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SUJET : One-shot: Scarlet Rose

One-shot: Scarlet Rose il y a 2 ans 5 mois #27211

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Scarlet Rose

Ding doing dong! L'horloge du Manoir du Démon Écarlate sonna les douze coups de minuit. La domestique en chef des lieux déambulait dans les couloirs, veillant à que tout soit en ordre. Cela faisait plusieurs jours que rien de notables ne s'étaient passés. Les fées étaient presque toutes en train de dormir, seules celles du service de nuit s'occupaient des affaires courantes. Sakuya Izayoi tenait une lanterne datant de la fin du XIXe siècle dans la main gauche alors que son bras opposé portait un plateau vide. Les ombres produites par la petite lueur donnaient en ce lieu, une apparence effrayante. Le ciel était couvert, seules quelques étoiles étaient visibles alors que la Lune disparaissait derrière les nuages gris. Elle traversa un long couloir sur sa gauche, où se succédaient les fenêtres qui donnaient sur la cour qui donnait sur le portail et sur une partie du jardin gardé par Meiling. Sur sa droite, se succédaient les portes des chambres. Elle vit une porte légèrement entre-ouverte. La maid, suspicieuse, s'approcha avec une agilité féline vers celle-ci. Elle sortit un couteau de sa jarretière et poussa légèrement la porte avec sa lanterne. Elle n’aperçut personne mais pouvait sentir une présence. Elle entra et éclaira toute la pièce avant de la quitter. Elle rangea son arme puis sortit une clé et la verrouilla avant de reprendre sa ronde.

Le soleil s'était à peine levé que le manoir était en effervescence. Les fées volaient dans toutes les directions afin de terminer les préparatifs de la fête. La domestique en chef et la maîtresse des lieux déambulaient dans le hall dont les hauteurs étaient parcourues par des centaines de fées.

–J'espère que tout sera prêt à temps, dit la jeune maîtresse.
–Tout sera prêt, mademoiselle, lui répondit la servante.
–Bien... à propos, comment va Flandre?
–Je l'ai vu dormir dans sa chambre hier.
–Et aujourd'hui?
–Elle traînait dans les couloirs, elle avait l'air triste...
–Triste? Hmmm...

Une fée s'approcha à toute vitesse de la jeune fille aux cheveux bleus.

–Mademoiselle Scarlet... Mademoiselle...
–Qu'y-a-t-il ? Dit Sakuya en s’interposant.
–Depuis quand tu joues les gardes du corps? Dit mademoiselle Scarlet à sa servante avec un humour glaçant et en lui passant à côté pour parler à la jeune fée.
–Mademoiselle Scarlet, mademoiselle Knowledge veut vous parler et c'est urgent !
–Bien... Sakuya, suis-moi.
–Très bien, mademoiselle Remilia...

La maitresse des lieux, accompagnée de sa fidèle servante, s'enfoncèrent dans les profondeurs du manoir, parcourant de longs couloirs avant de déboucher sur un espace immense, la Grande Bibliothèque. L'espace dépassait l'entendement, le plafond se trouvant à des dizaines de mètres de hauts, les étagères murales allant presque jusqu'au plafond. Les deux personnes traversèrent les rayonnages encombrés de livres, de documents, de parchemins, de papyrus, de rouleaux, de grimoires, d'objets en rapport avec la magie, de manuels, etc...
Elles virent une personne en train de lire, seule, assise sur une chaise en bois et accoudée sur la table.

–Patchouli, cela fait combien de temps que tu lis? Demanda Remilia l'air interrogateur.
–Hmmm... je ne sais pas. Dit-elle en relevant la tête de son livre et avant de le fermer.
–Tu m'as fait appeler, pourquoi ? Dit la maîtresse du manoir en croisant les bras.
–C'est Koakuma. Elle dit avoir vu Flandre faire des choses bizarres.
–Des choses bizarres? Que veux-tu dire?
–Koakuma! Prononça la magicienne avec ce qui semblait être toute sa force.
–Oui maîtresse, j'arrive! Dit une voix fonçant à travers les allées avant d'arrivée face aux trois personnes, en haletant.
–Koakuma, raconte ce que tu m'as dit, lui demanda sa maîtresse.
–J'ai vu mademoiselle Scarlet hier soir dans un coin de la bibliothèque, elle était en train de discuter mais il n’y avait qu’elle, cependant, elle parlait avec la conviction qu'il y avait quelqu'un...
–Que veux-tu dire? Demanda Remilia.
–Elle parlait à une personne en face d'elle... mais il n'y avait personne...
–Hmmm... Patchouli, pourrait-il s'agir d'un fantôme?
–Il n'y a pas de fantômes ici, du moins, depuis que je suis là. Les fantômes sont très mauvais pour les livres, je les tiens éloignés par des incantations, des sortilèges, etc....
–Qu'est-ce donc? Se demanda Sakuya.
–Et si c'est un esprit frappeur? Dit la démone Koakuma.
-Que dis-tu? Dit Patchouli en la regardant avec le même air taciturne qu'elle avait depuis que Sakuya et Remilia étaient là.
–Bah, les esprits frappeurs ne sont pas des fantômes donc ils ne doivent pas être affectés par les barrières que vous avez placées, mademoiselle...
–Et bien... Dit-elle avant de claquer des doigts, ce qui fit apparaître une cage magique aux barreaux violets-roses. Tu ne croyais pas que je n’allais pas aussi installer des protections contre les esprits frappeurs qui sont d'autant plus dangereux que les fantômes.
–Je suis désolé, mademoiselle Knowledge! Supplia la démone.
–Bien, dit-elle en claquant de nouveaux ses doigts, faisant disparaitre la cage.
–Mais qu’est-ce qu’elle fait… Se demanda la maitresse vampire avant qu’un bruit sourd ne soit entendu par tout le monde.

Les habitantes du manoir coururent vers l’origine du bruit qui était situé à l’autre bout de la bibliothèque. Sakuya arriva la première, suivit de peu par Remilia et plus en arrière Koakuma aidait sa maitresse, Patchouli, a effectué les derniers mètres. Elles ne purent pas croire ce qu’elles voyaient. Marisa Kirisame, une voleuse habituée des lieux, venait de faire exploser une partie du mur afin d’entrer et de s’approprier le plus de livres possibles. Patchouli ne semblait pas être énervée mais les autres habitantes du manoir savaient qu’elle l’était. Elle fixa la voleuse qui n’avait pas encore remarquée leur présence, puis commença à réciter une formule dans une langue que personne ne comprit. Ses cheveux mauves s’élevèrent doucement alors qu’elle continua de formuler des mots incompréhensibles. La magicienne s’éleva doucement du sol tout en se dirigeant lentement vers elle. Elle s’arrêta à quelques mètres de la voleuse et sortit délicatement un morceau de feuille rectangulaire sur lequel était dessiné des symboles puis elle prononça à haute voix une dernière formule : Earth Water Sign "Noachian Deluge"
Un déluge d’eau et de terre entoura la magicienne vêtue de mauve. Une grande ombre masqua la lumière des torches. La voleuse se retourna, cherchant la raison à cette brusque baisse de luminosité. Elle vit alors Patchouli projeter son attaque contre elle. La magicienne humaine fut projetée contre une étagère et clouée dessus par la boue issue de l’eau et de la terre.
Alors qu’elle se débattait, elle sentit quelque chose de tranchant sous sa gorge, c’était l’une des lames de la domestique.

