien… fit-il.
- Oui mais… Reimu n'est pas là… réagit Youmu.
L'Ombre se retourna et lui sourit allègrement.
- Et alors ?

Pride n'attendit pas plus longtemps. Les doigts de sa main gauche s'allongèrent, devenant les longues griffes noires capables de trancher presque n'importe quoi. D'un geste, il trancha la porte qui tomba en morceaux devant une Youmu abasourdie.
- Je déteste ceux qui ne font pas ce qu'on leur dit. D'autant plus que ça n'a pas l'air d'être la première fois… Elle n'avait qu'à t'écouter ! se justifia l'Orgueil.
Rétractant la Lance Ultime, l'Ombre s'avança, ignorant superbement les débris de porte qu'il écrasait.

Le temple était composé de trois pièces, la centrale étant de loin la plus grande. C'est dans celle-ci que menait la porte qu'avait détruite Pride.
D'un rapide coup d'œil, il repéra quatre fantômes, virevoltant autour de bâtons de bois ornés de sceaux. Trois autres spectres se trouvaient dans des petits pots sur lesquels étaient collés d'autres sceaux de papiers.
Une agréable fraîcheur régnait dans cet endroit, ce qui tranchait avec l'extérieur où la température était plus élevée.
L'ombre de Pride se fit soudain plus intense, plus noire, semblant gagner en intensité jusqu'à devenir presque solide. Elle s'étendit légèrement, se garnissant d'œils tandis que des sourires formés par des dents pointues surgissaient.
Puis brusquement, sept lames de noirceur jaillirent de l'ombre principale. Extensions de cette dernière étant également garnies d'œils et de dents, les ombres détruisirent les récipients de verres et les bâtons répartis dans la pièce.
Les fantômes purent ainsi se mouvoir librement. Enfin, pendant un temps limité puisque Youmu avait dégainé son katana et tenait une spellcard qu'elle lança en l'air.
- Ghostly call "Last journey of the dead’s soul"

A nouveau, la lame se mit à briller d'une lueur violette tandis que les ectoplasmes se rassemblaient autour de la jardinière, qui rangea son arme.

Les deux quittèrent l'intérieur du sanctuaire sans un mot. Ils faisaient quelque pas dans la cour lorsqu'une voix les stoppa.
- Alors comme ça on casse le temple quand il est déserté ?
La voix provenait de derrière eux et les fit se retourner. Leurs yeux s'écarquillèrent.
Alors qu'une minute avant il n'y avait personne, une femme les contemplait, bras croisés.

Elle portait une longue robe bleue et blanche décorée de dessins jaunes représentant soleil, étoile et croissant de lune. Elle avait également une cape bleue accrochée au niveau de son cou par un ruban jaune et une veste bleue également. Ses longs cheveux verts, de la même couleur que ses yeux, étaient surmontés d'une coiffe de magicien pointue, également bleue et ornée d'un soleil jaune.
Sa main gauche tenait un long sceptre dont le bout était un croissant de lune doré.
Quant à ses jambes, elles étaient tout simplement absentes, remplacées par une queue de fantôme, ce qui faisait que la femme lévitait dans les airs.

- Qui êtes-vous ? demanda Youmu.
Au vu de la question, Pride put conclure sans attendre que ce n'était pas Reimu.
- Moi ? Mon nom est Mima. Pourquoi avoir cassé la porte ? demanda la femme.
- Parce qu'une certaine prêtresse était absente et n'écoute pas ce qu'on lui dit, lança Pride.
Mima le dévisagea avec curiosité.
- Reimu est à l'Eientei. Marisa est venue la chercher, il y a environ deux heures. Alice Margatroid est blessée suite à une attaque d'un être très dangereux. Cela ne me dit pas ce que vous faites ici, et encore moins qui vous êtes, énonça Mima.
- Alice ? Elle va bien ? s'inquiéta Youmu.
- De ce que je sais, elle a bien faillit perdre l'usage de ses jambes. Toutefois, Eirin Yagoroko aurait annoncé pouvoir la soigner. Elle va devoir rester à l'Eientei pendant plusieurs jours. C'est en tout cas ce que Marisa a dit. Alors, vos identités ?
- Youmu Konpaku, jardinière du Royaume des Morts, annonça celle-ci en s'inclinant.
Pride ne répondit pas de suite, analysant les informations données par la nouvelle venue.
(- Je parie que c'est Malbas ! Si c'est le cas, c'est l'une des rares à avoir survécu à un combat direct contre lui…), remarqua Réo.
- Et toi ? L'aura que tu dégages est pour la moins singulière, plusieurs êtres seraient donc en toi. J'entends presque leurs cris d'agonis s'allier à ton aura maléfique, voilà bien un curieux mystère ! énonça Mima.
Pride fronça les sourcils tandis que Youmu lui jetait un regard surprit.
- Plusieurs êtres… En toi ? Qu'est-ce que ça signifie ? réagit la demi-fantôme.
L'Orgueil esquissa un rictus.
- Inutile de se cacher plus longtemps, le peu de respectabilité que j'avais vient de disparaître suite à votre révélation. Qui suis-je ? Je suis l'ombre de vos cœurs, la noirceur de vos âmes. Je suis la part de vous-même que vous refusez d'admette, les ténèbres qui se nichent au fond de vos êtres. Qui suis-je ? Je suis Pride, incarnation de l'Orgueil et ombre d'un être incarnant les autres pêchés mais dont l'Envie est prédominante. Quant aux êtres en moins, ce ne sont rien de plus que les âmes de ceux qui ont eus l'honneur d'être dévorés par mes ombres. Elles me servent de source d'énergie afin d'alimenter mon pouvoir d'auto-régénération qui m'assure de ne pas mourir.

Le silence s'installa pendant quelques secondes. Il fut coupé par le rire de Mima.
- Et bien, voilà quelque chose d'intéressant ! s'exclama-t-elle.
Elle brandit son sceptre vers l'Ombre.
- Voyons ce que tu vaux ! lança-t-elle.
Pride ne prêta pas attention à la parole de Mima et se tourna vers Youmu. Celle-ci se tenait immobile et ne savait plus du tout quoi penser.
- A mon avis, tu ferais mieux de t'éloigner. Les environs vont devenir légèrement chauds, si tu vois ce que je veux dire, conseilla l'Orgueil.
Toujours entourée des fantômes en plus de sa propre moitié fantomatique, Youmu opina.
- Tu as raison… Euh Réo ?
- Pride.
- Oui pardon. Pride. Je… Euh… Merci, fit la jardinière en s'inclinant.
Elle s'envola de suite, laissant l'Orgueil face à face avec Mima.

- Pour un être dont l'aura est si maléfique, je te trouve bien gentillet avec cette fille, railla la femme aux cheveux verts.
Sans répondre, Pride déploya ses ombres, indiquant qu'il était prêt.
- Je suis curieuse de voir ce dont tu es capable face à un esprit…

Ce fut sur ces mots que Mima attaqua. Elle décrivit un arc de cercle horizontal avec son sceptre, ce qui eut pour effet d'envoyer une vingtaine de flèches énergétiques vertes vers l'Orgueil.
(- On dirait les projectiles de Marisa), commenta Réo.
- Ferme-la, nom d'un acacia ! s'exclama intérieurement l'Ombre.

Plusieurs bras de noirceur jaillirent de l'endroit d'où se trouvait Pride et percutèrent les projectiles, les détruisant au passage. Les ombres continuèrent de se diriger vers Mima qui prit de l'altitude pour les éviter.
Elle se déplaça vers Pride et leva son bâton. Une boule d'énergie sombre entourée de petits éclairs blancs apparut au creux du croissant de lune puis fut propulsée vers l'Ombre.
L'Orgueil sauta sur le côté et alors que la boule explosait au sol, créant un petit cratère, envoya ses ombres tenter de blesser son adversaire. Sous leur traditionnelle forme de lames ornée d'oeils et de sourires formés de dents acérées, elles foncèrent vers Mima qui slaloma entre elles et tourna sur elle-même, propulsant une nouvelle salve de flèches vertes.

Renonçant à ne se baser que sur son contrôle des ombres, Pride prit sa forme de condor et s'envola, passant entre plusieurs projectiles.
Il passa dans le dos de son ennemie, reprit forme humaine et donna un coup de poing, renforcé par le Bouclier Ultime.
Mima se retourna à temps et dévia l'assaut avec son sceptre malgré la puissance du coup. Elle donna par la suite un coup au ventre en utilisant l'extrémité basse de son bâton puis profita que Pride se pliait en deux pour le faire se crasher au sol en frappant verticalement.

Avec rage, l'Orgueil se releva. Il se courba légèrement, s'entourant d'éclairs rouges afin de créer deux grandes ailes de chauve-souris dans son dos. D'un bond, il se propulsa dans les airs et transforma son avant-bras droit en une lourde lame retenue au reste du bras par des filaments noirs et recouverte d'une étrange matière noire qui semblait organique.
Il s'agissait de la même lame que Réo avait utilisé contre Aya Shameimaru plusieurs jours plus tôt, tout comme les griffes utilisées contre le golem.
Equipé de sa lame lourde comme il l'appelait, Pride fonça vers Mima qui l'accueillit par une volée de boules d'énergie semblables à la précédente.
L'une d'entre-elles toucha une des ailes de l'Orgueil qui grogna de douleur bien que la blessure disparut très vite. Il atteignit Mima qui para le coup de lame avec son sceptre.
Elle s'éloigna rapidement et tendit son bâton.
Un cercle magique mauve composé de plusieurs symboles géométriques et de runes apparut au niveau du croissant. Un laser violet en jaillit et percuta Pride, trop lent en vol pour esquiver une attaque si rapide.
Alors qu'il chutait vers le sol, entouré d'éclairs rouges, Mima continua en créant deux longs projectiles d'énergie mauves à ses côtés et les envoya d'un geste de bâton vers son adversaire qui se les prit de plein fouet.
L'impact créa une explosion qui propulsa l'Orgueil au sol.

Ses ailes disparurent alors qu'il se relevait difficilement. Mima avait rejoint le sol et l'observait attentivement à l'autre bout de la cour.
- Il est temps que tu comprennes la différence de puissance entre nous deux, annonça-t-elle.

Elle tendit son sceptre vers le ciel.
Un nouveau cercle magique se forma, derrière elle cette fois ci. Celui-ci était bien plus complexe que le précédent et aussi plus sombre.
Pride eut soudain l'impression que des nuages se mettaient à masquer le soleil alors que d'immenses ailes d'ombre apparurent derrière Mima. Les ailes semblèrent battre deux fois puis se fondirent en une grande ombre qui prit la place du cercle.
A ce moment, la luminosité était celle de la fin d'un crépuscule au niveau de Pride tandis que la nuit était tombée derrière Mima qui tenait toujours son sceptre levé vers le ciel.
Par réflexe, Pride se recouvrit du Bouclier Ultime, excepté la tête.
Ce fut lorsque toute la lumière des environs sembla avoir disparu que Mima énonça tout en tendant son sceptre vers son adversaire :
- Complete Darkness "Twilight Spark" !

Un immense rayon jaune et noir entouré d'éclairs jaillit, si puissant que la terre parût en trembler.
Au contact du laser, le Bouclier fut instantanément désintégré, impuissant à arrêter une telle déferlante d'énergie. Une colossale explosion eut lieu, balayant tout dans un périmètre de plusieurs dizaines de mètres.
Alors que le laser disparaissait, la lumière sembla revenir.

Les volutes de fumée résultant de la déflagration mirent un peu de temps à disparaître. Une fois que ce fut fait, ils révélèrent Pride, debout mais immobile.
Malgré le temps, des éclairs rouges crépitaient encore parfois autour de lui et des traces de brûlure étaient visibles.
Il respirait à grandes goulées, comme étant essoufflé.
L'Orgueil tenta de faire quelque pas mais il s'effondra, se rattrapant de justesse avec les bras pour ne pas s'exploser contre le sol. Lentement, il se releva, manquant de tomber à nouveau.
Il fit alors appel à son pouvoir et leva une masse noire de son ombre, lui permettant de s'asseoir.
- J'ai… Perdu… admit-il d'une voix faible, la tête basse.

Il la releva lorsqu'il vit que Mima l'avait rejoint, un sourire compatissant aux lèvres.
- En effet. Il fallait t'y attendre. J'admets toutefois y être aller un peu fort.
La remarque tira un sourire à l'Orgueil.
- Heureusement que ce n'est qu'un peu… railla-t-il.
Mima eut un léger rire.
- Quoi qu'il en soit, tu as du potentiel. Ta régénération est un véritable atout. Ce qu'il faudrait, c'est t'entraîner, que tu puisses utiliser des spellcards. Tu as mangé une youkai, tu devrais donc en être capable. Tout comme voler, affirma l'esprit.
- Vous pensez que je peux utiliser la magie ?
- Pas tout seul. Il te faudrait un professeur… Inutile de me regarder ainsi, j'ai déjà eu une élève et ça suffit ! s'exclama Mima.
- Je vois, je sais comment m'occuper désormais, remarqua Pride qui soupira.
Mima se tourna vers le temple qui avait échappé aux dommages collatéraux.
- Au moins il est intact. Enfin presque. Pourquoi avoir détruit la porte ? demanda la femme aux cheveux verts.
- Parce que cette Reimu retenait des fantômes pour rafraîchir l'intérieur. Du coup, on les a récupérés, expliqua l'Ombre.
- Je vois. C'est vrai qu'elle n'en fait qu'à sa tête, mais au moins, elle règle les incidents avec beaucoup d'efficacité. Pour une humaine.
- Ça, je m'en moque.
Mima éclata de rire.
- Bien, bien, tout ça pour des fantômes ? Ou c'est parce que Youmu te l'a demandé ?
Pride ne répondit pas, trop affecté par le combat pour s'énerver.
- Intéressant. Bon, il est temps de nous séparer. Trouve un professeur, entraîne-toi et nous combattrons à nouveau. Tu auras intérêt à avoir pas mal progressé si tu veux ta revanche ! A la prochaine !

Ce fut sur ses mots que Mima s'éloigna, retournant au temple. Elle réfléchit un instant en voyant la porte puis haussa les épaules avant de disparaître dans une légère fumée.

Pride se releva difficilement et se tourna vers les escaliers.
- Envieux, reprend ton corps. J'en peux plus, lança Pride.
Une seconde plus tard, les yeux du polymorphe étaient bleus et il s'étirait tandis que ses traces de brûlures disparaissaient.
- Et bien, ce Twilight Spark était bien plus puissant que le Master Spark de Marisa. S'en est presque effrayant… commenta Réo.
Bien que son corps soit enfin comme neuf, suite entre-autre au changement d'âme, l'Envieux se sentait courbaturé. Il décida d'aller se reposer chez lui et se transforma en aigle noir.

Il n'atterrit toutefois pas directement chez-lui mais chassa un peu avant. Puis il se dirigea tranquillement vers sa maison.
Après quelques minutes de marche, il rencontra un homme.

Vêtu de blanc, il s'appuyait sur une canne avec sa main gauche et portait un chapeau blanc également.
L'homme semblait l'attendre.

- Salutations, très cher, fit-il en s'inclinant tout en enlevant son chapeau pour le mettre au niveau du ventre.
- On se connaît ? demanda Réo, méfiant.
- Oui et non. Disons que je sais pas mal de choses sur vous mais l'inverse est faux, répondit l'homme en remettant son chapeau sur sa tête.
- Que voulez-vous dire ? Qui êtes-vous ? Que savez-vous ? commença à s'impatienter l'Envie.
- Oh, du calme voyons ! Je sais tout de vous. Ce que vous avez fait.
Les yeux de Réo s'écarquillèrent.
- Appelez-moi, l'Emissaire ou le Voyageur. Je préfère le Voyageur, annonça l'homme.
Lentement, les doigts de la main gauche de Réo devinrent les longues griffes noires.
- Emissaire de qui ? s'enquit le métamorphe.
- Vous avez sans doute deviné. J'ai un message de Sa part à transmettre. "L'heure approche, bientôt il faudra payer le prix".
A ces mots, le sang de Réo ne fit qu'un tour.
Avec rage, il agrandit ses griffes, voulant qu'elles transpercent le cœur de l'homme.

Celui-ci lança une carte. Elle stoppa les griffes qui s'étendaient telles des lances, émettant une lumière bleue-clair qui s'étendait sous forme de cercle. Puis elle repartit vers le Voyageur qui la rattrapa au vol.
Réo se figea de stupéfaction.
La Lance Ultime, capable de trancher un tank comme s'il s'agissait de papier, arrêtée par une carte ?
- Pas n'importe quelle carte, le Joker ! annonça l'Emissaire en la montrant.
Il la fit tourner sa carte entre ses doigts puis la rangea dans une poche intérieure de son grand manteau blanc.

La raillerie tira Réo de son état et le fit foncer vers le Voyageur, lequel sauta en arrière afin de gagner un peu de temps.
- Et bien, le message vous fait perdre la tête. Il faut d'urgence que je vous calme ! fit-il.
Il sortit une nouvelle carte et la lança devant lui.
Ayant des bords beiges, un monstre était dessiné dessus. La carte se stabilisa devant le Voyageur qui tendit son bras droit, main ouverte juste derrière la carte.
- White Dragon "Burst Stream of Destruction".

L'espace d'un instant, un dragon blanc dont les yeux étaient bleus sembla apparaître en lieu et place du Voyageur. La tête du monstre se trouvait derrière la carte, là où était la main ouverte de l'Emissaire. Le dragon avait la gueule ouverte et dans un rugissement, tira un laser bleu-clair entouré d'éclairs.
Juste après, le dragon disparut, le tir venant simplement de la carte.

La vision fugace troubla Réo qui se prit le laser de plein fouet. Il se fit éjecté sur plusieurs mètres.
Lorsqu'il se releva, le Voyageur tenait une montre à gousset dorée en main.
- Navré très cher, mais je dois me retirer. Au plaisir !
Il rangea la montre dans une poche et s'éloigna en marchant, utilisant sa canne bien que n'en ayant aucun besoin.
- Attendez ! hurla Réo.
Rien n'y fit et il perdit le Voyageur de vue, ce qui lui fit pousser un juron.

Ce fut de mauvaise humeur qu'il rentra chez lui. Il monta alors dans une chambre et se mit à une fenêtre.
Puis il poussa un soupire.
(- Quelle journée), lança Pride.
- Tu l'as dit. Tu te sens mieux ?
(- Un peu, oui. En tout cas, nous avons beaucoup à faire, entre la maison, trouver un professeur, s'entraîner, en apprendre plus sur ce monde…)
- En effet…
(- Et il faut que je me trouve une apparence)
Ils restèrent un instant sans rien dire.
- Au moins, on a rendu service à Youmu. Cette histoire de fantôme, ça a l'air de pas mal l'affecter.
(- Elle est elle-même un fantôme, du moins à moitié. C'est logique que ça la révolte. Et puis, vu le soutien énorme qu'elle a…)
- C'est bien la première fois que tu t'inquiètes pour quelqu'un ! s'exclama l'Envie.
(- D'où je m'inquiète ? Je dis juste que la façon dont elle est traitée est injuste…) se défendit Pride.
- C'est pareil ! Moi je dis que t'as un faible pour elle !
L'Orgueil soupira.
(- Pense ce que tu veux. Tes théories idiotes, je m'en passerai bien. Je t'avouerai toutefois qu'elle est bien la seule que je n'ai absolument aucune envie de manger)
Réo ricana mais n'ajouta rien.

Le message délivré par le Voyageur lui revint alors en tête.
"L'heure approche, bientôt il faudra payer le prix".
Réo serra les poings. Il savait ce qu'impliquait cette phrase.
Et ça ne lui plaisait pas du tout.


Sur une table ronde en bois, dans une pièce bien éclairée, quatre cartes sont disposées face cachée. Elles forment une croix et plus bas à gauche trône le tas d'où elles proviennent.
Assis sur une chaise, sa canne posée contre celle-ci et son chapeau accroché sur le dossier, le Voyageur remet sa montre à gousset dans son manteau.
Puis il regarde les cartes.
Il retourne d'abord la carte de gauche.
- L'Amoureux… Tiens donc, commente-t-il.
Puis il retourne celle de droite. Celle-ci représente une sorte de roue, toutefois la carte est à l'envers.
- La Roue de la Fortune, inversée. Quel malheur t'attend donc, Amoureux ?
Sans attendre, le Voyageur retourne la carte du haut.
Celle-ci représente un squelette tenant une faux, laquelle a sa lame en bas.
- Voilà qui est fâcheux…
Enfin, le Voyageur retourne la carte du bas.
- La Tempérance…
L'homme vêtu de blanc poussa un soupire et se jeta contre le dossier de sa chaise.
- Et bien, il semblerait que j'aie à nouveau du travail…
Cela ne sembla pas le contrarier puisqu'il rangea ses cartes avec le sourire, les mettant dans une poche intérieure de son manteau blanc.
Puis il se leva, attrapa son chapeau, le mit sur sa tête, prit sa canne et sortit de la salle.
You know who I am.
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Re: [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1498

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Chapitre 8 : Fleurs du Paradis

« Vous n’imaginez pas ce qu’un regard peut nous apprendre sur quelqu’un. Sentiments, émotions, passé, tout un être peut être dévoilé par les yeux.
Ce n’est pas pour rien que les yeux sont les fenêtres de l’âme… »
Jorgo Dil’ Tark

Brusquement, Réo passa de la position allongée à la position assise. Il respirait bruyamment et des gouttes de sueurs parcouraient son corps. Il essuya celles qui coulaient sur son front puis soupira, sa main gauche cachant une partie de son visage.
(- Tu crois que tu arriveras à te réveiller normalement un jour ?), railla Pride.
- La ferme…
(- Encore l’homme en rouge ?)
- Ouais. Cette fois, c’était dans un endroit que je connaît. Ma maison, dans mon monde. Tout était dévasté, la ville était en flammes… Des corps, des cadavres partout… Et sur les ruines de mon ancien foyer, l’homme en rouge, le tête de ma mère dans la main. Il a sourit puis hop, réveil, narra Réo.
(- Sympa, t’as vraiment des rêves originaux au moins)
- Tu parles…
L’Envieux se leva sans attendre et fit craquer sa nuque.
- Tu ne rêves jamais toi, hein ? demanda l’Envie à haute voix.
(- Je ne peux rêver que si je dors en étant en possession de ton corps, hors ce n’est jamais le cas. Donc non, je ne rêve pas. File ton corps), lança l’Ombre.

Lassé d’entendre cette inlassable requête, l’Envieux alla à la fenêtre. Voyant, la position du soleil dans le ciel, il conclut qu’il devait être aux alentours de midi.
Il avait tant dormit que ça ?
(- T’es l’Envie, pas la Paresse. Certes tu incarnes les sept pêchés capitaux mais l’Envie est celui qui domine. Au fait, je me suis trouvé une apparence), affirma l’Orgueil.
- Ah ? J’ai hâte de voir ça… La prochaine fois que tu auras mon corps ! réagit l’Envie, signifiant implicitement que ça n’allait pas être pour tout de suite.
(- Je pense que ce sera plus tôt que ce que tu crois, Jealousy)

Ce fut alors que l’on sembla toquer à la porte.
Bien qu’étant à l’étage, Réo entendit le bruit caractéristique et ne put s’empêcher d’arborer une expression de stupeur.
Il se précipita en dehors de la chambre vide où il s’était reposé et descendit les escaliers avant d’ouvrir la porte coulissante qui conduisait à l’extérieur, où à l’intérieur en fonction de là où on se trouvait.
Ce fut avec surprise que l’Envie découvrit Youmu, se tenant devant la maison.
- Euh, bonjour Réo, fit la jardinière.
(- Alors celle-là…)
- Bonjour Youmu, mais… Que fais-tu là ? Déjà, entre, lança l’Envieux en s’effaçant.
La demi-fantôme s’inclina respectueusement et entra. Elle repéra immédiatement la différence avec la première fois où elle était venue.
- Tu as commencé à rénover ? s’enquit-elle.
- En effet. Moi et Suika Ibuki avons mit la main à la pâte. Nous avons plutôt bien avancés mais il reste des choses à faire… répondit l’Envie en passant sa main dans les cheveux.
- Oh et bien on peut dire que c’est pour ça que je suis ici, annonça Youmu.
Réo ne parvint pas à cacher sa surprise, ce que devina la jardinière en voyant le regard qu’il posa sur elle.
- Oui, en fait c’est une idée de Dame Yuyuko, ma patronne. Lorsqu’elle a appris que tu m’avais donné un coup de main elle a proposé que je t’en donnes un aussi, expliqua la jeune fille.
- Hey, je ne suis en rien responsable de ce qui s’est passé au Sanctuaire. C’est Pride tout ça, réagit l’Envie.
(- Et j’en suis fier !), s’exclama l’Orgueil.
- Dans ce cas, c’est Pride que je dois aider, lança Youmu.
(- Ahahah, allez donne ton corps), triompha l’Ombre.
Réo ne put retenir un soupir, peu enclin à laisser le contrôle à Pride.
- Si je comprends bien, je dois laisser place à cet andouille. Ça tombe bien, il a apparemment choisit une apparence pour ne pas que certaines ne nous confondent, railla Réo.
Youmu lui lança un regard noir, la remarque lui étant particulièrement adressée puisque c’était elle qui, la veille, s’était plainte du fait que Pride avait la même apparence que Réo, ce qui prêtait à confusion.

Le polymorphe fut soudain entouré d’éclairs rouges et il changea de forme.
Désormais, il semblait légèrement plus âgé et était également un peu plus grand. Ses courts cheveux noirs étaient devenus de longs cheveux blancs, et ses vêtements étaient également différents.
Il portait une veste noire à manches longues, laquelle recouvrait un T-shirt rouge. Le bas de celle-ci était sous forme de grandes pointes, ce qui donnait l’impression qu’elle était déchirée. Son pantalon était également noir, tout comme ce qui devait être des hautes chaussures.
Contrairement à l’Envie, l’Orgueil possédait ses dix doigts.
Pride sourit allègrement à Youmu, laquelle frissonna lorsque le regard mauve de l’Orgueil se plongea dans le sien.

- Alors ? fit-il.
- Au moins, je ne risque pas de confondre, répondit Youmu d’un ton désintéressé.
- J’en ai une autre où les habits sont mieux mais il fait trop chaud. Tu devrais attendre ! affirma l’Ombre.
Youmu se contenta de hausser les épaules, ce qui exaspéra l’Orgueil.
(- Ahah, je pense pareil qu’elle !), railla Réo.
- Bon, en quoi puis-je t’être utile ? s’enquit la demi-fantôme.
L’Orgueil fronça les sourcils et mit sa main gauche sous son menton, faisant mine d’être dans une grande réflexion.
- Mmmmh, plusieurs choses. Mais le plus important serait d’avoir quelques meubles, même si la rénovation n’est pas terminée, énonça l’Ombre.
- Je vois. Allons au village humain, on trouvera ce qu’il faut, affirma Youmu.
Pride acquiesça et les deux s’envolèrent vers le village, l’un étant devenu un condor noir teinté de rouge.

Une fois leur destination atteinte, ils se mirent en quête d’une boutique leur permettant d’acheter se dont ils auraient besoin. Toutefois, ni l’un ni l’autre n’ayant mangé, ils firent une halte à un stand de yakitoris, mangeant devant le comptoir.
- Au fait, t’as beaucoup de boulot en tant que jardinière du Royaume des Morts ? s’enquit Pride après avoir finit sa première brochette.
- Oui. Le jardin d’Hakugyokurou est très grand et mon emploi me prends tout mon temps. Sans parler des autres tâches que je dois accomplir telles les courses ou éloigner les intrus… D’ailleurs, je suis également sensée donner des cours d’escrime à Dame Yuyuko mais elle n’en a jamais profité, expliqua la demi-fantôme.
L’Orgueil poussa un sifflement impressionné.
- Et ben. Un rythme pareil, je deviens fou au bout de trois minutes. Je dois avouer que c’est très impressionnant, admit Pride.
Youmu le remercia, peu habituée à ce que l’on reconnaisse la dureté de sa tâche.
- Mais si cette Yuyuko ne profite pas de tes leçons, ne pourrais-tu pas enseigner à quelqu’un d’autres ? demanda l’Ombre.
- Pourquoi, ça t’intéresse ?
- Assez oui, annonça l’Orgueil.
- Et bien… Je vais y réfléchir. Il faut que je trouve le temps…
- Ne t’en fait pas, rien ne presse. Puis, il me faut aussi apprendre à utiliser la magie, d’après Mima je devrais être capable de voler et d’utiliser des spellcards.
- Ah bon ? Pour ces points là, je suis navrée de ne pas pouvoir t’être d’une grande aide. D’ailleurs, toi et Mima vous êtes battus non ? Qui a gagné ?
Pride poussa un soupir de dépit et annonça d’une voix toute aussi dépitée sa défaite.

Les deux continuèrent de manger tout en discutant puis repartirent.
Il leur fallut quinze minutes supplémentaires pour entrer dans un magasin où ils pouvaient acheter des meubles.
Voulant avant tout dormir dans des conditions correctes, Pride insista pour acheter un lit. Par chance, lits et matelas étaient également en vente.
- Si tu veux acheter plusieurs choses aujourd’hui, on sera obligé de faire plusieurs aller-retour, prévint Youmu.
- Pas sûr. Je devrais pouvoir trouver une forme permettant de transporter des charges lourdes et encombrantes, rétorqua Pride.
(- Nous ne pouvons pas nous transformer en avion, je précise), railla l’Envie.
L’Orgueil leva les yeux au plafond et se tourna vers les matelas.
- Tu m’aides à choisir ? demanda-t-il à la jardinière.
Celle-ci le regarda d’un air surpris et fit les gros yeux lorsque l’Orgueil se jeta littéralement sur un des objets.
- Mouais, trop dur, jugea l’Ombre.
Youmu ne put retenir un rire et aida Pride à choisir, s’allongeant sur ceux que Pride ne testait pas.
- Hey, celui-là est pas mal ! lança l’Orgueil.
Il était allongé sur un matelas assez large pour permettre à deux personnes de dormir ensemble et venait de croiser ses bras derrière sa tête en fermant les yeux.
- Voyons-voir, dit Youmu.
Elle s’allongea à la gauche de l’Ombre et sembla apprécier.
- Parfait ! s’exclama-t-elle.
- Ça me donne envie de dormir, annonça Pride.
Youmu sourit et avoua qu’il avait raison.
Allongés côte-à-côte, ils firent sourire la vendeuse qui crut certainement avoir affaire à un couple.
Pride tourna sa tête vers la demi-fantôme. Son cœur rata un battement.
Elle était proche. Très proche. Et il n’avait jusque là pas fait attention mais elle était jolie... Vraiment jolie…
Allongée sur le dos, elle avait joint ses mains sur son ventre et fermé ses yeux. Sa moitié fantomatique se tenait hors du matelas, à sa gauche.
- Bordel, mais à quoi je pense moi ? Jeal’ déteint vraiment sur moi, c’est affolant ! Moi, l’Orgueil, penser à ce genre de niaiserie…
Hasard ou non, ce fut à ce moment que Youmu tourna sa tête puis plongea ses yeux bleus dans ceux violets aux pupilles verticales de Pride.
Ce dernier fut parcourut d’un frisson.
Ses yeux…
Pourquoi, à ce moment, il ne put s’empêcher de les trouver magnifiques ?
- Alors ? On prend celui-ci ? demanda la demi-fantôme, aussi troublée que lui.
Le regard de l’Ombre lui avait parut étrange… Il n’était pas moqueur ou ironique et l’aura maléfique qui caractérisait l’Orgueil s’était même atténuée fugacement…
- Euh, oui… Adjugé, acheté ! réagit Pride.
Il se leva puis fit mine d’être absorbé par la contemplation d’un oreiller.

Etant donné qu’elle avait reçut de l’argent « au cas où » de Yuyuko, ce fut Youmu qui paya les achats. Ceux-ci firent le bonheur de la vendeuse puisqu’ils se composaient d’un lit et matelas deux places, de couvertures, de deux oreillers ainsi qu’une table et quatre chaises.

Afin de transporter tout ce bric-à-braque, Pride prit la forme d’une sorte de gros dragon brun dont le cou était recouvert de pointes. Il étendit son ombres en une multitude de bras noirs qui s’enroulèrent autour des objets, aidant ainsi Youmu à charger sur le dos du monstre.
Les villageois s’étaient prudemment éloignés, ce qui amusa énormément l’Orgueil.
Une fois prêts, les deux compagnons s’envolèrent vers la Forêt de la Magie.

Après avoir déchargé, ils s’attelèrent à disposer les premiers meubles de la demeure.
Ce fut avec toute la joie et l’allégresse dont il était capable que le salon accueillit la table et les quatre chaises qui allaient avec.
Quant au lit, il trouva son nouveau foyer au sein de la chambre se trouvant en face lorsqu’on montait les escaliers. Une fois celui-ci fait, Pride ne put retenir une exclamation joyeuse.
- On va enfin pouvoir dormir correctement ! triompha-t-il.
Youmu ne répondit pas mais se contenta de sourire.

Elle avait encore un peu de temps devant elle et ce fut à aider aux rénovations qu’elle le consacra.
Ils travaillèrent une heure de plus puis elle retourna à Hakugyokurou, non sans recevoir remerciement et encouragements d’un Pride plus joyeux qu’à l’accoutumée.

- Bien, ça c’est fait ! s’exclama l’Ombre.
(- En effet, maintenant je reprends mon corps, tu en as bien assez profité comme ça…), réagit Réo, signant sa première phrase depuis le Village Humain.
Il fut parcourut d’éclairs rouges et reprit sa forme habituelle, vêtu de la même manière que la veille à l’exception prêt que le T-shirt se trouvant sous sa veste marron était désormais gris.

(- Profité ? J’ai bossé, MOI !), s’insurgea Pride.
- Comme si ça t’avait gêné…
(- Je ne veux même pas savoir quelles idées saugrenues te passent par ta tête malade), envoya l’Ombre.
Réo se contenta de sourire et s’étira.

Le soleil avait encore quelques heures disponibles avant de devoir aller se coucher, ce qui fit germer dans la tête de l’Envie le désir de visiter un peu plus Gensokyo. Il sortit donc de chez lui, prit sa traditionnelle forme d’aigle et s’envola.
Il choisit pour une fois d’aller dans la direction opposée à celle de la Montagne Youkai et admira le paysage, illuminé par le soleil estival.
La chaleur était au rendez-vous mais cela ne gênait pas outre-mesure le polymorphe qui préférait largement la chaleur au froid. De plus, sa course aérienne le rafraîchissait et il se laissa aller en faisant plusieurs cabrioles.

La trajectoire qu’il avait emprunté lui permit de survoler une colline qu’il remarqua être recouverte de fleurs. Pas n’importe lesquelles mais des tournesols.
Curieux, l’aigle se posa entre les fleurs du soleil et troqua sa forme de rapace contre son apparence humaine.
- Un champ de tournesols… Tout est normal… commenta l’Envie.
(- On devrait aller chercher un professeur plutôt que de s’extasier devant de bêtes fleurs), commenta Pride.
- Tu es désespérant.

Le polymorphe mit ses mains dans les poches de son pantalon et se mit à arpenter cette mer végétale. Il lui sembla plusieurs fois entendre des bruits de pas mais pendant un long moment, personne ne se montra.
Ironiquement, lorsqu’enfin Réo croisa une personne, celle-ci était immobile bien qu’elle regardait dans sa direction.

C’était une femme aux cheveux verts ondulés, lesquels étaient coupés au niveau des épaules. Ses yeux étaient rouges, autant que sa robe et gilet à carreaux, ce dernier étant sur une chemise blanche.
Elle tenait une ombrelle rose, laquelle était ouverte et la protégeait en partie soleil.

- Qui es-tu ? demanda-t-elle.
- Réo Ryu, un type qui se balade tranquillement, répondit l’intéressé. Et vous ?
- Yuuka Kazami. Ce n’est pas un lieu pour se promener, encore moins lorsqu’on est un humain sans défense, lança la femme.
Réo tiqua.
- Est-ce parce que vous êtes une youkai que vous pensez que je suis sans défense ? fit-il.
- Il suffit de te voir pour s’en convaincre. Maintenant file d’ici, tu me déranges, cracha la youkai.
(- Je ne sais pas toi mais cette bonne femme m’énerve. Je peux la manger ?), intervint Pride.
- J’ignore qui vous êtes et je n’en ai rien à faire. Mais je ne laisserai personne dire que je suis sans défense. Plus jamais ! réagit Réo qui s’était mit à trembler sous la rage.

Cette appellation d’être sans défense lui rappelait son ancienne vie. Une vie où il ne valait pas grand-chose, humain banal que ses pairs considéraient comme ne valant rien.
Et il s’était juré que cela ne se produirait plus.
Plus jamais.
- Et si je te prouve le contraire, youkai ? lâcha Réo d’une voix pleine de défis.

Yuuka se contenta de sourire, ce que Pride interpréta immédiatement. En fait, elle provoquait Réo afin de pouvoir se battre !
(- C’est pas bon…), prévint l’Orgueil.
L’Envieux s’entoura d’éclairs rouges tandis que son bras droit prenait sa forme de lame lourde.

Il se précipita vers Yuuka qui venait de fermer son ombrelle. Elle utilisa cette dernière pour bloquer l’assaut circulaire destiné à son cou, tranquillement. Elle repoussa la lame en partie recouverte d’une matière organique noire et donna un coup de coude gauche qui envoya l’Envie en arrière.
Le polymorphe ne se laissa pas impressionner et repartit à l’attaque d’un bond. Yuuka se baissa, la lame passant à quelques millimètres de ses cheveux verts. Réo ayant donné le coup en pivotant, il continua son mouvement et tenta d’éventrer son adversaire avec ses griffes métalliques nouvellement apparues qui remplaçaient ses cinq doigts de la main gauche.
Il fut toutefois interrompu par le contact violent entre son menton et le manche de l’ombrelle de la youkai.

- Tu ne peux rien face à la Youkai des fleurs ! lança la femme alors que son ennemi, envoyé en arrière, se relevait.
La femme fit un mouvement ample avec son bras gauche, celui ne tenant pas l’ombrelle, répandant des pétales jaunes devant elle.
Elle tenait également une carte qu’elle activa :
- Flower Sign "Petals of the Sun"

Les pétales que la youkai avait lancé restèrent alors statiques et se multiplièrent à vitesse folle. Puis ils devinrent rigides, leur bord étant aussi affûté qu'une lame de rasoir. Les projectiles fusèrent ensuite sur Réo qui se recouvrit du Bouclier Ultime.
Les pétales se cognèrent contre la peau de carbone comme autant de mouches contre une porte blindée.
Mais alors que le barrage de tirs jaunes disparaissait, Réo vit que Yuuka l'avait rejoint. Elle arma son poing gauche et l'envoya droit dans le torse du métamorphe tout en prononçant :
- Green Thistle "Unstoppable Thorns"

Le poing fermé de la youkai fut brièvement auréolé d'une aura verte et percuta son objectif.
Dans une explosion de lumière verte, Réo fut projeté en arrière, arrachant plusieurs tournesols au passage. Il fit plusieurs roulé-boulé et se releva avec quelques difficultés. Il baissa son regard et vit que le Bouclier était ébréché à l'endroit de l'impact, du sang s'échappant des fissures qui étaient visibles.
Quant à Yuuka, elle jeta un chardon vert qu'elle avait tenu dans sa main gauche, la fleur étant devenue inutile.

Sans attendre, la femme se rua vers Réo en volant. Celui-ci agrandit ses doigts gauche, faisant apparaître la Lance Ultime. Longues de deux mètres, les cinq griffes noires tentèrent de déchiqueter Yuuka en morceaux par un coup transversal.
Toutefois, ce fut un échec puisque la youkai s'éleva dans les airs et énonça :
- Blue Hemlock "Throbbing Pain"

Elle lança alors deux fleurs, deux ciguë aux pétales bleus. Les fleurs s'illuminèrent brièvement puis devinrent deux fouets bleutés bardés d'épines. Il s'allongèrent en direction du polymorphe qui les trancha avec sa Lance. Toutefois, de chaque bout qui résultait des multiples tranchages naissait un nouveau fouet qui faisait de même.
Au final, Réo ne put tous les repousser et il se fit rapidement enserrer par de véritables lianes qui augmentaient leur étreinte tout en tournant le long de leur proie.
Leurs pointes se mirent même à passer outre le Bouclier, ce qui arracha des grognement de douleur à l'Envie.
- Je vais t'exterminer mon petit, ce champ sera alors à nouveau tranquille, déclara Yuuka.

Entouré d'éclairs rouges, Réo ne put lâcher un juron comme il le souhaitait. Toutefois, il fut capable de se décomposer en eau.
Le liquide passa entre les végétaux puis se rassembla pour reprendre forme humaine. Les lianes disparurent alors.
- C'est pas finit ! lança l'Envieux.

Alors qu'elle retouchait terre, Yuuka se mit à ricaner.
- Si. Tu vas disparaître, maintenant, annonça-t-elle.
Elle brandit une nouvelle carte.
- Reflection "Double Spark" !

Dans un éclat de lumière, Yuuka se dédoubla. Les deux youkais identiques brandirent leur ombrelle désormais ouverte vers Réo. Puis, deux rayons bleus clair jaillirent, chacun venant d'une ombrelle.
Ils étaient semblables de par leur forme au Master Spark de Marisa mais étaient légèrement plus petit et la couleur différait.
Incapable de bouger, Réo se résolut à attendre le choc et ferma les yeux...

- Arcane dix "La Roue de la Fortune" ! cria une voix qui couvrit le bruit que faisait l'attaque de Yuuka.
Il y eut un grésillement puis un juron prononcé par la youkai des fleurs.
Ne voyant pas le choc tant redouté arriver, Réo rouvrit les yeux.

Quelle ne fut pas sa surprise de voir le Voyageur, se tenant à sa droite mais légèrement devant lui. L'homme tenait sa canne de sa main gauche et s'appuyait dessus. Il arborait un sourire plein d'etrain et fixait Yuuka qui semblait fulminer, celle-ci n'étant au passage plus qu'une.
Derrière l'homme vêtu de blanc se trouvait un cercle orangé d'un rayon approximatif de deux mètres. Il était parcourut de deux grosses boules d'énergie bleues qui se déplaçaient le long du périmètre du cercle dans des trajectoire opposées, se croisant et se traversant parfois.
- Vous ! s'exclama Réo.
- Qui es-tu toi ! hurla Yuuka, en colère.

L'Emissaire ne se départit pas de son sourire et enleva son chapeau blanc, dévoilant sa chevelure noire parcourut d'une ligne blanche en son centre, tout en s'inclinant, mettant son couvre-chef au niveau de la poitrine.
- Je suis le Voyageur, enchanté de faire votre connaissance Maîtresse des Fleurs des Quatre Saisons.
Yuuka parut surprise d'entendre son titre prononcé par le Voyageur qui se redressa et remit son chapeau sur sa tête.
La femme aux cheveux verts ondulés ne se démonta toutefois pas.
- Ce gamin est à moi, si tu ne veux pas disparaître aussi je te conseille de déguerpir ! s'énerva-t-elle en faisant plusieurs pas vers Réo.
Le Voyageur prit alors une mine offusquée.
- Quel manque d'éducation ! Voilà qui devrait vous calmer, demoiselle !

L'homme leva sa canne et la tendit vers Yuuka, crâne argenté pointé vers la youkai des fleurs.
Aussitôt, le cercle orangé se mit à briller tout en devenant rouge et le Double Spark qui tournait dessus fut libéré. Les deux rayons d'énergie fusèrent... Vers Yuuka qui ne put esquiver et se protégea tant bien que mal avec son ombrelle.
Elle se prit donc sa propre attaque, ce qui créa une explosion autour de la femme.
- Quel infortune, commenta le Voyageur.

La fumée provoquée par la déflagration disparut, révélant une Yuuka enragée. Son ombrelle l'avait protégée presque totalement mais quelques blessure étaient toutefois visible.
- Je... Je vais vous tuer, TOUS LES DEUX ! s'écria-t-elle, hors d'elle.
- Une ravissante femme comme vous ne devrait pas se conduire ainsi, vraiment, fit le Voyageur alors que Yuuka sortait une nouvelle spellcard.
Ce qu'il fit également, sortant une carte d'une poche intérieure de son long manteau blanc.
- Je n'aime pas la violence... Arcane quatorze "La Tempérance" ! énonça le Voyageur en brandissant une carte de tarot au-dessus de sa tête.
- Dead Garden "Flower Apocalypse" ! lança Yuuka en même temps.

Elle et Réo écarquillèrent les yeux en voyant que rien ne se passait. Strictement rien.
- Mais, qu'est-ce que... fit la youkai.
- Il faut véritablement vous apprendre de quelle manière vous comporter. Une youkai comme vous devrait être douce et attentionnée, d'autant plus lorsqu'elle incarne les fleurs et a un si joli minois, fit le Voyageur qui s'appuyait sur sa canne avec ses deux mains gantées de blanc.

La remarque augmenta encore, si c'était possible, la rage de la youkai qui se rua sur le Voyageur. Celui-ci ne bougea pas du tout et ce même lorsque Yuuka le frappa à l'aide de son ombrelle fermée.
En fait le coup passa au travers du corps de l'homme sans causer le moindre dommage.
- La Tempérance empêche l'adversaire d'attaquer. C'est mon arcane favorite, pas vous ? énonça le Voyageur.
Sans prêter attention à la colère de Yuuka qui s'était éloignée, à la recherche d'un moyen pour contre-attaquer, l'homme vêtu de blanc se tourna vers Réo.
- Et bien, qu'attendez-vous pour fuir ? Que j'utilise tous mes tours ? Allez donc, vous avez du temps avant de devoir payer votre prix, profitez-en ! D'ailleurs, en ce qui concerne le professeur que vous cherchez, je vous conseille d'aller du côté du Lac Brumeux, fit le Voyageur.

La réplique sortit le métamorphe de sa torpeur. Il remercia l'homme vêtu de blanc et s'envola après s'être transformé en aigle.
A ce moment précis, Yuuka sentit un verrou disparaître et se prépara à contre-attaquer...
Le Voyageur, lui, regardait une montre à gousset dorée retenue par une chaîne à l'intérieur d'une des poches de son manteau.
- Navré, demoiselle, mais me voilà dans l'obligation de me retirer. Vous devriez sourire de temps en temps, vous n'en seriez que plus agréable à regarder. Au plaisir !
Il rangea sa montre dans la poche puis s'inclina avant de tourner les talons, laissant une youkai des fleurs éberluée.
- Je n'en ai pas finit ! hurla-t-elle.
Trop tard.
Le Voyageur avait déjà disparut...

Réo fila sans s'arrêter pendant un long moment et aterrit à quelques centaines de mètres des berges du Lac Brumeux, au pied de la Montagne Youkai.
Il reprit forme humaine et s'appuya contre un arbre alors que le soleil commençait à se coucher.
- Bordel mais... C'était quoi ce délire ? fit-il.
(- Une youkai surpuissante qui t'a mis une raclée avant de se faire elle-même avoir par un type étrange), résuma Pride.
- C'est à peu près ça... Mais bon sang... D'où il sort ce Voyageur ?
(- Pas la moindre idée. Mais de un, il sait des choses sur nous et de deux il a l'air d'être assez coriace... Il nous faut vraiment nous améliorer), énonça l'Orgueil.
Réo approuva puis fit quelque pas vers le lac.
- Le Voyageur nous a dit de venir ici. Pourtant, il n'y a pas l'ombre d'un professeur, c'est même désert, constata Réo.
(- Mais comment était-il au courant que nous cherchions un prof ? Enfin, il a raison, s'il te reste du temps avant...)
- Tais-toi ! Je ne veux pas y penser ! le coupa Réo.

Alors qu'il s'avançait vers l'étendue d'eau, le métamorphe fut interrompu par une voix féminine.
- Toi ! Tu es Réo Ryu n'est-ce pas ?
(- T'es une célébrité mon vieux), railla Pride.
Avec un soupir, Réo se tourna vers la direction d'où venait la voix.

Il découvrit une fille qui devait avoir à peu près le même âge que lui. Elle était vêtue d'une robe rouge et blanche, ses longues manches n'étant par ailleurs par rattachées à ses épaules, ce qui les laissaient découvertes. Ses cheveux noirs tombaient derrières ses épaules et une mèche tombait de chaque coté de son visage. Un gros ruban rouge était dans sa chevelure. Ses yeux noisette fixaient le métamorphe qui se mit sur ses gardes.
La fille tenait un bâton sur lequel étaient attachés plusieurs sceaux de papier en serpentins.

- Tu as de la chance, c'est effectivement moi. Et toi, tu es ? répondit l'Envieux.
- Reimu Hakurei. Je te cherchais, Marisa m'a parlé de toi... annonça la jeune fille.
(- Intéressant, je peux la dévorer ?J'la sens pas cette prêtresse), commenta l'Ombre.
- Tu dis ça à cause de l'histoire avec Youmu ? Puis c'est officiel, cette Reimu est celle dont l'homme en rouge tenait la tête la première fois que j'ai rêvé de lui... affirma l'Envie.
(- Rappelle-moi de remercier cet homme en rouge si on le croise...)
- Idiot !
- D'après Marisa, tu es un être maléfique. Il y quelque chose d'anormal en toi et je vais trouver ce que c'est ! D'autant plus si tu as quelque chose à voir avec ce Malbas qui a attaqué Alice ! Sans parler de ce que tu as fait à Aya ! s'exclama la prêtresse.
Réo ne put cacher un soupir.
- Je vois oui. De toute évidence, Kirisame a raconté des choses passionnantes, mais fausses. Et le corbeau, bah elle l'a mérité. Et tu comptes faire quoi ? Exterminer ma part maléfique ? Bon courage ! fit l'Envie.
(- Yay, tu me laisses faire ?)
- Nan, ça devrait être autre chose que contre Yuuka. J'aimerai finir la journée sur une note positive, déclara Réo.
- Je le ferai et trouverai la vérité, décréta la prêtresse.
(- Elle est sérieuse là ? Elle fait exorciste en plus de prêtresse ? Je peux la manger ?), réagit Pride.
Ce fut en ricanant que le polymorphe se mit en position.
- Tu tombes bien, je voulais me défouler un peu, affirma Réo qui ressentait à nouveau ce désir de faire couler le sang.

Reimu n'attendit pas plus longtemps et lança une volée d'amulettes rouges sur le métamorphe qui les évita en se jetant sur le côté.
Il se transforma en loup noir et courut vers la prêtresse qui s'envola et lançant un sceau orangé plus gros semblant fait d'énergie.
Le loup sauta par-dessus puis reprit forme humaine en touchant terre. Là, Réo fit apparaître ses ailes de chauve-souris et s'envola droit vers la prêtresse. Celle-ci s'éloigna en le bombardant de sceaux que le polymorphe tranchait en utilisant la Lance Ultime.
Elle sortit alors une carte qu'elle activa sans tarder :
- Spirit Sign "Fantasy Orb"

Plusieurs petites sphères d'énergie de diverses couleurs semblèrent sortir de son corps puis foncèrent vers l'Envieux qui volait vers son adversaire.
Il voulut les éviter en piquant au dernier moment mais les orbes suivirent son mouvement et le touchèrent sans problème.
Une légère explosion se produisit et Réo chuta vers le sol. Reimu n'en avait toutefois pas finit puisqu'elle le rejoignit et lui donna un coup avec son bâton, précipitant l'Envie au sol.

Toutefois, Réo se réceptionna sur les pieds et, faisant disparaître ses ailes, se prépara à recevoir Reimu.
Celle-ci fusait vers lui et activa une nouvelle spellcard :
- Divine Arts "Wind God Kick"

Elle se mit à donner des coups de pieds au polymorphe qui se protégeait avec ses bras. Chaque coup était entouré d'une aura orangée et Reimu les effectuait en sautant puis en tournant dans les airs avant de ré atterrir et de recommencer.
Au bout du cinquième, elle mit un peu plus de temps à donner l'attaque, pour la simple et bonne raison que celle-ci allait être plus puissante.
Alors que sa jambe droite fusait vers la mâchoire du métamorphe, celui-ci intercepta le membre avec son bras gauche, recouvert entièrement du Bouclier Ultime.
Avec un sourire, il fit quitter le sol à la prêtresse, la levant d'un bras sans sourciller, puis la fracassa sur le sol avant de la lancer plus loin.
Reimu fit quelque roulé-boulé mais se releva, les traits déformés par une évidente rage.

Réo ne la laissa pas contre-attaquer puisque il effectua une ruée très rapide dans sa direction, utilisant le pouvoir de la Paresse pour augmenter sa vitesse. De ce fait, Reimu ne le vit que lorsqu'il lançait son poing recouvert de carbone dans son ventre.
Par un réflexe salutaire, la fille se jeta en arrière, esquivant l'assaut, avant de sortir une nouvelle carte :
- Boundary "Expanding Boundary"

Plusieurs barrières électriques bleues se mirent à sortir de la prêtresse. Elles avaient une forme carrée et s'agrandissaient.
Prit par surprise, Réo ne put les esquiver. Il se recouvrit toutefois de son Bouclier, ce qui le protégea sans problème.
Les barrières lui avaient toutefois masquer la vue et il ne put rien lorsque Reimu lui lança un coup de poing en pleine face, le projetant au sol sur plusieurs mètres.
La jeune fille suivit la trajectoire du polymorphe qui s'était retrouvé allongé sur le dos.
Elle le rejoignit, se mit sur lui, arma son poing et le lança en direction du visage de son adversaire.
Elle se stoppa lorsqu'elle vit qu'elle était devant...
- Marisa ?

Cette dernière sourit et envoya son poing gauche dans la tempe de Reimu. Le prêtresse roula sur le sol, n'ayant put réagir.
La sorcière se releva, secoua son chapeau qui se trouvait dans sa main droite et le mit sur sa tête. Elle fixait Reimu qui se relevait, du sang coulant de sa tempe gauche.
- Vous, les humains, vous faites toujours avoir ! lança la blonde avec un sourire.
Puis elle fut entourée d'éclairs rouges et laissa place à un Réo hilare.
(- Là je reconnais l'Envie), commenta Pride.

Reimu fulminait, rageant de s'être faite avoir de cette façon. Elle sortit une nouvelle carte qu'elle brandit.
- Holy Relic "Yin-Yang Sanctification Jade"

La jeune fille tira une orbe bleue brillante aussi grande qu'elle. Le projectile était décoré du symbole yin-yang mais ce dernier était peu visible du fait de la constitution de la sphère. Celle-ci avança vers Réo et prit soudain de la vitesse, passant en une seconde d'une vitesse très lente à celle d'une voiture sur une autoroute.
Toutefois, l'orbe ne percuta pas le polymorphe et continua sa route. En effet, l'Envieux avait complètement disparut du champ de vision de la prêtresse.
Elle n'eut pas le temps de se demander où il était passé puisqu'une flaque d'eau s'éleva avant de prendre forme humaine, dévoilant le métamorphe.

Ce dernier transforma ses deux bras, les rendant noir tout en changeant ses doigts en des griffes métalliques. Il sauta alors vers la prêtresse qui lui lança une carte dessus.
- Divine Light "Truth beneath the Darkness"

La carte percuta le front du métamorphe dans un éclat de lumière rouge, le projetant en arrière. Lorsqu'il se releva, il avait changé de forme.
Et d'âme.

En effet, ce n'était plus Réo qui se tenait debout mais Pride. Ce dernier avait sa forme humaine, à la différence près que tous ses tatouages d'Ouroboros étaient visibles.
Que ce soit celui qui remplaçait sa pupille gauche, celui sur sa main gauche ou sa langue, tous étaient de sortie.
- Voilà donc ce à quoi tu ressembles vraiment, énonça Reimu.
La remarque fit éclater de rire Pride.
- Toutes les marques des péchés sont révélées certes mais je ne suis pas Réo. Mon nom est Pride, je suis son côté maléfique, sa part d'ombre et la seconde âme qui partage ce corps, en gros. Ton tour de passe-passe n'a pas révélé ce à quoi Réo ressemble vraiment, ce qu'il y a au fond de son cœur, mais m'a permis de sortir. Finalement, tu sais te rendre utile, railla l'Orgueil.
- Les marques des péchés... Cette aura noire... Tu es bien un être maléfique ! s'exclama Reimu.
Pride poussa un soupire lassé.
- Je commence à en avoir assez d'entendre toujours la même phrase. Le mal n'est qu'une question de point de vue, tout comme le bien. Tu n'imagines même pas à quel point notre âme est noire et pourtant tu nous considère déjà comme mauvais. Quelle célérité ! lança l'Ombre.
- Si votre âme est noire, ça me donne une raison de plus pour vous exterminer, conclut la prêtresse.
- Bien, bien. J'ai hâte de voir quel goût tu as, petite idiote qui n'écoute jamais ce qu'on lui dit. Au fait, tu as réparé la porte de ton temple ? susurra l'Orgueil.
La question sembla enrager la prêtresse.
- C'était toi ! Tu vas payer pour ça ! s'emporta la fille en rouge.
- Oh, mais c'est qu'elle s'énerverait... grinça Pride.
(- Et si tu cessais de la provoquer ?), réagit Réo.
- Je l'aime pas. Et c'est elle qui a commencé ! se justifia l'Orgueil.
Réo se contenta de soupirer.
(- Le truc c'est que sa réaction et même le fait qu'elle nous ait attaqué est amplement justifié...)
- M'en fiche, c'était aussi justifié pour sa porte !

L'ombre de Pride commença à s'étendre tout en gagnant en intensité, devenant palpable. Elle se garnit d'yeux et de sourires, ce qui fit frissonner Reimu.
Puis, l'ombre principale s'allongea en plusieurs lames, toujours bardées de dents et d'yeux, qui fusèrent en direction de la prêtresse.
Elle les évita en s'envolant mais d'autres bras de noirceur jaillirent de l'ombre de Pride et allèrent dans sa direction. Toutefois, la prêtresse restait insaisissable et slaloma entre les ombres.
Elle arrosa Pride d'amulettes rouges mais celui-ci les détruisit en remplaçant ses doigts par des griffes métalliques noires.
Ses mains étaient également noires mais le tatouage était toujours visible.

Sans qu'ils ne s'en rendent compte, le combat avait rapproché Pride et Reimu du lac.

Reimu évita un nouvel assaut des ombres et lança plusieurs sceaux orangés. L'Orgueil les évita en sautant en arrière, se trouvant désormais dos au lac, à quelques mètres seulement de l'eau.
L'étendue aquatique reflétait les rayons du soleil couchant, mais le spectacle ainsi offert ne fut observé par aucun des deux combattants.

(- On perd notre temps, sans spells on ne peut pas la battre), intervint Réo.
Pride ne l'écouta pas et lança à nouveau ses ombres contre la prêtresse, sans succès. Elle volait avec beaucoup trop d'adresse pour être touchée par les ombres qui venaient du sol.
La jeune fille sortit alors une nouvelle carte :
- Divine Spirit "Fantasy Seal"

Des orbes lumineuses de diverses couleurs sortirent de la prêtresse, tout comme lors de sa première spellcard. Toutefois, ces orbes étaient plus grosses et plus nombreuses.
Elles foncèrent vers l'Orgueil qui envoya ses ombres à leur rencontre.
Les deux premières orbes explosèrent contre les lames de noirceur. La lumière produite fut intense et causa la disparition des ombres, permettant le passage des autres projectiles.
Ce fut donc un Pride sans défense qui se prit les orbes de plein fouet dans une explosion qui souleva un nuage de poussière.

Sûre de sa victoire, Reimu s'avança vers l'endroit de l'impact. Elle écarta la fumée en agitant sa main droite et écarquilla les yeux.
Aucune trace de son adversaire.
Elle poussa un juron et regarda autour d'elle. L'aura maléfique qui caractérisait l'Orgueil avait également disparue.
- Allez, reviens ! hurla-t-elle, donnant un coup de pied dans l'eau.

L'onde de choc fut perçue par un poisson vert, semblable à une murène. Sa mâchoire garnie de dents pointues sembla se déformer en un sourire.
Ce fut donc tranquillement que l'Envie s'enfonça dans le lac, promettant intérieurement qu'une fois devenu plus fort, il prendrait sa revanche sur la prêtresse.
Redevenu spectateur, Pride confirma, arguant qu'il se ferait un plaisir de la dévorer, ce que Réo lui interdit.
Quoi qu'il en soit, ils continuèrent de nager pendant un moment...
You know who I am.
Dernière édition: il y a 7 ans 1 mois par Jealousy.
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Re: [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1499

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Chapitre 9 : Aux lueurs du couchant

" Les combats ont toujours fasciné les foules. Encore aujourd'hui, rien de tel que d'observer deux êtres se battant pour une cause quelconque.
Et plus le combat dure, mieux c'est !"

Klarach Kalirn

Les rayons orangés du soleil avaient pris une teinte rougeoyante alors que l'astre basculait à l'ouest, laissant la nuit s'étendre à Gensokyo.
L'étendue d'eau était tranquille, à peine balayée par une fine brise qui déplaçait la brume, celle-ci tapissant le lac. Soudain, une forme émergea, crevant la surface aquatique pour s'envoler dans les airs.
Entouré d'éclairs rouges signalant qu'il venait de changer de forme, un aigle noir prit son envol, continuant sa route sans fléchir.

(- Où comptes-tu aller en fait ? Tu crois qu'on va trouver quelque chose d'intéressant au beau milieu de ce truc ?) demanda Pride.
- Plus on s'éloigne de la prêtresse, mieux c'est. Puis, je préfère voler que nager, j'aime pas l'eau, répondit l'Envieux.
(- Trop super ! Mais je continue de penser qu'on perd notre temps. Puis, on voit rien avec cette fichue brume !), râla l'Ombre.
L'Orgueil disait vrai, la brume qui s'étendait autour du rapace réduisait significativement la visibilité. L'Envie n'en avait toutefois que faire et volait à tire-d'aile, suivant son instinct.
Instinct qui le poussait à continuer.

Bien lui en prit car au bout de seulement dix minutes de vol, il lui sembla repérer une forme qui émergeait de l'eau.
(- Une île ? Au beau milieu d'un lac ?)
- Pourtant, on est pas au fond d'un immense volcan… continua Réo.
Celui-ci continua son chemin et se posa sur la berge, reprenant forme humaine par la même occasion.
Si quelques arbres s'élevaient, ce ne furent pas eux qui captèrent l'attention de l'Envieux. En effet, il regardait un manoir rouge qui s'élevait au centre de l'îlot. Un mur de briques le ceinturait, le seul accès possible à pied étant un portail en fer forgé.
Une personne semblait monter la garde malgré le fait que la nuit tombait doucement mais la distance empêchait Réo de voir de qui il s'agissait précisément.
(- Et ben… On a l'air malin avec notre maison à deux roubles), commenta Pride.
- C'est toi qui l'as choisi… murmura l'Envie.

Le polymorphe s'approchait tranquillement du portail, mains dans les poches comme à son habitude. Ce faisant, il put observer celle qui devait être la gardienne des lieux.

Il s'agissait d'une femme plutôt grande vêtue d'une robe verte, fendue au niveau de la cuisse gauche ainsi que d'un gilet vert passé sur une chemise blanche. Les deux étaient sans manches, laissant ses bras nus. Un béret vert orné d'une étoile décorée d'un caractère mandarin trônait sur sa longue chevelure rouge. Deux tresses encadraient son visage dont les yeux bleus fixaient le nouvel arrivant.

(- C'est écrit "Dragon" sur son truc), signala Pride.
- Toujours mieux que poney, répondit Réo, ce qui fit ricaner l'Ombre.
Ce fut lorsque l'Envie se stoppa à quelques mètres de la gardienne que celle-ci prit la parole d'une voix étonnement aimable :
- Bonsoir, qui es-tu ? Je ne t'ai jamais vu.
(- Faudrait se balader avec une pancarte ou une banderole avec notre identité dessus, histoire de ne pas avoir à répondre sans-cesse à cette question), proposa l'Orgueil.
L'idée faillit déclencher un fou-rire chez l'Envieux qui se contint toutefois et déclina son identité.
- Je suis Hong Meiling, gardienne et jardinière du Manoir du Démon Ecarlate, se présenta à son tour la garde.
(- Ça pète comme nom de manoir ça !), s'exclama Pride.
- Intéressant comme nom. Ai-je le droit de jeter un coup d'œil ? demanda Réo.
- Non. A moins que tu ne sois un invité de la Maîtresse, auquel cas j'en serai informée, je ne te laisserai pas passer, annonça Hong d'une voix soudain moins amène.
- Oh ! N'y a-t-il pas moyen de trouver un arrangement ? demanda l'Envieux.
(- Elle est jolie mais si elle nous gonfle, tu peux me laisser la manger ?), intervint Pride.
Hong Meiling secoua négativement la tête, ce qui désespéra intérieurement le polymorphe.
- Le seul moyen que tu as de passer, serait de me battre, ce dont je doute grandement, lança la gardienne.
- C'est vraiment pas mon jour, murmura l'Envie.
(- Dans deux secondes elle va hurler "Vous ne passerez PAS !". Laisse-moi faire et j'arrange le problème), proposa Pride.
Réo refusa l'aide de l'Orgueil mais avait une idée.
Il salua donc Meiling et fit mine de partir.

Une fois hors de vue de la gardienne, il s'entoura d'éclairs rouges et devint un lézard. Trop petit et banal pour susciter l'attention, il se dirigea vers l'entrée, exécutant une charge très rapide pour ne pas mettre trop de temps à couvrir la distance.
Sa vitesse lui permit de passer outre la vigilance de la garde et sa petitesse garantit son passage, passant sous le portail.
Content de lui, le métamorphe avança, découvrant qu'entre le portail et la double-porte d'entrée se trouvait un grand jardin parfaitement entretenu. A la manière des cours des palais royaux, les buissons étaient finement taillés et entouraient une route de dalles qui allait jusqu'à la porte. Au milieu du chemin de pierre se trouvait une fontaine dont l'eau scintillait en reflétant le soleil couchant.

Réo reprit forme humaine une fois la fontaine dépassée. De ce fait, il lui restait la moitié du chemin à faire.
(- Complexe le jardin. Entre les motifs formés par les allées de buissons, les arbres et la pelouse… Y'en a qui ont vraiment du temps à perdre), commenta Pride, découvrant les lieux à travers les yeux du polymorphe, pouvant enfin voir le jardin d'un meilleur point de vue.

L'Envieux approuva et se mit en route. Il n'avait pas fait trois pas qu'un cri de guerre retentissait, accompagné d'une femme vêtue de vert dont la jambe droite tendue se dirigeait dangereusement vers le ventre du métamorphe.
Celui-ci se jeta sur le côté, évitant de peu l'attaque-surprise.
(- Je rêve où y'avait une silhouette de dragon lorsqu'elle a attaqué ?)
- Si tu crois pouvoir me tromper ainsi, tu te leurres ! déclara Meiling, se mettant en garde du même coup.
- Dommage, j'aurais essayé… soupira Réo qui n'avait de toute évidence aucune envie de se battre au vu des résultats de la journée.
Toutefois, son instinct, encore lui, le poussait à entrer dans le manoir.
(- C'était bien tenté… Tu me laisses la manger ?), s'enquit l'Orgueil.
- Tu ne t'arrêtes jamais, hein ? Bien, en avant Hong Meiling, réglons ça une bonne fois pour toute ! lança l'Envieux.

Devant l'inutilité d'attendre plus longtemps, Réo se jeta sur son adversaire. Ses deux bras s'étaient recouverts de carbone et le droit fusa vers la tête de la garde. Celle-ci se baissa souplement et faucha les jambes du métamorphe qui s'écroula. Celui-ci roula, se releva d'un bond et cueillit le poing gauche de son adversaire dans le creux de sa main droite.
Malgré le Bouclier, Réo faillit reculer sous la force de l'impact.
Ses trois doigts se refermèrent sur le poing de la garde et il tenta de l'envoyer valser contre la porte du manoir, la lançant comme un chiffon.
Meiling, si elle quitta bel et bien le sol, se stabilisa dans les airs et atterrit doucement. Puis elle fit un grand mouvement avec son bras gauche, envoyant plusieurs pointes colorées vers le polymorphe. Ce dernier les paras avec ses bras et exécuta une ruée vers la gardienne.
Hong pivota juste avant l'impact et envoya son pied gauche en plein dans le thorax de l'Envieux qui fit un magnifique vol-plané de deux mètres, se réceptionnant toutefois sur ses pieds.
- Chi Sign "Star Bullets", énonça soudain la gardienne, activant du même coup la carte qu'elle venait de sortir de sa robe.

Elle effectua alors quelques mouvements avec ses bras, semblant former quelques chose au creux de ses mains qu'elle lança sur Réo.
(- Elle nous lance un kaméhaméha ou quoi ?), railla l'Orgueil.
Le projectile lancé par la garde ne fut pas très éloigné de ce que Pride mentionna puisqu'il s'agissait une grosse boule d'énergie bleue qui fonça vers l'Envieux.

Ce dernier sauta, passant loin au-dessus de l'attaque. Dans les airs, il transforma son bras droit en sa lame lourde. L'Envie mis alors son bras gauche le long de sa lame et se mit à tourner verticalement, accélérant sa chute vers Meiling.
Celle-ci sauta en arrière juste à temps pour ne pas être coupée en deux et alors que la lame se fracassait sur le sol, son pied droit atteignit Réo au menton. L'Envieux recula de quelques pas
- Chi Sign "Earth Dragon Sky Dragon Kick"

A peine sa spell activée, Meiling se propulsa vers son adversaire, pied droit entouré des sept couleurs de l'arc-en-ciel. Le métamorphe voulut se protéger avec sa lame mais le coup de pied la détruisit et continua son chemin, heurtant Réo au ventre, ce qu'il l'envoya dans les airs.
Hong le suivit, envoya son poing droit dans sa joue gauche et enchaîna par un crochet du gauche.

Il en résultat une chute qui se termina dans des buissons qui furent arrachés. Entouré d'éclairs rouges, Réo se releva. Il modifia son bras droit qui avait repoussé, le rendant noir, plus fin et terminé par trois pointes. Alors que Meiling approchait, il donna un coup.
Son bras droit s'allongea et les griffes blessèrent la garde au flanc gauche juste avant que le fouet ne reprenne sa taille d'origine. Hong avait évité de peu de se faire éventrer en se décalant au dernier moment et cela ne l'empêcha pas d'envoyer une vingtaine de pointes multicolores sur son ennemi.
Ce dernier modifia son bras gauche en un bouclier noirâtre semblant organique. Il donna ensuite un coup circulaire avec son bras-fouet qui s'allongea et détruisit la plupart des projectiles. Ceux qui restaient s'écrasèrent contre le bouclier organique. Toutefois, la protection fut détruite lorsqu'elle rencontra le poing nimbé de lumière jaune de la gardienne.

L'Envie se pencha sur la droite pour éviter le poing droit de Meiling puis pivota, envoyant sa jambe gauche vers la mâchoire de la garde. Cette dernière intercepta l'assaut avec sa main droite, repoussa l'Envieux qui recula.
Une lumière rouge sembla parcourir brièvement le corps de la garde, se dirigeant vers ses bras. Là, elle tendit son bras droit, poing fermé.
La seule chose que Réo distingua fut une explosion de lumière rouge avant qu'il ne se retrouve dans les airs, une douleur atroce dans la poitrine.

Il ne se laissa toutefois pas impressionné et alors que Hong volait vers lui dans le but de continuer à le frapper, il se changea en aigle. D'un simple battement d'ailes, il s'éleva afin d'éviter un coup de poing. Il passa au-dessus de son adversaire et alors reprit forme humaine.
Son bras droit s'était scindé en trois fouets noirs, terminé par un aiguillon. Les trois s'enroulèrent autour de la gardienne et l'entrainèrent dans la chute du métamorphe.
Juste avant de toucher le sol, Réo lança Meiling vers le bas, de sorte que se fut elle qui subit le choc de l'impact avec les dalles, sans parler de l'Envie qui lui atterrit dessus.

Ses trois tentacules disparurent, laissant place à son bras habituel. L'Envieux fit ensuite craquer sa nuque et fit quelque pas, quittant le corps immobile de Meiling.
- Et ben, c'était chaud. Je n'ose pas imaginer l'énergie que j'ai perdue en auto-régénération aujourd'hui et ce quel que soit le combat, lança Réo.
(- Tu ne veux pas le savoir), répondit Pride.
L'Envieux soupira puis reposa son regard sur la porte d'entrée du manoir.
- Voyons de plus près ce lieu… fit-il.
- Rêve ! lança une voix derrière lui.

Réo n'eut pas le temps de se retourner qu'un pied percutait sa tête dans une trajectoire circulaire, l'envoyant au sol.
Des éclairs rouges apparurent au niveau du crâne et l'Envieux se releva d'un bond.
Il fut effaré de voir Meiling, en position de combat.
Malgré ses blessures diverses et ses vêtements déchirés en plusieurs endroits, sa détermination semblait intacte.

(- Elle est increvable celle-là !), s'exclama l'Orgueil.
- Vu le choc, elle devrait avoir des os brisés ou au moins ne plus être en état de se battre ! renchérit Réo.
(- Laisse-moi la manger… Elle nous sera utile…)

L'Envie ne put cacher un sourire et transforma ses deux bras, les rendant noir tout en troquant ses doigts pour des griffes métalliques.
Le métamorphe bondit vers son adversaire, laquelle réagit en sautant. Son pied, entouré des couleurs de l'arc-en-ciel, exécuta une trajectoire circulaire descendante et interrompit sa course sur l'épaule de l'Envieux.
Ce dernier fut projeté vers le sol et atterrit sur ses jambes sur le chemin de dalles, enfonçant celles qui étaient sous lui.
Hong l'atteignit rapidement, envoyant son poing gauche fermé vers la tête du polymorphe. Celui-ci recula pour esquiver l'attaque et répondit en levant son bras droit, ses griffes étant toujours présentes.
La garde fit une roue pour les éviter et activa une nouvelle spellcard :
- Ultimate Color "Mad Colorful Dance"

Une tornade d'énergie multicolore apparut autour de Meiling et se dirigea vers Réo. Etant trop près, il fut incapable d'esquiver. Le tourbillon d'énergie le happa et les blessures se multiplièrent. Puis il fut éjecté, arrachant plusieurs plantes sur son passage.
(- Tu comptes me laisser faire quand on aura plus d'énergie pour se régénérer ? Parce que c'est en bonne voie pour…), réagit Pride.
- C'est VRAIMENT pas mon jour, râla Réo alors qu'il se relevait péniblement.
Meiling s'approchait en marchant, d'apparence calme mais sans aucun doute sur le qui-vive.
- Si tu veux abandonner, j'accepte ta reddition. Pars, je ne te poursuivrai pas, énonça la gardienne.

Réo serra les poings. Il était pour lui hors de question d'abandonner mais il piétinait. Hong était trop forte au corps à corps et ses spells n'arrangeaient rien.
De plus, la luminosité était très réduite puisque la nuit avait commencé son règne.
- Il faut que je la batte. Il faut que je la batte ! se persuada intérieurement l'Envie.

Des éclairs rouges se mirent à luire autour du polymorphe qui se mit à ricaner.
- Si tu crois que c'est finit, tu te trompes lourdement ! annonça-t-il.

Lentement, il perdit forme humaine pour prendre celle d'un monstre.

Haut de trois mètres, son corps musculeux était recouvert d'une armure de plaques osseuses brunes comme sa peau de cuir et de pointes acérées. De sa mâchoire de tyrannosaure jaillissaient des crocs pouvant broyer un crâne sans le moindre début d'effort. Ses doigts étaient terminés par de longues griffes qui cliquetaient telles des lames de sabres. Quant à ses yeux, l'œil droit était vert et orné d'une pupille reptilienne tandis que l'œil gauche arborait un tatouage d'ouroboros en guise de pupille.

Meiling recula, détaillant son adversaire qui poussa un rugissement.
(- La seule fois où tu as pris cette forme, c'était pour couvrir la fuite de tes amis. Si je me souviens bien, tu as massacré tout un bataillon de soldats avec. Tu crois pouvoir te contrôler ?), intervint Pride.
Seul un grognement mental lui répondit, ce qui ne le rassura pas vraiment.
(- Ouroboros de la colère et forme de Kharx. Bon courage, Hong Meiling)

Le monstre rugit à nouveau et se rua vers Hong. Celle-ci plongea au sol pour éviter de se faire décapiter par les griffes de son ennemi. Elle roula, passant à gauche de la créature, se releva et tendit ses deux mains.
Un court rayon jaune en jaillit et percuta Réo qui bougea à peine. Il se retourna en envoyant ses griffes vers son ennemie. Cette dernière sauta et donna un coup de pied auréolé des sept couleurs.
Un coup de poing l'intercepta à mi-course et la garde se crasha au sol sous la force de l'impact.
Elle s'était à peine relevée que le monstre donnait un nouveau coup de griffes, esquivé par une rondade arrière. Les cinq lames de la main gauche du monstre se plantèrent dans le sol comme dans du beurre et en sortirent aussi facilement, fusant vers le torse de Meiling.
La gardienne évita l'assaut en effectuant un large saut en arrière et sortit une nouvelle spellcard alors que la créature la rejoignait en courant.
- Fiery Attack "Roc-killing Fist"

Hong activa la carte alors que le monstre donnait un coup de poing surpuissant. La femme aux cheveux rouges fit de même et les deux attaques se rencontrèrent dans une explosion teintée des couleurs de l'arc-en-ciel.

Un cri de douleur jaillit de la bouche de la gardienne qui mit sa main gauche au niveau de son bras droit. Celui-ci s'était fracturé, devenant un handicap au combat.
Meiling n'eut pas le temps de faire autre chose puisqu'une main terminée par des griffes acérées se referma sur son torse avant de la soulever comme si elle n'avait rien pesé.
Le bras droit de Réo s'en était mieux sortit que celui de la garde et la blessure avait de toute façon disparue, consommant un peu d'énergie supplémentaire.
Quant à la gardienne, elle ne put réagir lorsque la gueule du monstre s'approcha dangereusement de son cou.
- J'ai gagné, annonça le changeur de forme d'une voix grave et inhumaine.
Meiling ne put qu'approuver avant d'être brusquement lâchée.

Le monstre se mit à rire alors qu'une lumière aux reflets cramoisis le parcourait, accompagnée d'éclairs rouges. Moins d'une seconde plus tard, Réo se tenait devant Hong, sourire aux lèvres.
Ses yeux étaient à nouveau bleus.

- Bien, je vais enfin pouvoir admirer ce manoir de l'intérieur. Il faudra faire soigner ton bras aussi, fit le polymorphe.
- En effet… Je vais devoir rentrer également semble-t-il… répondit Meiling d'un ton peu enthousiaste.
(- C'est vrai qu'entrer avec le clampin qui nous a battus alors qu'on est censé l'empêcher de passer, ça le fait pas), commenta Pride.
- Réflexion faite, je vais plutôt entrer de façon plus discrète, réagit Réo.
Il changea à nouveau de forme pour devenir un chat blanc avec de grosses taches noires. Meiling sembla comprendre et le remercia.
Puis elle se dirigea vers la double-porte qui servait d'entrée et l'ouvrit avec son bras valide.
Le chat passa rapidement avec un miaulement qui fit rire la gardienne.