–Tu oses venir me voler, en plein jour et en défonçant le mur… je dois réfléchir à comment te punir pour ce… commença Patchouli avant que Remilia ne pose sa main sur son bras.

La jeune vampire fixa alors du regard son amie, celle-ci baissa les épaules et soupira avant d’aller se rassoir, accompagner par sa démone. Dans le même temps, La propriétaire des lieux s’avança vers sa nouvelle captive alors que sa domestique la tenait toujours avec son couteau.

–Sakuya, cesse.
Aussitôt, elle s’exécuta.

–Je ne m’attendais pas un accueil pareil, surtout pour une habituée, dit l’humaine, tentant de masquer son anxiété et en réfléchissant à une pirouette lui permettant de s’en sortir.
–Tu devrais t’estimer heureuse de ne pas être déjà morte. Cependant, tu peux m’être utile.
–Je n’aime pas ton sourire…
–Tu vas aider Sakuya.
–QUOI ?!
–Mademoiselle ?! Répondit la concernée.
–Silence ! Sakuya, tu vas veiller à qu’elle répare les dégâts qu’elle a provoqués.
–Bien mademoiselle…

Remilia battit légèrement des ailes, s’élevant légèrement, avant de trancher les liens de boues qui retenaient Marisa au mur. Celle-ci tomba au sol et avant de pouvoir se relever, la vampire lui chuchota.

–Surveille Flandre et on oubliera tout cela.

La vampire se redressa et s’éloigna. La magicienne humaine se gratta alors la tête avant que la domestique ne lui donne un sceau d’eau, une serpillère et lui montre du doigt l’immense trou dans le mur.

–Va d’abord nettoyer le sol puis répare le mur.

Les heures passèrent et le dur labeur de la jeune humaine avait bien avancé. Désormais, le sol était nettoyé, les livres rendus et rangés et le trou était en train d'être muré. Il faisait déjà nuit. Alors qu'elle s'apprêtait à repartir, la domestique la retint.

–Tu n'as pas encore terminé le travail, dit-elle sur un ton neutre et monocorde.
–J'ai rangé puis nettoyé et le mur sera terminé demain, je ne vois aucune raison de rester ici plus longt...

La figure inquiétante de la maîtresse vampire surgit dans la nuit, figeant la jeune humaine sur place. Remilia, malgré sa taille d'enfant, impressionna Marisa.

–Tu comptais déjà nous quitter ? Pourtant, tu n'as pas encore terminé ton travail, annonça-t-elle avec une certaine prestance mettant mal à l’aise la magicienne ordinaire.
–Mais... j'ai terminé...
–Tu en es sûre ?
–Bah... oui...
–Que t'avais-je dis là-bas ?

Marisa se remémora alors la scène, se rappelant d'une parole de la vampire : «Surveille Flandre...»

–Pourquoi ? Demanda l'humaine.
–Tu la connais bien et tu t'entends relativement bien avec elle, rétorqua Sakuya.
–Si par «s'entendre relativement bien» tu considères te faire pourchasser et manquer de te faire tuer, on peut le dire ! S'insurgea Marisa.
–Pour Flandre, il n'y a pas vraiment de différence, répondit Remilia.
–Cela ne me dit ni pourquoi ni le fait que ce soit moi.
–La jeune demoiselle se comporte de façon étrange depuis peu, répondit la domestique.
–Rien d'extraordinaire, répliqua l'humaine.
–Oui sauf qu'elle semble parler à une personne qui n'existe pas, ajouta la vampire aux paroles de sa servante.
–Cela doit être un ami imaginaire, répondit l'humaine.
–Je sens une présence inconnue dans le manoir, répondit la maid.
–Hein ?

Marisa se stoppa net et se mit à réfléchir.

–Des fantômes ?
–Ni fantômes ni esprits, demoiselle Patchouli nous l'a affirmée.
–Une fée ?
–Les fées, cela se remarquent et même si mes autres servantes sont des fées, elles sont bien plus «disciplinées» que celles traînant dehors.
–Un humain ? Un youkai ? Continua l'humaine, perplexe.
–Si c'était un humain, on l'aurait retrouvé, que ce soit en un seul morceau ou dispersé, répondit Remilia.
–C'est possible que ce soit un youkai, ajouta Sakuya, mais nous ignorons lequel.

Marisa se mit marcher vers un balcon puis à longer le bord de la balustrade en se grattant la tête.

–Yukari ? Demanda-t-elle timidement.
–Ne joue pas à l'idiote, répondit la vampire, j'ai personnellement demandé à Patchouli de faire en sorte que cela n'arrive pas.
–Bon... il s'agit probablement d'un youkai...mais qui ?
–Justement, c'est à toi de le découvrir ! Répondit la maîtresse des lieux en la pointant du doigt.

La concernée soupira.

–Bien...je vais commencer par... débuta-t-elle avant de se faire interrompre par la vampire.
–Tu travailleras avec Sakuya.
–Bien mademoiselle.
–Je ne suis pas d'accord là ! Protesta la magicienne.
–J'allais pas te laisser vagabonder seule à l'intérieur de ma demeure. Bien, maintenant que c'est réglé, au travail.

Remilia marcha alors vers l'intérieur de la bâtisse avant de s'arrêter et de légèrement se retourner vers son «invitée».

–Tu as trois nuits pour résoudre cette affaire. Je souhaite que cela soit tiré au clair avant la fête que j'organise. Si tu ne la résous pas à temps, Patchouli se fera une joie de s'occuper de ton cas.

Elle finit par rentrer dans sa demeure, laissant Marisa et Sakuya seules.

Le soleil se leva à peine sur l'horizon. Marisa était avachit dans le lit double de l'une des nombreuses chambre qu'abritait le manoir. La porte s'entrouvrit. Un léger clic résonna dans la pièce. L'instant suivant, Marisa était tombée par terre et se réveilla, se plaignant de ce qui lui était arrivée. Elle vit les pieds d'une personne et découvrit alors ce qu'il s'était passé, elle soupira.

–T'as finit de dormir ? C'est le moment d'agir, lui répondit Sakuya Izayoi avant de tourner les talons.
–C'est pas une façon de réveiller son invitée... marmonna Marisa Kirisame.
–Un invité ne vient pas voler chez son hôte.
–Je ne volais pas... j'empruntais...continua de marmonner l'humaine avant de la suivre.

Elles marchèrent dans un long couloir. Sur leur côté gauche, il y avait des fenêtres barricadées, ne laissant entrer le soleil. Sur leur droite, les portes se succédèrent. Rapidement, la magicienne humaine se sentit perdue. Elle demanda à la domestique comment elle faisait pour s'y retrouver. Elle répondit simplement qu'elle travaillait ici depuis tellement longtemps qu'elle connaissait tous les recoins du lieu. Marisa se demandait alors comment il se faisait qu'une chose venant de l'extérieur puisse passer inaperçue. Elle pensa que cette personne, un youkai soit l'une des habitantes de la demeure. Alors qu'elle réfléchissait, Sakuya se stoppa. «C'est là», lui dit la domestique. Elle indiqua une porte avant de l'ouvrir. La pièce était bien rangée et semblait ne pas servir, en apparence. Rapidement, Marisa remarqua des objets qui n'étaient pas à leur place ou un lit mal refait, ce que la maid n'aurait jamais laissé passer. Elle inspecta la pièce alors que la domestique resta à l'entrée de celle-ci. Son attention fut portée par un bout de tissu. Elle le ramassa et l'observa. A part sa couleur, verte et sa texture, légère, elle ne pouvait pas dire grand-chose. Cependant, elle continua de réfléchir. Si c'était un youkai du manoir et que ce lieu est l'un de ceux où Sakuya avait ressenti la présence de l'inconnu, cela voulait dire que ce tissu appartenait au responsable. Elle se redressa et marcha vers la domestique en chef avant de lui parler.

–J'ai trouvé un indice et je pense savoir c'est qui, affirma-t-elle en lui montrant le bout de tissu.

Quelques minutes plus tard, une jeune personne pratiquait du Tai Chi Chuan devant l'entrée du manoir. Ses mouvements étaient lents et gracieux. Sa longue chevelure écarlate volait au vent, jusqu'à ce qu'une bourrasque souffle son béret et la force à le poursuivre sur une dizaine de mètre. Elle revint alors devant la grande grille et s'apprêtait à reprendre ses exercices quand une voix l'interpella et la fit sursauter.

–Meiling !
–Mademoiselle Izayoi ?! Que... pour... que voulez-vous ?! Répondit la concernée, très inquiète.
–On aurait quelques questions à te poser, répondit Marisa.
–Mademoiselle Izayoi, je suis désolé d'avoir laissée cette voleuse pénétrée...
–Qui tu traites de voleuse ?
–Cela suffit !

Suite au haussement de ton de Sakuya, les deux autres se turent.

–Demoiselle Kirisame...
–Ah oui, c'est vrai... dit-elle avant de sortir le bout de tissu vert et de le présenter à la gardienne.
–Qu'est-ce ?
–Un indice ! Et il prouve que tu es la responsable des phénomènes mystérieux qui se passe au manoir !
–Quoi ?! Mais... Mademoiselle Izayoi... je n'ai rien fait. Je suis toujours restée ici à mon poste.
–C'est vrai que quand on y pense... réfléchit la domestique.
–Quoi ?!
–Tu t'es récemment rapprochée de la jeune demoiselle. De plus, ce bout de tissu est de la même couleur que ta robe.
–Je n'y suis pour rien !
–Comment tu peux le prouver ? Demanda Marisa avec empressement.
–Le soir, je suis toujours ici, d'ailleurs, je dois constamment chasser ce corbeau de malheur qui veut entrer dans l'enceinte.
–Une corbeau ? Demanda Marisa étonnée.
–Oui, une tengu, une «journaliste».
–Cela me dit quelque chose...
–Elle reviendra probablement ce soir, vous verrez ainsi qui je ne mens pas.
–Nous y manquerons pas, termina Sakuya avant de retourner vers le manoir, suivit par Marisa.

Sakuya conduisit son invitée vers la petite salle à manger où elle déjeunerait en tête-à-tête avec la propriétaire. Elle se disait que Remilia souhaiterait connaître l'avancement de l'enquête. Les douze coups de midi sonnèrent et la vampire arriva, avec un style typiquement aristocratique. Elle s'assit en face d'elle et la dévisagea pendant d'interminables secondes, le temps que Sakuya apporte le plat de Marisa et une tasse pour sa maîtresse. Le comportement de la jeune vampire décontenança la jeune humaine.

–Comment avance l'enquête ? Demanda la Scarlet.
–Elle avance... ce matin, on a interrogé... la gardienne...
–Meiling ? Tu penses qu'elle pourrait être cette personne ?
–J'ai trouvé un bout de tissu vert dans l'une des pièces où Sakuya aurait senti quelque chose.
–Cela m'étonne... c'est une employée, certes «fatiguée», mais de là à troubler la quiétude du manoir...
–Je pense interroger Patchouli cette après-midi...
–Elle pourrait t'aider effectivement... à condition qu'elle ne te transforme pas en grenouille ou en je ne sais quoi.
–Heu... je ferais attention...

La suite du déjeuner se passa sans un bruit. Marisa tentait de réfléchir mais le regard écarlate que lui jetait la vampire et la perspective d'être transformer en grenouille ne lui permettait pas vraiment de garder la tête froide.
A la fin du repas, elle repartit avec Sakuya en direction de la bibliothèque quand un cri se fit entendre.

Elles accoururent vers l'origine du cri. Marisa se demandait qu'elle pouvait en être l'origine alors que Sakuya semblait plutôt inquiète. Elles arrivèrent rapidement vers un escalier qui descendait. Là, une ombre remonta à toute vitesse et renversa Marisa. Aussitôt, elle se jeta aux pieds de Sakuya et l'implora.

–Pitié, ma maîtresse va mal !
–Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda la maid d'un ton désespéramment calme.
–Elle est en bas ! Elle faisait une expérience quand elle a explosé !
–QUOI ?! Patchouli est... commença Marisa avant de descendre à toute vitesse vers la bibliothèque.

Une fois en bas, il y avait une épaisse brume violacée. Elle l'appela, sans recevoir de réponse. Marisa continua de nouveau à l'appeler, toujours sans résultat. Alors que son inquiétude ne cessait d'augmenter, un gémissement se fit entendre. Elle accourut vers celui-ci et découvrit Patchouli, presque entièrement nue, ses vêtements réduit à l'état de cendre autour d'elle.

–Patchouli, qu'est-ce qui s'est passé ?
–Je... je... je ne sais pas...
–Qui a crié ?
–Mon assistante... après l'explosion...
–Pourquoi cela a explosé ? Qu'est-ce que tu faisais ?
–Je ne sais pas... j'ai senti une présence... je me suis retournée... et cela à...
–Demoiselle Knowledge ? Vous allez bien ? Demanda la maid qui venait d'arriver.

La concernée se releva, tentant de se cacher avec les livres qui recouvrait le sol. A ce moment, Marisa ne cessa de la fixer.