Assit devant une table ronde faite de bois, le Voyageur retournait la dernière carte qu'il avait devant lui. Quatre cartes formant une croix.
Ce qu'il sembla découvrir le fit sourire et il sortit sa montre à gousset dorée de la poche la plus haute de son long manteau blanc. L'homme regarda les aiguilles et son sourire s'agrandit. Au même moment, il sortit une carte d'une poche.
- Toujours à jouer avec tes cartes à ce que je vois, lança une voix féminine venant de derrière le Voyageur.
Celui-ci se permit un léger rire et rangea sa montre.
- En effet, mais je suppose que ça ne t'étonne guère. Au fait, tu es pile à l'heure, bravo ! lança l'homme en s'adossant au dossier de sa chaise, envoyant la carte vers son interlocutrice qui la rattrapa au vol.

Une femme le rejoignit et se pencha vers les cartes.
Elle avait de longs cheveux blonds dont deux longues mèches étaient terminées par un ruban. Elle était vêtue d'une longue robe blanche dont le devant était violet. Une sorte de chapeau de tissu blanc surmontait sa chevelure. Elle portait une ombrelle rose fermée posée sur son épaule et ses yeux violets étaient fixés sur les cartes.

- Tu y comprends quelque chose toi ? demanda la femme.
- Bien entendu, sinon je ne le ferai pas. Tu veux des éclaircissements, Yukari ? proposa l'homme vêtu de blanc avec un sourire.
- Non, je préfère voir ce qu'il va se passer plutôt que de le prédire. Tu devrais le savoir depuis le temps, répondit la femme.
- En effet chère Youkai des Frontières mais je voulais voir si tu avais changé de point de vue depuis le temps… Poker pour fêter nos retrouvailles ? fit le Voyageur en sortant un nouveau paquet de cartes de son manteau.
- Volontiers… répondit la youkai en se dirigeant de l'autre côté de la table où une chaise vide l'attendait.
Elle fit tourner sa carte entre ses doigts et la posa sur la table.
- Chaque histoire contient ses personnages. A chaque personnages, une carte est associée. Le Monde te représente, Yukari, énonça le Voyageur.
L'intéressée émit un léger rire et repoussa la carte qu'elle avait devant elle.
- Raconte-moi donc quelque chose. Tu as beaucoup voyagé j'imagine… devina Yukari alors que l'homme mélangeait les cartes.
- Bonne idée. Je vais donc te narrer ce qu'une barbare et un magicien m'ont raconté dans une taverne, à propos du chef de leur ancienne compagnie, commença le Voyageur en posant le paquet avant de faire apparaître des jetons d'un mouvement de bras.
- Mais où es-tu encore allé… murmura Yukari.
- Dans une ville fort sympathique bien qu'agitée dont le nom doit ressembler à Surcar ou quelque chose dans le genre. Donc, figure-toi que la barbare m'a avoué avoir commis une énorme méprise alors que ce faucheur coupait du bois pour aider un ermite…

Le Voyageur avait commencé à parler en distribuant les cartes. Yukari l'écoutait, souriant comme toujours en entendant les histoires et anecdotes de son ami…


(- Non mais ce manoir fait quelle taille ? Vu de l'extérieur, il semblait bien plus petit !), s'exclama Pride.
Toujours sous sa forme de chat, Réo déambulait dans les couloirs. Ceux-ci étaient tapissés de rouge et éclairés par de nombreuses lanternes accrochées aux murs. L'Envieux fut étonné de voir qu'il y avait peu de fenêtres par rapport à la démesure du lieu.
A plusieurs reprises, il avait croisé des fées. Celles-ci avaient une robe bleue et blanche que Pride identifia comme étant un uniforme de domestique.
Plusieurs portes constellaient la droite du couloir mais le métamorphe n'en ouvrit aucune, ne voulant pas se faire repérer. Il se contentait d'aller là où les portes étaient entrouvertes, ce qui souvent l'amenait à un autre couloir.
(- C'est pas un manoir mais un labyrinthe), remarqua l'Orgueil.
Réo ne put qu'approuver et huma l'air.

Une odeur de nourriture attira son attention et n'ayant pas mangé depuis le midi, il se précipita vers sa source.
- Un chat. Hors de question que tu salisses tout alors que je me suis tuée à tout nettoyer, lança une femme à coté de laquelle venait de passer le félin improvisé.
Celui-ci se retourna et observa son interlocutrice.

Elle devait avoir environ la vingtaine mais semblait plus jeune que Meiling. Elle portait également un uniforme de domestique bleu marine de la même couleur que ses yeux avec un tablier blanc et avait des chaussures noires à talons. Ses cheveux argentés étaient coupés au niveau des épaules et deux tresses semblables à celles de Meiling tombaient de part et d'autres de son visage.

Réo poussa un miaulement et se tourna à nouveau, se préparant à courir. Il faillit sursauter lorsqu'il vit la femme juste devant lui.
Mais comment avait-elle fait ?
Sans chercher à comprendre, le félin s'enfuit dans la direction opposée. Voulut s'enfuir.
A nouveau, la femme lui barrait la route, tenant un couteau dans sa main droite.
(- On dirait qu'elle peut se téléporter…), tenta Pride.
- Allez petit chat, viens ici que je te remette dehors, ordonna la domestique.
- Avec le couteau que t'as en main, je le sens pas. Et j'ai pas envie de sortir vu comment j'ai galéré pour entrer, pensa Réo.
Jouant le tout pour le tout, le polymorphe utilisa la vitesse de Sloth, l'être qui incarnait la Paresse dans un de ses mangas favoris et dont il tenait les pouvoirs, pour atteindre l'autre côté du couloir sans que la femme ne puisse réagir.

Là, le félin dû s'arrêter puisque la seule issue était la porte entrouverte se trouvant à droite. Hors, il ne pouvait aller qu'en ligne droite lorsqu'il utilisait sa vitesse surhumaine.
Il n'eut pas le temps de s'engouffrer dans l'ouverture puisque soudain il se retrouva face à une porte fermée et une domestique qui lui barrait la route, bras croisés mais couteau toujours en main.
- Je n'ai pas le temps de jouer à chat, lança froidement la femme.

Réo voulut s'enfuir, cinq couteaux se plantèrent devant lui, le stoppant net dans son élan.
(- Ils sortent d'où ses couteaux ? Elle n'en avait qu'un. Puis comment est-elle arrivée là si vite tout en fermant la porte ?), s'interrogea Pride.
Le polymorphe ne put présenter son idée puisque la femme venait de le saisir. Elle soupira, tenant le chat avec son bras droit lequel était passé au niveau du ventre du félin. Celui-ci se débattait et miaulait en guise de protestations mais rien n'y faisait.
Le chat choisit donc une méthode plus perfide et leva sa tête vers celle de la domestique, lui faisant les yeux doux.
La femme aux cheveux argentés marchait, sans doute vers l'entrée, mais ne put résister. Toutefois, au lieu de lâcher le chat comme il l'espérait, elle se contenta de le caresser sur la tête avec sa main libre, désormais exempt de couteau.
Bien qu'à demi satisfait, le félin se mit à ronronner.
Après tout, recevoir des caresses était toujours agréable.
(- Hey, tu fous quoi là ? On est toujours en route vers la sortie je te signale !), intervint l'Orgueil.

Ce fut à ce moment que la femme passa une porte, se retrouvant dans le hall d'entrée.
Circulaire, quatre portes le parcourait ainsi qu'un escalier.
Voyant qu'il se dirigeait dangereusement vers la double-porte empruntée plus tôt, Réo miaula désagréablement.

Il changea de tactique et s'entoura d'éclairs rouges, passant de chat à cobra vert, enroulé autour du bras droit de la domestique.
Celle-ci sursauta et par réflexe fit un mouvement brusque pour l'envoyer plus loin. Le serpent se laissa faire et atterrit sur le sol. Il se leva, ouvrit sa gueule et poussa une exclamation de joie, qui ressemblait plus à un bruit de crachat.
Le reptile se baissa rapidement afin d'éviter un couteau et fut à nouveau entouré d'éclairs rouges.

Réo venait de reprendre forme humaine mais il laissa toutefois échapper un sifflement serpentin.
- Un changeur de forme. Comment êtes-vous entré ? demanda la femme.
- Par la porte, en battant la gardienne. Elle doit être en train de soigner son bras à présent. Je suis Réo Ryu, répondit l'intéressé.
- Sakuya Izayoi, chef des domestiques de ce manoir, se présenta la femme en s'inclinant.
Lorsqu'elle se remit droite, trois couteaux dépassaient de sa main droite fermée, manches coincés entre deux doigts.
- Il semblerait que j'ai encore du nettoyage à faire, lança-t-elle.
Elle avait lancé sa jambe droite en arrière, se tenant prête au combat, son bras droit tendu sur le côté.
Réo soupira et écarta ses bras, indiquant qu'il était prêt.

D'un geste, Sakuya lança une volée de couteaux, une bonne dizaine alors qu'elle n'en tenait que trois. Réo plongea au sol pour les éviter mais à peine fut-il relevé que d'autres fusaient dans sa direction.
Le polymorphe fit jaillir les griffes noires de la Lance Ultime en lieu et place des doigts de sa main gauche et les utilisa pour détruire les projectiles d'un geste. L'Envieux tendit ensuite son bras gauche et agrandit ses griffes. Sakuya sauta en arrière, s'envolant au passage et esquivant les lames noires qui avaient manqué de la transpercer.
Dans les airs, la chef des domestiques activa une carte :
- Illusion Sign "Killing Doll"

Des couteaux apparurent en tournoyant puis foncèrent sur Réo. Celui-ci leva son bras droit qu'il venait de recouvrir de carbone et se protégea avec.
Malgré leur vitesse, les projectiles ne parvinrent pas à entamer le Bouclier Ultime et l'Envie put contre-attaquer à l'aide de sa Lance.
Toutefois, la domestique avait disparue, se tenant désormais derrière son adversaire. Ce dernier était d'ailleurs entouré de couteaux qui semblaient figés. Pendant un temps du moins car ils traversèrent soudain la distance les séparant de leur cible.
L'Envieux s'était toutefois décomposer en eau, évitant l'attaque.

Lorsqu'il reprit forme humaine, Réo se figea de stupéfaction. En effet, des dizaines de couteaux, certains ayant le manche rouge étaient apparus et Sakuya se trouvait désormais à l'autre bout du hall, lui lançant un sourire narquois.
(- Elle ne se téléporte pas. A mon avis, pour agir sans qu'on la voie et si rapidement, elle ne fait rien de moins qu'arrêter le temps !), devina Pride.

Réo serra les dents et transforma ses deux bras en un bouclier métallique qu'il eut juste le temps de mettre devant lui. Les lames qui percutèrent la protection ne firent pas de dégât mais les couteaux rouges avaient eux continués leur course. Ils rencontrèrent le mur et ricochèrent, prenant le polymorphe dans le dos.
Celui-ci ne put esquiver et grogna.
Il recouvrit ses deux bras du Bouclier et se jeta sur Sakuya. Son poing gauche fendit l'air mais finit sa course sur le sol.
La domestique avait de nouveau changer de place et elle tenait une nouvelle carte en main.
Elle la brandit dans les airs mais se stoppa lorsque des applaudissement retentirent.

Les deux combattants se retournèrent vers la direction d'où ils provenaient.

La personne qui les interrompait était une petite fille. Elle portait une robe et un chapeau rose ornés de garnitures rouges vif. Elle avait de courts cheveux bleus et ses yeux étaient rouges aux pupilles verticales. Deux ailes de chauve-souris étaient attachées à son dos. Etant donné que la fille était très petite, semblant d'ailleurs n'avoir qu'aux alentours de dix ans, l'envergure de ses ailes semblait supérieure à sa propre taille.

- Voilà qui était très divertissant. Ce combat et celui livré contre Meiling, je me suis beaucoup amusée en vous regardant ! annonça la petite fille.
Elle se tourna vers Sakuya.
- Prépare un couvert supplémentaire, ainsi qu'une chambre, ce jeune homme sera notre invité, ordonna la fille en s'approchant.
La domestique s'inclina avec un "Bien maîtresse" et disparut.
- Je suis Remilia Scarlet, maîtresse de ce manoir, se présenta la fille.
- Réo Ryu, voyageur parmi tant d'autres. Invité ? releva le polymorphe.
- En effet, ce soir tu dîneras avec nous et dormira ici. Tu n'as pas fait tous ces efforts pour rentrer ici sans raison, j'imagine, fit Remilia.
- Euh… En effet, je…
- Nous verrons plus tard, suis-moi, le coupa la maîtresse des lieux.
(- Note qu'elle ne te laisse pas le choix. En tout cas, on ne me fera pas croire que c'est une gamine, elle est certainement bien plus vieille que nous !), intervint Pride.
Réo approuva tout en suivant Remilia. Il avait d'ailleurs une petite idée sur la nature de son hôte.
(- Ailes de chauve-souris, manoir, maniérée, corps trop jeune… J'ai cru apercevoir des canines un peu trop longues…), confirma l'Orgueil.
- Vampire, murmura Réo.

Rapidement, les deux atteignirent une grande salle. Une table rectangulaire y trônait, recouverte d'une nappe blanche. Cinq assiettes étaient disposées dessus ainsi que les couverts, du pain et des gâteaux.
Sakuya se trouvait derrière la chaise située en tête de table, attendant visiblement sa maîtresse, mains croisées sur son tablier.
Remilia la rejoignit et s'assit sur la chaise, repliant ses ailes pour s'asseoir avant de les déployer une fois en position.
- La chambre que vous avez demandée est prête, annonça la domestique alors que Réo prenait place à la droite de la maîtresse du manoir.
- Bien, bien. Meiling et Patchy ne vont pas tarder non ? Va donc chercher Flandre, ordonna Remilia.
Une fois encore, Sakuya s'inclina et obéit.
(- Ce boulot me tuerait au bout de cinq minutes et dix-huit secondes), lança Pride.
- Hong n'a-t-elle pas besoin de soins ? demanda Réo.
- Elle est avec Patchouli, une puissante magicienne. Le soin n'est pas sa spécialité mais nous avons une potion concoctée par Eirin Yagoroko, une doctoresse. Cela devrait suffire, et c'est un peu tard pour y penser, non ? expliqua la petite fille avant de finir sa phrase sur un sourire.
Celui-ci mit en valeur ses canines, plus longues que la normale, ce qui acheva de convaincre Pride et Réo qu'il s'agissait d'une vampire.
Une chose était sûre, la nuit promettait d'être particulièrement intéressante…


Dans la Forêt de la Magie, une petite fille en pleurs trébuche et s'écrase au sol. Elle avait courut à perdre haleine et se retourna, tremblante.
Une femme dont les yeux rouges luisaient dans la nuit lui faisait face.
On lui avait dit.
On lui avait dit de ne pas s'aventurer dehors, surtout la nuit. Mais la petite fille avait désobéit et avait été la cible d'une youkai qui désirait en faire son repas.
La femme ne put cacher un rictus de satisfaction et tendit son bras droit vers la fille qui se mit à hurler de terreur.
La main de la youkai est soudain interceptée par celle d'un homme.
Désormais entre la petite et la femme, il barre la route à la chasseuse. Celle-ci recule d'un bond mais l'homme suit son mouvement et plaque sa main gauche contre son visage.
Le membre étouffe les cris de la youkai dont le corps s'assèche, s'amincit jusqu'à devenir un squelette que l'homme lâche.
Il ne peut s'empêcher de ricaner de plaisir avant de passer sa langue sur ses lèvres puis il commence à s'éloigner, mains dans les poches de son pantalon noir.
- M…Merci ! s'écrie la petite fille en contemplant son sauveur et en essuyant ses larmes.
L'homme s'arrête.
- Retourne chez-toi, vite, fait-il.
Puis il fait un salut de la main gauche.
Ce fut la dernière chose de lui que la petite aperçut avait qu'il ne disparaisse dans une gerbe de flammes.
La fille se relève alors et s'enfuit.
Toutefois, elle n'était pas prête d'oublier son sauveur aux cheveux blonds…
You know who I am.
Dernière édition: il y a 6 ans 11 mois par Jealousy.
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Chapitre 10 : Le Manoir Ecarlate


"Le mystère fait partie intégrante de notre monde. Cela ne nous empêche évidemment pas de tenter de les percer.
Toutefois, certaines choses ne devraient jamais être découvertes…"
Surana Hakurei


- Alors, comment trouves-tu mon manoir ? demanda Remilia en tendant la main vers l'assiette où étaient disposés les gâteaux.
Il s'agissait de sortes de biscuits aux formes variées.
- Je ne pourrais donner un avis définitif que si j'avais tout vu. Mais en tout cas il a l'air d'être grand. Très grand. Et rouge aussi, répondit Réo.
(- Même la moquette est rouge. Pas mal du tout d'ailleurs, c'est agréable de marcher dessus), lança Pride.
- C'est le seul truc que t'as remarqué ? réagit l'Envie.
(- Bah, ouais. On a eut droit au tapis rouge !)
- Ne t'en fais pas, tu auras tout le temps de le visiter. Concernant le rouge et bien saches que je suis surnommée le Démon Ecarlate et j'aime le rouge, énonça la petite fille après avoir finit son biscuit.
(- Ceci explique cela)
- Tiens, maintenant que j'y repense, ce surnom me dit quelque chose… Je suis certains de l'avoir déjà entendu, réagit Réo en mettant sa main sous son menton, adoptant un air pensif.
- On t'a donc parlé de moi ? Ce n'est pas très étonnant, lança Remilia qui prit une voix hautaine tout en piochant à nouveau dans l'assiette de gâteaux.
- On dirait qu'elle et toi avez le même ego, remarqua Réo en s'adressant à Pride.
(- Sauf que moi, c'est justifié), répondit l'Orgueil.
- Tu parles ! Ah oui, ça me revient. Il me semble que c'était mentionné dans une légende britannique, affirma l'Envie en tapant ses deux mains l'une contre l'autre.
Remilia sourit et appuya sa tête sur sa main gauche, coude posé sur ses genoux.
- Vraiment ? Tu viens de l'autre côté de la barrière je suppose.
- Euh, disons que je ne suis pas originaire de Gensokyo.
- Pour connaître la légende du Démon Ecarlate, tu viens assurément du Monde Humain. Tu t'en doutes, c'est également mon cas puisque je vivais en Angleterre, annonça Remilia.
- Ah, moi je suis français, répondit l'Envie.
- Dommage, rencontrer un compatriote ici aurait été une agréable surprise, soupira la vampire.

Réo n'eut pas le temps de répondre puisque la porte s'ouvrit brusquement, laissant passer une petite fille qui courait vers la table. Sakuya la suivait en marchant, refermant la porte au passage.
- Remyyyyy, laisse-moi des gâteaux ! s'exclama la nouvelle-venue.
Elle se stoppa en atteignant la table, ayant remarqué Réo qu'elle dévisageait avec curiosité.
- C'est qui ? s'enquit-elle en penchant sa tête sur la droite.
Réo sourit et la détaille du regard.

Elle devait avoir sensiblement le même âge que Remilia et possédait les mêmes yeux rouges. Ceux-ci s'accordaient à sa robe et veste rouge. Un chapeau blanc de la même forme que celui de Remilia trônait sur ses cheveux blonds attachés en queue de cheval sur le côté gauche.
Toutefois, ce qui attira le plus le regard de l'Envie fut les ailes de la petite fille. Elles étaient étranges, formées d'une barre de fer sur laquelle étaient suspendus huit cristaux. Ceux-ci étaient, en allant du début à la pointe des ailes, bleu ciel, bleu, violet, rose, orange, jaune, vert et bleu ciel à nouveau.
Chaque cristal luisait légèrement, produisant une douce lumière qui captivait le regard du polymorphe.

- Voici Réo Ryu, je l'ai invité. Réo, voici ma petite sœur, Flandre, annonça Remilia.
- Euh… Bonsoir, fit l'Envieux en levant sa main gauche en guise de salut.
- Bonsoir ! s'exclama Flandre avec un large sourire.
(- Deux vampires pour le prix d'une. Ne t'étonnes pas si tu deviens anémique d'ici demain matin), lança Pride.

La remarque de l'Orgueil n'était pas sans fondements. Il n'était pas rare dans les histoires de vampire que ce dernier se montre courtois avec un invité, lui offrant gîte et couvert. Et une fois la victime endormie, l'hôte se nourrissait de son sang. Scénario classique et prévisible.
Réo était toutefois intimement persuadé que ce schéma n'avait pas lieu d'être à Gensokyo.

Flandre s'assit en face de l'Envie et piocha dans l'assiette de gâteaux avec un plaisir évident. Juste avant de prendre place, la vampire blonde avait posé quelque-chose derrière elle qui ressemblait à une barre métallique noire tordue. Réo ne s'attarda pas sur ce détail et jeta un coup d'œil sur Sakuya qui s'entretenait avec sa maîtresse.
Dix minutes plus tôt, il était un ennemi et se battait avec la chef des domestiques et soudain le voilà invité à dîner avec les résidentes du manoir, l'air de rien.

(- Remilia attend que tu dormes pour boire ton sang ! J'en suis sûr !), lança Pride.
- Mais non… Puis de toute façon, je ne me transformerai pas en steak pour son bon plaisir, répondit l'Envie.
(- Tu es incapable de prendre la forme d'un objet inanimé de toute façon), contra l'Ombre, feignant de prendre la phrase du métamorphe au pied de la lettre.
- T'es vraiment déprimant, tu le sais ça ?

La porte s'ouvrit à nouveau, ce qui attira l'attention de tous ceux présent dans la salle. Il s'agissait cette fois de Meiling dont le bras droit était en écharpe ainsi que d'une autre fille.

Elle portait une tenue couleur lavande semblable à un pyjama ainsi qu'un chapeau de tissus. Ses yeux et sa longue chevelure étaient mauves. Des rubans décoraient ses habits ainsi que le bout de certaines mèches de cheveux. Son teint était particulièrement pâle et elle tenait un livre avec sa main droite.

- Meiliiiing~, assis-toi à côté de moi ! ordonna Flandre en désignant la chaise vide qui se trouvait à sa gauche.
La gardienne ne put qu'obéir au souhait de la petite fille qui poussa une exclamation de joie qui couvrit le salut fait au polymorphe.
Quant à la fille aux cheveux violets, elle prit place à la droite de Réo.
- Voici Patchouli Knowledge, annonça Remilia.
- Enchanté, je suis Réo Ryu.
- De même. Je suis étonnée, Remy n'invite jamais personne habituellement, constata la magicienne.
Sa voix était assez faible, comme si elle manquait de souffle ou était fatiguée.
- Et ben j'ai fais une exception ! s'exclama le démon écarlate.
- Je vois ça. Il n'empêche que c'est surprenant, continua Patchouli.
- C'est en récompense des efforts faits pour entrer, se justifia Remilia.
Cela ne sembla pas convenir à Patchouli qui soupçonnait que ce n'était pas une simple histoire de récompense, chose qui n'était pas dans le style de la vampire. La magicienne ne dit toutefois rien et s'attela à son ouvrage.

- D'ailleurs, comment va votre bras ? demanda Réo à Meiling.
- Mieux… D'après miss Patchouli, je devrais être guérie demain, affirma la garde.
- Vraiment ? Impressionnant, commenta l'Envieux.
(- Pour quelqu'un ayant affronté ta forme de Kharx, elle s'en sort bien), intervint Pride.
Réo tourna la tête vers la magicienne qui avait les yeux rivés sur son livre, ce qui ne l'empêcha pas de reprendre la parole :
- Tout le mérite revient à Eirin Yagoroko, qui a préparé la potion qu'a bu Hong. Le soin n'est pas ma spécialité.
- Cela règlerait ton problème d'asthme et d'anémie, fit Remilia.
Elle tendit la main vers l'assiette de gâteaux et fut surprise de la trouver vide. Son regard se posa sur Flandre qui regarda ailleurs en sifflotant.
La maîtresse du manoir retint un soupir de frustration et reporta son attention sur le polymorphe.
- Alors dis-moi, pourquoi tenais-tu tant à rentrer ici, au point d'amocher ma gardienne ?
La question, amplement justifiée, eut le mérite d'exciter la curiosité de toutes les personnes présentes. Réo se trouva donc au centre de quatre paires d'œils interrogateurs.
- Euh et bien… En fait, mon but est d'apprendre la magie, tout du moins les bases. J'entends par-là voler et utiliser des spellcards, annonça l'Envie.
- Voilà qui est intéressant ! lança Meiling.
- Donc il te faut un professeur. Mais qu'est-ce qui t'a fait dire que nous pourrions t'aider ? demanda le démon écarlate.
- Quelqu'un m'a conseillé d'aller vers le Lac Brumeux. Suite à un combat, j'ai prit la décision de le traverser et je suis arrivé ici. Mon instinct m'a poussé à vouloir entrer, je sentais que je devais entrer, expliqua le métamorphe.

Quelques secondes de silence passèrent avant que Remilia ne prenne la parole :
- Je vois… Ce doit être le destin. Patchy est sans doute la mieux placée pour répondre à ta requête.
- Nous verrons, ce n'est pas à toi de décider, Remilia, contra Patchouli d'un ton calme.
La vampire écarquilla les yeux.
- Mais…
- Pas de mais. Si j'accepte d'enseigner à ce jeune homme, ce sera parce que je l'aurai décidé. Nous verrons demain, quand il aura reprit des forces, ajouta la magicienne.
Elle tourna la tête vers Réo, ignorant les protestations de Remilia qui s'énervait toute seule, ce qui fit rire Flandre.
- Retrouvez-moi à la bibliothèque lorsque vous serez prêt. Nous aviserons à ce moment-là. Cela vous convient ?
- Oui, bien entendu. Merci, réagit l'Envieux alors que la maîtresse se mettait à bouder suite à une remarque de sa petite sœur.

Sakuya, qui avait disparue mais venait de réapparaitre subitement derrière sa maîtresse, se pencha alors vers la petite fille et lui murmura quelque chose. La vampire aux cheveux bleus répondit par un hochement de tête vertical et la servante disparut.
Elle fut à nouveau là une seconde après, tenant une montre à gousset grise dans sa main droite.

Réo faillit sursauter lorsqu'il remarqua que des assiettes couvertes par une cloche se trouvaient devant les convives.
(- Alors, c'est quoi ? Cœur humain ? Remarque, cela peut aussi être quelque chose de plus banal. Genre des endives… Des endives au jambon), spécula l'Orgueil.
L'Envie soupira et retira la cloche après que Remilia ait souhaité un bon appétit à la tablée.


- Je n’en reviens pas, tu as encore gagné, soupira Yukari en s’adossant au dossier de sa chaise.
Elle repoussa les cartes tandis que le Voyageur lui adressait un sourire conciliant.
- Il n’y a qu’une personne qui a réussi à me battre au poker et il semblerait qu’elle restera l’unique exception au moins jusqu’à demain, lança l’homme vêtu de blanc.
Il rangea les cartes et sortit sa montre à gousset dorée d’une poche avant de son long manteau blanc, ouvrit le clapet qui la fermait, et regarda la position des aiguilles.
Yukari le regardait faire puis prit soudain la parole :
- Pourquoi es-tu parti ?
Le Voyageur leva les yeux de sa montre qu’il referma.
- Plait-il ?
La Youkai des Frontières plongea ses yeux dans ceux de l’homme à la canne.
- Tu sais très bien de quoi je veux parler. Il y a quinze ans, tu as brutalement disparut, sans même un au-revoir, ni laisser de traces. Je veux savoir pourquoi.
Le Voyageur resta silencieux une dizaine de secondes, tenant tête au regard de la youkai.
- Cela ne te concerne pas, Yukari, rétorqua-t-il sans se démonter.
La femme soutint son regard puis ferma les yeux en signe d'abdication.
- Fort bien. Je te connais depuis assez longtemps pour savoir que tu ne me diras rien, une seule personne avait réussi à te faire dire ce qu'elle voulait savoir et elle n'est plus là…
La Youkai se leva alors de sa chaise, sous le regard sans émotion de son ami.
- Si tu n'y vois pas d'inconvénient, je vais me retirer, Yuyuko doit m'attendre.
- Comme tu le désires. Nous nous reverrons, affirma le Voyageur.
- Je n'en doute pas.
Une sorte de déchirure ou faille noire dont les bords étaient décorés de rubans s'ouvrit près de la femme. Celle-ci fit un salut de la main à son ami et traversa le gap, ignorant les yeux qui ornaient la noirceur de la chose.
La faille se referma ensuite sans demander son reste, laissant le Voyageur seul.

L'homme sortit un paquet de cartes et tira la première.
- L'arcane dix-sept : l'Etoile… Il est vrai que l'heure de nos retrouvailles semble être venue, chère demoiselle…
Le Voyageur rangea la carte puis se leva, prit sa canne surmontée d'un crâne argenté et fit quelque pas…


Pour une fois, ce ne fut pas un cauchemar mais les rayons du soleil qui causèrent le réveil de Réo. L'Envieux avait d'ailleurs passé une agréable nuit, n'ayant pas dormit dans un vrai lit depuis ce qui lui semblait être une éternité. Voir deux.
Après le dîner, qui avait été succulent, Réo n'avait pas tardé à aller se coucher, éreinté par sa journée ponctuée de combats. Sakuya l'avait conduit à sa chambre afin d'éviter qu'il ne se perde, initiative qui s'était révélée salutaire puisque l'Envie était incapable de se repérer dans le dédale de couloirs rouges.
Réo repoussa ses draps et se leva, faisant craquer sa nuque au passage.
La chambre était simple et comportait un placard en plus du lit et de la table de chevet qui y était associée. L'Envieux ouvrit la fenêtre et observa le ciel, bleu azur.
Le vent qui soufflait acheva de réveiller le polymorphe qui s'étira puis s'entoura d'éclairs rouges.

Lorsqu'il quitta sa chambre, c'était d'un pantalon gris et d'un t-shirt noir à manches longues dont il était vêtu. D'étranges caractères rouges parcouraient les manches, ne provenant d'aucune langue connue par le commun des mortels.
Bien que la salle où il allait prendre son petit-déjeuner, qui la même où il avait dîné la veille, n'était pas si éloignée que ça, il fallut plus de vingt minutes au métamorphe pour s'y rendre, s'étant perdu à trois reprises.

A peine Réo fut-il entré, Sakuya se trouva face à lui, ce qui manqua de lui causer un arrêt cardiaque.
- Bonjour, désirez-vous quelque-chose ? fit-elle en s'inclinant, ignorant visiblement la frayeur qu'elle avait causée à l'Envie.
- Euh, oui, euh bonjour, balbutia l'intéressé dont le cœur faisait un marathon inopiné.
(- Elle est douée. Très douée. Réussir à te foutre la trouille comme ça, c'est pas donné à toutes les humaines), commenta Pride.
- Voyons, si vous avez quelque chose comme une tasse de chocolat chaud… Et un jus de fruit, fit l'Envieux.
- Bien sûr, je vous l'apporte, annonça Sakuya avant de disparaître.
- Au shaker, pas à la cuillère, ajouta Réo mais il était trop tard, la servante étant déjà partie.
Se retrouvant seul, le polymorphe s'assit à la table, laquelle était couverte de viennoiseries et de gâteaux.
(- On voit que Remilia n'est pas originaire d'ici), commenta l'Orgueil.
Il était vrai que ce genre de petit-déjeuner était plus l'apanage des Occidentaux. Ce qui convenait parfaitement à l'Envie.
- Tiens d'ailleurs, Remilia a but du vin hier, non ? Ça m'étonne…
(- Je m'attendais à ce qu'elle clame "Je ne bois jamais… De vin…"), renchérit Pride, amusé.

Sakuya vint à ce moment, portant une tasse de cacao et un verre de jus de fruit à Réo. Celui-ci la remercia puis lui demanda le chemin de la bibliothèque, voulant s'y rendre par la suite. La servante proposa plutôt d'accompagner le métamorphe, proposition acceptée dans la seconde.

Ce fut donc guidé que Réo se dirigea vers la bibliothèque.
- Meiling est-elle guérie ? s'enquit le polymorphe, histoire de faire la conversation durant le trajet.
- Oui, la maîtresse lui a ordonné d'assurer la garde du manoir aujourd'hui encore, annonça Sakuya.
- Quoi ? Mais, sans même avoir le temps de parfaitement récupérer ? s'étonna le métamorphe.
- Oui. Toutefois, Meiling est totalement apte à faire son travail, la blessure que vous lui avez infligée n'est plus qu'un souvenir.
- Enfin quand même…
N'ayant visiblement aucune idée pour relancer la conversation, Réo resta coi et Sakuya fit de même. Le reste du chemin se fit donc en silence, ce qui laissa à l'Envie le loisir d'admirer ce qui l'entourait.
Après avoir descendu un escalier et traversé un couloir, ils arrivèrent devant une imposante double-porte.
- Vous voilà arrivé. Je viendrai vous chercher lorsque viendra l'heure du déjeuner, annonça la chef des domestiques en s'inclinant.
Puis elle disparut.

A nouveau seul, Réo prit une grande inspiration.
Il y était. Il avait réussi à entrer et avait sans aucun doute trouvé son professeur. Il lui fallait assurer maintenant.
Motivé comme rarement, l'Envieux ouvrit la double-porte et entra.

Voile était immense. Des étagères démesurées semblable à des murs s'élevaient, disposées en lignes parallèles. Il y avait peu de lumière dans la titanesque bibliothèque, ce qui s'expliquait facilement étant donné son absence de fenêtres, elle-même due à l'emplacement souterrain de la salle.
Aucun bruit ne s'élevait de l'immensité de livres et de connaissances, aucun mis à part celui du balancier d'une colossale horloge.
Un autre bruit se fit soudain entendre alors que la porte se refermait, celui d'un éternuement.

L'Envieux poussa un juron, maudissant au passage la poussière qui voletait autour de lui.
(- C'est toi qui parlais d'assurer ?), railla Pride.
- Mouais… Ça part mal, admit Réo avant de s'enfoncer entre deux étagères.
Il arpenta quelques instants les lieux sans croiser personne jusqu'à ce qu'il entendre un bruit d'impact sur le sol venant de l'autre coté de l'étagère de sa droite.
L'Envieux la contourna donc et découvrit une fille en train de ramasser un épais grimoire qui lui avait échappé des mains.

Elle était vêtue d'une robe noire avec des manches blanches et possédait des yeux et de longs cheveux rouges. Deux petites ailes de chauve-souris encadraient sa tête et deux autres, bien plus grandes, étaient rattachées à son dos.

De toute évidence, elle remarqua Réo qui la dévisageait.
- Oh, vous devez être Réo, mademoiselle Patchouli m'a avertit que vous viendrez. Je suis Koakuma, son assistante, se présenta-t-elle.
- Enchanté. Pourriez-vous m'amener à Patchouli s'il vous plait ? C'est pas que je suis perdu mais… Un peu quand même, fit l'Envieux.
La réplique tira un léger rire à Koakuma qui fit signe de la suivre avec sa tête, ses mains étant prises.

Elle mena Réo à une sorte d'air de lecture se trouvant dans une trouée circulaire dans la forêt d'étagères. Une table était disposée au centre, couverte de livres divers. Patchouli était assise là et en feuilletait un.
- Mademoiselle, voilà le livre que vous m'avez demandé ! annonça Koakuma d'un ton enjoué.
- Parfait, merci Koa, pose-le ici. Bonjour Réo, fit la magicienne en fermant l'ouvrage qu'elle lisait.
Elle se leva et mit son livre sur celui que son assistante venait de placer sur la table tout en contournant cette dernière pour s'approcher du polymorphe.
- Bien, premièrement pourquoi voulez-vous apprendre à voler et à utiliser les spellcards ? demanda Patchouli.
- Et bien, je ne peux pas voler naturellement, je suis obligé d'utiliser des ailes et ce n'est pas pratique du tout. Comparé aux autres, je suis bien trop lent, trop peu agile. Concernant les spellcards, j'ai perdu plusieurs combats, il est évident qu'il me faut m'améliorer. Mon propre pouvoir n'est pas du tout adapté pour faire face à ceux qui peuplent ce monde, expliqua Réo.
- Meiling m'a parlé de vos prédispositions à la métamorphose. Je suis curieuse d'en apprendre davantage sur vous. Nous allons donc faire un marché : Vous me dites ce que je veux savoir et j'en ferai de même. Marché conclu ? proposa la magicienne en tendant sa main.
- Il y a des choses qu'il vaut mieux ne pas savoir… Mais marché conclu.
Réo serra la main de Patchouli qui désigna Koakuma, affairée à ranger des livres, de la tête.
- Elle est une démone. Remilia et Flandre sont des vampires. Je doute que vous ayez quelque chose qui incite, au premier abord, à plus de méfiance, indiqua la fille aux cheveux violets.
Réo se tourna vers Koakuma.
- Une… Démone…

Sans s'en rendre compte, il serrait son poing gauche. Partant du bout des doigts et remontant progressivement, mais rapidement, une couche de carbone grisâtre se mit à recouvrit ce bras, sans produire d'éclairs rouges.
En effet, le Bouclier et la Lance Ultime ainsi que la décomposition en eau ne sollicitaient pas la présence des arcs électriques écarlates lors de leur utilisation.
- Un problème ? releva Patchouli.
- Euh non rien. Je pensais juste à… Autre chose… se justifia Réo.
La magicienne n'en tint pas rigueur et prit la parole :
- Bien, première chose, j'aimerai savoir ce qui est la cause de cette aura maléfique que tu dégages. De plus, j'ai l'impression qu'il y a plusieurs êtres en toi… Dis-moi ce qu'il en est ! ordonna Patchouli.
Le soudain tutoiement ne gênait pas outre-mesure le polymorphe qui se contenta de répondre :
- Et bien, tout le monde sait ce qu'il y a en moi, il faudra aussi trouver le moyen de masquer ça… Pour répondre à ta demande, disons que j'ai une seconde âme qui est le reflet de mes mauvais côtés. Son nom est Pride puisqu'il incarne l'Orgueil. Pour ma part, j'incarne les autres pêchés capitaux mais l'Envie est prédominante. Tout ça explique cette "mauvaise aura". Concernant les autres âmes en moi, et bien se sont celles des personnes que Pride a mangées. Lorsqu'il dévore quelqu'un, nous obtenons leurs âmes, mémoire, pouvoirs et compétences. Ça aussi faudrait le cacher…
(- Dis-lui d'où proviennent tes pouvoirs tant qu'on y est !), s'insurgea Pride.

Patchouli l'écouta attentivement, semblant réfléchir en même temps.
- As-tu mangée une youkai ? demanda-t-elle, pas plus troublée que ça.
- Hey, c'est Pride qui fait ça ! Et oui, une youkai serpent dans la Forêt de Bambous.
- Dans ce cas, rien ne devrait t'empêcher de faire ce que tu désires… C'est étrange, constata la magicienne.
Elle se remit à réfléchir.
- C'est à croire que c'est bloqué, commenta Réo.
- Possible, en effet. Dans ce cas, il faudrait voir ce qui cause ce blocage. Ou au moins trouver une piste pour te permettre d'utiliser un minimum de magie… J'ai une idée pour cela. Koakuma, viens m'aider !
La démone arriva et Patchouli lui indiqua qu'il fallait commencer les préparatifs pour un "voyage intérieur" ou quelque chose dans le genre.
Curieux, Réo vit les deux filles commencer à tracer un grand cercle au sol…

Adossée au portail permettant de passer la muraille de briques qui ceinturait le manoir, Meiling soupira. Elle n'avait bien entendu pas protesté lorsque Remilia lui avait demandé d'assurer la garde mais la gardienne aurait bien aimé se reposer…
Elle fit quelques mouvements avec son bras droit, totalement guérit. Ce fut à ce moment qu'elle remarqua que l'homme qui approchait tranquillement, utilisant une canne bien que n'en ayant pas véritablement besoin.