–Marisa, tu saignes du nez, dit Patchouli.
–Cela doit être à cause… de ta poussière magique… je vais bien, t’inquiète pas… et toi ?
–Je vais... bien... L'explosion m'a surpris, c'est tout... J'ai juste eu le temps d'utiliser un sort de protection de corps...
–Tu as parlé d'une présence ? Demanda Marisa.
–Oui... je pense qu'il doit s'agir de la même chose dont a été témoin Sakuya...
–Maîtresse, maîtresse ! Vous allez bien ? J'ai eu si peur qu'il vous soit arrivée quelque chose !
–Sakuya, tu me permets de regarder un peu, je vais tenter de trouver quelque chose.
–Ne vole rien, se contenta de répondre la maid avant d'aller aider la magicienne et de laisser Marisa enquêter.

La jeune humaine inspecta alors les lieux. L'explosion avait fait tomber plusieurs étagères de livres qui jonchaient désormais le sol. Celui-ci était d'ailleurs recouvert par de nombreuses feuilles, séparées de leur support initial. Quelques bouts de verres éparpillés, quelques gouttes de liquides inconnus et une charlotte à moitié réduite en cendre, Marisa désespérait face à la banalité de la scène. Cependant, quelque chose attira son attention. Elle marcha vers l'objet, se baissa et le ramassa. Il s'agissait d'une mèche de cheveux verte. Elle savait que personne au manoir n'avait cette couleur de cheveux et que cela devait appartenir à la personne qui venait de provoquer l'explosion et qui devait être celle qui dérangeait le manoir depuis peu. Elle pensait que l'affaire qui concernait Flandre et celle qui concernait le reste du manoir pourrait être distincte.
Sakuya l'appela. Marisa, perdue dans ses pensées, ne l'entendit même pas. Une main se posa sur son épaule. Elle se retourna et vit que c'était la domestique. L'humaine poussa un léger soupir avant de lui demander ce qu'elle voulait. Elle répondit que Patchouli pouvait être interrogée désormais. Sans dire un mot, la magicienne humaine se dirigea vers sa consœur, habillée par des vêtements prêtés par sa démone.

–Tu vas mieux ? Lui demanda Marisa.
–A ton avis ? Je viens de subir une explosion, tu crois que je vais comment ?
–M'ouais... c'est vrai ça... répondit Marisa en se grattant la tête.
–Si tu veux savoir, la «présence» n'est ni un fantôme, ni esprit, ni cette youkai des frontières.
–C'est donc quoi ?
–Il s'agit d'un youkai, un puissant youkai.
–Il y a pas mal de puissants youkais...
–C'est tout ce que je peux te dire pour le moment, je vais tenter de trouver quelque chose.
–Bien...

Marisa se retourna vers Sakuya et haussa les épaules, elles n'avaient pas vraiment avancé.
Elles prirent l'escalier, laissant Patchouli avec sa petite démone Koakuma. Une fois arrivé en haut, Marisa se retourna vers la maid et lui demanda s'il était possible d'interroger les fées. Cette demande la surprit, elle ne pensait pas que les fées pourraient être d'une grande aide. Cependant, elle accepta, sachant qu'elles n’avaient rien à y perdre.
Quelques minutes plus tard, les fées s'étaient regroupées dans l'une des plus grandes pièces du manoir. Il y en avait des centaines qui gesticulaient dans tous les sens. Sakuya haussa la voix et le silence se fit. Elles se mirent progressivement en ligne tout en se posant au sol. Marisa était impressionnée par l'autorité de la maid sur les fées. Elle décida de s’adresser de vive voix à tous le personnel.

–Moi, Marisa Kirisame, je suis venue enquêter sur le mystère qui secoue le Manoir du Démon Ecarlate. C’est pour cela que je vous ai fait convoquer, je vais vous interroger afin d’avoir votre témoignage.

L’instant suivant, ce fut la cohue. Les fées voltigèrent dans tous les sens, racontant absolument tous ce qu’elles avaient vécus, sans apporter de véritables indices sur l’enquête. La jeune humaine, d’abord surprise par cette réaction fut rapidement désespérée, elle ne pourrait rien tirer des fées. Sakuya rétablit l’ordre et les renvoya au travail. L’efficacité de la maid surpris une nouvelle fois la magicienne humaine. La domestique se retourna ensuite vers elle puis lui demanda de continuer les investigations.


Ce fut la nuit que l’enquête continua. Elles se postèrent en embuscade près du portail, attendant la tengu. Meiling se préparait, frappant une dernière fois dans le vide en attendant la visite de la journaliste. Une heure après le couché passa, puis deux, puis trois. Toujours rien. Marisa s’apprêtait à abandonner la planque et à aller se coucher quand Sakuya la retint, une ombre venait de passer devant la Lune. Elle vit ensuite la gardienne se mettre sur ses gardes. Deux légers chocs eurent lieu devant le grillage. Les embusquées se tinrent prêtes.

–Toujours aux aguets la gardienne, annonça l’arrivante.
–Et toi, toujours déterminée à entrer sans y être invitée, répondit Meiling.
–Je suis journaliste, c’est normal de se renseigner et je sais que ton manoir cache quelque chose et je vais le découvrir.
–Tu as beau être une tengu, je ne te laisserai pas passer !
–Tu veux parier ?
–TU NE PASSERAS PAS ! S’insurgea la gardienne qui projeta son poing vers l’avant, créant un puissant souffle en direction de son adversaire.
–C’est pas mal… mais regarde la véritable puissance du vent…

Au même instant, elle se retrouva attacher et à genoux. Face à elle, Sakuya la menaça d’un couteau. L’instant suivant, Marisa sortie en courant du buisson. Meiling fut totalement prise par surprise.

–Mais ça ne va pas ?! Et la liberté de la presse ? S’insurgea la tengu alors que Sakuya lui mit un couteau sous la gorge.
–Au Manoir de mademoiselle Scarlet, il n’existe qu’une seule loi, la sienne.

Le visage de la tengu pâlit face aux deux yeux rouges de la maid et à son attitude menaçante.

–Je ne le ferais plus jamais !!! S’écria-t-elle.
–Aya ?! Dit Marisa, seulement à moitié étonnée de cela.
–Marisa ? Tu fais quoi ici ? demanda la tengu.
–Tu vois j’enquête et je…
–Je t’interdis de devenir journaliste ! C’est mon job et tu ne sais pas comment il faut faire…

Elle reçut un coup à l’arrière de la nuque et s’évanouit. Sakuya se retourna ensuite vers Marisa et lui parla.

–Crois-tu qu’elle est responsable ?
–C’est pas possible, je l’empêche de rentrer toute la nuit, répondit Meiling.
–Donc, cela ne peut ni être Aya, ni la gardienne, murmura Marisa.
–Mais qui ? demanda la dernière mentionnée.

Dans sa chambre, Marisa ne parvint pas à trouver le sommeil. Est-ce à cause du tic-tac du pendule ? Est-ce l’étrange gargouille postée au-dessus de la porte et qui semble l’observer ? Non, c’est juste qu’elle n’arrivait pas à dénouer le fil du mystère et qu’il lui restait plus qu’une journée pour trouver la réponse. Elle se disait qu’elle allait interroger les deux sœurs vampires afin d’avoir plus de renseignements. La nuit avançait et elle pouvait voir une lune presque pleine depuis sa fenêtre. Tard dans la nuit, elle succomba au charme de Morphée et s’endormit.
La journée commença par un cri. Marisa fit voler la couverture et fusa vers l’origine de celui-ci. Là, elle découvrit Sakuya, Remilia, Patchouli, Koakuma et une foule de fées entourées la cause du cri : il s’agissait de plusieurs fées, inconsciente ainsi qu’une inscription écrit en lettre rouge sur un tableau de Remilia. Elle lit l’inscription et il était écrit «Bonne fête RS». Elle distingua également un couteau planté dans la peinture. Nul doute qu’il s’agissait du responsable de l’explosion. Un flash la frappa. Une personne qui connait bien le lieu, qui se déplace sans se faire remarquer qui connait Flandre et qui utiliserait du liquide rouge et un couteau. Marisa regarda Sakuya du coin de l’œil, celle-ci semblait choquée par ce véritable sacrilège à l’encontre de sa maitresse. La magicienne humaine se retira légèrement sans attirer l’attention.
«Elle aurait pu laisser des indices pour incriminer une autre personne» se disait-elle.

–On doit parler.
Une voix légèrement douce mais imperturbable.

–Re… Remilia ?
–On doit discuter en tête-à-tête.

Les deux personnes se dirigèrent vers une salle précise qu’elles n’atteignirent qu’au bout de plusieurs minutes.
La vampire sortit une clé de sa poche et l’introduisit dans la serrure avant d’ouvrir la porte. Les deux personnes entrèrent. La pièce ressemblait à une sorte de bureau disposant d’un grand nombre de rayonnages. La vampire referma la porte à clé puis se déplaça jusqu’au centre de la pièce.

–Marisa, il est temps que je sache davantage sur ce qu’il se trame chez moi, annonça la vampire sur un ton offensif.
–J’ai… de forts soupçons pour que la responsable soit…
– Il ne peut s’agir de Sakuya.
–Pardon ?!
–Elle m’est fidèle et n’a aucune raison de me nuire. Sa loyauté est totale, elle se sacrifierait sans hésiter pour moi.
–Mais les indices convergent vers elle…
–Tu dois bien avoir une idée ? Je ne crois pas que Sakuya soit la seule à utiliser des couteaux.
–…
–Tu as jusqu’à ce soir pour découvrir le véritable coupable.

Marisa ne savait plus quoi dire, les indices accusaient la maid mais la maitresse des lieux refusait cela. Elle se mit à réfléchir avant d’en venir à interroger la vampire.

–Mademoiselle Scarlet… j’ai des questions à vous poser.
–Il était temps.

Au même instant, elle rangea un livre dans sa bibliothèque. Sur sa tranche, on pouvait lire «Agatha Christie». Les deux personnes s’installèrent autour d’une table et Marisa commença son interrogatoire.

–Pourquoi et qui pourrait vouloir vous nuire ?
–Beaucoup de youkais rêvent d’avoir mon influence et ma magnificence. D’autres chercheraient à m’évincer.
–La youkai des frontières ?
–Il ne peut s’agir d’elle, Patchouli me l’a confirmée.
–Donc qui ?
–Les déesses de la montagne, les habitants d’Eientei, ceux du temple bouddhiste… Il y en a tant qui pourraient.
–Et que gagneraient-elles ?
–Gagner en influence auprès de la miko et sur tout Gensokyo. J’ai compris comment marchait ce monde et je joue à ce jeu.
–Il ne peut cependant s’agir que d’un puissant youkai.
–On est d’accord sur ce point.
–Bon… autre chose ? demanda Marisa.
–Oui. Tu as jusqu’à ce soir pour résoudre l’énigme.
–Je le sais très bien…

Elles se levèrent et quittèrent la pièce avant de se séparer. Marisa avait l’intention d’interroger celle qui était le plus en contact avec ce mystérieux «youkai».

Il lui fallut un certain temps avant d’arriver à l’escalier en pierre qui descendait vers la chambre de la jeune vampire. A chaque pas, son impression que c’était une mauvaise idée augmenta. Il vit enfin la porte après une interminable descente puis un couloir tout aussi interminable. Sa main tremblait alors qu’elle s’apprêtait à saisir la poignée. Elle ouvrit la porte.
Là, elle voyait Flandre, de dos et à genoux, en train de jouer. Elle tourna la tête vers l’arrivante. Ses grands yeux rouges s’illuminèrent. Elle se releva et se retourna lentement sur elle-même avant de sauter vers la direction de Marisa. Elle ne put esquiver le choc qui la plaqua contre la porte qui se referma sur le coup.
–Marisa !
–Doucement Flan… tu me fais mal…
–Tu es venue jouer ?
–Non, je suis ici pour travailler.
–Travailler ?
–Et oui, je suis détective.

Les yeux de la jeune vampire s’illuminèrent davantage.

–Youpi, tu vas jouer comme Shellock Holmes ?
–C’est Sherlock Holmes et puis je t’ai dit que je suis venue travailler, ta grande sœur m’a engagée.
–C’est pour trouver qui à dessiner sur son portrait ?
–En partie oui.
–C’est mon amie qui a fait ça.
–C’est qui ton amie ? lui demanda Marisa, l’air interrogateur.
–Je ne peux pas dire son nom, pas avant la fin du jeu…
–Quel jeu ?
–Elle prépare quelque chose pour la fête de ma sœur.
–Elle prépare quoi ?
–Je ne sais pas. Elle m’a dit que j’aimerais beaucoup.
–Elle ressemble à quoi ton amie ?
–Je ne sais pas, elle est invisible.
–Invisible ?

Marisa ne parla plus pendant quelques secondes, perdue dans sa réflexion.

–Marisa ?
–Heu… oui Flan ?
–Mon amie n’est pas là quand je ne suis pas seule. Elle veut jouer, comme moi.
–Je te remercie.

Marisa posa la vampire et ouvrit la porte.

–Flan, tu seras là pour la fête ?
–Oui, ma grande sœur le veut bien.

La jeune humaine referma la porte et remonta l’escalier, ne cessant d’y repenser.
«Invisible», se disait-elle. «Qui peut devenir invisible ?»