Que ce soit son long manteau ouvert, son pantalon, ses gants ou même son chapeau, tout était blanc, mais impeccable. La seule touche de couleur différente venait de sa chemise fermée gris-clair que le manteau laissait transparaître. Cela, ainsi que la canne noire dont le sommet était un crâne en argent.
Meiling fronça les sourcils et s'avança. Cet homme lui paraissait pour le moins étrange.

- Bien le bonjour, demoiselle ! la salua-t-il lorsqu'il la rejoignit.
Il avait retiré son chapeau, dévoilant ainsi sa chevelure noire parcourue d'une ligne blanche en son milieu, tout en s'inclinant, mettant son couvre-chef au niveau de son cœur.
Cette entrée en matière peu habituelle troubla Meiling qui ne put que balbutier un "Bonjour, monsieur ?".
Ce dernier reposa son chapeau sur sa tête en se remettant droit avant de répondre :
- Je suis le Voyageur. Je viens rendre visite à une personne qui m'est chère et que je n'ai pas revu depuis qu'elle a rejoint ce manoir.
- Navrée mais les visiteurs ne sont pas autorisés à entrer, sauf sur ordre de la maîtresse, rétorqua Hong.
- Je vois… Oh, j'y pense, voilà qui devrait…
Le Voyageur s'était mit à fouiller dans les poches intérieures de son long manteau. Il en sortit une carte qu'il tendit à Meiling. Celle-ci la prit et la regarda, surprise.

Elle n'en avait jamais vu de semblable. La carte était majoritairement bleue et ne semblait pas être faite de carton ou de papier mais en plastique. Des silhouettes étaient dessinées dessus et plusieurs choses étaient écrites en haut et en bas. D'ailleurs, un étrange symbole était présent en bas à droite, sorte de C présent entre deux triangles, l'un rouge et l'autre bleu.

- "Carte de fidélité Carrefour"… Qu'est-ce ? Demanda Meiling.
Le Voyageur prit un air surpris et récupéra la carte.
- Oups, je me suis trompé, voilà plutôt.
Il rangea la carte et en tendit une autre.

Cette fois-ci, elle représentait le Manoir du Démon Ecarlate. Il se trouvait à la droite du rectangle plastifié tandis qu'à gauche brillait une pleine lune rouge. Le ciel était également rouge, comme recouvert par un brouillard écarlate. Une silhouette dotée de deux grandes ailes de chauve-souris était également visible, se dessinant face à la lune.

- Inutile de continuer vos tours de passe-passe. Vous ne passerez pas ! s'exclama Meiling en se mettant en garde.
- Il n'y a donc aucun moyen de s'arranger pacifiquement ? Ce monde serait une véritable utopie sans ces combats à répétition… Soit…
Le Voyageur rangea la carte puis sourit.

L'instant d'après, il se trouvait derrière Meiling, laquelle était cernée par des cartes. Elles étaient disposées tout autour de la gardienne, statiques dans les airs et penchées vers leur objectif.
Meiling écarquilla les yeux, les cartes étant apparues soudainement, comme si…
- "Perfect Game", énonça Le Voyageur qui claqua des doigts.

Les cartes fusèrent aussitôt vers Meiling qui ne put bouger sous la surprise. Les bouts de papiers explosèrent à l'impact, ce qui créa de la fumée mais également ouvrit le portail grâce au souffle de la déflagration.
Le Voyageur s'engouffra donc dans l'enceinte du manoir en regardant sa montre à gousset dorée, ignorant totalement Meiling qui était allongée sur le sol, inconsciente…

- Voilà, c'est prêt, annonça Patchouli.
Elle et Koakuma avaient dessiné une sorte de cercle magique remplit de runes et également constitué de plusieurs figurent géométriques dont un pentacle au centre duquel se tenait Patchouli.
- C'est quoi ? s'enquit Réo, qui avait assisté à tout ça sans trop comprendre.
- Ce qui va me permettre d'entrer dans ton esprit. Ainsi, je pourrai visualiser le problème et sans doute la solution, voir même intervenir directement, expliqua la fille aux cheveux violets.
- Entrer dans mon esprit… N'est-ce pas risqué ? s'inquiéta l'Envieux.
- Un peu, la magie n'est jamais sans risques. Mais c'est la seule solution, répondit Patchouli.
Réo soupira de résignation.
- Bien. Que dois-je faire ?
- Enlève ton haut et allonge-toi au centre du cercle, ordonna la magicienne.
La demande figea Réo et causa le rire conjoint de Pride et Koakuma.
- Il faut un contact physique entre mademoiselle Patchouli et vous. Plus précisément, votre front et votre poitrine, expliqua la démone.
L'Envieux hocha la tête, indiquant qu'il avait compris et obtempéra.

Si Patchouli ne prêta strictement aucune attention au corps de Réo, ce ne fut pas le cas de Koakuma.
Malgré les multiples blessures qu'il avait reçu durant sa vie, aucune cicatrice n'était visible sur le corps de l'Envie du fait de l'efficacité de sa régénération accélérée. De même, malgré son appétit qui parfois avait été ravageur, pas une once de graisse n'était visible. En fait, on pouvait le qualifier de "maigre", ce à quoi il répondait souvent "svelte".

Les regards appuyés de la démone mirent Réo mal à l'aise alors qu'il s'allongeait sur le sol.
Patchouli se mit alors à genoux à sa droite et retroussa ses manches.
- Essaye de te détendre. Tu devrais ressentir des picotements au début puis une sorte de fatigue, prévint-elle.
Heureusement, la magicienne s'était placée entre Koakuma et Réo, ce que Pride supposa ne pas être un hasard. Ainsi, le polymorphe put se calmer. Il indiqua d'un signe de tête qu'il était prêt.
Patchouli posa alors sa main gauche sur le front de l'Envieux et la droite au niveau du cœur. Le cercle s'illumina alors d'une lumière rouge et au même moment, les tatouages d'Ouroboros de Réo refirent leur apparition…

Obscurité.
Ce fut la première chose que Patchouli remarqua. Là où elle se trouvait, aucune lumière ne brillait. Cela n'empêcha toutefois pas ses yeux de s'y habituer et rapidement elle put observer l'endroit.
A première vue, cela ressemblait à une grotte. Les parois de cet endroit circulaire étaient en pierre.
Des murmures se firent soudain entendre, entremêlements de plusieurs voix différentes, la première seulement était féminine :
- Les humains sont des êtres tragiques et vraiment… Ennuyant…
- Quelle corvée…
- Je peux le manger ?
- Je veux l'argent, la gloire, les femmes et tout ce que le monde peut offrir !
- Vous, les humains, m'emmerdez !!!

Les voix n'avaient aucune source précise, semblant venir de partout à la fois. Patchouli fit quelque pas et se retrouva soudain dans un tunnel, toujours fait de roche. Une masse informe, noire, telle une gigantesque ombre se trouvait devant elle.
Des yeux violets aux pupilles verticales apparurent soudain sur l'ombre ainsi que des sourires faits de dents acérées.
- Tiens, tiens, qui aurait crut que j'aurai de la visite. Je suis Pride, bonjour Patchouli Knowledge, fit l'Ombre, parlant via l'une des bouches.
L'ombre s'étendit et entoura la magicienne.
- Je suis ici pour vous aider, tu le sais, envoya-t-elle.
- En effet, tu cherches ce qui bloque l'Envieux et moi par la même occasion. Je ne peux m'étendre hors d'ici, excepté lorsque je prends le contrôle de Jealousy, je ne peux donc pas t'aider… Passe donc, et fais ton boulot correctement !

L'ombre se scinda soudain, créant un chemin que Patchouli emprunta. Elle n'avait jamais vu de chose semblable.
Les voix entendues précédemment semblaient spectrales mais leur existence était aussi réelle que celle de Pride.
Pride. L'Orgueil.
Les autres voix correspondaient certainement aux autres pêchés capitaux. Toutefois, ceux-ci n'avaient pas d'esprit propre. Et heureusement… Toutefois, si c'était cela, où était l'Envie ?
Le décor changea à nouveau, devenant une autre salle circulaire.

Des cris se faisaient entendre. Des gens hurlant de douleur ou de peur. Regardant autour d'elle, Patchouli remarqua quelque chose d'étrange.
Une étendue d'eau se trouvait là, soudainement apparue. Des chaînes partaient des murs et plongeaient dedans, sans doute pour retenir ce qu'il y avait dedans captif. De plus, un cercle magique rouge luisait à la surface du lac. Au centre de celui-ci se trouvait un symbole identique aux tatouages de Réo, un serpent ailé se mordant la queue.
Toutefois, les tatouages de Réo étaient rouges, celui-ci était vert.
Patchouli s'approcha de l'étendue d'eau et remarqua que les cris semblaient venir de là. Sans s'en rendre compte, elle se mit à descendre sous l'eau, sans pour autant nager.

Tout était noir là aussi. Les cris étaient tout proche.
- Quitte à me transformer, autant être jeune et mignon…
Une nouvelle voix se faisait entendre.
- Pourquoi ? Pourquoi ai-je si mal ?
Des pleurs…
- Tous ces couples… Je les hais ! Pourquoi ? Pourquoi eux et pas moi ? Pourquoi lui et pas moi ?
Puis un rire.
Sadique, cruel, fou…
Les tintements des chaînes se firent soudain entendre alors que la voix disparaissait, couverte par des cris.
D'immenses yeux verts aux pupilles de reptile s'ouvrirent alors devant Patchouli. Un grondement titanesque se fit entendre, empli de puissance.
Oui, quelque chose était emprisonné sous l'eau. Quelque-chose qui se trouvait juste devant Patchouli.
Les yeux clignèrent puis le décor changea, au moment où un cri de souffrance plus fort que les autres se faisait entendre.

Ossements. Cadavres. Sang…
Là où la fille aux cheveux violets se trouvait, les restes humains abondaient. Elle se mit soudain à paniquer, sans savoir pourquoi.
Quelque-chose.
Quelque-chose, pire que tout ce qu'elle connaissait était là.
Un être dont il manquait le bas du corps était épinglé sur le mur, une main ouverte tenait compagnie à la moitié d'une tête.
Patchouli recula, butant contre une jambe arrachée. Des bougies rouges longeaient les murs de ce sanctuaire morbide et éclairaient ce cauchemar.
La magicienne se retourna lorsque quelqu'un cria et découvrit un trône. Fait de crânes et d'autres ossements, un être se trouvait devant.
Engoncé dans une armure noire et grise couverte de sang ce qui donnait l'impression que tout était rouge, entouré une longue cape déchirée sur les bords également imprégnée du liquide rouge, un homme se tenait debout.
Seule sa bouche était visible, son casque masquant ses yeux et son nez.
Il sourit. Sourire qui fit s'emballer le cœur de Patchouli.
- Ksh
Des filaments rouges, du sang, jaillirent du corps de cet homme en rouge et fusèrent vers une magicienne tétanisée…


Le contact des doigts de Patchouli contre son corps troublait Réo. Comme l'avait prévue la fille aux cheveux violets, l'Envieux se sentait fatigué. Cela ne l'empêchait toutefois pas de frémir lorsque les doigts de la magicienne bougeaient pour changer de position.
Patchouli avait les yeux clos, toutefois ses paupières bougeaient, comme si elle rêvait.
Koakuma avait changé de place et ne cessait d'observer les tatouages de Réo avec une curiosité surprenante.
Tous étaient identiques mais aucune n'avait la même signification que les autres.
Leurs positions étaient : pupille de l'œil gauche, au-dessus de la poitrine, omoplate droite, au niveau du cœur, sur la langue, sur le dessus de la main gauche et sur la cuisse droite.

Soudain, Patchouli se jeta en arrière, rompant le contact. Le cercle cessa de briller et les tatouages de Réo disparurent.
La magicienne semblait apeurée et respirait avec difficulté. Koakuma se précipita vers elle, inquiète.
Etant de retour à la réalité, la bibliothécaire sembla se calmer. Elle sembla également surprise de voir qu'elle n'avait aucune blessure.
Elle se releva avec l'aide de Koakuma, clamant que tout allait bien, ce que la démone et l'Envieux ne crurent pas. Ni l'un ni l'autre ne firent toutefois de commentaire.
- Alors ? Tu as trouvé quelque chose ? s'enquit Réo.
- Oui. Enfin, il me faut réfléchir à tout ça et j'ai besoin de plus d'information pour tout comprendre, répondit Patchouli en se dirigeant vers une chaise.
Elle s'assit et plongea ses yeux dans ceux de l'Envie.
- Premièrement… Qui est cet Homme en Rouge ?
You know who I am.
Dernière édition: il y a 6 ans 2 semaines par Jealousy.
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Re: [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1501

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Chapitre 11 : Les Lueurs de la Folie

"Une erreur couramment commise est de croire que notre pouvoir se suffit à lui-même.
C'est faux.
C'est en voyageant, étudiant, s'entraînant, croisant d'autres destins et rassemblant diverses connaissances que nous pouvons devenir plus puissant.
Devenir complet."
Auteur Inconnu


Sakuya s'affairait à nettoyer un carreau lorsque l'on toqua à la double-porte servant d'entrée. Trois coups dont le bruit indiquait qu'ils étaient produits par un objet métallique qui entrait en contact avec le bois.
Usant de son pouvoir, Sakuya atteignit la porte quasi-instantanément et l'ouvrit.
- Vous êtes déjà de ret… commença-t-elle, s'attendant à ce qu'il s'agisse de quelqu'un d'autres.
Son visage se para donc d'une expression de totale stupéfaction lorsqu'elle reconnut de qui il s'agissait, un homme vêtu de blanc qui s'inclina en ôtant son chapeau.
- Salutations chère demoiselle.
- Vous ! Mais…
Visiblement, la servante peinait à croire ce qu'elle voyait. Elle recula de quelque pas, ce qui permit au Voyageur d'entrer.
- Eh bien, pourquoi êtes-vous si surprise ? Je vous avait dis que nous nous reverrions, et je tiens toujours mes promesses, fit l'homme en tenant sa canne de la main droite.
Sakuya soupira.
- Pardonnez-moi. Cela fait si longtemps, je ne pensais plus vous revoir. D'autant plus ici, à Gensokyo…
- Taratata, inutile de tenter de me berner ! Vous m'aviez oublié, voilà tout, rétorqua le Voyageur.
- C'est faux ! Comment le pourrais-je ? C'est de votre faute si je suis ici !
Les deux êtres se regardèrent, faussement en colère, puis éclatèrent d'un rire conjoint.
- Vous n'avez véritablement pas changé. Mis à part la couleur de vos vêtements, blancs au lieu de noirs et encore, la couleur est la seule chose qui diffère, constata la chef des domestiques.
- Le noir est uniquement lorsque je suis de service. Vous en revanche, vous avez bien changé. Outre votre uniforme de servante, qui doit attirer bien des regards, je me suis laissé dire que vous étiez entrée au service d'une vampire. Vous avez même changé de nom. Sakuya Izayoi, voilà qui vous va à ravir.
L'intéressée sourit et s'inclina.
- Je vous remercie. Toutefois, vous devez savoir que les visiteurs ne sont pas autorisés ici, sauf exception. D'ailleurs, vous avez battu Meiling n'est-ce pas ?
- Ne prenez pas cette voix inquiète, votre gardienne chinoise n'a rien de bien grave. Et je ne partirai qu'une fois ma tâche accomplie.
Sakuya croisa les bras d'un air interrogateur.
- Et de quoi s'agit-il ?
- Vous verrez bien, répondit le Voyageur avec un clin d'œil.
La chef des domestiques ferma brièvement les yeux, résignée.
- Vous n'avez VRAIMENT pas changé. Bien que cela me désole, il est toutefois de mon devoir de faire ce que Meiling n'a pas pu…
Une pièce dorée tournoyant dans les airs fit taire Sakuya. Le Voyageur rattrapa le cercle de métal, gardant son poing ganté de blanc fermé.
- Face je reste, pile je me retire. Cela vous convient-il ? Je n'aime guère la violence…
Sakuya soupira et hocha la tête affirmativement, soulagée de ne pas avoir à se mesurer à son vieil ami.
Lentement, comme pour ménager le suspens, le Voyageur ouvrit sa main…

- Je ne sais pas.
La réplique, prononcée par Réo, résonna dans l'immense bibliothèque du manoir. Ni Patchouli ni Koakuma ne parlèrent, ce qui incita l'Envieux à développer son propos.
- Cet homme en rouge, je ne le vois que dans mes cauchemars. Il est toujours couvert de sang et tient immanquablement une tête. Et autour de lui tout n'est que ruine, désolation et mort. J'ignore tout de ce qu'il est ou incarne. Tu l'as vu ?
La magicienne opina et demanda à son assistante d'aller chercher un livre, ce qu'elle fit sans discuter.
- Tu as une piste ? s'enquit le polymorphe alors qu'il remettait son T-shirt, posé sur une chaise.
- Peut-être… Ce que j'ai vu est assez troublant, je dois dire.
- C'est à dire ?
- Bien des choses, des cris, un lac, des chaînes, ce qui ressemble à un sceau, des cadavres. Si tu pouvais m'apporter des précisions…
- Concernant les cris, ils proviennent certainement des âmes emprisonnées en moi et dont je me sers pour me régénérer. La pierre doit être quasiment vide à présent…
Cette dernière réflexion retint l'attention de la bibliothécaire.
- La pierre ? releva-t-elle.
(- Et allez…), commenta Pride.
Réo soupira. Il n'avait pas encore évoqué ce point.
- Une pierre remplie d'âmes que j'ai absorbées. De toute évidence, c'est ce qui m'a conduit à Gensokyo. Le voyage l'a quasiment vidée toutefois…
- Montre, ordonna Patchouli en tendant une main.
La métamorphe prit un air résigné. Il ne tenait pas à montrer cette chose qui le répugnait mais il avait passé un accord avec la fille aux cheveux violets.

Il recouvrit sa main gauche de carbone et la plongea dans son ventre, ce qui fit sursauter Koakuma, laquelle venait de les rejoindre. L'Envieux retira rapidement sa main, des éclairs rouges crépitant autour de lui. La blessure se referma lentement mais elle laissa une cicatrice, contrairement à l'accoutumée.
Réo ouvrit sa main.
Une sorte de liquide visqueux rouge-sang se trouvait au creux de celle-ci. Le liquide se rassembla rapidement, formant une pierre qui n'était pas réellement solide.
- Voici la source de mon immortalité. Maintenant qu'elle est retirée, je suis aussi mortel que n'importe qui, du moins jusqu'à ce que Pride dévore quelqu'un avec ses ombres. Si la blessure s'est soignée, c'est uniquement car il restait un peu d'énergie, expliqua le métamorphe.
Patchouli regardait la pierre avec attention, ne prêtant aucunement attention au livre que Koakuma posait devant elle. Le petit objet rouge dégageait quelque chose de malsain, quelque chose qui donnait presque envie de vomir.
Voyant que la bibliothécaire avait toujours le bras tendu, Réo fit basculer la pierre afin qu'elle tombe dans la main de Patchouli.
La magicienne, à peine l'eut-elle recueillie, écarquilla les yeux et l'envoya plus loin d'un geste violent.
Elle semblait horrifiée.
- Comment… Comment peut-on concevoir une pareille chose ? s'insurgea-t-elle.
- Mademoiselle Patchouli ? Que se passe-t-il ? s'inquiéta Koakuma.
Réo ne dit rien et se contenta d'approcher de la pierre qui reposait sur le sol.
- Cette "pierre"… A été conçue à partir d'humains vivants ! Dis-moi, combien de personnes ont-elles été sacrifiées ? Combien !
Patchouli s'était levée, furibonde.

Elle pouvait accepter que Réo, ou Pride, tue pour survivre. Les youkais mangeaient bien des humains. Toutefois, la pierre rouge n'avait pas été crée pour survivre. En la touchant, la magicienne avait immédiatement compris comment elle avait été fabriquée. Ce fut comme si, l'espace d'un infime instant, elle avait vu comment tous ces gens avaient été sacrifiés, les avait vus hurler de souffrance alors qu'ils mourraient…

Réo s'accroupit et tendit son bras gauche. Le bout de son index entra en contact avec la pierre qui s'infiltra immédiatement dans son corps. Aussitôt, des arcs électriques écarlates crépitèrent autour de lui tandis que sa cicatrice précédemment crée disparaissait.
- A l'origine 13437 âmes étaient contenues dans cette pierre. Malbas Elric, celui qui l'a conçue, avait sacrifié tous les prisonniers d'une nation. Les gardiens aussi d'ailleurs… Ce fut lors d'un combat contre lui que j'ai malencontreusement absorbé la pierre en la touchant.
L'annonce jeta un froid. Koakuma s'était reculée, choquée par ce qu'elle venait d'entendre.
Réo avait serré les poings.
Il ne l'avait pas évoqué, mais un ami avait aussi été sacrifié, s'étant trouvé dans une prison à ce moment-là. Le voyage vers Gensokyo avait toutefois fait disparaître son âme, ce qui n'était pas plus mal.
- Malbas Elric… A cause de lui, Alice a faillit devenir paraplégique… Que sais-tu de lui ? demanda Patchouli d'un ton redevenu calme.
- Il se nourrit de l'énergie vitale de ses victimes. Il obtient leurs pouvoirs, souvenirs et âme. Cela alimente également sa régénération accélérée. Il cherche toujours à obtenir plus de puissance d'où la création de la pierre qui a augmenté ses pouvoirs. Depuis toujours, il veut me tuer, j'ai le sentiment que c'est son ultime objectif. Mais j'ignore pourquoi, narra l'Envieux.
- Je vois…

Le polymorphe voulut ajouter quelque chose mais des bruits de pas l'interrompirent.
Il s'agissait de Sakuya qui approchait.
- Le déjeuner est servit, annonça-t-elle.
- Bien, vas-y Réo. Je reste ici, fit Patchouli.
Illustrant ses dires, elle attrapa le livre apporté plus tôt et l'ouvrit.
- Comme vous voudrez. Si vous voulez bien me suivre, réagit Sakuya en se tournat vers le changeur de forme.
Celui-ci s'exécuta, suivant la domestique jusqu'à la salle, ou du moins une salle, à manger.

- Bien le bonjour, héla une voix alors que Réo entrait.
- Vous ! Mais que… balbutia l'Envie en voyant le Voyageur, confortablement installé sur une chaise, se trouvant face à la porte de l'autre coté de la table rectangulaire qui trônait au centre de la pièce.
- Et bien, il semblerait que je surprenne tout le monde par ma présence, remarqua l'homme vêtu de blanc.
Réo s'assit en face de lui. Il remarqua alors que seules deux assiettes étaient présentes.
- Miss Scarlet est en déplacement semble-t-il. Sa petite sœur dort et Hong Meiling fait son travail, répondit le Voyageur à la question silencieuse.

Il avait retiré son chapeau, lequel était posé sur le dossier de sa chaise. Sa canne noire surmontée d'un crâne d'argent était quant à elle posée en équilibre à sa gauche. Toutefois, ses mains étaient toujours couvertes par de fins gants de tissu blanc.
Réo ne l'avait pas remarqué avant mais les yeux de cet homme étaient orangés, ce qui contrastait avec le reste.
Sakuya les rejoignit sur ses entrefaites, posant leur plat devant eux. Il s'agissait de poisson et de riz, le tout nappé d'une sauce appétissante.
- Du poisson, quelle délicate attention, je vous remercie demoiselle Izayoi, fit le Voyageur, grand amateur de poisson.
Cela tira un sourire à la domestique, contente d'elle.
- Alors, vous avez trouvé ce que vous cherchiez ? demanda l'homme vêtu de blanc au polymorphe.
- Oui. Grâce à vous. Je ne sais pas comment, mais vous saviez que je cherchais un professeur. Mais surtout, vous saviez que je combattrai Reimu et serai obligé de m'enfuir en passant par le lac, ce qui m'a conduit ici, lança l'Envieux.
Le Voyageur ricana.
- Voyons, comment aurai-je pu planifier tout cela ? De toute façon, c'est est entre peu et pas important. Le passé est révolu, seul le présent et l'avenir sont intéressants, fit-il.
- Mouais…
Réo ne semblait pas convaincu et continua donc son assiette, ne trouvant rien d'intéressant à dire et se doutant que le Voyageur ne répondrait pas aux questions qu'il lui poserait.
L'homme se mit donc à raconter des histoires concernant Conquête, Guerre, Famine et Mort, les quatre cavaliers de l'Apocalypse. Réo l'écoutait tout en mangeant, curieux.

Une fois le repas finit, l'Envie s'étira, reput.
- Délicieux, vraiment, commenta le Voyageur.
Sakuya le remercia et débarrassa la table. Réo en profita pour se lever, voulant rejoindre Patchouli.
- Vous n'attendez pas que mademoiselle Izayoi vous y emmène ? commenta l'homme vêtu de blanc.
(- Vaudrait mieux, tu vas encore te paumer), intervint Pride.
- Je devrai quand même être capable de revenir sur mes pas… Peut-être… Bah, j'y arriverai ! répondit l'Envieux.
- Fort bien, bon courage. N'oubliez pas toutefois que l'accès à la magie se fait par notre cœur et notre esprit. De cette façon, la magie que nous utilisons dépend à la fois de notre propre pouvoir mais également de notre personnalité. Cela se reflète particulièrement bien avec les spellcards…
Réo hocha la tête, indiquant qu'il avait prit en compte l'explication. Il fit un signe de remerciement, et d'au revoir, et s'éloigna.

Le Voyageur regarda l'Envie s'éloigner puis attendit. Rapidement, Sakuya apparut, bras croisés. Elle se tenait à la droite de la chaise qu'avait occupé Réo.
- C'est donc vous qui l'avez amené ici, conclut la servante.
Le Voyageur se contenta de sourire.
- Vous êtes incorrigible. Vous avez agit de la même façon avec moi, continua Sakuya.
- Je n'ai fait que vous indiquer où se trouvait le vampire que vous cherchiez. Je ne suis pas responsable de votre défaite, ni de votre enrôlement ici, contredit l'homme.
- Est-ce donc un hasard si la montre et les conseils que vous m'avez donné sont ce qui m'a sauvé la vie en l'intéressant assez pour m'épargner ?
A ces mots, le Voyageur éclata de rire.
- Vous avez vécu trop longtemps, votre mémoire commence à vous faire défaut. Je ne vous ai pas donné la Luna Dial, vous l'avez remportée. Au poker. Ma seule défaite à ce jour. Vous en avez prit soin j'espère ?
Sakuya sortit une montre à gousset grise et la tendit au Voyageur.
- "Fort bien, elle est à vous. Ce doit être votre destin, elle vous sera sans doute plus utile qu'à moi. Je suis certains qu'elle vous aidera à mieux appréhender votre pouvoir", cita la chef des domestiques.
Le Voyageur approuva de la tête.
- De toute évidence, j'avais raison. Rien que le fait de voir votre âge physique suffit à comprendre que vous avez acquit une maîtrise minimale de votre contrôle du temps. Je n'en attendait pas moins de vous et vous félicite, vous êtes la seule humaine dont j'ai connaissance à être parvenue à un tel résultat.
- Merci, vraiment. Mais ne faites pas l'innocent, vous saviez pertinemment que je perdrait mon combat, Luna Dial ou non. Avouez-le ! fit Sakuya en rangeant la montre.
- Que je fusse au courant de cet échec avant qu'il ne se réalise change-t-il ce qui eut lieu ? Non, bien évidemment. Et puis, n'êtes vous pas mieux ici que sur les routes à traquer les vampires ?
- Je pense que vous connaissez la réponse à cette question aussi bien que moi, répondit la servante en regardant le Voyageur dans les yeux.
L'homme sembla satisfait et sortit soudain un paquet de cartes de son manteau blanc.
- Bien, afin de me faire pardonner puis-je me permettre de lire votre avenir ? s'enquit-il en commençant à mélanger.
Sakuya s'assit en face de lui, ce qui suffit à faire comprendre qu'elle acceptait.

- Vous m'êtes très chère, je vais donc vous faire un tirage spécial dont j'ai le secret, annonça le Voyageur avant de s'arrêter pour poser le paquet.
Il tira alors cinq cartes qu'il disposa en pentacle inversé, pointe vers lui.
- Chaque carte représente une personne, un événement, une émotion, un lieu… Bref, chaque carte peut avoir une interprétation, ou plusieurs. Voyons d'abord…
Le Voyageur retourna les deux cartes du haut.
- L'arcane trois : l'Empereur et l'arcane quatre : l'Impératrice. Intéressant, ces deux-là seront donc présents ensemble. Ces deux arcanes forment habituellement un couple, et c'est d'autant plus vrai ici. Vous l'aurez compris, elles représentent chacune une personne. Etant donné la présence de l'Impératrice, il s'agit d'un événement important…
Une fois cette première explication achevée, le Voyageur retourna les deux cartes suivantes. Sakuya sourit en voyant celle se trouvant à gauche, l'arcane dix-sept : l'Etoile.
- Ainsi que l'arcane dix-neuf : le Soleil. J'en déduis à votre sourire que vous vous souvenez de l'Etoile. Elle représente les rêves et l'espoir, mais elle vous représente également. L'Etoile est emplie de sérénité, tout comme le Soleil qui est ici son partenaire. Calme et bienveillant, il diffuse sa lumière sans compter. Les deux arcanes que je viens de vous révéler forment également un couple, le soleil est une étoile après tout…
- Vous voulez dire que…
Sakuya s'interrompit lorsque le Voyageur retourna la carte du bas.
- L'arcane six : l'Amoureux. Cet arcane sert de lien entre l'Etoile et le Soleil et est la conclusion, la conséquence et la cause de tout ceci. L'Impératrice et l'Empereur tendent à rendre cet événement plutôt officiel, donnant ensemble leur bénédiction aux deux autres…
Le devin sourit allègrement. Il avait compris de quoi il s'agissait et cachait mal sa jubilation.
- J'avoue avoir du mal à comprendre, avoua Sakuya.
- Ce n'est pas grave. Certains événements sont encore plus heureux lorsqu'on ne les attend pas. Soyez certaine que je ne le louperai pour rien au monde toutefois. Je n'ai plus qu'une chose à dire : toutes mes félicitations ! fit l'homme.

Décontenancée, mais rassurée quant à la nature de l'événement en question, Sakuya se retira, ayant du travail.
Le Voyageur rangea donc ses cartes, excepté l'arcane dix-neuf qu'il regarda en souriant.
- Je suis curieux de voir à quoi vous ressemblerez, futur monsieur Izayoi…
Il mit ensuite le rectangle de papier avec les autres puis prit sa montre à gousset dorée.
Il soupira alors puis la rangea.

A peine l'eut-il fait qu'une explosion retentissait, suscitant cris et panique de la part des domestiques. Le Voyageur, lui, se leva tranquillement de sa chaise, prenant son chapeau au passage pour le mettre sur sa tête ainsi que sa canne dont il se servait sans en avoir besoin.
Puis il marcha calmement vers l'origine de l'inquiétant bruit…

- Bon sang mais qu'est-ce que…
Réo ne put pas finir sa phrase. Son corps explosa soudain, le laissant de lui que quelques débris peu ragoûtants.
Cela suffit cependant au métamorphe pour se régénérer totalement en une poignée de secondes, son corps repoussant à partir du plus gros morceau, le reste devenant cendres.

Comme Pride l'avait supposé, Réo s'était perdu en se rendant à Voile. Il passait devant une porte imposante lorsque celle-ci et une partie du mur vola en éclat sans raison apparente.

Une fois reformé, Réo se jeta sur le coté, évitant de peu un projectile d'énergie rouge. Un rire fou se fit soudain entendre, provenant de la pièce sur laquelle s'ouvrait la brèche.
Ce fut avec stupeur que l'Envie reconnut Flandre, à deux mètres du sol. La pièce se révélait être en réalité sa chambre, immense, qui ressemblait davantage à un cimetière de jouets qu'autre chose. En effet, mis à part son impressionnant lit à baldaquin et quelques peluches, tout était brisé.
Y comprit le mur désormais.

La lueur venant des cristaux de la petite vampire étaient les seules choses qui éclairaient la salle. Elle tenait une étrange barre de métal noire tordue à la main droite et avait sa tête penchée sur le coté avec un sourire qui fit frissonner le métamorphe.
- Ce sourire… On dirait… L'Homme en rouge, constata-t-il.
Sakuya apparut soudain à la gauche de l'Envieux. Elle sembla comprendre la situation mais se plaqua contre le mur restant alors qu'une dizaine de pointes d'énergie rougeâtres fusaient dans sa direction, et celle de Réo.
- C'est quoi ce délire ? demanda ce dernier, ayant fait la même chose, alors que Sakuya empoignait plusieurs couteaux.
- Cela n'était pas arrivé depuis plusieurs mois mais mademoiselle Flandre fait une crise de folie. Il est inutile de tenter de la raisonner, le seul moyen de la calmer avant qu'elle ne détruise tout ce qu'elle voit est… De la battre, du moins de l'épuiser.
Malgré son air serein, la voix de la chef des domestiques trahissait un minimum d'angoisse.
- Remilia s'en occupe d'ordinaire, n'est-ce pas ? devina l'Envieux.
- En effet, mais la maîtresse est absente…
Une nouvelle explosion coupa la parole à Sakuya, un nouveau pan de mur ayant disparut.
- Je vais vous donner un coup de main, j'ai moins de risque de mourir que vous, annonça Réo en transformant son bras droit en lame lourde.
Bien que se faire aider par un invité lui déplaisait, la manieuse de couteaux approuva de la tête.

Le polymorphe souffla un bon coup puis se mit devant l'ouverture, gagnant l'attention de la petite fille qui envoya plusieurs projectiles rouges à nouveau.
Des couteaux apparurent soudain sur la trajectoire des tirs et les interceptèrent. Sakuya se trouvait désormais à côté de l'Envieux, couteaux à la main.
(- Faudrait des claymores. Dis-lui de balancer ça plutôt que ses couteaux), commenta Pride.

L'Envieux fléchit les jambes, s'apprêtant à courir vers Flandre…
- Retournez en arrière, vous n'êtes pas de taille contre elle, fit soudain le Voyageur, se trouvant à l'entrée de la salle.
Sa réplique stoppa tout le monde et lui permit d'obtenir leur attention.
- Ça vaut aussi pour vous, mademoiselle Izayoi. J'aimerai ne pas avoir à deviner quel morceau correspond à quoi.
- Vous voulez vous en charger ? fit Sakuya, éberluée.
- Bien évidemment. C'est pour cela que je suis venu après tout.
(- Je croyais qu'il n'aimait pas la violence…), remarqua l'Orgueil.
- Il faut parfois faire abstraction de nos désirs pour faire notre devoir, lança l'homme à la canne comme s'il avait entendu Pride.

- Tu veux jouer ? demanda Flandre avant d'éclater de rire.
Le Voyageur s'était un peu avancé, les deux spectateurs s'étant eux reculés.
Sans attendre, la petite vampire activa une spellcard.
- Taboo "Kagome Kagome"

Une myriade d'orbes vertes apparurent, formant une sorte de cage tournant autour du Voyageur, qui était resté au sol. Flandre lança alors de grosses orbes jaunes qui fusèrent vers son ennemi.
- Rider of the White Horse "Conquest's Mercy"

Sans crier gare, une lumière blanche parcourut la canne du Voyageur. Elle devint alors deux gros pistolets. Le canon de celui de droite était plus petit mais plus large puisque cinq trous étaient visibles à son embout. L'autre, à l'inverse, était plus long mais plus fin et seul un trou était visible. De plus, un crâne le décorait. Les deux armes à feu étaient équipées d'un barillet mais aucun trou permettant de mettre des munitions n'était visible.

Le Voyageur tendit les bras et appuya sur les gâchettes. Ses armes tiraient de fins projectiles magiques, si petits et rapides qu'on ne pouvait les voir. Les tirs fusaient à une cadence infernale, détruisant la cage de boules vertes lorsque le Voyageur tourna sur lui-même.
Désormais libre, il sauta pour éviter une boule jaune et tira sur la vampire. Celle-ci s'éleva alors que d'autres boules vertes apparaissaient, devenant un quadrillage mouvant. L'homme en blanc détruisit plusieurs sphères en tirant dessus, passa sous une autre puis tenta à nouveau de viser son adversaire.
Les tirs creusèrent de multiples petits trous dans les murs mais n'atteignirent pas leur cible, trop rapide pour cela.
La spellcard cessa soudain de faire effet et le Voyageur profita du fait d'avoir une mobilité maximum pour foncer vers Flandre.

Réo écarquilla les yeux.
Le Voyageur s'était trouvé sous la vampire blonde lorsqu'il lui tirait dessus mais soudain, il était derrière et au-dessus. De plus, des balles flottaient dans les airs, entourant la fille, comme si…

Alors que le Voyageur pressait à nouveau les gâchettes de ses armes, les projectiles en suspension fusèrent vers Flandre. Sa condition de vampire lui permit toutefois de filer à assez grande vitesse pour en éviter la quasi-totalité, se faisant toutefois toucher au bras.
La fillette posa pied sur le sol, énervée.

Le Voyageur fit de même, faisant attention à se mettre entre elle et la sortie.
- Pitié et Miséricorde sont diablement efficaces. C'est la première fois que je m'en sers, commenta l'homme.
Cela ne sembla pas plaire à Flandre qui fonça vers lui, voulant le frapper à l'aide de sa barre de fer tordue.
- Rider of the Red Horse "War's Chaoseater"

Une lumière rouge parcourut les pistolets qui se joignirent et se changèrent en une épée. Longue et large, elle paraissait disproportionnée entre les mains de son propriétaire. Sa lame était décorée de visages ce qui lui donnait un air lugubre.

De justesse, le Voyageur para l'assaut de Flandre. Le choc avait été terrible et le bruit des deux lames s'entrechoquant résonna pendant un temps entre les murs du manoir.
La petite vampire grogna puis sauta en arrière, envoyant plusieurs pointes d'énergie que le Voyageur détruisit avec sa lame.
- Taboo "Laevateinn"

L'arme de la fillette fut soudainement nimbée de flammes, lesquelles avaient prit la forme d'une lame démesurée.
Avec un éclat de rire terrifiant, Flandre abattit sa lame de feu sur le Voyageur, lequel esquiva en sautant sur la droite. A proximité de la lame, la chaleur avait drastiquement augmentée, rendant l'atmosphère étouffante. Chaque mouvement de la Laevateinn traçait une traînée rouge dans son sillage, ainsi que de profondes traces de brûlure sur le sol qui fondait en partie au contact de la lame enflammée.

Un mouvement horizontal de la vampire approcha la lame du Voyageur qui se protégea avec sa Chaoseater, utilisant le plat de la lame pour que les flammes ne l'atteigne pas, mettant sa main droite derrière pour la soutenir.
Les deux adversaires luttèrent pendant quelques instants mais une volée de couteaux lancés sur Flandre obligea cette dernière à esquiver, et donc à rompre la confrontation.
Sa spell s'annula et elle fonça vers Sakuya, le Voyageur ne la remarquant que lorsqu'elle fut à son niveau.
- Rider of the Black Horse "Famine's Fiery Whip"

Une sorte d'éclat de noirceur entoura Chaoseater, la transformant en un manche cylindrique grisâtre de trente centimètres de long. Le Voyageur fit un mouvement vers Flandre et une sorte de lanière d'énergie rosée apparut, bloquant Flandre en lui retenant le pied droit.
- Je n'ai pas fini, annonça l'homme.

Flandre poussa un cri de rage et rebroussa chemin, voulant frapper son ennemi. Celui-ci sauta en arrière pour éviter un coup de griffes et voulut frapper la vampire à l'aide de son fouet. La lanière d'énergie rata son objectif, Flandre étant bien trop rapide.
La fillette se trouvait désormais trois mètres derrière le Voyageur. Elle tenait une carte en main, qu'elle activa sans tarder.
- Taboo "Four of a Kind"

Réo crut halluciner lorsqu'il vit Flandre se cloner trois fois. Quatre Flandre ? Mais comment pouvait-on espérer une victoire quand même une seule causait tant de problèmes ?

Les quatre Flandre se jetèrent au même moment sur leur adversaire qui ne se départit pas de son calme habituel et énonça :
- Rider of the Green Horse "Death's Harvester"

Une lumière verte parcourut le fouet qui se changea en une faux. Entièrement faite de métal, son manche était brun et sa lame grise. Ses formes était torturées et irrégulières, le manche se prolongeant par ailleurs sur le dessus de la lame tout en la striant de lignes, ce qui faisait penser à une aile de chauve-souris. A la jointure entre la lame et le manche, ce dernier se déformait pour représenter une sorte de tête dont l'arrière était le point de départ de la lame.

Le Voyageur ne se fit pas prier et donna un coup dès que ses ennemies furent à portée. Chaque mouvement de la faux était accompagné d'une traînée violette et de sortes de murmures.
L'homme donna un grand coup qui repoussa une adversaire puis se retourna tout en frappant, repoussant ainsi un coup de griffes. Puis il sembla charger un coup et la Moissonneuse se mit à tourner autour de lui, si rapidement qu'elle donnait l'impression d'être une scie circulaire.
Cela empêcha les quatre Flandre de l'attaquer et lui permit, lorsqu'il reprit son arme, de se concentrer sur une seule.

Il fit deux larges attaques horizontale puis tourna sur lui-même, bloquant les autres clones, ou la vraie, qui l'avaient rejoint.
Toutefois, malgré les assauts à répétition, aucune de ses adversaires ne semblait blessée. En réalité, chaque blessure que le Voyageur infligeait se refermait rapidement.

L'homme en blanc donna un coup vertical descendant, lâchant sa faux qui tourna, repoussant ainsi un clone. Puis il la récupéra, et faucha deux autres clones qui reculèrent. La blessure causée à leur abdomen se referma sans heurt, ce que ne remarqua pas le Voyageur qui combattait un autre adversaire.
Il avait beau tenir quatre vampires en respect, le combat piétinait, aucun des adversaires ne prenant véritablement le dessus.

Les quatre Flandre éclatèrent soudain de rire puis s'éloignèrent en s'élevant dans les airs. Le Voyageur soupira puis posa le regard sur celles-ci alors que sa faux disparaissait au profit de sa traditionnelle canne.

Les clones s'étaient placées en croix et chacune joignit ses mains. Ensemble, elles énoncèrent :
- Taboo "Devil's Cross"

Une croix d'énergie écarlate démesurée apparut devant elles puis commença à tourner sur elle-même avant de fuser vers le Voyageur.

Celui-ci sortit alors cinq cartes qu'il plaça devant lui. Celles-ci se stabilisèrent en l'air, face vers Flandre, et se disposèrent en pentacle.
Les cinq cartes représentaient une partie du corps d'un être et quatre avaient les bords beige. Les deux du bas représentaient une jambe, celle du milieu un bras et celle du haut, dont les bords étaient orangés, une tête et un torse.
Ces morceaux de corps étaient oranges et musculeux et les membres étaient emprisonnés par une chaîne chacun. La tête quant à elle était monstrueuse mais avait plusieurs caractéristiques des pharaons de l'Ancienne Egypte, notamment la coiffe et la barbiche. En revanche, l'être n'avait pas de lèvres ni de peau au niveau de la bouche.

Le Voyageur tendit son bras gauche au centre du pentacle et énonça d'une voix forte alors que l'attaque de Flandre approchait :
- The Forbidden One "Obliterate"

Les cartes se relièrent soudain de lignes, formant un pentacle. L'être représenté sur les cartes sembla soudain apparaître en lieu et place du Voyageur.
Colossal, ses mains étaient approchées de sorte qu'une sphère d'énergie jaune se formait au creux de celles-ci. Puis, d'un mouvement brusque, il tendit son bras gauche et la boule devint un formidable rayon d'énergie qui fusa vers la croix écarlate.
Puis l'être disparut, le rayon venant de la main gauche du Voyageur se trouvant au centre du pentacle délimité par les cartes.
L'onde de choc causée par le départ de l'attaque avait créé un courant d'air qui avait envoyé valser les débris de la pièce et obligé Sakuya et Réo à se protéger.

L'impact entre la croix et le rayon dégagea une intense chaleur ainsi qu'une lumière aveuglante. L'attaque du Voyageur continua d'avancer, repoussant la croix comme un fétu de paille face à un ouragan. Incapables de réagir, les quatre Flandre se prirent donc leur attaque ainsi que celle du Voyageur.
Celle-ci décrut progressivement avant de disparaître, les cartes revenant dans la main de leur propriétaire qui les rangea dans une poche intérieure de son manteau.

Quant à Flandre, elle chuta lourdement sur le sol, inconsciente et à nouveau unique.

Le Voyageur soupira, se retourna et s'approcha des deux spectateurs.
- Voilà qui est fait. Merci de votre intervention demoiselle, sa Laevateinn a bien faillit m'avoir.
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, nia Sakuya.
Le Voyageur ricana. Il suivit le regard de Réo, qui fixait Flandre d'un air inquiet.
Elle se tenait toujours au milieu de sa chambre ravagée, comme si de rien n'était.
- Ne craignez rien, elle est juste endormie. Même en y allant à fond, je doute pouvoir la tuer de toute façon. Et qui voudrait faire cela à une fillette aussi adorable ? lança-t-il.
(- Adorable, il en a de bonnes celui-là), réagit Pride.
- Vous n'étiez pas à fond ? releva l'Envie.
- Non, mais elle non plus. Loin de là. Je me serais fait tailler en pièces sinon. Elle ne faisait que jouer et ne se contrôlait pas, je n'ose songer à ce dont elle serait capable si elle voulait réellement tuer quelqu'un tout en étant maîtresse de son esprit. Paix à son âme…
- C'était impressionnant en tout cas… commenta le polymorphe.
- Merci, mais je n'ai fait que tester quatre de mes nouvelles spellcards. Il s'agissait simplement de faire apparaître des armes, rien de sensationnel. J'ai même entendu parler d'un être pouvant le faire en changeant la météo et en contrôlant un élément… Bref, occupez-vous bien de la petite, pensez à jouer avec elle, cela réduira significativement les risques qu'elle récidive.
(- Comptes là-dessus mon gars. Moi, je ne m'approche pas d'une gamine qui vous fait exploser sans même qu'on puisse réagir), argua l'Orgueil.
Le Voyageur salua les autres puis s'éloigna, son objectif ayant été atteint.

- Quel curieux personnage, commenta Réo.
- Vous n'imaginez pas à quel point, fit Sakuya.
Les deux se regardèrent et eurent un léger rire. Il cessa toutefois lorsque leurs yeux se posèrent sur la chambre de Flandre.
- Jouer avec elle, hein ? Si ce n'est que ça, je m'en chargerai, fit le polymorphe.
- Ça lui fera énormément plaisir. D'ordinaire, seule Meiling s'occupe véritablement d'elle. Vous serez très vite sous le charme, assura la chef des domestiques.
- Je veux bien vous croire… Faudra juste qu'elle évite de m'apprendre à exploser.
- Elle est docile habituellement. Difficile à suivre mais docile.
(- Superbe, tu vas te transformer en nounou. Enfin, si ça peut nous éviter une mort stupide, c'est pas plus mal. Mais t'assumes, je ne m'occupe pas de cette gamine !), prévint l'Orgueil.
Réo soupira.

Sakuya s'était avancée et porta Flandre pour la mettre dans son lit, miraculeusement intact.
- L'est mignonne quant elle dort, remarqua le changeur de forme.
(- Déjà gaga… Navrant…)
Nouveau soupir.
- Bien, maintenant que l'incident est réglé, vous pouvez retourner voir mademoiselle Knowledge, fit Sakuya.
- Ah ? Euh, vous allez vous occuper de ranger…
- Tel est mon travail. Allez maintenant, le coupa la servante.
Réo haussa les épaules puis tourna les talons, laissant Sakuya à son dur labeur…

Sur le toit du manoir, le Voyageur regardait la position des aiguilles de sa montre à gousset dorée.
- Tic tac, tic tac, le temps file, Jealousy. Bientôt… Bientôt tu devras payer ton prix…
L'homme ferma sa montre puis la rangea avant de disparaître.
Comme s'il n'avait jamais été là…
You know who I am.
Dernière édition: il y a 6 ans 2 semaines par Jealousy.
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Re: [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1502

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Chapitre 12 : Pour toute chose reçue…


"L'entraînement est l'un des meilleurs moyens de se perfectionner, tout comme l'observation attentive des autres."
Marisa Kirisame


Le manoir était en ruines. D'immenses pans de sa structure s'étaient effondrés ou avaient explosés.
Piégé à l'intérieur, Réo courait. Les couloirs étaient bondés de cadavres, ceux des servantes. Leurs corps étaient rarement intacts, généralement il manquait des bouts, quand ils n'étaient pas disloqués ou complètement en morceaux éparpillés un peu partout.
L'Envieux passa près d'une double-porte autrefois imposante et désormais défoncée, revint sur ses pas…
La jadis majestueuse Voile n'était plus qu'un tas informe de papiers, de livres et de bois. Un véritable cataclysme semblait avoir atteint la bibliothèque et tout dévasté, sans exception.
Réo fit quelque pas à l'intérieur et sursauta lorsqu'il buta contre un corps.
La moitié haute de Koakuma gisait à cet endroit, face contre le sol.
Le changeur de forme rebroussa rapidement chemin lorsqu'il aperçut une robe lavande tachée de sang dépasser de sous les restes d'une étagère…

Ce fut lorsqu'une nouvelle explosion retentissait, secouant les environs, que l'Envie trouva la sortie.
Il était revenu à l'entrée, la porte était éclatée et du sang maculait le sol. Les débris de l'ouverture côtoyaient ceux d'un corps, complètement réduit en charpies.
La vue d'un couteau brisé poussa Réo à ne pas s'attarder davantage.

La nuit était tombée, seule la pleine lune éclairait ce véritable cauchemar. Un cri de guerre se fit soudain entendre avant de s'éteindre subitement.
De l'endroit où il se trouvait, Réo avait aperçut quelqu'un bondir avant de retomber, réduit à l'état de pièces détachées.
L'Envieux s'approcha, atteignant ainsi la fontaine qui trônait au milieu du jardin.
Un peu plus loin, ce qui fut Hong Meiling reposait dans l'herbe, du sang décorant les alentours de tâches écarlates.
De toute évidence, c'était elle que l'Envie avait aperçut plus tôt.
Et sur la fontaine…

Drapé de sa cape rouge déchirée qui masquait une bonne partie de son corps, le responsable de tout cela se tenait debout. Il tournait le dos au polymorphe, contemplant visiblement sa dernière victime.
Sa main gauche était fermée sur une barre de métal tordue décorée de cristaux, lesquels étaient maculés de sang. Dans sa main droite en revanche, c'était une tête qu'il tenait. Celle de la désormais défunte maîtresse du manoir…

L'Homme en rouge se retourna lentement pour faire face à Réo.
L'eau de la fontaine avait prit une teinte rougeâtre, colorée par le sang qui avait coulé dedans.
A la droite de la fontaine, baignant dans son sang, on pouvait distinguer le corps d'une fillette blonde. L'étrange aile qui lui restait avait perdu deux cristaux et trois autres étaient brisés.

Prit d'une rage folle, Réo se jeta sur le tueur.
- Ksh
Se parant d'un sourire, l'homme en rouge jeta ses trophées en écartant les bras sur les côtés. En même temps, de multiples minces fouets de sang jaillirent de son corps puis fusèrent vers l'Envieux…


Réo se réveilla en sursaut. Essoufflé, en sueurs, il avait encore l'impression de sentir l'attaque déchiqueter sa chair.
- Bon sang… Ça ne fait qu'empirer… A chaque fois c'est plus intense, murmura-t-il en mettant une main au niveau de son front.
(- Et oui, Jealousy, de toute évidence passer une nuit normale est impossible avec toi !), railla Pride.
L'Envie n'était toutefois pas d'humeur à rire. Il ne parvenait pas à effacer les images du massacre de sa tête.
Contrairement aux rêves et cauchemars ordinaires, ses souvenirs étaient clairs, nets, précis. Il avait vraiment eut l'impression de vivre cet événement et cela le troublait énormément.

Ses cauchemars avaient repris la nuit suivant la crise de Flandre, soit deux jours auparavant. Elle s'était réveillée deux heures après s'être endormie, comme si de rien n'était et n'avait pas vraiment de souvenirs de ce qu'elle avait fait.
Suivant les conseils du Voyageur, Réo avait accepté de jouer avec elle malgré les protestations de Pride. Il avait donc découvert une fillette pour le moins énergique, étrangement innocente et insouciante, l'opposé de ce qu'elle avait été lors de son "jeu" avec le Voyageur.

Se doutant qu'il ne se rendormirait pas, Réo se leva puis sortit de sa chambre.
(- Tout ça c'est bien beau mais on n'a pas avancé d'un iota concernant la magie. C'était un peu le but de la manœuvre, à la base !), râla Pride.
Il disait vrai.
Quand il ne jouait pas avec Flandre, Réo étudiait et s'entraînait avec Patchouli. Mais malgré l'absorption d'Hebi, l'Envieux était incapable de voler ou d'utiliser des spellcards.
Selon la bibliothécaire, la raison de ce blocage avait un lien avec le sceau qu'elle avait vu sur le lac lors du voyage intérieur.
(- Ou pas. Elle peut très bien être complètement à côté de la plaque)

Réo utilisa son pouvoir pour changer de vêtements, optant pour du gris veiné de vert, et se mit à arpenter les couloirs.
Au vu de la lumière qui filtrait à travers les rares fenêtres et de la position du soleil, le jour venait de s'installer.
- Fichu cauchemar, maugréa l'Envie.
(- C'est ballot, hein ? Mais ce n'est pas comme si tu avais fais un joli rêve juste avant…), susurra l'Ombre.
- Tais-toi !
(- Et bien ? Depuis que nous sommes ici, tu t'efforces de faire taire tes sentiments. Toutefois, elle hante toujours tes pensées et tes rêves. Tu as beau occuper sans-cesse ton esprit pour ne pas y penser, tu ne l'as toujours pas oubliée…)
L'Envieux serra les mâchoires et détourna la tête.
Il pouvait presque s'imaginer Pride se tenant devant lui.

Accoudé au mur, ayant sa forme humaine, vêtu de noir, il lui adresserait un sourire narquois. Il passerait sa main dans ses longs cheveux blancs puis approcherait.
(- Ah ? Tu ne dis rien ? J'ai donc vu juste, comme toujours…)
Il éclaterait de rire puis approcherait son visage de celui du changeur de forme, ses yeux violets aux pupilles verticales se teintant d'amusement en croisant le regard bleu désespéré de l'Envie.
(- Pauvre petit envieux, ta douleur est toujours là… Pour elle tu n'es qu'une ombre… L'ombre de l'Envie !)
- Ça suffit !
Pride reculerait de quelques pas avec une expression moqueuse.
- Réoooooo, t'es déjà debout ?!

La réplique aurait fait se retourner Pride, lequel aurait disparut avec un soupir, laissant la place à Flandre.

Bras écartés, elle courait vers le polymorphe. Une fois à deux mètres, elle se stoppa, leva un bras et avec un sourire lança un retentissant "Bonjour !" d'une voix enjouée.
Réo se laissa aller à un sourire, la bonne humeur de la petite fille agissant comme un rayon de soleil salvateur.
- Salut Flandre. Mais évite de hurler mon nom comme ça…
- Pourquoi ? Tu veux que je te donne un surnom ? fit la vampire.
- Non mais…
Réo se stoppa lorsqu'il vit que Flandre réfléchissait déjà, évoquant des noms potentiels :
- Euh… Senbō !
- Bof, et puis…
- Envy !
- Déjà prit, mais…
- Euh ben, Jealousy ? Il est bien celui-là ! s'exclama la vampire.
- Si ça te fait plaisir…
(- Tiens, je ne serai plus le seul à te nommer de cette façon)
- Un de ces jours, vous allez tous m'appeler ainsi… Je vais finir par changer de nom… soupira Réo.
(- Réo Ryu, ton nom humain, est la seule chose qui te relie à ton ancienne vie. Tout comme ce dont nous avons parlés tout à l'heure…)
- Ne recommence pas !
- Jeal', on va jouer ? demanda Flandre.
- Attends un peu, j'ai même pas encore pris mon petit-déjeuner ! protesta l'Envieux.
- Ah bon ? Moi non plus en fait… On va manger ! réagit la petite fille.
Sans attendre de réponse, elle attrapa la main gauche de Réo et l'emmena en courant à la salle à manger, ce qui manqua de le faire tomber.

Assise à son bureau installé au cœur de son immense bibliothèque, Patchouli lisait comme à son habitude. Elle reposa l'épais grimoire sur lequel elle avait jeté son dévolu lorsque des bruits de pas résonnèrent dans le silence environnant.
- Ça avance ? demanda Remilia en posant ses coudes sur le bureau.
- Si tu veux parler de mes recherches sur les pouvoirs de Réo alors la réponse est non, annonça la magicienne.
- Il dit venir du Monde Extérieur mais ses pouvoirs sont bien trop grands pour être ceux d'un humain normal, or il n'est pas un youkai, continua la vampire.
- Et c'est pour tirer tout cela au clair que tu l'as invité, ajouta Patchouli.
- En effet. De plus, il a l'air d'avoir un lien avec ce Dévoreur… Notre invité nous cache des choses et je veux savoir ce que c'est !
- Ta curiosité te perdra, Remy, soupira la bibliothécaire.
- N'importe quoi.
Patchouli n'insista pas et replongea dans sa lecture lorsque la maîtresse du manoir s'éloigna.

La vampire avançait, bras croisés, tout en réfléchissant.
Elle avait immédiatement été intriguée par Réo. Elle l'avait aperçu à travers une fenêtre alors qu'il se battait contre Meiling et avait suivit le combat. Elle ne voulait pas se l'admettre, mais elle s'ennuyait un peu dernièrement, aussi l'arrivée du polymorphe mettait un peu de piment dans son existence tranquille.
Au départ, elle avait souhaité l'affronter elle-même mais se fut Sakuya qui s'en chargea. Ce fut en observant une nouvelle fois le combat qui se déroulait que Remilia avait prit la décision d'offrir son hospitalité au changeur de forme.
Elle avait remarqué ce que dégageait le nouveau-venu, une aura indescriptible qui avait excité sa curiosité. Elle avait une énigme à résoudre et cela lui avait beaucoup plut.
Et en lieu et place des réponses qu'elle attendait, ce furent de nouvelles questions qui se posèrent.
D'une part, la nature même de Réo était sujette à débats mais l'origine de ses pouvoirs prêtait également à réflexion. Sans parler de cette double-personnalité et autres mystères qui entouraient le métamorphe, ainsi que ce Dévoreur, les deux semblant liés.
Tout cela faisait que pour le moment, la maîtresse du manoir n'avait plus envie de se mesurer à son invité, préférant d'abord percer ses secrets. Cela dit, observer un combat impliquant l'invité susnommé pouvait être à la fois utile et agréable…

Plongée dans ses pensés, Remilia ne remarqua qu'au dernier instant la créature qui lui faisait face, ce qui faillit la faire sursauter.

Haute de plus de trois mètres, longue de cinq et presque aussi large que le couloir qu'elle occupait, elle était couverte de poils bruns. Elle était pourvue de six pattes griffues et sa tête était allongée, ne ressemblant à aucun animal connu. Six petits yeux rouges garnissaient son front et sa mâchoire proéminente était trop petite pour ses longs crocs aiguisés.

La bête renâcla et Remilia se jeta en arrière, main droite tendue en arrière, jambes fléchies, prête à combattre.

- Ouaiiis, c'est trop super ! Je… Oh tiens, salut grande-sœur !
Remilia écarquilla les yeux, éberluée.
Elle ne l'avait pas vue mais Flandre se tenait sur le dos de la créature. Elle semblait véritablement s'amuser, comme si elle chevauchait un animal totalement inoffensif. La vampire blonde se calma toutefois après avoir vu sa sœur et dit quelque-chose à sa monture avant de passer sur le côté et de descendre le long de la bête comme pour un toboggan.
- Voilà~ ! fit la vampire blonde en touchant terre.
Le monstre fut soudain entouré d'éclairs rouges puis parcourut d'une lumière écarlate, changeant de forme pour laisser place à Réo, hilare.
- Flandre, mais… Qu'est-ce que tout ça signifie ? réagit Remilia.
- Ben, on joue, rétorqua sa sœur cadette en haussant les épaules.
Le Démon Ecarlate préféra ne pas s'attarder sur ce sujet et se tourna vers l'Envie.
- Tu es venu pour t'entraîner, il me semble, non pour jouer, lui fit-elle remarquer.
(- J'approuve vivement)
- C'est vrai, mais… commença le polymorphe.
- Et alors ? Pour une fois qu'on joue avec moi… Toi tu le fais jamais ! s'emporta Flandre.
- C'est faux, rétorqua calmement l'aînée.
(- Passionnant tout ça), commenta Pride d'une voix chargée d'ironie.
La fillette aux ailes décorées de cristaux croisa les bras et prit un air boudeur, ce que sa grande sœur ignora superbement.
- Va donc rejoindre Patchy, ordonna plus que proposa Remilia à son invité.
Comme si ses désirs ne souffraient d'aucune sorte de contestation possible, elle se détourna et s'éloigna.
- Tant pis, je vais quand même venir avec toi, annonça Flandre.
(- Superbe. Manquerait plus que tu sois obligé de la combattre…), râla l'Orgueil.

Plusieurs minutes plus tard, Réo se tenait devant Patchouli. Celle-ci s'était levée et avait salué ses deux visiteurs.
Flandre avait eu l'autorisation de rester mais ne devait pas les déranger. Elle s'était donc perchée en haut d'une étagère, observant sans problème malgré la distance.
L'Envieux tenait une carte en main. Toutefois, le rectangle de papier était entièrement blanc. Et il le resta malgré les efforts de Réo.
Celui-ci, suivant les conseils de la bibliothécaire, s'était concentré sur la spell qu'il voulait, s'imprégnant de celle-ci pour ensuite la transférer dans la carte.
Il ne parvint qu'à s'énerver lui-même devant ses échecs répétés.

- Attendez ! Vous n'êtes pas autorisée à…
- Je sais, je sais, vas donc ranger des bouquins.
Les éclats de voix venaient d'un peu plus loin mais se rapprochaient. Il ne fallut pas longtemps pour que Marisa fasse son apparition, tenant son balai par-dessus son épaule droite.
Elle était suivie par Koakuma, laquelle s'excusa platement en voyant Patchouli.
- Hé Patchouli, tu pourrais dire à la démone d'arrêter de me suivre ? demanda la sorcière en guise de salut.
Puis elle remarqua la présence de Réo.
- Tiens, qu'est-ce que tu fais là toi ?
- Je mange un granola tout en jouant de la contrebasse à cloche-pied autour d'un four en plastique rose afin de retrouver un oreiller en uranium 235, débita l'Envie.
Bien qu'elle ne connaisse pas tout ce à quoi Réo faisait référence, Marisa comprit qu'il se fichait d'elle.
- Marisaaaaaa~ ! T'es venue jouer ? cria Flandre en descendant de son perchoir.
- Ouais, je vais jouer à la chasseuse de youkais avec ce type, annonça la sorcière.
(- Génial… Vu ton bide inter-dimensionnel la dernière fois, vaut mieux que je m'en charge), proposa l'Ombre.
- Non. Elle est à moi !
- Apparemment, Reimu t'a mit une sacrée raclée. Je vais donc finir son job, en plus ça va me défouler, après ce qui est arrivé à Alice j'en ai bien besoin !
- Oh, comme c'est mignon, la sorcière est inquiète pour son amie… susurra l'Envieux avant de ricaner.

Insidieusement, ses pulsions meurtrières venaient de prendre le dessus. Un puissant désir de sang et de souffrance vibrait en lui et cela se traduisait dans l'aura qu'il dégageait.
Patchouli et Marisa sentaient en effet un léger changement, sans toutefois parvenir à déterminer ce dont il s'agissait.
Quoi qu'il en soit, la remarque ne sembla pas au goût de la magicienne ordinaire qui tendit un bras, envoyant un laser bleuté sur son adversaire.

Celui-ci sauta tout en se changeant en loup noir. Il toucha le sol en étant hors de la trajectoire du rayon d'énergie et courut vers Marisa.
La sorcière, bien que surprise, réagit instantanément.
Elle enfourcha son balai et prit de la hauteur tour en déversant une dizaine de projectiles verts ressemblant à des pointes. Le loup parvint à passer entre les attaques et bondit vers une étagère, comme s'il voulait courir à la verticale.
Des éclairs rouges l'entourèrent et il changea de forme, devenant une araignée géante.
Noire, elle ne semblait pas avoir de poils, seulement du cuir.
L'arachnide adhéra parfaitement à l'étagère et se rapprocha un peu de Marisa, envoyant valser les livres que ses huit pattes touchaient. Puis elle sauta, droit sur la sorcière.
Cette dernière, piqua vers le sol afin que la créature passe au-dessus d'elle et percute l'étagère opposée mais Réo ne l'entendit pas de cette oreille.
Alors qu'il passait effectivement au-dessus de son ennemie, le métamorphe s'entoura d'éclairs rouges et prit une forme étrange.

Si l'allure générale était humaine, sa peau était grise et deux ailes de chauve-souris lui permettaient de voler. Ses canines étaient devenues des crocs, son visage était déformé et ses yeux étaient noirs.

Ainsi, il prit appui sur l'étagère avec ses pieds et se propulsa vers la magicienne ordinaire qui n'avait pas changé de trajectoire, tout s'étant passé très vite. L'Envieux parvint à fermer sa main gauche sur le balai, ce qui déséquilibra la sorcière.
Les deux adversaires percutèrent un de ses immenses murs de livres et commencèrent à chuter.
Réo lâcha alors prise, tombant lourdement au sol.

Il reprit une forme normale alors que Marisa manquait de s'écraser également. Elle parvint toutefois à relever le nez de son balai juste à temps puis à descendre sans heurt.
La sorcière jeta un coup d'œil à son adversaire qui s'était relevé, comme de rien n'était.
Pourquoi n'avait-il rien ?
- Hey, tu devrais avoir un ou deux os brisés, pourquoi c'est pas le cas ? s'enquit l'humaine.
- Tu ne veux pas le savoir, rétorqua l'Envieux.

La sorcière sortit une spellcard qu'elle activa :
- Love Sign "Non-Directional Laser"

Quatre orbes bleutées apparurent autour de la sorcière et se mirent à tourner devant elle. Un laser bleuté jaillit de chaque orbe, toutefois les lasers n'étaient pas statiques et changeaient de direction sans-cesse.

Réo retint un juron, frustré de voir son adversaire se servir si aisément de ce qu'il cherchait vainement à obtenir.
Le polymorphe se jeta au sol pour ne pas se faire toucher, se releva et courut vers Marisa. L'Envieux se jeta sur le côté, sauta et lorsqu'un chemin direct fut disponible usa de sa vitesse pour effectuer une charge vers la sorcière.
Les lasers non directionnels disparurent à ce moment, ce qui permit à la magicienne de se baisser pour éviter un coup de poing surpuissant. L'humaine en profita pour passer derrière Réo et tendre son balai vers lui :
- Light Sign "Luminous Strike"

Une sphère jaune ornée d'une étoile jaillit telle une balle de fusil et percuta l'Envieux qui fut projeté en arrière.
Encerclé par ses éternels arcs électriques cramoisis, Réo se releva.
- Bon, quand vas-tu te décider à te battre ? railla Marisa.
Ce fut la remarque de trop.
La colère emplit le cœur de l'Envieux. Une colère aveuglante, destructrice, tel un torrent de flammes que rien ne pouvait stopper.
Non seulement il n'arrivait à rien contre cette fille mais en plus elle se permettait de se moquer de lui ? Et elle se servait si bien de la magie…

Les éclairs rouges s'intensifièrent alors qu'un tatouage d'ouroboros rouge apparaissait en lieu et place de la pupille gauche de l'Envieux.
Sans s'en rendre compte, il tenait la carte vierge en main.
Sans s'en rendre compte, il la jeta en l'air et tendit sa main gauche.
- Deadly Sin "Wrath Inferno" !

La carte s'illumina d'une lueur orangée tandis qu'un ouroboros rouge, identique à ses tatouages, apparaissait brièvement devant la main de l'Envieux.
Dans un craquement, une volée de flammes écarlates jaillit, fusant droit vers une Marisa qui n'en croyait pas ses yeux.

Elle ne réagit qu'au dernier moment, lâchant son balai pour tendre ses deux mains vers l'attaque. Un cercle magique bleu apparut et bloqua les flammes. Toutefois, cela ne dura qu'un temps et le bouclier commença à se fissurer avant d'exploser, en même temps que les flammes disparaissaient.
Marisa fit un roulé-boulé de plusieurs mètres mais se releva sans trop de mal, n'étant que très peu blessée.

Réo semblait épuisé et mit un genou à terre. Sa carte, sa première spellcard, tomba devant lui, désormais illustrée par un jet de feu et titrée.
Avec un sourire, le polymorphe la ramassa.

- Fiou, je l'ai échappé belle, commenta Marisa.
- Oui et je vous prierais d'arrêter avant que vous détruisiez la bibliothèque, intervint Patchouli qui les avait rejoints.
Réo se releva, carte toujours en main.
- Tu as donc réussi, bravo, le félicita la bibliothécaire.
- C'était super ! s'exclama Flandre qui avait suivit Patchouli.
- Hey, si on avait continué, je l'aurais battu ! affirma Marisa.
- Là n'est pas la question, répondit la magicienne aux cheveux violets.
- Bah, Voile en a vu d'autres. Bien, Réo, t'as de la chance aujourd'hui mais la prochaine fois je ne te louperai pas ! prévint la sorcière blonde.
- Ça vaut aussi pour toi, rétorqua le métamorphe.

Etonnamment, il n'avait plus envie de faire couler le sang, comme si utiliser sa spellcard l'avait calmé.
Pour un temps du moins.

- Bon et maintenant, que comptes-tu faire ? demanda Patchouli au changeur de forme.
- Faire une pause. Puis faudrait que je pense à terminer ma maison dans la Forêt de la Magie.
- Quoi ? Toi aussi tu vis là-bas ? réagit Marisa.
- Ça te pose un problème ? releva l'Envieux.
- Alors… Tu vas partir ? s'inquiéta Flandre, la voix empreinte de tristesse.
- T'inquiètes pas, je reviendrai vite. Je t'ai fais une promesse, non ?
Tout en parlant, Réo s'était légèrement accroupit pour se mettre au niveau de la vampire.
- Oui… C'est vrai… Alors reviens vite !
A ces mots, elle se jeta au cou de son partenaire de jeu qui faillit tomber sous la surprise.
- Elle t'as adopté, commenta Patchouli avec un sourire.
Réo sourit et referma ses bras sur la petite fille.
- On dirait un frère et une sœur… Mais c'est quoi cette histoire de promesse ? ajouta Marisa.
- C'est un secret ! répondirent en même temps Flandre et Réo.
Ce dernier se releva alors que la vampire s'était reculée.
- A la prochaine ! s'écria Flandre en levant une main.
Les autres personnes présentes saluèrent également l'Envieux qui tourna les talons.

Pour une fois, il parvint sans problème à trouver son chemin. Alors qu'il entrait dans le hall, il croisa Remilia, en compagnie de Sakuya.
- Et bien, tu nous quittes déjà ? remarqua la maîtresse du manoir.
- Pour un temps, j'ai besoin de faire une petite pause. Je reviendrai de toute façon, si cela ne pose pas de problème…
- Aucun problème. Tu restes mon invité. Et puis… Merci. De prendre soin de Flandre malgré ce qu'il s'est passé.
- Tout le plaisir est pour moi, miss Scarlet, répondit l'Envie.
Ce fut sur ces mots que Réo continua son chemin, Sakuya lui ouvrant la porte.
Après avoir fait quelque pas dehors, le métamorphe ferma les yeux et inspira. L'air pur de Gensokyo sembla lui apporter une force nouvelle.
Et un sentiment étrange.

Réo se retourna, pouvant voir Sakuya et Remilia lui faire un signe d'au revoir. Il leur répondit, les remercia puis gagna le portail.
Là, il échangea quelques mots avec Meiling, laquelle n'avait pas pu empêcher Marisa de rentrer.
- C'est pas grave, t'arrivera à la battre un jour, argua le polymorphe.
- Je l'espère… Quoi qu'il en soit, ne tarde pas trop, j'aimerai bien prendre ma revanche ! déclara la gardienne.
- Parfait, mais ne rêve pas trop…
Les deux rirent un peu puis Réo se changea en aigle noir.

Il vola jusqu'à atteindre la Forêt de la Magie, plus précisément sa demeure. Quelle ne fut pas sa surprise de voir Suika, assise sur le perron.
- Et bien t'en as mis du temps ! déclara-t-elle lorsque l'aigle se posa, avant de boire une gorgée à sa gourde violette.
- Tiens, salut Suika. Mais que fais-tu là ? demanda l'Envieux après avoir reprit forme humaine.
- Rien de spécial. Alors, elle avance ta maison ?
- Si je ne m'y remets pas, elle risque de ne pas avancer beaucoup, remarqua le changeur de forme.
- Pas faux. J'ai rien à faire, je peux te filer un coup de main ?
- Pas de refus…
- Bien mais en échange, tu devras boire avec moi ce soir, annonça la rouquine.
- Encore ? s'étonna le métamorphe.
- Estimes-toi heureux que je ne te provoque pas en combat, réagit l'oni.
Réo soupira et accepta.
Et puis, passer la soirée à boire avec une amie était loin de le gêner véritablement.

Les deux amis travaillèrent jusqu'à ce que les feux du soleil couchant n'illuminent le ciel.
Satisfaits, ils sortirent et se tapèrent dans les mains.
Vu de l'extérieur, la maison paraissait enfin presque comme neuve. Il restait bien entendu quelques détails à régler mais c'était là des finitions qui ne prendraient que peu de temps. L'intérieur était quant à lui totalement terminé, il ne restait plus qu'à meubler.
- Il y aura donc cinq chambres en tout, résuma Suika.
- En effet. Comme ça, si besoin est, je pourrai abriter du monde, affirma l'Envie.
- Chouette, je pourrai dormir ici. Je réserve la chambre qui est à droite des escaliers !
- C'est pas une auberge…
- Hey, vu comme je t'ai aidé j'ai bien droit à une récompense, non ? Je veux cette chambre ! insista la rouquine.
Réo fut contraint d'accepter la requête de l'oni, qui but un coup pour célébrer sa victoire.
- Youmu aussi a aidé, elle n'a pas demandé quoi que ce soit, marmonna le polymorphe.
(- Elle a des principes, ELLE. D'ailleurs, je me demande si elle acceptera de nous donner des cours d'escrime…), intervint l'Orgueil.
- Bon, j'ai un truc à faire mais on se rejoint plus tard au stand de Mystia, d'accord ? fit Suika.
- Ça marche ! convint l'Envieux.
Sans attendre, l'oni s'éloigna en courant.

Réo s'étira puis fit quelques pas. Cette journée avait été pour la moins productive, et elle n'était pas encore terminée. Qui savait ce qui…
Le métamorphe si figea.
Quelqu'un l'épiait.
Un peu plus loin, postée près d'un arbre, une personne le fixait.

Elle était vêtue d'une longue cape noire dont le bas était déchiré. La cape était enroulée tout autour d'elle, cachant son corps. Toutefois, ses formes étaient indubitablement féminines. La cape était pourvue d'une capuche que la femme avait rabattue sur sa tête. Quant à son visage, il était couvert d'un masque.
Celui-ci était blanc et n'était doté que de deux trous pour les yeux. Ni bouche, ni nez, seules deux lignes rouges transversales partant du bas vers les yeux décoraient. Ce masque semblait dur et ne laissait aucun indice quant à l'identité de son porteur.

Cette personne…
Des semaines plus tôt, dans un autre monde que Gensokyo, Réo était certains de l'avoir vue.
- Hey !
A peine l'eut-il hélée que la femme tourna les talons et s'enfuit.
L'Envieux ne la laissa pas faire et alla à sa poursuite. Contrairement à ce qu'il aurait pensé, elle n'avait pas disparue et semblait pas chercher à véritablement s'éloigner. Elle slalomait entre les arbres, courait mais se contentait de garder une distance respectable sans l'augmenter.
(- Elle ne te fuit pas, elle te mène quelque-part), comprit Pride.

La réplique intervint au moment où Réo sortait de la forêt. Il se stoppa net.
La femme ralentit puis rejoignit deux personnes qui attendaient, patiemment.

L'une de ses personnes était vêtue de manière similaire. Seulement, il s'agissait visiblement d'un homme et son masque était quant à lui décoré de deux lignes noires horizontales au niveau des yeux. Cela donnait au masque un aspect mortuaire.
Cet homme masqué se tenait à la gauche de l'autre personne qui attendait. Ce fut d'ailleurs à sa droite que vint se placer la fuyarde.

Il s'agissait d'un homme également. Il semblait avoir la trentaine et portait d'amples vêtements noirs décorés d'étranges symboles rouges. Ses yeux étaient rouge-sang, ses cheveux noirs étaient coupés courts et ses doigts se terminaient par des griffes noires.

- Bien joué Inya, commenta-t-il d'une voix mielleuse.
- Qui êtes-vous ? s'enquit Réo, sur ses gardes.
- Moi ? Tu ne me reconnais donc pas ? Oh, c'est vrai, je n'étais sans doute pas présent lorsque tu as négocié… Je suis Lucifuge Rofocale, Premier ministre de Monseigneur Satan.
Tout en se présentant, le démon s'était légèrement incliné tout en écartant un peu ses mains qui étaient jusque-là jointes.
Le sang de Réo ne fit qu'un tour.
- Te retrouver n'aura pas été chose facile. Il n'était pas prévu que Malbas Elric crée la pierre philosophale et encore moins prévu que tu ne l'absorbes et atterrisses à Gensokyo, continua le Premier ministre.
- Comment m'avez-vous trouvé ?
- Oh, sache que nous connaissons ce monde depuis… Fort longtemps. Par chance, le Monde Extérieur est bel et bien ton monde d'origine, cela a grandement facilité ta localisation. Tu croyais véritablement nous échapper ?
Pour toute réponse, l'Envieux détourna la tête.
- Bien, tu as pris du retard. Malheureusement pour toi, la pierre aurait permit de payer une partie de ta dette mais elle est vide désormais. Nous n'avons pas pu te prévenir à l'avance, j'en suis navré mais l'heure est venue, annonça Lucifuge.
- "Pas prévenu" ? C'est faux, on m'a prévenu que ce jour approchait, rétorqua Réo.
Le démon fronça les sourcils.
- Etrange, ta trace n'a été retrouvée que ce matin. Qui t'a parlé ?
- Un type vêtu de blanc qui se la joue gentleman et se balade avec une canne noire surmontée d'un crâne d'argent. Il m'a dit être un émissaire de Satan et se fait appeler le Voyageur, expliqua Réo.
- Le Voyageur… Ce nom ne me dit rien. Il me faudra enquêter, mais là n'est pas le sujet.
Lucifuge Rofocale fit un geste avec sa main gauche et dans une gerbe de flammes apparut ce qui ressemblait à un parchemin enroulé sur lui-même. Le démon le déroula et le lut, vérifiant visiblement quelque chose.
Quant à Réo, la panique commença à l'envahir.
Il savait.
Il savait que ce jour viendrait. Mais il l'avait toujours nié, refusant d'y penser. Et voilà qu'il y était.
- Tu as perdu l'alchimie. C'est fâcheux mais ne t'en fais pas, je peux te redonner le pouvoir de retourner dans ton monde. Et malgré les efforts de Monseigneur, tu es parvenu à débloquer la magie… Bien.
Le démon fit disparaître le parchemin et plongea ses yeux dans ceux de l'Envie.
- Très bien, va donc payer ton prix.
- Je refuse.