La journée avançait vite et les derniers préparatifs se terminaient. Marisa n’avait pas réussi à trouver qui pouvait être la responsable de tout cela. Les mots de Flandre la tracassaient. La responsable de tout cela se manifesterait lors de la fête. Son intention était donc de porter tort à Remilia mais elle ne comprenait pas dans quel but. Elle retourna alors dans sa chambre et posa tout ce qu’elle avait sur son lit : un morceau de tissu vert, une mèche de cheveux verte, la possibilité de devenir invisible, le couteau planter dans le tableau. Elle réfléchit à tous ces éléments, tentant de les faire correspondre. Marisa restait malgré tout sur sa principale hypothèse : Sakuya Izayoi était la coupable. Pour l’humaine, elle a tenté de mettre en place de faux indices qui inculperait quelqu’un d’autre.
On frappa à la porte.

–Demoiselle Kirisame ?
–Oui, qu’y-a-t-il Sakuya ?
–La fête va bientôt commencer et ma maitresse aimerait vous voir.
–Je viens…

Marisa quitta la chambre d’un pas hésitant, elle n’avait pas encore résolu le mystère alors que son délai venait d’expirer. Elle suivit la maid d’un pas nerveux. Les couloirs interminables lui semblaient encore plus longs que d’habitude mais aussi particulièrement mieux décorés. Les bougies étaient allumés et les surfaces nettoyées. En se rapprochant de la salle des fêtes, elle commença à entendre des bruits, de la musique voire de la danse. A ce moment, Koakuma arriva précipitamment.

–Que se passe-t-il ? Demanda la maid.
–C’est ma maitresse… on lui a volée des livres…

Le regard de Sakuya se tourna vers Marisa qui s’en défendit.

–Je n’y suis pour rien ! J’étais dans ma chambre toute l’après-midi.
–Qu’a-t-elle volée ? demanda la domestique.
–Hé !
–Des livres sur la psychanalyses et d’autres sur la psychologie.
–Je n’aurais jamais pris ça moi, se défendit Marisa.
–C’est étrange…
–Cela doit être le youkai qui menace Remilia.

Le silence se posa malgré les bruit de la fête venant de la pièce d’à côté. Sakuya se tourna vers Marisa.

–Je vais te demander quelque chose.
–Quoi ?
–Je vais surveiller la salle, toi, reste auprès de mademoiselle Scarlet.
–Pourquoi moi ?
–Qui pourrait se douter que tu serais capable de la protéger.
–Je ne sais pas moi, peut-être tous les youkais que j’ai explosés !

La porte s’ouvrit et une fée entra.
–Dame Izayoi, on vous demande, vous aussi dame Kirisame.

Tout le monde entra alors dans la salle qui était en liesse. Marisa vit les sœurs Prismrivers jouer de la musique alors que la salle était comblée. Il semblerait donc qu’en dehors de la bibliothèque, les esprits frappeurs étaient tolérés. Des centaines de personnes étaient présent dont un grand nombre de figures locales : les habitantes d’Eientei, les déesses de la montagne, les protectrices du Royaume des Morts, les religieuses du temple. Au milieu de la foule, la magicienne reconnue une certaine miko vêtue de rouge et de blanc. Marisa se demandait comment celle qui s’en prendrait à Remilia pourrait se faufiler ici, même invisible. Il y avait trop de personnes sensibles aux émanations de magie pour rester inaperçu. Parmi la foule, elle dénombra un certain nombre d’humain entourant Keine. En voyant passer Kaguya, Marisa était heureuse que Mokou ne soit pas de la partie. Elle suivit la maid, se faufilant entre les personnes avant d’arriver à la maitresse de maison. Celle-ci venait d’envoyer Sakuya chercher du thé. La jeune vampire était assise sur son fauteuil, semblable à un trône. Celui-ci était surélevé. Marisa était debout à côté d’elle, regardant l’ensemble de la salle.
Il ne se passa rien pendant un certain temps mais c’est alors qu’une personne eut un comportement suspect. Celle-ci se rapprocha rapidement de la jeune vampire. Cependant, ni elle ni Marisa ne se méfièrent de la jeune femme qui semblait contrariée. Il s’agissait d’une personnalité locale, vêtue de rouge et de blanc, Reimu Hakurei.

–Tu m’avais parlé d’une donation si je venais à ta petite fête. Où est-elle ?
–Tu l’auras mais après, répondit la vampire.
–Il y a intérêt, sinon je vais t’exterminer, répondit la miko avant de repartir, furieuse.
–Elle ne changera jamais, dit Remilia.
–C’est ben vrai… j’y pense, où est Flandre ?
–J’ai demandé à Sakuya de la faire venir à partir de minuit, une partie des humaine seront allés se coucher d’ici là et il y aura moins de monde. Je préfère prendre moins de risque avec elle.
–M’ouais, c’est mieux je pense…
–Tu ne sais pas qui est le responsable ? demanda la vampire.
–En dehors de mes soupçons concernant Sakuya…
–Elle ne peut être la responsable.
–…
–Dans tous les cas, tu resteras auprès de moi, afin de me protéger.
–Tu en as vraiment besoin ? demanda Marisa d’un air perplexe.
–Ecoute, il faut qu’il y ait constamment une personne à mes côtés, c’est pour mon titre. Comme Sakuya est partie surveiller la foule, tu la remplaces.
–Bien…

La fête se passa tranquillement. Marisa observa les invités, notamment ceux et celles se rapprochant de la maitresse vampire. Elle se disait que la responsable n’exécuterait son plan qu’avec la présence de Flandre dans la pièce, soit aux alentours de minuit.
Les heures passèrent.
21 heures.
Les invités s’amusaient tranquillement, la musique des Prismrivers était belle quand elle ne servait pas à attaquer, se disait Marisa.
22 heures.
La consommation de saké et de vin commençait à se faire ressentir, chez les humains alors que les youkais, ils tenaient encore.
23 heures.
Reimu était venue se plaindre auprès de Remilia, encore.
23 heures 30.
Marisa ne cessait de regarder l’horloge, elle s’inquiétait.
23 heures 45.
Sakuya disparait derrière une porte, elle était partie chercher Flandre.
23 heures 52.
Plus l’heure fatidique approchait et plus le temps semblait ralentir. Elle savait bien que ce n’était qu’une impression et non Sakuya la responsable. Celle-ci s’en était déjà allée pour chercher la jeune vampire. Dans la pièce, la moitié des personnes étaient déjà partie, une partie dormait dans les nombreuses chambres, l’autre était repartie. Elle guetta le moindre signe suspect mais rien ne lui sembla suffisant pour devoir intervenir.
23 heures 58.
Sakuya revint avec Flandre, elle semblait heureuse d’être conviée à la fête. Elle commença à courir vers Marisa, les bras écartés et le sourire aux lèvres.
23 heures 59.
De nombreuses personnes se mirent ressentir une présence qui n’était pas là. La jeune vampire sauta dans les bras de Marisa qui manqua de tomber à la renverse. Sa grande sœur s’apprêtait à la rouspéter quand elle s’arrêta nette, le regard fixant devant elle.
Minuit.
Un étrange bruit se fit entendre. Tout le monde se retourna vers Hatate, une tengu journaliste. Elle décrocha et répondit à l’appel avant de s’avancer vers Remilia.
Marisa s’interposa.