La réplique avait fusé, sans que Réo n'y ait réfléchit.
Il ne pouvait pas. Il ne voulait pas.
Pourquoi ? Pourquoi devait-il faire ça ?

Les lèvres de Lucifuge se déformèrent en un sourire torve. Il se tourna vers l'homme se trouvant à sa gauche et lui fit un signe de tête.
Le masqué s'avança puis, alors que Réo se mettait en garde, fit un geste violent avec son bras gauche.
Aussitôt, l'Envieux fut projeté au sol, sans pour autant avoir été touché par quoi que ce soit.
- Il te reste neuf âmes si je ne m'abuse. Seïth, fais en sorte qu'il n'en ait plus aucune. Ainsi, il sera forcé d'obéir, ordonna le Premier ministre.

Le dénommé Seïth s'exécuta et leva son bras gauche. Sa victime s'éleva dans les airs, sans pouvoir réagir.
L'homme au masque tendit son bras droit puis ferma le poing.
Réo hurla, prit d'une douleur insoutenable alors que ses côtes se brisaient pour s'enfoncer dans ses organes vitaux.
- Une de moins, annonça Lucifuge alors que la régénération accélérée de l'Envie se mettait en marche.
Il se tourna ensuite vers la femme qui comprit instantanément et s'élança vers Réo.

Ce dernier fut libéré de l'emprise télékinétique de Seïth et chuta lourdement. Il s'était à peine relevé que trois pointes métalliques se fichaient dans son ventre.
La dénommée Inya pivota et tendit son bras droit. Trois nouvelles pointes jaillirent de sa paume, et se plantèrent cette fois en pleine tête du polymorphe.
- Et de deux. Seïth, Inya, montrez-lui ce que des Damnés peuvent faire.

Réo s'était à peine régénéré que son bras droit s'arracha tout seul, suite à un mouvement de l'homme. La femme se rapprocha et ne lui laissa pas le temps de crier.
Cinq petites lames jaillirent de son bras et embrassèrent le cou du métamorphe.
Son bras repoussait à peine que les cinq lames se détachèrent de leur propriétaire, propulsées vers le cœur de l'Envie.
Réo, une fois soigné, voulut utiliser la Lance Ultime, Seïth tendit un bras et stoppa l'allongement des doigts. Une fois que les lames trouvèrent leur cible, l'homme fit s'envoler Réo pour ensuite lui faire rencontrer le sol, tête la première, lui brisant les cervicales.

La torture continua encore, et encore. A chaque fois que Réo voulait contre-attaquer, la télékinésie de Seïth l'en empêchait, bloquant ses mouvements. Puis il écrasait ses membres ou les faisait voler, sans que sa victime puisse réagir.
Après une énième mort, Réo se retrouva à genoux.

Il n'avait plus la force de crier, ni de bouger. Il se contentait de respirer faiblement, la tête désormais vide.
- Bien, te voilà redevenu mortel, annonça Lucifuge en approchant.
Les deux Damnés s'étaient stoppés et se mirent de part et d'autres de Réo. Lucifuge s'accroupit avant de continuer.
- Seïth et Inya sont deux Damnés. Comme toi, ils ont commis le Grand Pêché. La femme de Seïth était atteinte d'une grave maladie et était condamnée. Fou de douleur, il supplia qu'on l'aide. Le Malin répondit à son appel et en échange de la vie de sa femme, Seïth vendit son âme, devenant un Damné. Quant à Inya, elle désirait un enfant mais les médecins lui avaient dit que c'était impossible. Désespérée, elle pria mais personne ne lui répondit. Excepté le Diable. Il exauça son souhait mais en échange, lorsque Inya mourut, son âme lui revint.
Ses histoires terminées, Lucifuge ricana.
- Je… N'ai pas vendu… Mon âme… rétorqua Réo.
- En effet, tu as le mérite d'avoir innové. Ton prix est tout autre, mais ton âme est en partie à nous. Tu pourrais bien devenir un Damné toi aussi…
Réo aurait bien voulut protester, il en était incapable.
- Bien, assez perdu de temps. Tu dois avoir hâte de retrouver ta famille, non ? Allez, profites-en…
Sur ces mots, Lucifuge plaqua sa main sur le front de l'Envieux. Une lumière rouge brilla un instant puis le Premier ministre se releva.
- Trace le cercle au sol et active-le comme pour l'alchimie. Paye ton prix et une fois ceci fait, tu pourras revenir ici. Comme prévu à l'origine, tu auras le droit de naviguer entre les deux mondes. Je ne vois pas de quoi tu te plains… A la prochaine, envieux.

Alors que Lucifuge s'éloignait, escorté de ses deux Damnés qui étaient restés sans émotions tout le long de la confrontation, Réo parvint à se relever. Il cracha du sang puis lança un regard chargé de haine aux trois.
Il ne pouvait plus reculer désormais.
D'un pas résigné, l'Envie alla dans la Forêt de la Magie. Dans un coin tranquille, il allongea son index et s'en servit pour tracer un cercle agrémenté de symboles géométriques.

La mort dans l'âme, il ferma les yeux, claqua ses mains l'une contre l'autre.
Le cercle se mit à briller d'une lumière rouge, les tatouages d'ouroboros de l'Envieux apparurent puis dans un éclat lumineux, il disparut…
You know who I am.
Dernière édition: il y a 6 ans 2 semaines par Jealousy.
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Re: [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1504

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Chapitre 13 : … Il faut en sacrifier une autre de même valeur


"Nous sommes tous prêts à recevoir ce que nous désirons. Mais peut-on en même temps être préparé à en payer le prix ?
Bien souvent, la réponse est non."
Réo Ryu



Avez-vous déjà envié quelqu'un ?
Je ne parle pas là de quelque-chose d'aussi futile qu'une banale possession : voiture, télévision, enceintes derniers cris… Non, ce n'est pas ce genre de chose qui nous intéresse.
Je parle d'envier quelqu'un qui a tout ce que vous désirez. Quelqu'un qui, en dépit de tous vos propres efforts, est parvenu à atteindre votre propre objectif. Une personne qui n'a pourtant rien fait de plus que vous, voir n'a rien fait du tout, mais qui par un caprice du destin se voit gâtée.
Moi oui.

Toute ma vie, j'ai envié les autres pour les raisons futiles évoquées plus haut. Mais ce genre d'envie, si elle est douloureuse, n'est pas insurmontable et ne laisse pas beaucoup de traces. En revanche, elle annonce quelque chose d'autres.
En fait, ce n'était qu'un avant-goût de ce qui m'attendait.
Car après, je me suis mis à envier les autres pour leur talent. Ceux qui arrivaient à faire des choses avec tant de facilité, tandis que moi…
Cela pouvait être pour de nombreux sujets, les études, les arts divers…
Je n'avais aucune confiance en moi, ce qui en passant était parfaitement justifié. Ou était-ce ma jalousie constante qui me voilait les yeux ? Je serais, aujourd'hui, bien incapable de le dire.

Toutefois, tout ceci n'est que détails. Une introduction au vrai cœur du problème, de ma souffrance.
Car envier n'empêche pas d'aimer. Oui, je suis tombé amoureux.
Avec le recul, je me dis que ça non plus n'aurait pas dû être important. Mais ça le fut et malgré mes efforts, l'est encore aujourd'hui.
La décrire serait vain, tous les amoureux disent la même chose. Gentille, belle, et autres adjectifs qu'on entend à longueur de journée.
Nous nous entendions bien, ce qui n'était déjà pas si mal me diriez-vous.
Mais, pouvez vous imaginer ce qu'on ressent lorsque celle qu'on aime en choisit un autre, presque sous vos yeux ?

Douleur.
Désespoir.
L'amour lié à l'envie, un cauchemar éveillé et qui n'a pas de fin.
Une part de moi était heureuse pour elle. Une part. Une part qui s'est amenuisée avec le temps. Jusqu'à devenir infime.
Toutefois, cette première défaite, comme je les appelle, fut de courte durée. Amourettes d'adolescents.
Il est d'ailleurs formidable de constater que mes sentiments pour elle, qui n'étaient pas réciproques vous l'aurez compris, furent bien plus tenaces qui ceux qu'elle éprouvait avec ses "compagnons".
Oui, "ses".

J'ai bien dis que c'était la première défaite, non ?
En trois années, il y en eut cinq. De durée variable, entre un et quatre mois.
Stupide n'est-ce pas ?
Stupide de s'accrocher autant.
A chaque défaite, mon désespoir s'amplifiait.
A chaque défaite, j'avais l'impression de mourir un peu plus.
Je les enviais.
Oh oui, les enviais tous autant qu'ils étaient.

Tous ces couples, tous ces gens heureux…
Pourquoi, pourquoi eux et pas moi ?
Pourquoi devais-je toujours être le seul à avoir mal ?
Ce n'était plus seulement son petit-ami que je jalousais, mais tous ceux qui étaient un tant soit peu heureux. Tous ceux qui goûtaient un minimum au bonheur.
Avec l'Envie vient la haine.
Je m'étais peu à peu isolé, éloigné des autres.
J'avais mal.
Elle n'avait pas besoin de moi. Elle n'avait pas besoin de moi pour être heureuse, pour sourire.
J'étais d'une inutilité navrante. Ou hilarante.

Pour tenter d'échapper à ma douleur, lancinante, je m'étais réfugié dans d'autres univers. Jeux, mangas, animés et autres…
Tout était bon pour ne pas y penser. C'est ça, toujours occuper mon esprit.
Tout faire pour l'oublier.
Mais ça ne fonctionnait qu'à moitié.
Si, sur l'instant, ma peine s'atténuait, elle revenait à la charge juste après.
Tel un serpent s'acharnant sur sa proie qui se débattait malgré le poison qui coulait dans ses veines. J'avais mal.
J'étais, au final, incapable de sortir de cet état. Sourire m'était devenu bien difficile. Sauf en certains cas.

Lorsque c'était les autres qui avaient mal.
Le peu de réconfort que je trouvais venait de la douleur des autres. Les larmes, le sang, la souffrance, la mort… De véritables délices pour l'épave que j'étais devenu.
Une part de moi souffrait et une autre s'en moquait, ne voulant que satisfaire sa propre soif de souffrance.
Comme devenue autonome, cette part de moi voulait prendre le contrôle. Telle une petite voix dans mon subconscient, elle me soufflait de regarder autour de moi.
De faire souffrir autant que j'ai souffert.
De me repaître de la douleur…

Certes, j'étais devenu sadique mais je me fichais de causer du tort aux autres. Leur douleur avait beau m'aider, la causer ne me satisfaisait pas.
J'étais "gentil", d'après elle. "C'est ce qu'on dit quand on a pas de compliment à donner", me soufflait cet Autre en moi.
Toutefois, si causer la souffrance d'inconnus ne m'intéressait pas, causer celle de son petit-ami m'aurait beaucoup plu.
Je suis un être contradictoire, n'est-ce pas ?

Mais, je ne pouvais le faire. Je restais donc à les regarder avec des yeux contemplateurs et emplis de larmes et d'envie.
J'aurai voulut qu'on m'aide.
J'ai prié, imploré tous les dieux possibles.
Je voulais qu'on m'aide.
Je voulais changer de vie. Abandonner cette existence minable.
A l'aide…
N'importe qui…

Ce fut alors qu'Il m'apparut.
Dans une gerbe de flammes rouges, vêtu de noir, Il avait prit forme humaine et répondait à mon appel.
Dans ces cas-là, le Diable n'est jamais loin…
Il me proposa un arrangement. Un Pacte.

Celui-ci était pour le moins original, mes demandes étant particulièrement osées. Lorsqu'on est dans mon état, on est prêt à tout et on n'hésite guère à y aller au culot. Après tout, s'il voulait quelque-chose de moi, il devait me donner autre-chose de même valeur.
L'échange équivalent. Loi que j'avais apprise dans un manga. Ce dernier fut d'ailleurs au cœur du Pacte.

Je demandais en effet les pouvoirs de neuf de ses personnages. Chacun d'entre eux incarnait un péché capital, parfois deux incarnaient le même puisque le manga avait eut deux adaptations différentes. Mon préféré était celui qui incarnait l'Envie, le hasard fait parfois étonnement les choses.
Bref, j'obtint ce que je désirais mais pour contrebalancer cette puissance, j'allais être envoyé dans un autre monde. De plus, ma mémoire serait effacée mais je pourrais la retrouver en "débloquant" mes pouvoirs qui avaient été scellés. Chaque pouvoir correspondait à un péché, chaque péché avait son tatouage d'ouroboros lequel était celui d'un personnage évoqué plus haut.
A bien y réfléchir, cela ressemble plus à un jeu auquel le Diable aurait prit part.

Afin de limiter ma puissance, le contrôle des ombres me fut refusé. En partie.
Il s'agissait du pouvoir de Pride, l'être qui incarnait l'Orgueil.
Ce pouvoir, je ne l'obtint pas directement. Il fut décidé que ma seconde personnalité l'aurait.
Vous savez, cet Autre que j'ai évoqué.
Plus qu'une seconde personnalité, il allait devenir une seconde âme. L'incarnation de mon obscurité, ma propre ombre, mon opposé.
L'opposé de l'Envie, l'Orgueil. Pride.

Toutefois, m'envoyer dans un autre monde n'était pas suffisant. Il me fallait un adversaire. Un être capable de me tuer, à la puissance équivalente. Une sorte de Némésis.
Quand je disais que cela ressemblait à un jeu… Un pari.

Afin de sauvegarder l'équilibre des forces, Malbas Elric fut crée. Un Dévoreur, avide de puissance supplémentaire. Me tuer ne fut toutefois pas implanté dans son esprit, bien qu'il soit lié à moi.
Malbas avait sa propre personnalité et bénéficiait de l'intégralité de mes souvenirs. Il me connaissait presque mieux que moi-même…

Vous vous demandez sans doute quel était l'intérêt du Diable dans tout ça ? Qu'avait-il à gagner ?
Il fut décidé d'un prix. Exorbitant. A la hauteur de ce que j'avais reçu.
Ce prix, je ne devais le payer qu'après avoir retrouvé tous mes souvenirs, et donc éveillé Pride.
Ce dernier possédait la faculté de dévorer les autres via ses ombres, ce qui nous permettait d'alimenter une régénération accélérée. Nous avions également les souvenirs, compétences et surtout âme de la victime.
Cette âme servait d'énergie.
Et lorsque l'énergie de cette âme était épuisée, elle disparaissait et revenait directement au Diable.
Mais ce n'était là qu'une minuscule fraction de ce qu'Il voulut.
Ce n'était pas là le véritable prix…
Prix qu'il me faut désormais payer…


Un cercle rouge apparut au sol. Complexe, il s'étendit puis une lumière fit son apparition, ainsi que Réo, entouré d'éclairs rouges.
Il regarda les lieux avec un léger sourire.

Il venait d'arriver dans sa chambre. Cela devait faire plusieurs mois qu'il avait disparu mais rien n'avait bougé, comme si on attendait toujours son retour.
L'unité centrale de son ordinateur était posée à la gauche de son bureau. Sur celui-ci se trouvaient des petites enceintes, son écran et sa télévision. Et également un livre qu'il n'avait pas eut l'occasion de commencer, intitulé : Chroniques d'un vampire.
Son lit, qui se trouvait derrière lui, était fait. A la gauche du lit se trouvait une étagère remplie de livres divers et de mangas. Rien à voir toutefois avec l'immensité de celles de Voile.
Les murs, recouverts de papier peint clair, étaient ornés de posters.
Une chambre normale, pour un être qui n'avait plus rien d'ordinaire.

A cet instant, Réo avec presque oublié ce pour quoi il était là.
Il fit quelques pas, passant distraitement la main sur le dossier de sa chaise de bureau. Il remarqua alors son Ipod qui s'empressa de mettre dans une poche de son pantalon.
Lors de son précédent voyage, l'Envieux n'avait pas put emporter d'objets de son monde et il comptait bien se rattraper ce coup-ci. Sa musique lui manquait mine de rien.

La porte de sa chambre s'ouvrit soudain à la volée, laissant apparaître sa mère. Celle-ci se figea en voyant son fils et se précipita vers lui, le serrant dans ses bras.
L'Envieux se laissa faire. Toutefois, aucune larme ne coulait de ses yeux à lui et aucun mot ne sortit de sa bouche.
Il attendit que sa mère se soit reprise puis ferma les yeux et murmura :
- Pardon, maman.

Elle n'eut pas le temps de comprendre que deux longues griffes noires se plantèrent dans son cœur. Elle s'écroula, n'emportant comme dernier souvenir que la joie de retrouver son fils.
L'esprit de ce dernier tournait à vide.
Il ne ressentait rien.
Strictement rien.

Son corps bougeait tout seul, sans qu'il ne pense à quoi que ce soit, ou même ne contrôle quoi que ce soit.
Tel un automate, il sortit de sa chambre. Celle de ses parents se trouvait directement à droite. Son père était assit, des écouteurs dans les oreilles.
Ainsi, il faisait toujours sa musique assistée par ordinateur…
Aurait-il pu ressentir quelque-chose, Réo aurait eut une certaine fierté.
Mais ce fut sans émotion que la Lance Ultime le rendit orphelin.

L'Envieux continua d'avancer. Une voix le stoppa soudain.
- Grand-frère, t'es de retour ?
Son cœur se remit à battre et il se retourna.
Son petit-frère de sept ans tenait là. La situation lui échappait totalement, voir Réo lui paraissait inconcevable. Sans doute pensait-il rêver.
" On dirait un frère et une sœur…"
La phrase de Marisa résonna dans la tête de Réo qui s'agenouilla et posa sa main gauche sur la tête de son frère.
- Oui… Je suis de retour, annonça-t-il en lui faisant un grand sourire rassurant.
Puis en tremblant, il retira sa main et tendit son index au niveau du front du petit…


Tous.
Je les ais tous tués. Un par un.
Tel était mon prix. Telle était ma punition.
Je n'avais pas vendu mon âme, elle n'intéressait pas le Diable. Il avait exigé celles de toute ma famille.
Les âmes de tous ceux que je tue lui reviennent.
Pourquoi avais-je accepté ?
Comment ai-je pu signer ?
Une goutte de sang peut-elle sonner le glas de tant de vies ?
Apparemment, oui.


Le soleil se couchait. Réo se trouvait sur un toit, yeux fermés.
Il avait mal.
Chaque pensée, chaque battement de son cœur mort lui faisait mal.
Un monstre. Voilà ce qu'il était.
Un monstre.
Mais pas seulement…
Un rire le tira des abysses de son esprit. Il provenait de la rue qui était à sa droite.


Elle est là.
Elle et son petit-ami… Ils sont donc toujours ensemble ?


Les lèvres de l'Envie se déformèrent un sourire sinistre. Il avait mal.
Il attendait ce moment depuis si longtemps…
Souplement, il sauta, atterrissant sans problème quelques mètres derrière le couple.


Du sang…
Son sang !
Pourquoi lui et pas moi ?
Ça n'a plus d'importance…

- Hey, vous allez bien à ce que je vois !
Ma voix les fit se retourner.
Si heureux…
Ses yeux s'agrandirent de stupeur. Elle ne s'attendait pas à me voir.
Après tout, cela fait quatre ou cinq mois que j'avais disparu.
Je dois avoir dix-sept ans maintenant…
Elle me demanda ce que je faisais là, où j'étais passé.
Quoi ? Inquiète ?
La blague !


Réo éclata de rire. Un rire fou.
- Ne me fais pas croire que tu étais inquiète. Mais, je ne t'en veux pas. Quant à ce que je fais là…

Usant du pouvoir de Sloth, la paresse, Réo effectua une charge pour fuser vers celui qu'il enviait. Son poing le percuta en plein ventre et envoya le simple humain contre un mur.
Elle cria.
Elle n'avait encore rien vu.
Avec une sauvagerie démente, le polymorphe rejoignit l'autre adolescent et l'attrapa par le cou avec sa main droite.
- Game Over, susurra l'Envieux avec un rictus.
Et d'un geste, il arracha la tête de son rival, éclaboussant les alentours de sang.


C'était bon…
Si bon…
Je lâchais le cadavre puis vis que mes mains étaient couvertes de sang.
Quel goût pouvait-il avoir ?
J'entrepris de le découvrir… Et je ne fus pas déçu…
Le goût de la mort…


Des pleurs attirèrent l'attention de l'Envie.
Tiens donc, elle pleurait…
Réo s'approcha, elle recula.
Il éclata de rire.
Ses yeux étaient devenus verts.
Il voulait du sang. Du sang, de la mort, de la souffrance.
Il s'approcha…


Pourquoi ?
Pourquoi tous ces humains avaient eus droit au bonheur et pas moi ?
Mais, c'est terminé désormais.
Je n'ai plus de cœur.
Pourquoi, jusqu'à aujourd'hui, tu n'as cessé de harceler mes pensées ?
Pourquoi ne suis-je pas parvenu à t'oublier ?
Mais, c'est terminé désormais.
J'ai détruis la dernière chose qui me rattachait à ce monde. Et j'ai faim.


Une femme cria. Le tueur sourit en la voyant et tendit son bras vers elle. La Lance Ultime fit son œuvre, et une nouvelle victime.
Du sang.
Toujours plus.
Devenu totalement incontrôlable, ce qui fut Réo Ryu se mit à semer la mort.
Tous ceux qu'il voyait, il les tuait. En changeant l'un de ses bras en lame pour les trancher, en brisant leurs os grâce à sa force inhumaine, en perforant leurs corps avec des sortes de tentacules terminés par une pointe…

Il sourit lorsque les forces de l'Ordre voulurent l'arrêter. Il tenait la tête d'un homme dans sa main droite.
Les représentants de la loi lui ordonnèrent de s'arrêter.
Réo sourit et écarta les bras alors que son œil droit devint violet à la pupille verticale.
Son ombre s'intensifia et se subdivisa en plusieurs bras qui chacun piégèrent un humain.
- J'ai faim… murmura Pride via une ombre avant de se mettre à dévorer ses captifs.

Combien d'innocent moururent ce jour-là ?
Seul le Diable le sait, car leurs âmes lui revinrent, sauf celles de ceux que l'Orgueil, à moitié libre, avait pu dévorer.
On dit en tout cas qu'il fut très satisfait de son jouet…

"Pour toute chose reçue, il faut en payer le prix.
Quel qu'il soit.
Toujours."



La Forêt de la Magie était calme ce matin-là, comme à son habitude. Un léger vent causait le bruissement des arbres et abaissait la température.
Aucun doutes, l'automne approchait, comme en témoignait la présence de feuilles jaunes et rouges sur le sol.

Une lumière écarlate brilla soudain, laissant apparaître Réo.
A nouveau, il se sentait vide.
Il ne se souvenait que par bribes de ce qu'il avait fait mais cela ne l'empêchait pas de se haïr. Il avança, ne prêtant pas attention à ce qui l'entourait.
Quelque-chose…
Il lui manquait quelque-chose mais il était incapable de dire ce que c'était.
Il se sentait comme une coquille vide, comme si son âme avait été aspirée. Pride ne disait rien, contemplant la déchéance de son camarade.
Sans en ressentir le moindre plaisir.

Dans ses pensées, l'Ombre conclut qu'il fallait que quelqu'un fasse "rebattre" le cœur de l'Envieux. Car il était comme mort.
Il fallait qu'il ressente des sentiments, même des mauvais.
Même de l'envie. Car en cet instant, même cette part de lui-même avait disparue…
Il fallait que quelqu'un…

- Te voilà ! Enfin je te retrouve !
La voix féminine attira un minimum l'attention de Réo qui se tourna vers celle qui l'avait hélé. Pride, lui, fut bien plus expressif :
(- La prêtresse Hakurei ! Laisse-la moi, laisse-la moi, laisse-la moi !)
Réo se contenta de soupirer.
- Tu t'es enfui la dernière fois. Cette fois, tu n'auras pas d'autres choix que de m'affronter, puis de disparaître d'ici, déclara Reimu.

Elle semblait bien remontée et prête à en découdre. Cela faisait des jours qu'elle cherchait Réo et lorsque Marisa lui avait apprit qu'il avait une maison dans la Forêt, elle était immédiatement allée à sa recherche.

La prêtresse n'attendit pas plus longtemps et envoya deux gros sceaux orangés que son adversaire évita en sautant sur le côté droit.
- Je ne veux pas me battre…
La réplique de l'Envie partit dans le vent et il fut obligé de se décomposer en eau pour ne pas se prendre une nouvelle série d'attaques.
Il reprit forme humaine un peu plus loin.
- Bats-toi, lâche ! s'exclama l'humaine.
- Ne me traites pas de lâche !
Enfin, une émotion parvint à se frayer un chemin dans l'esprit et Réo.

En son fort intérieur, Pride sourit. Là était la solution.
L'ivresse du combat, voilà ce qui pouvait redonner vie à l'Envieux brisé.

Le polymorphe transforma son bras droit en bouclier pour bloquer les sceaux de papier rouges que Reimu venait de lui lancer. Puis il pivota et planta son bras gauche dans le sol.
Celui-ci s'allongea, se subdivisa, se fraya un chemin dans le sol et ressortit sous la forme de sept grosses pointes noires que la prêtresse évita en s'envolant.
D'un geste, elle envoya d'autres projectiles rouges.
Il fallait du temps à Réo pour sortir sa main de la terre, ce fut pour cela que les attaques firent mouche.

Reimu ne s'arrêta pas en si bon chemin et fusa vers l'Envie qu'elle gratifia d'un coup de pied en plein ventre.
Réo quitta le sol et percuta un arbre. Il se baissa ensuite à temps pour ne pas être frappé par le gohei de la miko puis tenta de lui faucher les jambes. Peine perdue, la fille sauta en arrière à temps.
- Deadly Sin "Wrath Inferno"

Réo tendit son bras gauche, une volée de flammes rouges en jaillit. La courte distance qui le séparait de son adversaire lui donnait un avantage certains mais c'était sous-estimer la prêtresse du Sanctuaire Hakurei.

Celle-ci disparut soudain pour réapparaître plus en hauteur, et ainsi frapper Réo en passant par-dessus son attaque.
Les flammes avaient toutefois percutées un arbre qui s'embrasa.

Réo se releva. Il en avait assez.
Il n'arrivait à rien contre cette fille.
Il l'enviait…

- Tu abandonnes ? demanda Reimu, désormais toute proche.
Réo ricana pour toute réponse.
Oh oui, il l'enviait…

Des éclairs rouges crépitèrent autour de l'Envieux, qui s'était mit à rire. Par réflexe, Reimu se recula.
Réo s'était mit à hurler, de douleur.
Il avait mal, à l'intérieur, mais pas seulement.
Deux bras supplémentaire sortirent de son corps, alors qu'il s'était mit à grandir. Deux jambes également…

Dans un endroit semblable à une grotte, des chaînes tintent.
Celles-ci partent du plafond pour s'enfoncer dans une étendue d'eau surmontée d'un étrange et complexe sceau. La chose qui est enfermée sous la surface de l'eau se débat, les chaînes bougent…
Mais cela n'est pas suffisant et malgré ses efforts, la créature ne peut se libérer.
Le silence s'installe à nouveau…


Le sol trembla lorsque les membres du monstre touchèrent terre.
Immense, il ressemblait à un dragon. Son corps serpentin était long mais il possédait quatre jambes et quatre bras, tenant à la fois de la bête et de l'humain. Une longue queue complétait l'ensemble, dotée de sortes de nageoires.
Tout le corps de la créature était vert. Son dos était recouvert de poils noirs, qui étaient en réalité des cheveux, continuité de ceux qui se trouvaient sur la tête du monstre mais également de pics allant vers le haut ainsi que de sortes de nageoires dorsales. Sa tête était allongée, draconique. Des tâches orangées parcouraient son museau et un triangle rouge trônait sur son front, lequel était encadré par quatre sortes de longues nageoires. La cornée de ses yeux était noire et l'iris verte, la pupille étant verticale.
Le monstre poussa un rugissement et…

Reimu frémit d'horreur.

Des dizaines de corps humains, bien que verts, jaillirent. Il n'y avait que leur moitié haute ou la tête. Mais le pire…
Ils étaient vivants.
Ils se débattaient et hurlaient de douleur. Certains pleuraient, beaucoup appelaient au secours, tendant parfois leurs bras pour qu'on vienne les aider.

Le monstre ricana, sa voix étant devenue étrange, comme si elle résonnait avant de sortir.
Puis il leva son premier bras gauche et donna un coup de poing que Reimu évita en sautant puis en prenant de l'altitude.
Elle sortit une spellcard et voulut l'activer…
Elle se stoppa lorsque son regard croisa celui d'une personne qui lui criait de l'aider.

Mal lui en prit car le bras gauche de l'Envieux s'était allongé et la saisit par la taille avant de la fracasser contre le sol.
La douleur décida Reimu qui changea de spell.
- Holy Relic "Yin-Yang Sanctification Jade"

Une orbe d'énergie bleue aussi grande que Reimu apparut devant cette dernière et fusa vers l'Envieux.
Sa forme était bien trop massive pour qu'il puisse éviter quoi que ce soit et il se la prit de plein fouet. La déflagration éblouit la prêtresse qui détourna la tête.
Pendant ce temps, le feu continuait de se propager…

Le bras droit de Réo fusa vers son ennemie qui recula d'un bond pour l'éviter.
Il n'avait rien ?

Le monstre était entouré de quelques éclairs rouges mais ne semblait pas plus blessé que ça.
- Finit de jouer, annonça la créature.

Sa gueule s'ouvrit et un cercle magique vert y apparut brièvement. Lorsqu'il disparut, une volée de flammes vertes jaillit mais Reimu parvint à l'éviter facilement.
Le monstre fut quelques pas et réessaya de toucher son ennemi qui s'était envolée.
Peine perdue, les flammes s'élevèrent dans les airs sans rencontrer d'obstacle, ni de cible.

Usant de son aptitude à voler, Reimu passa sous un bras de son adversaire qui s'étant tendu dans sa direction. Elle activa alors une nouvelle spellcard :
- Divine Spirit "Fantasy Seal"

Des orbes multicolores apparurent autour de la jeune fille puis fusèrent vers l'Envieux qui se protégea tant bien que mal avec son bras restant. Reimu vola en rase-mottes au-dessus du monstre qu'elle mitrailla de sceaux, ignorant autant que possible les cris et les appels.
Elle fit ensuite volte-face et…

La longue queue de l'Envie la percuta, l'envoyant en sol.
Reimu s'écrasa mais s'envola alors que Réo se tournait vers elle. Il ouvrit sa bouche mais, contrairement à ce que la prêtresse avait prévu, ce fut sa langue qui jaillit.
Brune, elle était également composée de corps.
Elle s'allongea rapidement et parvint à s'enrouler autour de la taille de l'humaine qui fut d'abord ramenée vers la gueule du monstre avant d'être jetée au sol. Le poing de Réo percuta la prêtresse qui quitta le sol pour s'écraser contre un arbre.

Endolorie, Reimu tenta de se relever.
Elle ne put que voir la gueule garnie de crocs de la créature fuser vers elle, assez grande pour la gober pour la réduire en charpie d'un seul coup…

Une silhouette passa devant la miko et tendit ses bras, bloquant la mâchoire du monstre à mains nues…
- Su… Suika ! s'exclama Reimu.

La petite oni sourit, malgré l'effort qu'elle fournissait.
- Et bien alors, tu ne m'attends même pas pour t'amuser ? railla la rouquine.

Elle ne plaisanta pas plus longtemps.
De la gueule ouverte du monstre coula un petit filet de salive qui toucha le bras gauche nu de l'oni.
Celle-ci grogna de douleur lorsque l'acide de la Gourmandise fit effet, commençant à brûler son bras.

Suika ne resta toutefois pas immobile et repoussa les mâchoires de la créature avant de lui asséner un formidable coup de poing avec son bras droit, ce qui fit reculer le monstre.

- Suika, ton bras ! s'inquiéta Reimu.
La plaie causée par l'acide n'était pas belle à voir. Toutefois, la résistance naturelle de l'oni permit à son membre de ne pas fondre, ce qui serait arrivé pour un humain.
- T'inquiètes, on met sa raclée à ce truc puis on s'occupera des détails, lança la rouquine.
(- Merde envieux, cette gamine est ton amie ! Calme-toi maintenant !), intervint Pride.

Réo se contenta de pousser un rugissement et envoya ses flammes vertes sur les filles, ce qui confirma les craintes de l'Ombre.
L'Envieux avait perdu le contrôle.
Reimu réagit instantanément et lança quatre sceaux. Ceux-ci créèrent un bouclier d'énergie bleu rectangulaire, ce qui les protégea.
Suika tendit son bras droit vers l'arrière. Toutes les flammes qui dévoraient les arbres disparurent pour se rassembler autour de la main de l'oni qui envoya le tout sous la forme d'une grosse boule de feu orange.

Le projectile s'écrasa sur la tête de l'Envie qui recula. Un instant, son âme s'affaiblit.
Pride ne s'y trompa pas.
Il ne pouvait pas prendre possession du corps de Réo mais il put au moins agir afin d'éviter la catastrophe.
L'œil gauche de l'Envie devint brièvement violet à la pupille verticale. Son ombre s'étendit tout autour de lui puis des dizaines de lames de noirceur en jaillirent et le transpercèrent de part en part.

L'action figea tous les combattants, éberlués.
Les cris s'étaient tus puis, alors que les ombres refluaient, Réo reprit doucement forme humaine.
Il tomba à genoux, vidé.

- Réo ? C'était toi ! Mais qu'est-ce qui t'as pris ! s'écria Suika.
Il ne répondit pas, gardant la tête basse.
La forme qu'il avait prise… Plus le combat avait duré, plus avait perdu le contrôle, sans pouvoir revenir en arrière.
Reimu le regarda, en silence.
Quelque-chose clochait. Elle n'avait pas eu l'impression d'affronter Réo mais… Autre-chose. Et la réaction de Suika ne faisait que confirmer son impression.
Mais qu'est-ce qui n'allait pas avec ce type ?

La petite oni se mit à marcher vers l'Envieux, avec sans doute la ferme intention de lui en coller une. Elle se mit soudain à tituber puis s'effondra.
- Bon sang, ça fait maaaaal !
L'acide semblait s'être réveillé et s'il ne rongeait plus les chairs de la rouquine, il créait toutefois une douleur inimaginable.
Comme si on déversait du métal en fusion dans la plaie.

La douleur de l'oni fit se réveiller Réo.
Non.
Il ne voulait pas…
Il ne voulait pas que d'autres personnes souffrent !
Reimu se précipita vers son amie et la prit dans ses bras. Comprenant que la situation était grave, elle ne s'attarda pas plus sur l'Envie et décida d'emmener l'oni au seul endroit où elle pourrait recevoir des soins susceptibles de la guérir.
La petite oni semblait sur le point de tourner de l'œil et Reimu fut obligée de la prendre dans ses bras avant de s'envoler.

Réo serra les poings, si fort que ses ongles s'enfoncèrent dans sa chair et firent couler un peu de son sang.
Il se haïssait.
Il se haïssait lui-même.
Il était responsable de tout ça. Tout était de sa faute.
- Pardon… Pardon à tous…
Ce furent les seules choses qu'il parvint à murmurer d'une voix chevrotante.

Pour la première fois depuis bien longtemps, il s'effondra en larmes…
You know who I am.
Dernière édition: il y a 6 ans 2 semaines par Jealousy.
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Re: [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1511

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Chapitre 14 : Le Cœur des Ombres


"Contrairement à la Lumière, l'Obscurité ne faiblit pas. Elle est constante, patiente et au final finit toujours par l'emporter. Toutefois, dans sa force réside sa faiblesse : une simple flamme, si petite soit-elle, suffit pour la tenir à l'écart.
L'Amour est plus fort qu'une simple flamme.
L'Amour peut embraser les étoiles."
Auteur Inconnu


- My, my, toujours aussi peu de monde ici…
Yukari Yakumo soupira puis fit quelques pas en avant, entrant ainsi dans le cimetière. Comme elle l'avait remarqué, les lieux n'étaient occupés par aucun être vivant. Les tombes se succédaient, ultimes vestiges du passage de ceux qu'elles abritaient. Elles se ressemblaient toutes, comme soulignant l'unité de tous dans la mort.
Peu de fleurs venaient apporter de la gaieté dans ce monde de pierres silencieuses, preuve que le dortoir de l'éternité était rarement visité.
Quelques feuilles jaunes, rouges ou marrons volaient ça et là, portées par une douce brise.

Son ombrelle ouverte posée sur son épaule droite, Yukari avançait, le bas de sa robe voletant en harmonie avec les feuilles. A la voir ainsi, elle donnait l'impression d'être un fantôme, errant seule et prisonnière de ce lieu déserté par la vie.
Enfin, pas tout à fait.

Les pas de la Youkai des Frontières la menaient tout droit au fond du cimetière. Un cerisier s'y trouvait.
Magnifique, ses fleurs roses contrastaient avec le reste du cimetière. Si tout le reste était morne, l'arbre apportait une touche de couleur, comme un hommage à la vie.
Une bougie dans la nuit.

Yukari se stoppa devant le cerisier, le contemplant avec un léger sourire.
Quel que soit le jour où on venait, il était toujours ainsi. Quelle que soit la saison aussi. Même en hiver, le cerisier perdurait et ses pétales volaient en compagnie des flocons de neige. Comme si le temps n'avait plus d'emprise sur lui.
C'était un phénomène que personne n'était parvenu à expliquer. Tout comme personne ne savait comment il était arrivé ici.
Il était juste là, inébranlable, impassible, éternel.

Selon certains, il s'agissait de l'un des plus beaux cerisiers de Gensokyo. Si ce n'était le plus beau. Ce genre de cerisier ne se trouvait qu'au Sanctuaire Hakurei, dont les cerisiers étaient vantés pour leur beauté.
La youkai baissa les yeux.
Ce n'était pas un hasard si ce genre de cerisier était ici, elle en était persuadée.

Sous l'arbre se trouvait une tombe légèrement plus grande que les autres, protégée par son gardien végétal. Une fleur était posée dessus, ce qui surprit Yukari.
Elle se baissa et ramassa délicatement l'hommage que quelqu'un avait fait à la personne qui reposait ici.

La fleur était étrange. Ses quinze pétales étaient rouges mais zébrés de blanc à l'extérieur mais le blanc devenait noir en leur intérieur. Leur forme était également surprenante, allongée et partant soit vers le haut, soit sur les côtés tout en s'affinant.
Une fleur qui n'existait pas à Gensokyo.

Cette constatation fit fermer les yeux à la Youkai des Frontières.
- Ainsi donc, tu es venu… murmura-t-elle.
Elle reposa la fleur et releva la tête, lisant l'épitaphe qui se trouvait en dessous du prénom, nom et des dates de naissance et de mort de la personne défunte.
Les mots firent à nouveau sourire la youkai.
Celle-ci se releva et regarda le ciel, comme y recherchant un signe. Rien ne se passa toutefois et elle s'éloigna doucement.

La brise matinale continua de déplacer les pétales roses, dont certains se posèrent aux côtés de la fleur inconnue.
Comme s'ils venaient également lire ce qui était écrit, une épitaphe de trois lignes, et rendaient un hommage silencieux à celle qui reposait là et qui était, selon la date, morte quinze ans plus tôt.
Une certaine Surana Hakurei…

A travers le temps et la mort
Dans les souvenirs et les cœurs
A jamais présente



Désespoir.
Culpabilité.
Telles étaient les pensées qui occupaient Réo. Il avançait dans la forêt, sans but, torturé par ce qui venait de se passer et par ce qu'il avait fait dans son monde d'origine.
Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même.
S'il n'avait pas signé ce Pacte, rien se serait arrivé. Car il était également responsable des agissements de Malbas. Tous ces morts…
A quoi bon ?
Qu'avait-il gagné au final ?

- Salutations ! fit soudain une voix masculine.
L'Envie se tourna vers la direction d'où elle provenait. Il s'agissait du Voyageur, lequel approchait.
Le Voyageur…

Une flambée de haine parcourut le polymorphe qui se jeta sur l'homme à la canne. Ce dernier pivota pour éviter un coup de poing et sauta en arrière.
- Vous saviez ! Vous saviez et n'avez rien fait ! s'écria l'Envieux.
Il changea son bras droit en trois fins tentacules terminés chacun par une pointe et les envoya sur son ennemi.
- Je ne suis pas venu me battre.
Le Voyageur avait disparut, se trouvant soudain trois mètres derrière le métamorphe. Il avait ses deux mains posées sur le pommeau de sa canne et avait parlé d'une voix sans émotion.
Réo utilisa le pouvoir de la Paresse pour augmenter sa vitesse et fuser vers le Voyageur, son bras droit étant redevenu normal mais le gauche étant devenu une lame. L'homme envoya une carte sur l'Envie, qui fut touchée au ventre et envoyé en arrière puisque le rectangle de papier explosa.
- Calmez-vous, tout ceci est parfaitement inutile ! argua l'homme vêtu de blanc.

Le polymorphe ne l'écoutait pas. Ses bras étaient normaux mais se recouvrirent de carbone noirâtre. A nouveau, il tenta de frapper le Voyageur.
- Arcane douze "Le Pendu"

Des dizaines de filins argentés surgirent du néant et s'enroulèrent autour de Réo, l'immobilisant totalement. Un fil s'était enroulé autour de sa cheville droite avant de monter, suspendant l'Envieux à quatre mètres du sol la tête à l'envers.
- My, my, peut-être qu'ainsi vous allez retrouver un semblant de raison, soupira le Voyageur.

Incapable de bouger ou de se transformer, Réo ne put que jeter un regard haineux à son interlocuteur.
- Ce n'est pas de cette façon que vous pourrez tenir tête à Lucifuge Rofocale ou ses Damnés. Vous n'êtes pas assez puissant pour cela. En tout cas, pas encore, commença l'homme.
Les filins disparurent soudain, ce qui fit s'écraser le polymorphe au sol.
- Tiens donc, alors que dois-je faire monsieur je-sais-tout ? grinça l'Envie en se relevant.
- Vous calmer, pour commencer.
La remarque ne fit qu'énerver encore plus Réo.
- Mais vous êtes qui à la fin ? Vous dites être un émissaire du Diable mais Lucifuge ne vous connaît pas ! Vous faites toujours comme si vous saviez tout et manipulez les autres pour je ne sais quelle raison ! Qui me dit que ce n'est pas vous qui êtes la cause de tout ceci ? Qui me dit que vous ne tirez pas les ficelles dans l'ombre pour tous nous détruire ou quelque chose de ce style ?
- Mon identité n'a aucune importance. J'ai en effet menti en me présentant comme émissaire et m'en excuse. Quant au fait que je sache certaines choses vous concernant, disons que mes cartes m'ont dévoilé cette partie de votre avenir, expliqua le Voyageur.
- Ah parce que vous lisez l'avenir en plus ?
- En quelque sorte, c'est plus complexe que cela. Pour simplifier, je peux avoir un aperçu de ce qui sera en utilisant mes cartes. Sachez que le futur est sans-cesse en mouvement, se subdivisant en plusieurs possibilités, comme des lignes. Ces lignes peuvent toutefois se rejoindre pour former un nœud. Ces nœuds sont inévitables, quoi que nous fassions, et sont propres à chaque ligne d'univers. Ces nœuds immuables sont ce qui est couramment appelé "Destin".
- Lignes d'univers ? releva Réo qui peinait à suivre.
- Ou dimension. Il existe une infinité de mondes parallèles. Certains ne sont que très peu différents n'étant que d'autres versions d'autres mondes, d'autres n'ont rien à voir. Par exemple, nous pourrions trouver une version du monde où la Barrière Hakurei n'a jamais été érigée, une autre version encore où un pirate démon aurait prit le pouvoir à Gensokyo. Il existe ainsi une infinité de variations pour une infinité de mondes.

Le polymorphe se massa les tempes, un mal de crâne commençant à apparaître.
- Pardonnez-moi, je me suis éloigné du sujet. Mon don de voyance me permet de voir un avenir possible, à moi de deviner les actions qui y conduiront. Voilà tout, conclut le Voyageur.
(- C'est quand même plus simple dit comme ça), remarqua Pride.
- Ça conforte ce que je pensais, vous manipulez les autres pour que le futur qui vous plait se produise ! accusa l'Envie.
- Ai-je donc tant la tête d'un marionnettiste ? Je ne peux que favoriser un avenir, si c'est dans mes possibilités, mais pas l'obliger à se produire. Je ne peux tout contrôler, ni tout prévoir, loin de là. Tenez par exemple, la montre de miss Izayoi. Il ne fait aucun doute que c'était son destin de l'obtenir, elle l'a gagnée au poker contre moi. Je n'avais absolument pas prévu de rencontrer cette fille. Et sachez que cette montre ne m'a appartenue qu'une journée. Je l'ai en effet trouvé la veille sur la table de nuit de ma chambre, dans l'auberge où je dormais et j'ignore toujours comment elle est arrivée là. Le Destin sans doute…
- Et vous espérez que je vais vous croire ?
- C'est vous qui voyez. Au final, faites comme bon vous semble. Je tiens juste à vous faire comprendre que je ne suis pas votre ennemi. Payer votre prix était inévitable.

Réo serra les poings en entendant parler de ce qu'il avait fait.
Il sursauta lorsqu'il vit que le Voyageur s'était rapproché, plongeant ses yeux orangés dans les siens.

- Cessez de vous torturer. Ce qui est fait ne peut être changé. Les morts ne reviennent pas, jamais, j'en sais quelque chose. Vous avez commis une faute, certes, mais il vous faut avancer. Trouvez votre voie.
- Vous… Vous me demandez d'oublier ce que j'ai fait ? Je…
- Non. N'oubliez jamais ceux que vous avez tués car eux ne vous oublieront pas. Vous avez supprimé toute votre famille, faites au moins en sorte que leur mort ait un sens. Il ne vous faut pas oublier, seulement accepter. Accepter ce que vous avez fait.

L'Envieux détourna la tête, tremblant.
- Comme si c'était facile… Tuer des innocents est une chose mais… Ma famille… Et même… Celle que…
Le Voyageur posa une main réconfortante sur l'épaule de l'Envie.
- Je sais que ce n'est pas quelque-chose de facile. Mais vous pouvez y arriver. Allez de l'avant. Je suis certains que de belles choses vous attendent. Ce jour est un nouveau départ pour vous, alors levez la tête et avancez.
- … Qui dit que je peux… Je suis un monstre… Je ne peux qu'apporter le malheur…
La voix du métamorphe était chevrotante.
- Ce ne sont pas nos aptitudes qui décident de qui nous sommes, ce sont nos choix. Il est l'heure pour vous de choisir, rester à terre ou vous relever ?
(- Il a raison, envieux. Avance, qu'on puisse pourrir Lucifuge, les Damnés et Malbas !)

La réplique de Pride fit sourire l'Envie.
Oui, il allait se relever.
Il avait commit des erreurs, il devait se racheter.
- Merci, murmura-t-il.
- Tout le plaisir est pour moi, fit le Voyageur en s'inclinant.
- Mais… Comment connaissez-vous Lucifuge ? Et pourquoi m'aidez-vous ? questionna Réo.
- Oh, nous avons plusieurs choses en commun vous et moi, voilà pourquoi je vous aide. Même si c'est à vous de tracer votre chemin.
- Vous n'avez pas répondu à ma question… Et je ne sais toujours pas qui vous êtes vraiment, ni ce que vous faites ici… Vous êtes un vrai mystère ambulant !

Le Voyageur esquissa un vague sourire avant de répondre :
- Les mystères font partie intégrante de notre monde. Cela ne nous empêche évidemment pas de tenter de les percer. Toutefois, certaines choses ne devraient jamais être découvertes…
Tout en parlant, sa main gauche, posée sur le crâne d'argent qui ornait sa canne, s'était crispée.
- Un problème ? s'inquiéta l'Envie en fronçant les sourcils.
- Non, ça ira. Trouvez votre lumière. Une fois ceci fait, faites tout pour la garder. Vous voulez savoir quel est mon but ? Sachez simplement que… Je suis ici pour honorer une promesse.
Le Voyageur esquissa un sourire à cette dernière phrase.
- Une promesse ? A qui l'avez-vous faites ? demanda Réo, curieux.
- Oubliez ça, ce n'est pas important. Je vous en ai déjà trop dit. Enfin, si ça peut vous aider, tant mieux.

Sur ces mots, l'homme vêtu de blanc sortit sa montre à gousset dorée fermée par un couvercle. Réo fronça les sourcils en la voyant.
Cette montre, elle ressemblait à…

- Il me faut me retirer désormais. Ce fut un plaisir de discuter avec vous. A la prochaine !
Le Voyageur avait parlé en rangeant sa montre, il retira ensuite son chapeau, s'inclina en le mettant au niveau de son cœur puis tourna les talons.
Il se stoppa toutefois rapidement et rebroussa chemin.

- Décidément, je deviens gâteux. J'étais, à la base, venu vous porter quelque-chose et j'ai bien faillit oublier. My, my, surtout ne vieillissez pas !
Réo pencha la tête sur la droite, signe d'incompréhension. Ses yeux s'agrandirent lorsque l'homme lui tendit un cylindre vert fermé avec un ruban rouge.
Le polymorphe le prit en remerciant le Voyageur et l'ouvrit sur-le-champ.
Le contenu faillit le faire sursauter sous la stupéfaction.
Un rouleau de papier ? Un message ?

Réo releva les yeux, voulant questionner le Voyageur, mais il était seul. A nouveau, l'homme avait disparut.
Sans laisser de traces et sans bruit.

L'Envieux soupira et s'assit contre un arbre avant de se mettre à lire le message. Les messages.
Ils provenaient de ses amis, amis qu'il s'était fait lors de son premier voyage, dans le monde où il avait été envoyé suite au Pacte. Il les avait quittés si brutalement…

Salut Réo, content de savoir que tu vas bien.
On était tous au Dragon Jasmin lorsque ce type en blanc est arrivé. Nous parlions justement de toi et il est venu vers nous et nous a expliqués ce que tu étais devenu.
De notre côté, la guerre est finie. J'ai vaincu Ozaï, Zuko est devenu le nouveau Seigneur du Feu, bref tout va bien. Malbas Elric n'a pas donné signe de vie depuis ce jour-là mais apparemment il t'a suivi… Je compte sur toi pour lui faire payer ses crimes !
Appa et Momo te passent aussi le bonjour.
J'espère qu'on pourra se revoir.
Ton ami, Aang


- YEAH, je savais que tu pouvais le faire, tête de flèche ! s'exclama l'Envieux en levant un poing vers le ciel.
(- Tiens, ce blaireau d'Ozaï s'est prit sa branlée ? Tant mieux, je pouvais pas le saquer ce type. Ils disent ce qu'est devenue l'autre folle d'Azula ?), commenta Pride.
- Attends, attends…

Cher Réo,
Je suis heureuse d'avoir enfin de tes nouvelles. On était tous morts d'inquiétude, surtout Toph même si elle ne l'avouera jamais. Aang l'a déjà dit, tout s'est arrangé ici. Et tu n'y es pas pour rien, merci pour tout ce que tu as fait pour nous. Ce n'est pas ton monde d'origine mais tu seras toujours le bienvenu. Ta bonne humeur et tes blagues nous manquent, ainsi que tes incessantes disputes avec Sokka.
Prends soin de toi.
Katara


(- Apparemment, ils ont toujours pas inventé le vaccin contre la niaiserie…)
- Pride !
(- Quoi ? Je parie qu'elle chialait, comme d'habitude. C'est pas un maître de l'eau pour rien).
- Tu es vraiment une enflure, tu le sais ça ?
(- La flatterie n'a pas d'effet sur moi. Continue de lire)

Salut le polymorphe !
Je suis content de savoir que t'es toujours en vie, la dernière fois que je t'ai vu, tu tombais dans le vide avec cette ordure de Malbas… Tu dois t'en douter, on a réussi notre mission ! Bon, j'ai perdu mon sabre et mon boomerang pendant la bataille mais je les ais retrouvés. D'après ce que nous a dit ce Voyageur bizarroïde, Malbas et toi êtes dans le même monde, alors je te souhaite bonne chance pour l'affronter.
Pète-lui les genoux et venge papa !
Suki n'est pas là mais je suis sûr qu'elle te souhaite aussi bon courage.
Essaie de revenir quand même.
Sokka


- Son sabre, j'ai bien faillit me le prendre dans la tronche lorsque j'affrontai Malbas. Comment il a fait pour perdre son arme sur un dirigeable et le faire tomber de sorte à ce qu'il atterrisse PILE devant moi ? maugréa l'Envie.
(- Cet andouille a un manque de chance assez épique)
- En tout cas, Katara et lui peuvent se rassurer, je vengerai leur père !
(- Lui et les autres ont dit qu'ils s'échapperaient, ils sont devenus une pierre philosophale à la place. En un sens, ils se sont bien échappés…)

Salut Réo,
Comme tu le sais, je suis le nouveau Seigneur du Feu. Azula est enfermée, ainsi que mon père. Aang n'a bien sûr pas pu le tuer…
Lors de mon combat, je me suis prit un éclair. Je sais enfin ce que tu as ressentis, sauf que je ne me régénère pas moi… En tout cas, diriger une nation est loin d'être chose facile, je peux te l'assurer. Mais je m'efforce de faire au mieux. Comme tous les autres, je te souhaite bon courage pour te mesurer à Malbas.
C'est à toi que revient la charge de lui faire justice.
En toute amitié,
Zuko


- Voilà, Azula est enfermée. Feraient mieux de la tuer tiens…
(- Si je pouvais la manger…)

Cher Réo Ryu,
Le monde te dois beaucoup. Si le destin a voulut que tu nous quittes, je suis cependant certains que nos chemins se recroiseront à nouveau.
La reconquête de Ba Sing Se a été un succès, et celle de mon magasin de thé aussi. J'espère pouvoir t'en servir un bientôt et te souhaite bonne chance pour toutes les épreuves qui t'attendent.
N'oublie jamais que quoi qu'il arrive, il y a toujours une lumière dans la nuit, il suffit de la voir.
Iroh


- Bon sang, ce que j'aimerai être avec eux, soupira Réo.
(- Iroh trouve toujours le moyen de sortir ses proverbes et autres phrases nébuleuses. Il devrait bien s'entendre avec le Voyageur tiens. Tu crois qu'ils jouent au Pai cho ?), railla Pride.
- Sais pas. Tiens, il reste un dernier message…

Salut monsieur le changeur de forme !
T'aurais quand même pu nous dire au revoir avant de t'en aller ! Rien que pour ça, j'ai envie de te frapper tiens. En tout cas, on a dû se débrouiller sans toi pour les dirigeables, t'as dû bien t'amuser avec l'autre et son alchimie.
En tout cas, on l'a plus revu depuis, mais vu ce qu'a dit l'homme avec sa canne, il semblerait qu'il soit toujours en vie.
T'as intérêt à lui mettre une raclée, parce que sinon, dimensions différentes ou pas, c'est moi qui t'en mets une ! Ça t'apprendra à me laisser tomber.
Maintenant que la guerre est finie, je m'ennuie à mourir. Mes parents n'ont pas franchement changé d'avis me concernant, ce qu'ils sont gonflants. Enfin, je suis quand même retournée chez eux, mais hors de question que je reste enfermée.
Pense à t'entraîner et débrouille-toi pour revenir !
C'est pas comme si tu me manquais mais… Un peu quand même…
Mes pensées t'accompagnent,
Toph

Ps : Je t'ai fais un bracelet, mets-le, ça évitera que tu m'oublies !


(- C'est trop mignoooon. Je me disais bien que la petite aveugle allait te laisser un mot. Vu l'écriture, c'est Katara qui a été réquisitionnée pour servir de stylo), commenta Pride.
- Toph… Toi aussi tu me manques… Vous me manquez tous…
Réo avait fermé les yeux tout en parlant. Puis il regarda à l'intérieur du cylindre et le fit basculer au-dessus de sa main gauche.
Un bracelet tomba.

Fait de métal, il avait la forme d'un dragon au corps serpentin, lequel se mordait la queue, formant ainsi un cercle.
- Merci Toph, je suis pas prêt de t'oublier avec ça… murmura l'Envie avec un sourire.
Il passa le bracelet à son poignet gauche, à peine étonné qu'il soit parfaitement dimensionné.

Il se releva et ré enroula le rouleau de papier avant de le remettre dans le cylindre. Il était prêt.
Prêt à avancer.

La première chose que fit Réo fut de retourner chez lui. Il déposa le rouleau dans une chambre, celle qui se trouvait en face des escaliers. Il s'agissait de la seule qui, pour le moment, avait un lit et le rouleau fut posé en dessous.
Puis, l'Envie sortit et alluma son Ipod avec un soupçon de plaisir. Il y avait des tas de musiques qu'il avait récemment trouvé mais n'avait pas écouté, et ignorait même à quoi elles correspondaient.
Ne voulant pas choisir, Réo appuya sur lecture aléatoire et se mit à marcher au hasard…

- Hey toi, reviens ! cria Momiji à la personne qu'elle poursuivait.
Celle-ci ne changea pas d'attitude et continua de courir.
Vêtue d'une cape noire enroulée autour d'elle et dont le bas était déchiré, la personne en question filait tout droit, s'enfonçant de plus en plus dans la forêt youkai. Un masque blanc cachait son visage, masque uniquement percé de deux trous pour les yeux, n'ayant ni nez ni bouche ni quoi que ce soit d'autres hormis deux lignes rouges transversales partant du bas vers les yeux.

Momiji avait repéré cette femme, ses formes indiquaient qu'il s'agissait d'une femme, dix minutes plus tôt. Elle avait immédiatement prit la fuite mais la tengu comptait bien la rattraper.

La damnée jeta un coup d'œil en arrière et fit un geste brusque avec son bras droit.
Trois pointes métalliques jaillirent de sa main gantée de noir et fusèrent vers Momiji. Celle-ci eut le réflexe de se protéger avec son bouclier, lequel stoppa les pointes qui se fichèrent dedans. Ce faisant, la tengu ne put voir la fuyarde un court instant.
Cela suffit pour que la damnée disparaisse entre les arbres, échappant au regard de sa poursuivante.
Momiji n'était toutefois pas du genre à abandonner et continua d'avancer. Elle arriva ainsi devant une maison en bois qu'elle reconnut immédiatement.
Celle de Seishi Kodoku, la magicienne qui avait été retrouvée morte.

Ne voyant aucune trace de la femme qu'elle poursuivait, la tengu arriva à la conclusion qu'elle était dans la demeure et entra.
Rien n'avait changé.
Trois mètres après la porte se trouvait toujours une table ovale entourée de quatre chaises. Les étagères étaient toujours là, disposées contre le mur du fond et supportant des dizaines de livres.
Aucun ne manquait.
Momiji fit quelques pas, et remarqua des traces sur le sol, des sortes d'irrégularités dans le plancher.

Dans une pièce sombre, deux yeux rouges s'allument.

La tengu s'accroupit et entendit un bruit un étrange. Comme si quelque-chose se déplaçait sous la maison. Pourtant, aucun escalier permettant de descendre était en vue.
Sans compter que la maison était vide.
Un bruit de pas provenant de l'extérieur attira l'attention de la sentinelle. Celle-ci se précipita dehors, étant sûre qu'il s'agissait de celle qu'elle pourchassait.

Les yeux s'éteignent, la pièce replonge dans le noir…

- Mince, tu ne m'échapperas pas ! cria Momiji, croyant avoir aperçut une forme s'éloignée.
Elle se rua dans cette direction, déterminée. Elle ne vit donc pas la damnée, silencieusement accroupie sur le toit de la maisonnée.
Inya attendit un peu que Momiji se soit éloignée puis sauta souplement à terre, sans faire le moindre bruit. Elle reprit ensuite son chemin, à l'exact opposé d'où était partie la tengu…

- Tiens, le soleil commence à se coucher…
Cela faisait bien deux heures que Réo était perché dans un arbre, à écouter de la musique tout en réfléchissant. Une vieille habitude de son ancienne vie, à ceci près qu'il était à plusieurs mètres du sol maintenant. Il retira ses écouteurs et…
Un bruit d'explosion attira son attention.
Des gens se battaient ?
L'Envieux sauta, atterrissant brutalement au sol ce qui fit s'enfoncer la terre sous ses pieds et crépiter quelques éclairs rouges. Le polymorphe se changea en loup et alla dans la direction d'où provenait le bruit…

Enfin…
Essoufflé, Malbas contemplait sa victime. Ses deux lames lui avaient coûté de nombreuses vies, sans sa régénération accélérée il n'aurait jamais pu la battre.
Les alentours étaient dévastés. Des arbres avaient été réduits en morceaux, des cratères constellaient le sol, l'herbe était noircie par endroits.
La fille était inconsciente, sa tenue verte était déchirée à plusieurs endroits et laissait entrevoir diverses blessures qui saignaient encore. Ainsi, plusieurs plaies ornaient son bras gauche et sa joue droite. Des griffures saignaient au niveau de son ventre et son flanc droit était en partie brûlé.
Elle s'était battue jusqu'au bout mais ça n'avait pas suffit face au Dévoreur.
Celui-ci s'accroupit et posa sa main gauche sur le visage de la fille aux cheveux argentés coupés courts, commençant ainsi à dévorer son énergie vitale. Etrangement, cela prenait plus de temps qu'avec les humains et les youkais habituels.
Le corps de la jeune fille commença toutefois à perdre de la couleur, tout comme le sorte de fantôme qui l'accompagnait.
Le plaisir infini de satisfaire sa faim dévorante fit sourire le tueur…
Puis se fut la douleur qui s'imposa.

Le Dévoreur vit, effaré, son bras gauche tranché au niveau du coude tomber au sol. Il se releva d'un bond et se tourna vers la droite, étant certains d'avoir vu une forme noire partir de là-bas pour l'attaquer.
Il ne put que voir un être aux longs cheveux blancs et vêtu de noir lui donner un puissant coup de pied en plein ventre, l'envoyant trois mètres plus loin.

Avec rage, Malbas se releva.
Trois pointes de noirceur se fichèrent dans sa gorge, ressortant par sa nuque, puis s'écartèrent horizontalement, le décapitant sur le coup.
Le tueur se soigna rapidement et vit que son adversaire ne faisait plus du tout attention à lui, s'étant accroupit près de la jeune fille.

- Youmu, tu m'entends ! Réponds !
La voix de Pride était emprunte d'inquiétude, chose pour la moins inhabituelle. Animé d'une fureur sans nom, il avait prit possession du corps de Réo immédiatement après avoir reconnu Youmu et ce sans que le propriétaire du corps n'ait pu réagir.
L'Orgueil tournait le dos à son adversaire, ne se préoccupant plus du tout de lui. Il réagit toutefois immédiatement lorsqu'un craquement se fit entendre.
Ses ombres l'entourèrent, lui et Youmu, formant un bouclier obscur parcourut d'œils et de sourires formés par des dents effilées. Le rayon transparent caractéristique de la Combustion de Malbas percuta les ombres et l'explosion habituelle eut lieue.
Instinctivement, Pride avait prit Youmu dans ses bras, mais le bouclier obscur tint bon face au souffle de la déflagration.
Puis les ombres refluèrent et l'Orgueil se releva avant de se tourner, son visage exempt de toute émotion.

- Ces ombres, les yeux violets… Pride ? Depuis quand protèges-tu quelqu'un ? Ce n'est pas dans tes habitudes. Je vois que tu t'es trouvé une apparence propre à toi, c'est bien, fit Malbas d'un ton railleur.
Pride ne répondit pas, fixant son ennemi d'un regard glacial. Si intérieurement, il bouillonnait de rage, il n'en laissait rien paraître.
- Tu t'es donc pris d'affection pour cette fille. Tes yeux te…
Malbas fut incapable de finir sa phrase.

Une vingtaine de pointes ou de lames, les ombres de Pride étant fines, noires fusèrent dans sa direction à une vitesse folle, le lacérant de toutes parts. Malbas sauta en arrière et donna un coup de pied circulaire. Une vague de feu fondit sur l'Orgueil, lequel ne bougea pas. Comme investies d'une force écrasante, ses ombres dissipèrent les flammes en plongeant dedans pour ensuite partir sur les côtés. Puis les ombres refluèrent avant de repartir, ayant pris la forme d'une mâchoire gigantesque bien que fine, n'ayant aucune épaisseur.
Malbas tapa dans ses mains et créa un mur de métal à partir du sol en les posant dessus. Puis il sauta…
La mâchoire obscure détruisit le mur comme s'il était en papier et suivit les mouvements du Dévoreur, se refermant au niveau de sa taille.
Coupé en deux, Malbas chuta.

Il s'était à peine régénéré et relevé que deux points noire se fichèrent dans ses yeux, alors qu'il tournait la tête vers Pride.
- Tu pourras me regarder dans les yeux lorsque je te tuerai, annonça l'Orgueil d'une voix sans âme qui donnait des frissons d'angoisse.
Les pointes bougèrent en empruntant une trajectoire transversale et descendante, tranchant le tueur en trois.
Il en fallait plus que ça pour le tuer, aussi Malbas se releva.

Pourquoi ?
Pourquoi n'arrivait-il à rien ?
Pride n'avait jamais parut si puissant, si féroce, pourtant il n'utilisait que son pouvoir de contrôle des ombres.
Il n'était pourtant pas plus agile ou rapide que d'habitude…

Malbas joignit les paumes de ses mains et les posa au sol, transmutant plusieurs chaînes terminées par des pointes, lesquelles tentèrent de blesser Pride.
Ce dernier fonça vers son ennemi, réduisant les projectiles en pièces avec ses ombres. Celles-ci se rejoignirent pour former une main gigantesque, cette fois ayant un volume. Le Dévoreur, éberlué, sauta sur le côté pour éviter l'attaque et pivota. L'eau contenue dans un arbre jaillit de ce dernier, le faisant éclater, et rejoignit le bras gauche du tueur. D'un geste, il envoya l'eau sur l'Orgueil, lui faisant adopter une vitesse suffisante pour le trancher en deux.
Sans se départir de son calme effrayant, Pride se jeta en avant, passant au-dessus de l'eau, roula et, alors qu'il se relevait, projeta plusieurs ombres sur son adversaire.
Elles avaient leur forme classique de pointes et transpercèrent l'abdomen du Dévoreur avec tant de force qu'il fut épinglé contre un arbre.

Le tueur cracha un peu de sang à l'impact et tendit son bras droit vers l'Orgueil. Sur la paume était tatoué le cercle de transmutation habituellement gravé sur son gant métallique. Il avait toutefois été détruit par Youmu et ce fut donc de la paume la main que jaillit dans un craquement un rayon transparent.
Pride évita de se faire exploser en sauta sur la droite, ce qui fit refluer ses ombres et donc libéra Malbas.
Le souffle de l'explosion ne fit ni chaud-ni froid à l'Orgueil, sa veste noire volant au vent.

Malgré qu'il ait commencé à absorber l'énergie vitale de Youmu, Malbas était épuisé. Pride était intraitable et ne lui offrait pas une seconde de répit.
Le Dévoreur tendit ses deux mains, lançant une volée de flammes vers son ennemi. Implacable, celui-ci envoya deux ombres sous forme de pointes qui traversèrent le feu et tranchèrent les deux mains du tueur, mettant fin à l'attaque.
Pride se rapprocha de Malbas.

Le Dévoreur avait les traits déformés par la rage et la douleur. Il remarqua toutefois la carte que l'Orgueil tenait dans sa main gauche.
- Soul Poison "Snake's Shadow"

L'ombre de Pride se changea alors en un serpent. Entièrement noir, il mesurait deux ou trois mètres. Ses yeux étaient verts et des filaments noirs accompagnaient son corps.
- Cadeau d'une youkai décédée, annonça l'Ombre avec un sourire mauvais.

Il tendit ensuite sa main gauche vers Malbas. Le serpent se jeta sur lui, évita une boule de feu en se tordant, s'enroula autour de sa proie qui fut mordue à l'épaule droite. Le serpent disparut aussitôt.
Malbas fit quelque pas en arrière.
- C'est tout ? railla-t-il.
Il voulut repasser à l'attaque mais il tituba. Il se sentait mal. Sa tête commençait à tourner, le décor s'était mit à onduler…
Malbas tenta de lancer une boule d'énergie bleue, le projectile se perdit en l'air.
- Que… Qu'est-ce que tu m'as fais ? Enfoiré !
Pride avait croisé les bras et regardait son adversaire avec délectation, ne se donnant même pas la peine de répondre.
Malbas se prit la tête dans les mains et tomba à genoux.
Chaque mouvement lui demandait un effort monumental, son esprit était devenu incapable d'avoir une pensé cohérente.
Mais comment était-ce possible ? Sa régénération le rendait insensible au poison !
Sauf s'il affectait l'âme…

Lentement, Pride s'approcha de son adversaire désormais vulnérable. Son ombre s'étendit en cinq tentacules de noirceurs qui s'élevèrent doucement avant de fuser vers le Dévoreur.
Qui disparut dans une gerbe de flammes.
L'Orgueil soupira de dépit puis se précipita vers Youmu.

La jardinière respirait faiblement mais était toujours en vie. Il était toutefois évident qu'elle avait besoin de soins au plus vite, ses blessures saignant toujours.
- Allez, tiens bon !
Pride prit Youmu dans ses bras et activa une nouvelle spellcard.
- "Shadow flight"

Deux ailes d'ombre semblant brumeuse, comme ne faisant pas totalement partie de la réalité, apparurent dans le dos de l'Orgueil. Il ne s'agissait pas d'ailes complètes, leur forme n'étant que le squelette d'ailes normales.
Cela suffit cependant pour que Pride s'envole d'un bond.
D'après les souvenirs d'Hebi, il savait qu'une clinique se trouvait dans la Forêt de Bambous des Egarés. Il atteignit rapidement la forêt sus-mentionnée et atterrit parmi les bambous.
Youmu toujours serrée contre lui, Pride s'élança à travers l'étendue verte.
Elle ne devait pas mourir.
Non.
Elle n'allait pas mourir !
Ses ombres lui ouvraient la voie, éliminant les obstacles qui lui auraient imposé des détours, et donc lui auraient fait perdre du temps. Hebi connaissait le chemin jusqu'à l'Eientei par le sol, c'était la raison pour laquelle l'Orgueil s'était posé.
Malgré la disparition de l'âme de la youkai serpent, ses pouvoirs et souvenirs étaient toujours disponibles.
- Accroche-toi, on y est presque !
Pride ignorait si Youmu pouvait l'entendre ou non, mais au fond c'était sans doute lui qu'il essayait de rassurer.
L'Orgueil écarta cette pensée et se concentra sur son objectif. Fort heureusement, la maison de l'éternité se dessina rapidement aux yeux de l'Ombre qui accéléra.

Ses ombres défoncèrent littéralement la porte d'entrée, ce qui fit sursauter les personnes qui étaient à proximité.
Il s'agissait de filles en robe blanche et ayant les cheveux courts. Deux oreilles de lapin tombaient de part et d'autre de leur tête.
Pride n'y prêta aucune attention, déboulant dans le manoir sans s'inquiéter d'autre chose que de l'état de Youmu.
- Si y'a quelqu'un capable de soigner, qu'il se dépêche ! Sauvez-la ! hurla l'Orgueil.

Une femme aux longs cheveux argentés coiffés en queue de cheval et portant des vêtements rouges et bleus ainsi qu'une sorte de bonnet d'infirmière bleu-nuit arriva.
Elle donna de rapides ordres aux filles qui étaient à proximité, lesquelles partirent chercher un brancard.
Pride posa la blessée dessus puis regarda les autres partir, se sachant totalement inutile à partir de cet instant.
Elle allait survivre.
Elle devait survivre.
L'Orgueil regarda ses mains et constata qu'elles étaient maculées du sang de Youmu, tout comme une partie de ses vêtements.
Pour une fois, il n'eut aucune envie de le goûter.
Non, pire.
Il n'en supportait tout simplement pas la vue.
Pourquoi ?
Pride serra les poings, rejetant cette question, et fit une promesse.
- Malbas… Je te le promets, je vais te tuer… Sois-en certains, je vais te faire la peau !

Loin de là, un Dévoreur semble agoniser. Ses douleurs sont insupportables et il a faim.
Oh oui, si faim.
Il perd le contrôle de ses mouvements, s'agitant partout en hurlant.
Il a faim.
Sa peau devient grisâtre, tout comme ses cheveux. Son visage s'allonge et s'amincit, ses dents deviennent des crocs, la cornée de ses yeux se pare de noir, son iris devient rouge.
Si faim…
Ses doigts se sont allongés, tout comme ses ongles devenus de redoutables griffes. Sur les paumes s'ouvre une sorte de bouche garnie de crocs mais sans langue. Le Dévoreur est également plus grand, ses pieds se sont allongés et garnis de griffes tout en étant légèrement oblique, ce qui donne l'impression qu'il marche sur leur pointe.
Oui, il a faim. Une faim dévorante, qu'il lui faut satisfaire à n'importe quel prix.
Désormais vêtu de haillons, le Dévoreur pousse un cri, tel un appel ou une mise en garde.
La chasse est ouverte…
You know who I am.
Dernière édition: il y a 6 ans 2 semaines par Jealousy.
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Re: [Fanfic] L’Uroboros de l’Enfer : fantastique voyage illusoire il y a 7 ans 1 mois #1515

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Chapitre 15 : Faim insatiable


"La résurrection des morts a toujours été présente dans les esprits, que se soient ceux des Humains, Démons ou des autres créatures. Toutefois, il s'agit d'une impasse.
Relever un corps est facile, mais il s'agit alors d'un simple zombie, à la puissance variable certes mais cela reste une coquille vide.
Ramener une âme, ou un esprit, est plus difficile. Le résultat est un fantôme mais ils ont tendance à oublier leur ancienne vie et peuvent alors devenir de toutes autres personnes. Et ils sont toujours considérés comme morts.
Il est théoriquement impossible de ramener une âme disparue et de lui faire réintégrer son corps, comme si elle n'avait jamais été morte.
Bien que…"
Mortac, Treizième Grand Maître,
Paroles du Premier des Morts et Seigneur des Tombes


La Forêt était silencieuse. Ni le bruissement des arbres, ni le chant des oiseaux ne se faisaient entendre. Et dans ce silence avançait Youmu.
Pourquoi était-elle là ?
Elle-même l'ignorait, elle avançait simplement, ne se doutant pas du danger qui la guettait. Du moins pas avant qu'il n'apparaisse devant elle.
Un jeune homme aux longs cheveux blonds noués en catogan, vêtu de noir et arborant un sourire avenant. Il aurait pu être séduisant si son regard doré n'était pas aussi froid.
Sans prévenir, il envoya une boule d'énergie bleue que la jardinière évita en sautant sur le côté. Elle dégainait à peine Roukanken qu'une volée de flamme jaillissait du poing fermé de Malbas.
La demi-fantôme s'envolant et fit effectuer un arc de cercle à sa lame, ce qui eut pour effet d'envoyer de multiples projectiles d'énergie bleus sur le Dévoreur.
Ce dernier fléchit leva un bras, ce qui fit sortir un mur de pierre du sol, lequel fut ébréché par les projectiles. Puis il joignit ses mains et les posa sur la protection de fortune. Plusieurs éclairs bleus apparurent, ainsi qu'une lumière bleue également alors que le mur se muait en une pointe de flèche géante qui fusa vers la demi-fantôme.
Roukanken trancha le projectile comme du beurre mais ne fut d'aucune utilité lorsqu'un rayon transparent passa à la droite de la jardinière et causa une explosion qui la fit violemment chuter au sol, lui causant également une sérieuse brûlure au côté droit.
Allongée sur le dos, Youmu était incapable d'ouvrir les yeux et de bouger. Ses membres étaient aussi lourds que des blocs de plombs, elle ne pouvait rien faire si ce n'était attendre son sort. Elle entendait son adversaire s'approcher, ricaner.
Oui, elle allait mourir.
D'ailleurs, elle avait l'impression de partir progressivement, comme si la Mort l'attirait lentement à elle. Puis tout se stoppa.
Des bruits de lutte, des cris de douleurs…
Des ombres l'entourant, des ténèbres qui toutefois n'étaient pas menaçantes mais… Protectrices. Puis une voix.
Habituellement chargée d'orgueil et de sarcasmes, elle était cette fois emprunte d'inquiétude. Et de lumière.
Youmu s'y raccrocha avec l'énergie du désespoir, comme s'il s'agissait de l'ultime fil qui la reliait à la vie.
Un fil fait d'ombre.
Des bras l'enserrèrent, il lui sembla qu'on la portait, puis…


Youmu se réveilla en sursaut.
Elle était allongée dans un lit, lequel était au milieu d'une chambre obscure. La fenêtre à sa droite était cachée par d'épais rideaux qui empêchaient la lumière du jour d'entrer dans la pièce.
La demi-fantôme voulut se relever mais une vive douleur au niveau de son flanc droit l'en dissuada. De plus, elle se sentait faible, vidée de ses forces.
Des bandages enserraient la majeure partie de son torse et de son ventre ainsi qu'une partie de son bras gauche. Un pansement ornait également sa joue droite. La jeune fille avait pour vêtements un pantalon blanc et une chemise blanche également, laquelle était ouverte.
Youmu tourna sa tête vers la gauche et remarqua qu'un verre d'eau ainsi que quelques comprimés étaient posés sur une table de chevet.
Elle tenta à nouveau de se redresser, ce qui la fit grimacer de douleur.

- Tu devrais te ménager, que tu sois encore en vie tiens du miracle, ou de la chance.
Youmu se stoppa et regarda à nouveau vers la gauche, dans la direction d'où provenait la voix masculine qui s'était fait entendre.
Elle ne l'avait pas repéré avant mais quelqu'un se tenait adossé au mur, près de la porte.
Il portait une longue veste noire dont le bas semblait déchiré qui surmontait une chemise noire veinée de rouge et un pantalon tout aussi sombre. Son regard mauve aux pupilles verticales était braqué sur la demi-fantôme et ses bras étaient croisés sur son ventre.
- Pride ? Que fais-tu ici ? Où suis-je d'abord ? demanda Youmu, soudain gênée.
Elle ramena instinctivement ses draps à elle, chose peu utile puisque les bandages et la chemise cachaient ce qui aurait pu attirer le regard de l'Orgueil.
Celui-ci émit un petit rire moqueur, affichant ainsi le peu de cas qu'il faisait de la tenue de la demi-fantôme.
- Tu es à l'Eientei, ne t'inquiètes pas. Je ne faisais qu'attendre que tu te réveilles. Tu ferais mieux de prendre tes médicaments pour faire taire la douleur, expliqua Pride d'un ton détaché.
Youmu opina et s'exécuta, ayant visiblement un peu de mal à atteindre les médicaments. Pride ne bougea toutefois pas d'un pouce pour l'aider.
Une fois les comprimés avalés, la jardinière se replongea au fond de son lit.
- Comment suis-je arrivée ici ? s'enquit la demi-fantôme.
- C'est moi qui t'ai amenée, après avoir calmé les ardeurs de Malbas. Essaie de faire attention à l'avenir, je ne serais pas toujours là pour te sauver la mise, répondit l'Orgueil sans la moindre once de sympathie.