–Que veux-tu ?
–L’appel est pour Remilia Scarlet…
–Je vais l’entendre, dit la vampire en tendant sa main vers elle.

La vampire posa le téléphone contre son oreille et écouta.
–Allo ? Allo ? demanda-t-elle.

Un lourd silence se posa dans la pièce. Alors que la jeune vampire s’apprêtait à rendre l’appareil, elle entendit une voix.

–Allo ? Remilia Scarlet ?
–Oui, moi-même à l’appareil. Qui êtes-vous ?
–Je suis derrière toi.

La vampire se retourna, étonnant la jeune magicienne qui restait proche du téléphone et qui pouvait l’entendre.
Derrière le fauteuil, il n’y avait rien.

–Je ne suis pas le type de personne à qui on fait ce genre de farc…
–Je suis… devant toi !

Au même instant, le trône fut tranché verticalement et s’effondra avec Remilia. Un couteau se ficha entre les jambes de la vampire alors qu’une inscription en lettres rouges venait d’apparaitre sur le mur derrière elle. Il y était écrit : «Bonne fête RS».
Dans la salle, un sentiment de panique se mit à naitre, étonnant la jeune humaine, ne pensant pas que des youkais puissent connaitre cela. Elle aida Remilia à se relever, constatant qu’elle était indemne, physiquement. Elle avait le regard dans le vide, elle semblait choquée par ce qu’il venait de lui arriver. Sakuya arriva juste après et prit sa maitresse dans ses bras avant de l’évacuer.

–MARISA, RETROUVE-LE ! Ordonna-t-elle à la jeune humaine.

Cependant, alors que les derniers invités sortaient le plus vite possible, une jeune femme se rapprocha de la magicienne.

–On dirait qu’il se passe quelque chose ici.
–Reimu, c’est mon affaire pas la tienne.
–Vraiment ? Elle m’a promis une donation mais comme sa fête a été annulée, j’en suis sûr qu’elle va m’arnaquer !
–Tu n’as pas vu son état… son regard était vitreux…
–Tu travailles pour elle maintenant ?
–J’ai voulu emprunté des livres et elles m’ont menacée. J’ai pensé en profiter pour visiter la demeure…
–Et piquer quelques petites choses par-ci par-là.
–Si tu le dis…
–Et maintenant ?
–Je dois trouver la responsable ! Mon honneur est en jeu !
–Amuse-toi bien, moi je rentre me coucher !
–Fainéante…
Reimu n’écouta pas les dernières paroles de son amie et s’envola vers son sanctuaire.

Marisa resta seule dans la salle des fêtes, inspectant le trône tranché en deux. «Une coupure nette et sans bavure qui n’a coupé que le bois» se disait-elle en l’observant. Elle prit ensuite le couteau. Comme l’autre, il était très coupant et peu pointu, l’inverse des couteaux de Sakuya. Elle se mit à réfléchir jusqu’au moment où elle entendit des rires. Elle décida d’aller voir cela de plus près.

Elle traversa la salle et ouvrit une porte, découvrant Flandre, recroquevillée sur elle-même. Elle était en train de rire. En voyant Marisa, elle se mit à sourire alors que l’expression de celle-ci se durcissait.

–Flandre, où est ton amie ?
–Elle m’a dit qu’elle voulait jouer une farce à ma grande sœur car elle ne voulait pas me laisser sortir.

Après un instant d’hésitation, l’humaine caressa la joue de la jeune vampire.

–Flandre… ta sœur ne veut pas que tu sortes.
–Mais pourquoi ?!
–Car…. Car… tu es trop jeune… et ta grande sœur ne t’a pas assez éduquée pour que tu puisses sortir. Quand cette histoire sera finie, je lui en parlerais.
–Mais je croyais que tu l’avais déjà fait…
–Je vais le refaire et le refaire et continuer jusqu’à qu’elle accepte.
–Ouiii ! Un grand sourire s’afficha sur le visage de la jeune vampire.
–Maintenant, dis-moi qui est ton amie.
–Elle m’a dit qu’elle serait sur la terrasse du toit.
–Elle te l’a dit ?
–Non, elle me l’a dit sans parler.
–Merci Flan.

Marisa lui caressa rigoureusement la tête, décoiffant la jeune vampire blonde mais l’amusant également avant de partir vers le toit.

Marisa couru à tout jambe à travers le bâtiment, ne cessant de monter afin d’arriver sur le toit. Elle ne cessa de repenser aux paroles de Flandre ainsi qu’aux autres indices qui commencèrent à se coller les uns aux autres.
Un bout de tissu vert.
Une mèche de la même couleur.
Un être invisible.
Un couteau et un appel téléphonique.
Ainsi que la capacité de parler directement dans la tête…
La responsable se trouvait sur le toit et maintenant Marisa savait qui c’était.


Elle ouvrit violemment la porte et se retrouva sur la terrasse dominée par la tour de l’horloge. Elle fit quelques pas avant de voir une silhouette au loin, regardant vers le Lac Brumeux dont la brume se répandait jusqu’ici. Marisa marcha d’un pas léger vers la personne lorsque celle-ci se retourna.

–Bonjour Marisa, tu es seule aujourd’hui ?
–En y repensant, cela ne pouvait être que toi.
–Pourquoi tu ne m’as pas suspecté ?
–Il te manquait un mobile. Je l’ai trouvé.
–Ah bon ? Et c’est ?
–Flandre. Tu souhaitais en faire ton compagnon de jeu et pour cela, il fallait la faire sortir.
–Bravo, répondit-elle en frappant dans ses mains.
–Mais qu’as-tu fais à Remilia ?
–Elle dort mais reste éveillée. Elle vit des cauchemars issus de son inconscient.
–C’est pour cela que t’as volée des bouquins sur la psychologie.
–Et oui, répondit-elle en riotant et en portant sa main devant sa bouche pour la cacher.
–Tu vas la faire se réveiller et cesser tes agissements.
–Pourquoi ? Maintenant, c’est Flandre la cheffe de la maison.
–Quoi ?
–Bientôt, elles se rendront compte qu’elle ne pourra pas aller mieux et la jeune sœur sera la nouvelle cheffe. Elle pourra sortir autant qu’elle le voudra.
–Tu vas la soigner tout ce suite sinon…
–Tu va jouer ? C’est une excellente idée. Si tu gagnes elle ira mieux et plus rien ne se passera.
–Et si c’est toi ?
–Flandre sera la nouvelle cheffe et elle pourra sortir avec moi et tu te perdras dans l’inconscience comme Remilia.
–Ça me va !