Pendant environ une minute, personne ne parla puis Youmu demanda :
- Pourquoi m'a-tu sauvée ?
- Plus Malbas absorbe d'énergie, plus il devient puissant. De plus, il obtient les pouvoirs et compétences de ceux qu'il dévore. Si je t'ai sauvée, c'est uniquement pour empêcher qu'il gagne puissance. Ça et rien d'autres, expliqua Pride.
Youmu serra les poings.
Comment pouvait-on être aussi insensible ? A l'entendre, il avait fait ça presque à contrecœur.
N'avait-elle aucune valeur à ses yeux ? Pourtant elle avait cru qu'ils étaient… Amis.
Ses yeux commençaient à s'embuer de larmes lorsque la porte s'ouvrit sur une étrange fille.

Etrange car elle possédait deux longues oreilles de lapins, lesquelles surmontaient une chevelure violette. La fille était vêtue d'une veste sombre ainsi que d'une jupe violette et une cravate rouge et avait des yeux rouges qui donnaient une sensation étrange. Elle transportait un plateau sur lequel étaient posés des flacons, des ciseaux et de quoi faire des bandages.
- Oh, tu t'es réveillée. Parfait, ça sera plus pratique, réagit la lapine en voyant que Youmu ne dormait plus.
- Bonjour, Reisen, la salua la demi-fantôme.
La dénommée Reisen posa son plateau sur la table de chevet puis se tourna vers Pride.
- Je vais changer les pansements, si vous pouviez…
L'Orgueil soupira.
- Ça va j'ai compris, pas la peine de me faire un dessin. Je vais faire un tour, amusez-vous bien.
Tout en parlant, Pride s'était avancé vers la porte qu'il emprunta. Une fois en dehors de la chambre, il mit les mains dans les poches et s'éloigna.

Pendant ce temps, Reisen défaisait le bandage qui entourait le ventre de Youmu. Celle-ci s'était mise sur le ventre, ce qui permit à la lapine de mieux observer la brûlure qui parcourait le flanc droit de la patiente.
- Alors ? s'enquit nerveusement la demi-fantôme.
- Tu veux l'avis personnel ou l'avis médical ? demanda Reisen.
- Les deux.
- D'un point de vue clinique, c'est déjà mieux que quand tu es arrivée. Une chance que Dame Yagokoro ait pu te prendre en charge à temps. Personnellement, je trouve que cette brûlure reste impressionnante. Enfin, ta vie n'est plus en danger, c'est le principal…
Reisen prit ensuite un flacon remplit de crème et en appliqua le contenu sur la brûlure, ce qui fit grimacer Youmu à cause de la douleur que cela provoqua. Puis Reisen inspecta consciencieusement les autres blessures. Cela allait du simple hématome à des entailles diverses. Toutefois, seule la brûlure était une blessure véritablement sérieuse.
- Mais qui a bien pu te faire ça ? demanda la lapine alors qu'elle terminait de remettre un bandage.
- Un certains Malbas Elric… Je l'ai rencontré dans la Forêt de la Magie et il m'a attaqué sans raison. Les blessures que je lui infligeais se sont toutes refermées, même les plus graves et celles qui auraient dû le tuer, narra la demi-fantôme.
Sa voix s'était fait fébrile. Elle savait qu'elle avait bien faillit perdre la vie dans cet affrontement.
- Heureusement que ce Pride t'as sauvé…
- Tu parles ! A l'entendre, c'était plus une corvée qu'autre-chose… A croire qu'il m'aurait laissée mourir s'il avait eut le choix…
Reisen sourit et reposa ce qu'elle avait en main sur le plateau. Youmu parvint à s'asseoir mais son expression était teintée de tristesse.
- Je pense que tu as tort. Tu ne l'as pas vu lorsqu'il est arrivé en te portant dans ses bras, commença Reisen.
- Comment ça ?
- Il avait l'air complètement paniqué. Pour tout te dire, il a littéralement fracassé la porte d'entrée et hurlé dans le couloir qu'on vienne te soigner. Je crois que si nous n'avions pas pu te sauver, il aurait détruit tout l'Eientei…
Reisen avait prononcé cette dernière phrase sur le ton de la plaisanterie mais Youmu sentait qu'elle ne plaisantait qu'à moitié.
- Tu veux dire qu'il était inquiet ? A mon sujet ? Mais pourquoi est-il aussi froid avec moi maintenant ? s'étonna-t-elle.
Le comportement de l'Orgueil décontenançait la demi-fantôme, aussi Reisen haussa les épaules.
- Qu'est-ce que j'en sais moi ? C'est peut-être le genre de type qui ne montre pas ses sentiments. Tu le connais apparemment…
- Oui, en effet, je le connais…
Youmu soupira puis regarda autour d'elle.
- Au fait, où sont mes vêtements ?
- Je les ai donnés à laver, ils devraient être secs maintenant, je vais te les chercher. Repose-toi maintenant.
Youmu acquiesça et se recoucha. Elle avait toutefois la désagréable impression d'oublier quelque-chose…

L'Eientei avait beau être grand, il n'égalait pas le Manoir du Démon Ecarlate en ce qui concernait l'immensité et surtout la complexité. C'était les raisons pour lesquelles Pride déambulait dans les couloirs sans s'inquiéter de la direction qu'il prenait.
Son sens de l'orientation était largement supérieur à celui de Réo de toute façon.
L'Envieux ne s'était d'ailleurs pas manifesté depuis que Pride contrôlait son corps, comme s'il était endormit. En un sens, c'était justifié, les deux jours précédents ayant été particulièrement éprouvant.

Une porte s'ouvrit derrière l'Orgueil, ce qui le fit se retourner. Il vit alors une fille blonde aux cheveux coupés au niveau des épaules sortir de sa chambre. Elle était vêtue d'une robe bleue et blanche et s'appuyait sur une béquille.
La robe empêchait de les voir mais ses jambes étaient parcourues de cicatrices, condamnées toutefois à disparaître grâce à la médecine d'Eirin Yagokoro. La blessée effectua quelques pas malhabiles, ayant visiblement du mal à bouger les jambes.
Bien entendu, Pride ne fit strictement rien pour l'aider, remarquant seulement que sa robe ressemblait beaucoup à celle que portait Seishi Kodoku.
Du moins, ce qu'il en restait.

- Qui êtes-vous ? s'enquit la fille en remarquant l'Orgueil.
Elle paraissait méfiante.
- Mon nom est Pride. Et toi ?
- Alice Margatroid…
Sa voix était fatiguée.
- Je vois, tu dois être celle que Marisa a évoquée. Ôte-moi d'un doute, celui qui t'a mise dans cet état était bien Malbas Elric ? demanda Pride sans la moindre trace de compassion.
- Euh, oui… C'est comme ça qu'il s'est présenté… Comment sais-tu ça ?
- Je m'en doutais, voilà tout. Estimes-toi heureuse d'être en vie, Malbas fait rarement des survivants…

Alice voulut répondre quelque-chose mais elle fut coupée par l'arrivée d'une femme aux longs cheveux argentés coiffés en queue de cheval et étant vêtue de vêtements rouges et bleus ainsi qu'une sorte de bonnet d'infirmière bleu-nuit.
Il s'agissait d'Eirin Yagokoro, celle qui avait prit en charge Youmu lorsque Pride était arrivé la veille au soir. Elle avait également autorisé l'Ombre à rester jusqu'à ce que la demi-fantôme soit rétablie.

La doctoresse était venue s'enquérir de l'état de sa patiente. D'après le peu que Pride daigna écouter, la magicienne était sur la bonne voie et retrouverait rapidement la pleine maîtrise de ses jambes.
Alice s'éloigna par la suite, Eirin lui ayant enjoint de marcher, ce qui apparemment favoriserait la guérison.

- Et vous, toujours à traîner dans les couloirs à ce que je vois, remarqua Eirin en s'adressant à l'Orgueil.
- Faut croire. Une dénommée Reisen m'a demandé de sortir de la chambre, alors je suis sortis, fit Pride, bras croisés.
- Puisque vous êtes là, pourriez-vous aller chercher les vêtements de Youmu ? Ils doivent être dehors, les lapins les ont nettoyés et réparé. D'ailleurs, d'autres sont en train de remettre la porte d'entrée en état…
Il n'y avait pas de colère ou de méchanceté dans la voix d'Eirin, et cela troublait Pride. Il avait été surpris par le comportement de la femme, si gentille, trop gentille presque. Elle était tout occupée à soigner ses patients et cela semblait être son seul but.
- D'accord, j'y vais. Et, euh, encore désolé pour la porte…
- Ce n'est rien, je vous l'ai déjà dit. Vous étiez uniquement préoccupé par l'état de votre amie et en panique, d'ailleurs le raffut que vous avez causé nous a permis d'agir rapidement.
Une fois de plus, Pride fut déconcerté par la réaction d'Eirin. Il se contenta alors de se détourner mais une question lui brûla alors les lèvres :
- Au fait, n'y a-t-il pas une oni qui soit passée ici récemment ?
- Si, Suika Ibuki. Elle avait une vilaine blessure au bras et était inconsciente, c'est Reimu Hakurei qui l'a amenée ici. Elle s'est réveillée au bout d'environ deux heures et est partie juste après, malgré mes efforts. Sa blessure n'était pas totalement guérie. Pourquoi cela ? Etait-ce encore ce Malbas le responsable ?
Pride avait en effet parlé du Dévoreur à Eirin, d'ailleurs ce nom ne semblait pas lui être totalement inconnu…
- Non… La blessure de Suika est dût à un regrettable incident mais pour une fois, Malbas n'y est pour rien. Bon, je vais ramener ses vêtements à Youmu. Sortit du contexte, cette phrase sonne étrangement…
L'Orgueil tourna donc les talons et se dirigea vers un salon qui, il le savait, donnait sur l'extérieur.
"Un regrettable incident".
Pride savait que Réo avait été très affecté par ce qu'il avait fait à son amie. La voir souffrir était une chose, la faire souffrir en était une autre. Et le traumatisme du massacre de sa famille n'arrangeait rien.
Si Réo restait silencieux malgré les tentatives de l'Orgueil pour lier la conversation, c'était parce qu'il lui fallait du temps. Du temps pour suivre les conseils du Voyageur et se mettre à avancer.
Et le temps qu'il se décide, Pride avait quartier libre, ce qui n'était pas pour lui déplaire.

L'Ombre récupéra rapidement les vêtements de Youmu et rejoignit la chambre de celle-ci. S'attendant à ce que la jardinière ce soit rendormis, Pride ouvrit sans prendre la peine de toquer à la porte.
Youmu était toujours allongée dans son lit et sursauta, l'Orgueil n'étant pas des plus délicats.
- C'est toi… constata la demi-fantôme.
- Et oui, désolé. Voilà tes vêtements, annonça l'Ombre.
Il les posa sur le lit de la blessée, laquelle fronça les sourcils.
- Un problème ? s'enquit Pride.
- Oui… Où sont mes armes ?
L'Orgueil se frappa le front avec sa main gauche, se traitant mentalement d'imbécile.
- Vu l'urgence, j'ai dû les oublier là où je t'ai trouvée, maugréa l'être vêtu de noir.
- Je vois… J'y tiens énormément, pourrais-tu aller me les chercher ? Je suis désolée mais je ne suis pas en état…
L'Orgueil laissa échapper un soupir de résignation.
- D'accord, j'y vais. Repose-toi en attendant.
Un faible sourire étira les lèvres de Youmu alors que Pride se détournait.
- Pride !
Il se retourna.
- Merci… Pour tout…
La voix de la demi-fantôme fit frissonner l'Orgueil. Son cœur accéléra, preuve qu'il en avait un finalement, et il éprouva un instant le désir de rester près d'elle.
Il ne laissa toutefois rien paraître de son trouble et sortit de la chambre sans un mot.

Puis il sortit de l'Eientei en passant par le même endroit que celui où il avait récupéré les vêtements de la demi-fantômes. Là, Pride activa sa spellcard "Shadow
Flight".
Des ailes d'ombres semblant brumeuses apparurent dans son dos et il s'envola en direction de la Forêt de la Magie.

Comme à chaque après-midi, la brume surplombait le Lac Brumeux, prouvant ainsi que ce nom n'était pas sans fondements. La visibilité était mauvaise mais cela n'empêchait pas une fée vêtue d'une robe bleue et ayant des ailes de glace de s'amuser.
Ses cheveux étaient bleus clairs et elle portait un ruban bleu foncé dans sa courte chevelure. Comme la plupart des fées, elle ressemblait à une enfant, tant physiquement que mentalement.
La petite congela une grenouille, l'emprisonnant dans un cube de glace puis tourna la tête.
Un bruit attirait son attention. Quelque-chose approchait.
Et ça approchait vite.

La fée plissa les yeux et distingua une forme qui volait à toute allure dans sa direction. A première vue, elle était humanoïde mais elle ne semblait pourtant pas vraiment humaine, du moins du côté de l'apparence. Humains et yôkais se ressemblaient physiquement après tout.
La chose qui approchait semblait plus bestiale et avait la peau grise ainsi que de longs cheveux qui semblaient gris.
- Quoi que ce soit, ça n'a aucune chance contre la plus forte des fées ! s'exclama la gamine en croisant les bras.
Elle pensait que la chose s'arrêterait, ensuite de quoi elle pourrait lui lancer un défi.
La créature n'en fit rien.
Un rictus déforma sa bouche lorsqu'elle remarqua la fée puis elle tendit son bras droit. Ses doigts étaient terminés par des griffes et la paume était occupée par un bouche circulaire garnie de petites dents.

Dans une détonation, un rayon transparent en jaillit. La fée l'évita de peu mais le rayon s'arrêta, se comprima et créa une explosion en passant à côté de la gamine.
Le souffle de la déflagration projeta la petite fille un peu plus loin.
- Me provoque pas ! Tu vas voir ce que c'est que d'affronter Cirno, la plus…
Les jérémiades de la fée des glaces furent interrompues par une puissante vague qu'elle gela en tendant ses deux bras.
Malbas, car c'était lui, glissa le long du dos de la vague de glace, sauta puis envoya une puissante boule de feu qui fusa tel un météore sur Cirno.
La petite fille l'évita et envoya une nuée de pointes gelées sur son adversaire. Une nouvelle explosion causée par un rayon transparent détruisit tous les projectiles.
La fumée provoquée par l'explosion empêche Cirno de distinguer Malbas.
Celui-ci jaillit de l'écran brumeux et avant qu'elle n'ait pu réagir, attrapa la tête de Cirno avec sa main gauche, ignorant le froid produit par le corps de la fillette.

La fée voulut hurler de peur. Elle n'en eut pas l'occasion.
Son corps commença à s'amincir et à se dessécher. Ses ailes de glaces s'effritèrent puis se brisèrent, sa peau se teinta de marron, ses yeux s'enfoncèrent dans leurs orbites puis disparurent purement et simplement.
Lorsqu'il n'eut plus rien à absorber, le Dévoreur lâcha le cadavre de sa victime qui n'avait plus que la peau sur les os et dont le visage était figé dans une expression de terreur.
Le cadavre de la fée percuta la surface de l'eau mais ne coula pas. Bras en croix, tête tournée vers le ciel, le corps se contenta de flotter.

Le Dévoreur resta quelques instants immobiles, flottant dans les airs. L'air qui l'entourait s'était rafraîchit et une fine pellicule de glace se formait sur l'eau qu'il surplombait.
Malbas sourit puis s'élança à nouveau, fendant l'air rapidement tout en gelant partiellement l'eau qu'il y avait sur son passage.
Droit vers son objectif.

Le soleil se couchait lorsque Pride atteignit la Forêt de la Magie, lui faisant comprendre que l'heure était plus avancée que ce qu'il avait crut au premier abord.
Il atterrit directement à l'endroit où il avait trouvé Youmu et affronté Malbas et fit disparaître ses ailes.
Les traces du combat étaient toujours visibles, le sol étant déformé et noirci à plusieurs endroits.
Pride ne s'attarda pas dessus et chercha du regard les deux armes de Youmu. Il les repéra aisément, l'herbe étant d'ailleurs teintée de rouge à cet endroit.
Le sang de Youmu avait coulé là.
L'Orgueil chassa cette pensée qui lui donnait des envies meurtrières et ramassa les armes sans tarder. Ce fut à ce moment qu'une clameur effrayante se fit entendre.
Pride ne sursauta pas mais se retourna vivement, son ombre s'étant déjà agrandie et intensifiée.
Il ne vit cependant aucune créature ou autre, seulement des arbres.
La clameur retentit une nouvelle fois, suivie d'un rire.
Comprenant qu'on cherchait à lui faire peur plus qu'autre-chose, l'Orgueil allongea son ombre qui devint de longues lames noires sans volume, mais ornées d'yeux et de sourires, et les envoya dans la direction d'où venait le bruit.
Les ombres tranchèrent plusieurs arbres et une forme jaillit, évitant aisément l'assaut.
Elle atterrit devant Pride, tout sourire.

Il s'agissait d'une fille aux courts cheveux noirs et aux yeux sombres qui semblaient sans pupilles. Elle avait six ailes asymétriques, étant rouges et ressemblant à des faux d'un côté et bleues en forme de pointes de l'autre. Sa robe était toute noire et elle portait de hautes chaussettes ou des collants, noirs également. Elle avait des chaussures rouges et tenait un trident dans ses mains. Un serpent était enroulé autour de son bras droit.

- Ahah, t'aurais vu ta tête ! s'amusa-t-elle.
- Je n'ai pas le temps de t'amuser, envoya sèchement l'Orgueil.
- Rolalah, t'es pas marrant. Je suis Nue Houjuu, et toi ?
Elle ne semblait pas méchante, voulant simplement s'amuser.
- Mon nom est Pride. Je me fiche d'être marrant ou non, j'ai autres chose à faire.
Nue fit la moue puis remarqua les sabres que portait l'Ombre.
- Qu'est-ce que tu fais avec ça ? Tu as peur de faire une mauvaise rencontre ? s'enquit-elle d'une voix ironique.
- Généralement, je suis considéré comme étant une mauvaise rencontre. Saches que ces babioles ne sont pas à moi, je m'en vais les rapporter à leur propriétaire.
- Moi je dis que tu as peur.
De toute évidence, elle prenait un malin plaisir à taquiner Pride.
En d'autres circonstances, l'Orgueil aurait envoyé ses ombres pour la déchiqueter mais il n'en avait pas envie. Il se contenta donc d'ignorer la remarque la fille vêtue de noir et tourna les talons.
- Hééééé, attends-moi ! s'exclama Nue en rejoignant Pride alors qu'il s'éloignait.
- Quoi, tu veux m'accompagner peut-être ?
- Je m'ennuie~
- T'as rien de mieux à faire ?
- Nan. Puis j'ai pas réussi à te faire peur tout à l'heure alors je compte bien me rattraper, hihihi.
Pride soupira puis haussa les épaules.
- Comme tu veux.
Nue sourit allégrement, ce qui laissa l'Orgueil de marbre puis le suivit alors qu'il s'envolait après avoir à nouveau fait apparaître ses ailes d'ombre.

A aucune moment ils n'avaient remarqués le corbeau qui les observaient. Perché sur une branche, ses yeux noirs étrangement vitreux n'avaient rien manqués de la scène. Le volatile poussa un croassement sinistre puis s'envola, ses mouvement étant toutefois particulier, étrangement rigides…

Meiling soupira.
La nuit était en train de tomber et la température chutait en conséquence. Certes c'était largement supportable mais elle aurait préféré être à l'intérieur du manoir. Enfin, son devoir était de protéger l'entrée et elle s'acquittait de sa tâche sans se plaindre, du moins ouvertement.
Elle remarqua alors une forme qui approchait à toute allure. Une créature grise aux longs cheveux gris vêtue de haillons…
La gardienne se mit instinctivement en position de combat, prête à frapper.
Arrivé à moins de cinq mètres, Malbas arma son bras droit et utilisa sa Combustion pour projeter un rayon transparent sur Meiling…

- Ben alors Cirno, ça va pas ?
Celle qui avait parlé était une fée aux longs cheveux verts attachés en queue de cheval. Elle portait une robe bleue semblable à celle de Cirno et avait des ailes qui rappelaient celles des insectes.
La fée des glace ne répondit pas. Elle était assise, genoux repliés contre son ventre et bras entourée autour d'eau. Elle se tenait prostrée ainsi depuis qu'elle s'était régénérée après son apparente mort contre Malbas.
Sa condition de fée l'avait sauvée. Les fées avaient en effet des capacités de régénération impressionnantes et surtout elles revenaient à la vie après leur mort, ce qui rendait théoriquement impossible le fait de tuer une fée.
Après tout, les fées étaient les incarnations de la nature.
Et on ne tuait pas la nature.

La double-porte qui servait d'entrée explosa, ce qui fit sursauter Sakuya et Patchouli qui se trouvaient à proximité. Les deux étaient en chemin pour aller chercher Meiling afin d'aller dîner.
Une fois la fumée dissipée, on put voir une créature grise tenant Meiling par le col. De nombreuses blessures constellaient le corps de la gardienne mais celle-ci n'était pas encore hors de combat, bien que fatiguée. Malbas se préparait à dévorer son énergie vitale mais un couteau transperça la main qu'il tendait vers le visage de la gardienne.
Il tourna la tête et vit Sakuya, couteaux en main.
Le Dévoreur jeta Meiling puis bondit sur la domestique. Il fut toutefois fauché par une boule de feu lancée par Patchouli.

Le Dévoreur toucha le sol, se releva instantanément et grogna. Il se retrouva soudain entouré de couteaux, Sakuya venant de passer derrière lui.
- "Perfect Maid"
Les couteaux fusèrent sur Malbas qui disparut dans une volée de flammes pour réapparaitre un peu plus loin.
Du coin de l'œil, Sakuya s'assura que Meiling allait bien. Elle esquissa un sourire lorsqu'elle la vit se relever, prête à poursuivre le combat.
La chef des domestiques reporta son attention sur le Dévoreur et le vit joindre les mains avant de les poser au sol.
Une lumière ainsi que des éclairs bleus apparurent et le sol se déforma en une nuée de pointes de pierre qui progressait dans sa direction. Sakuya les évita en s'envolant et lança plusieurs couteaux.
Malbas écarta violemment les bras, projetant une bourrasque via sa maîtrise de l'air, ce qui détourna les projectiles.
Un bloc de pierre jaillit du néant et fusa dans la direction du Dévoreur. Ce dernier détruisit le projectile d'un geste, usant de sa maîtrise de la terre mais ne put éviter le coup de pied que Meiling lui envoya dans le dos. Malbas percuta un mur et envoya un rayon transparent dans la direction de Sakuya, qui ne fut plus là lorsque l'explosion caractéristique se produisit.

Des couteaux encerclèrent le Dévoreur qui se téléporta ailleurs. Il posa ensuite sa main droite sur le sol. Des éclairs rouges apparurent et ce furent des chaines terminées par des lames qui en jaillirent et fusèrent sur Meiling, laquelle approchait.
- Earth Metal Sign "Emerald Megalopolis"

Plusieurs piliers semblant fait d'émeraude jaillirent du sol grâce à la spellcard de Patchouli. L'un d'eux protégea Meiling des chaines puis un autre apparut sous Malbas, le projetant en l'air. Alors qu'il retombait, Meiling lui lança une boule d'énergie bleue.
Le Dévoreur tendit sa main droite. La bouche se trouvant sur la paume absorba alors le projectile énergétique, ce qui stupéfia les trois combattantes.
Elles se regardèrent brièvement mais la même détermination les animait.
Elles allaient détruire ce monstre.
Le combat s'était déporté, du hall ils étaient désormais dans un large couloir.

Malbas retomba tout en donnant un coup de poing sur le sol. Une colonne de pierre en jaillit pout percuter Patchouli, laquelle volait tout en ayant un livre ouvert avec elle.
La bibliothécaire évita l'attaque et riposta par une boule de feu que Malbas dissipa d'un revers de main.
Il fut toutefois transpercé par les multiples couteaux que Sakuya venait de lui envoyer et qu'il n'avait pas vu.
Le Dévoreur recula, les couteaux disparurent tout comme ses blessures qui se refermèrent. Meiling sauta vers lui et lui asséna un violent coup de poing qui fut évité sans problème par un saut arrière.
Malbas tapa ses deux mains l'une contre l'autre et posa la gauche sur le mur près duquel il se trouvait désormais.
Celui-ci se déforma en une multitude de pieux qui s'allongèrent et parvinrent à blesser Meiling en se plantant dans un de ses bras.
- Scarred Soul "Souls Sculpture"

Sakuya, qui s'était déplacée près de Malbas en stoppant le temps fit de rapides mouvements avec le couteau qu'elle avait en main. Ses mouvements étaient accompagnés d'une lumière rouge et elle parvint à infliger assez de blessures aux Dévoreur pour le faire reculer.
Elle voulut lui lancer un couteau entre les deux yeux mais un bloc de glace la cueillit en plein ventre, la projetant en arrière.
Malbas sourit et fit un ample mouvement avec son bras droit. Plusieurs pointes de glace apparurent devant lui puis fusèrent sur Sakuya.
Une volée de flammes lancée par Patchouli détruisit les projectiles gelés et Malbas sauta vers la magicienne, en colère.
Meiling sauta et intercepta Malbas par un coup de pied entouré des sept couleurs de l'arc-en-ciel.
Les deux adversaires se retrouvèrent à nouveau face à face. Malgré sa blessure au bras, Meiling fonça sur son ennemi. Elle évita une boule de feu par une torsion du buste et envoya son pied gauche dans le ventre du Dévoreur. Celui-ci esquiva et donna un coup de griffes que Meiling bloqua avec son bras droit. Toutefois, Malbas fut plus rapide qu'elle et lui envoya son genoux dans le ventre. La gardienne se plia en deux puis fut éjectée plus loin par coup de poing.
Cela ne l'empêcha pas de se relever.
Elle avait beau être épuisée, elle n'allait pas abandonner.
Elle n'abandonnerait jamais et se battrait jusqu'au bout.
Jusqu'à la mort s'il le fallait !
- Star Chi "Earth-moving Star Bullets" !

Meiling fit quelques mouvements avec ses bras, concentrant une grande quantité d'énergie dans ses mains. Elle créa ainsi une immense boule d'énergie multicolore qu'elle envoya ensuite sur Malbas.
Le Dévoreur voulut tendre ses deux mains et utiliser ses pouvoirs pour dévorer la boule, deux couteaux se plantèrent dans ses paumes. Il fut assez distrait pour ne rien pouvoir faire d'autres et se prit l'attaque de Meiling de plein fouet.
L'explosion qui se produisit fit trembler les alentours mais Malbas était toujours là.
Et il avait faim.

Il fusa vers Meiling et gela les couteaux que Sakuya lui mit en travers de sa route. Arrivé près de la gardienne, Malbas usa de sa Combustion. Meiling était trop près pour éviter et l'explosion la projeta contre un mur, inconsciente et brûlée mais en vie.
En effet, le Dévoreur n'avait pas ajusté son tir et le rayon transparent était passé à côté de la gardienne.

Avec une rage sans nom, Sakuya envoya une kyrielle de couteaux sur Malbas. Celui-ci posa une main sur le sol, transmutant un mur de métal sous un concert d'éclairs rouges.
La voix de Patchouli se fit alors entendre :
- Sun Moon Sign "Royal Diamond Ring"

Un anneau de lumière dorée apparut autour d'elle et des dizaines de tirs d'énergie jaune en jaillirent.
Malbas ne resta pas à couvert de son mur qui fut rapidement détruit et s'envola tout en gelant les projectiles les plus proches. Il se fit toutefois toucher au ventre, se téléporta puis tendit les bras sur le côté. Il sembla alors littéralement dévorer la chaleur des lieux car la température chuta brusquement et ses bouches circulaires semblaient avaler quelque-chose. Puis le Dévoreur tendit un bras et cinq pieux de glaces fusèrent vers… Sakuya.
Celle-ci fut prise par surprise, Malbas ne la regardant absolument pas et se prit un pieu dans une jambe. Un autre la toucha au flanc avant de se planter dans un mur.
La domestique mit un genoux à terre et vit le Dévoreur s'envoler vers Patchouli.
Celle-ci se préparait à lancer une nouvelle spellcard mais fut soudain prise d'une violente quinte de toux. Elle s'écroula au sol, incapable de faire quoi que ce soit d'autres que tousser.

Malbas éclata de rire. Sa voix était éraillée et rendait mal à l'aise. Il remarqua ensuite le regard haineux que Sakuya portait sur lui et s'approcha.
- Tu seras celle que je dévorerai en premier, fit-il.
Il écarta le couteau qu'elle lui lança puis se figea.

Des bruissements d'ailes se faisaient entendre.
Il se tourna et vit une nuée de chauves-souris foncer vers lui. Il se protégea avec ses bras et remarqua que les animaux tournaient autour de lui. Puis les créatures de la nuit se rassemblèrent entre le Dévoreur et Sakuya avant de disparaître.
A leur place se tenait Remilia Scarlet, ailes déployées et le regard mauvais.
- Tu crois pouvoir les mettre dans cet état et t'en tirer ? fit-elle.
Malbas se contenta de sourire.
Puis vola à travers le couloir, passant à travers un mur pour arriver dans une salle à manger.

Remilia venait de lui asséner un violent coup de poing après s'être déplacer vers lui à une vitesse stupéfiante.
Le Dévoreur se releva et vit plusieurs chauve-souris d'énergie rouge fuser dans sa direction. Il les évita en sautant sur le côté mais ne fit pas Remilia sauter vers lui et lui envoyer son pied gauche dans la face, le renvoyant au sol, pulvérisant la table au passage.
A peine la vampire eut-elle touchée terre qu'elle sauta, prit appui sur le mur opposé et se propulsa sur son adversaire qui se relevait à peine. Malbas esquiva en pivotant, mais Remilia se réceptionna parfaitement sur ses pieds et utilisa ses ailes pour frapper son adversaire.
Le Dévoreur bloqua l'assaut avec sa main gauche et contre-attaqua par un coup de poing. La main de Remilia se referma sur celle du Dévoreur et la broya comme si elle étant en sucre. Puis la vampire égorgea littéralement son adversaire avant de reculer d'un bond.
Malbas grogna alors qu'il se régénérait puis utilisa sa Combustion avec ses deux mains.

L'explosion produite fut importante mais Remilia l'évita en fusant vers le Dévoreur qui eut droit à un nouveau coup de poing.
Ses os craquèrent et il retourna dans le couloir en vol-plané. Malbas utilisa sa maîtrise de l'air pour se stopper et se rétablir dans les airs avant de contre-attaquer par une volée de flammes.
Remilia vola le long de l'attaque de feu et envoya une dizaine de petites lances d'énergie rouges.
Le Dévoreur se décala pour éviter les projectiles et utilisa à nouveau sa Combustion alors que la vampire arrivait en-dessous de lui. Là encore, il rata sa cible, pulvérisant le mur qui donnait vers l'extérieur au passage.
La nuit était tombée dehors mais aucun des deux adversaires n'y prêta attention.
- "Scarlet Devil"

Une colonne d'énergie rouge jaillit de Remilia et prit la forme d'une croix en touchant Malbas. Celui-ci fut brûlé par le flot d'énergie mais parvint à s'éloigner une fois la spellcard terminée.
- Et bien, quand te décideras-tu à mourir ? fit la vampire.

Elle envoya plusieurs boules d'énergie écarlates que le Dévoreur gela puis elle se propulsa vers lui pour le lacérer avec ses griffes. Malbas évita l'assaut mais se prit une chauve-souris d'énergie rouge à bout portant.
Son ventre explosa et il fut projeté au sol. Sa blessure se referma toutefois rapidement et il se tint près lorsque Remilia fut sur lui.
Elle tenta à nouveau un coup de griffes mais le Dévoreur sauta en arrière tout en tapant ses mains l'une contre l'autre. La vampire suivit le mouvement, sauta et…
Malbas posa une main sur le ventre de Remilia. Des éclairs bleus apparurent ainsi qu'un éclat de lumière puis la vampire fut projetée en arrière dans une explosion.
Déchiquetée en deux.
- Déconstruction Alchimique, énonça Malbas, main toujours tendue et fumante.

Il ricana un instant et avança, ignorant le cadavre de la maîtresse du manoir.
Il aurait bien aimé la dévorer…
- Jeal' ? C'est toi qui fais tout ce bruit ? fit soudain une voix.

Malbas se retourna et découvrit Flandre.
Elle ne semblait pas comprendre et pencha la tête sur le côté, dévisageant le Dévoreur.
- T'es qui ?
Puis son regard rouge se posa sur Remilia et les autres. Ses yeux s'écarquillèrent, s'embuèrent de larmes, ses traits se déformèrent…
Puis il y eut une explosion.

Malbas ne fut plus que morceaux épars, du moins jusqu'à ce qu'ils se ressemblent. Il n'eut alors même pas le temps de bouger que Flandre l'envoyait à l'étage supérieur par un uppercut surpuissant. La vampire blonde suivit son adversaire et le projeta contre un mur qui vola en éclat.
- Taboo "Wings of Doom"

Les cristaux des ailes de la vampire s'illuminèrent puis des dizaines de projectiles rouges ayant la même forme en jaillirent tels des fusées. Malbas se téléporta pour les éviter mais se prit la lame noire tordue, que Flandre transportait tout le temps, dans le ventre.
Là encore, le Dévoreur traversa un mur, détruisant un lit. Il envoya un pieu de glace que Flandre détruisit d'un geste et fut percuté par le poing gauche de la vampire. Un meuble vola en éclat lorsque Malbas atterrit dessus.
Le Dévoreur posa une main sur le mur et transmuta une longue pointe de métal, entourée d'éclairs rouges. Flandre utilisa sa barre de métal noir pour détruire la tentative de riposte et se retourna alors que Malbas se téléportait derrière elle. Il n'eut donc même pas le temps de faire quoi que ce soit qu'une vampire enragée l'envoyait dehors, littéralement.
Malbas passa à travers le mur et le couloir tant Flandre mit de forces dans le coup de poing qu'elle lui envoya dans le ventre. Malbas gagna de l'altitude et conjura des pics de glace qu'il envoya sur Flandre. Elle contre-attaqua par des flèches d'énergies rouges, interceptant les projectiles glacés et fonça sur le Dévoreur.

Le bout de la barre de métal tordue traça une ligne sanglante sur le ventre de Malbas qui recula et envoya une boule de feu. Flandre tourna autour de lui pour éviter, attrapa la tête de son ennemi avec sa main libre et fusa vers le manoir, éclatant le Dévoreur contre le mur rouge qui se fissura. Malbas tenta de toucher Flandre pour la dévorer mais elle lui arracha le bras avant de faire à nouveau rentrer sa tête en collision avec le mur.
Le Dévoreur grogna de douleur et se téléporta plus loin.

Cette gamine…
Elle était simplement ingérable ! Et ses âmes partaient à une vitesse…

Il envoya deux grosses boules de feu sur son ennemie qui fonçait vers lui. Elle les esquiva adroitement et tenta de blesser Malbas, ou de le couper en deux, avec son arme mais il gagna à nouveau de l'altitude.
Flandre le dépassa et fonça sur lui si rapidement qu'il ne vit le poing de la petite fille que lorsqu'il se le prit en pleine tête.
Ses cervicales se brisèrent tout comme son crâne et le Dévoreur s'écrasa sur le toit du manoir.
- T'as fais mal à grande-sœur ! s'écria Flandre en levant sa lame.
Malbas remarqua alors qu'elle pleurait. Depuis le début du combat.
Il s'envola vers elle…
- Taboo "Laevateinn" !

L'arme de la fillette fut entourée de flammes, lesquelles prirent la forme d'une lame démesurée. Flandre donna ensuite un coup avec, laissant une traînée rouge dans son sillage et illuminant la nuit.
Malbas évita le premier coup.
- T'as tué grande-sœur ! Je te déteste ! Meurs ! Meurs ! Meurs !
Flandre accéléra, ses attaques. Malbas parvint en à en éviter deux, recula…
- Navrée mais je ne mourrai pas aujourd'hui. Divine Spear "Spear the Gungnir" !

Malbas se tourna vers la voix mais ne vit qu'une immense lance d'énergie écarlate qui le percuta de plein fouet, déchiquetant son corps et l'envoyant en arrière.
Il était à peine régénéré que la Laevateinn s'abattit sur lui, le calcinant. Le Dévoreur s'écrasa alors sur le toit tout en se régénérant.
Malbas n'eut pas le temps de bouger qu'un pied écrasa son torse. Son regard croisa celui du Démon Ecarlate.
- Peu importe le temps que ça prendra, je te tuerai, annonça le Remilia Scarlet d'une voix sans âme.
Malbas sourit.
- Pas aujourd'hui, gamine.
Conscient qu'il ne pouvait pas affronter les deux vampires en même temps, Malbas disparut dans une volée de flammes.

- Peuh… Lâche, constata Remilia.
- Grande sœur !
Flandre rejoignit sa sœur, laquelle la prit sans ses bras. La cadette se serra contre sa sœur, trop heureuse de la voir en vie.
- C'est finit Flandre… Je vais bien et c'est finit, la rassura la maîtresse du manoir.

Les nuages se déplacèrent à cet instant et la lune éclaira le manoir, comme si elle signalait que le cauchemar prenait fin.
Pour le moment…

Dans la Forêt de la Magie, Marisa marchait. Elle s'était baladée et revenait maintenant vers sa demeure.
Alors qu'elle passait près d'un ruisseau, elle remarqua une femme penchée dessus.
Vêtue d'une chemise et d'un chapeau jaune ainsi que d'une jupe bleue, elle lavait des vêtements.
Intriguée, Marisa s'approcha de cette étrange femme, laquelle chantonnait.
- Euh bonsoir, qui êtes-vous ? s'enquit la sorcière.
- La Lavandière, répondit simplement la femme sans se tourner.
Marisa remarqua alors que les vêtements étaient noirs.
- Et que faites-vous là ?
- Je lave ces vêtements. Ils doivent être prêts.
Marisa soupira.
- Et a qui sont-ils ?
- Il manque quelque-chose…
Marisa réfléchit quelques secondes.
- Pourriez-vous me dire à qui appartiennent ces vêtements s'il vous plait ? corrigea la sorcière.
- Nue Houjuu.
- Hein ? Pourquoi lavez-vous ses vêtements ?
- Car ils doivent être prêts.
La Lavandière ne s'était toujours pas tournée vers Marisa, laquelle ignorait donc son visage. Comprenant que la femme ne répondrait pas à ses questions, Marisa se détourna et s'éloigna.
A peine eut-elle fait quelques pas qu'elle sentit que quelque-chose clochait. Elle se retourna et écarquilla les yeux.
La Lavandière avait disparue. Sans laisser de traces.
Comme si elle n'avait jamais existé…
You know who I am.
Dernière édition: il y a 6 ans 2 semaines par Jealousy.
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