La personne en face de Marisa écarta légèrement les bras, dévoilant un œil violet fermé. Elle commença alors à marcher vers la jeune humaine, tout en affichant un sourire insouciant. La magicienne se tenait sur ses gardes, prête à réagir à la seconde. Malheureusement, elle se rendit compte qu'elle n'avait plus son balai avec elle, la limitant dans ses déplacements.
Son adversaire sortit alors une spellcard. Marisa fut surprise et n'eut pas le temps de réagir.

–Je vais gagner. Instinct "Release of the Id".

A cet instant, elle propagea un nombre incommensurable de coup qui se diffusèrent à partir d'elle. Marisa plongea sur le côté afin d'en esquiver certains, malheureusement une autre la toucha de plein fouet. Elle ne ressentait pas grand-chose mais elle voyait qu'elle s'éloignait de son adversaire. Elle se releva et se mit à courir vers elle, qui continuait à projeter des projectiles en forme de cœurs. La distance qui les sépara ne semblait cesser de croître alors qu'elle courait vers elle. Marisa avait l'impression que tout autour d'elle se transformait en un tuyau qui ne cessait de s'allonger. L'esprit de Marisa fut perturbée par la déformation du balcon qu'elle voyait sur les côtés, c'était comme si la réalité se dilatait et formait un tuyau. Elle ne cessa de courir, évitant les projectiles de son adversaire. Une attaque la frôla mais une seconde la frappa dans les côtes. Cela en était fini. Elle fut projetée vers l'arrière et la responsable de tout était de plus en plus loin.
Alors que Marisa tombait dans un tunnel sans fin, elle s'agrippa à son chapeau et le retira. Sa main plongea à l'intérieur de celui-ci et retira un objet en métal et de forme octogonale et le pointa vers sa cible devenue minuscule.

–C'est toi qui as perdue ! MASTER SPAAAAAARK !!!

Un puissant laser blanc fut émis de l'objet et vola droit vers la cible qui n'eut pas le temps de réagir. Elle fut frappée de plein fouet par l'attaque. C'est alors que Marisa eut l'impression de se rapprocher de son adversaire jusqu'à revenir à l'endroit où elle était au départ. Étonnée, elle regarda à droite et à gauche avant de voir la responsable des problèmes du manoir à genoux devant elle.
Elle se rapprocha d'elle quand une porte s'ouvrit derrière elle. Elle se retourna et vit Sakuya, Patchouli, Flandre et Remilia. La vue de cette dernière, relativement en forme, surpris Marisa.

–Comment ? Demanda-t-elle.
–Au moment où l'on a entendu ton attaque, elle s'est réveillée, dit Patchouli. C'est donc elle la responsable.
–Oui, c'est elle la responsable des incidents du manoir et de l'étrange comportement de Flandre. C'est Koishi Komeji.
–Pourquoi a-t-elle fait ça? demanda la maid.
–Elle voulait que Flandre puisse sortir.
–Comment ?! S'étonna-t-elle alors que sa maitresse restait de glace.
–Elle pensait que si Remilia était dans l'incapacité de jouer son rôle, le rôle aurait été joué par Flandre et qu'ainsi, elle aurait pu sortir avec Koishi quand elle le voulait.
–Comment tu as deviné ? Demanda la vampire.
–Je n'ai rien fait... je me suis plantée en fait... j'ai longtemps suspecté Sakuya car elle était la plus à même de monter de faux indices et qu'elle était celle qui connaissait le mieux le manoir. En fait, c'est après l'attaque que j'ai compris. Le morceau de tissus vert faisait partit de la jupe de Koishi, qu'elle a utilisé pour jouer avec Flandre. Sa mèche de cheveux verts, on l'a retrouvé après l'explosion de Patchouli. Elle a dut manipuler un produit et n'a pas fait attention, provoquant l'explosion et lui arrachant une mèche au passage. Le couteau, à partir de là, j'avais fortement soupçonné Sakuya mais je me suis rendue compte que les couteaux étaient coupants et peu pointues, à l'inverse de ceux utilisés par Sakuya. Ensuite, j'ai appris que des livres sur la psychanalyse et la psychologie furent volées. Ensuite, j'ai appris par Flandre que son amie était invisible. Enfin, l'indice final, c'est son attaque. Je me souviens de celle-ci lors des événements des légendes urbaines. Quand on s'est combattue et qu'elle l'avait déjà utilisée.

Marisa se retourna vers Koishi qui était restée à genoux tout le temps. Elle leva alors les yeux.

–Je... je voulais avoir une amie comme moi... Et Flan est devenue mon amie...on s'amusait bien mais... elle n'avait pas le droit de sortir... je trouvais ça triste... j'ai voulu l'aider...
–Il ne fallait pas blesser ma grande-sœur... lança une voix derrière Patchouli.
–Flan ?
–Je suis ton amie et cela sera toujours comme ça. Mais il ne fallait pas blesser ma grande-sœur. On m'apprend à utiliser ses pouvoirs comme il le faut. Un jour, j'aurais le droit de sortir pour aller jouer avec toi.

A cet instant, les regards de Patchouli et de Remilia montrèrent leurs perplexités. Face à cela, Marisa haussa le ton.

–Flan, je vais t'aider à faire en sorte que tu puisses sortir jouer avec Koishi.

Remilia ne put masquer sa surprise. Elle se mit alors à réfléchir alors que Marisa était auprès de la sœur vampire. Koishi se rapprocha d’elles et se mit à sourire. Sakuya se mit alors à chuchoter à l’oreille de sa maitresse. Celle-ci, surprise par ce que venait de lui dire sa servante, esquissa un léger sourire amusé.

–Marisa ? Appela la vampire.
–Remilia ?
–Si tu souhaites tant que cela aider Flan, je te permets. Reste donc quelques jours à la maison pour t’occuper d’une partie de son éducation.
–QUOI ?!

Quelques jours plus tard, le manoir avait retrouvé sa quiétude habituelle. Remilia était sous un belvédère situé dans le jardin, bien protégée des rayons du soleil. Sakuya arriva avec un plateau contenant une théière et une tasse de thé. Elle en servit à la vampire avant que celle-ci ne lui demande quelque chose.

–Sakuya, comment se passe l’éducation de Flandre ?
–Marisa nous surprendra toujours, cela fait presque une semaine qu’elle s’occupe d’elle et il y a de nets progrès, et elle est toujours vivante.
–C’est une bonne chose….
–Mais en ce qui concerne la satori ?
–Sa grande-sœur est venue et on a… discuté, si on peut le dire. C’est la dernière fois que je discuterais avec elle.
–Elle lisait dans votre esprit ?
–M’ouais.

A cet instant, un pan du mur explosa. La vampire se redressa et vit le gigantesque trou dans son manoir. Là, deux ombres sortirent, Marisa et Flandre.

–Ne dit pas que tu lui enseignes ta spécialité : démolir les murs !
–C’est… un accident… répondit l’humaine à la vampire tout en lui souriant, un sourire bien trop forcé.
–MARISA ! S’écria la vampire avant de faire apparaitre Gungir.

Ainsi, le calme fut retrouvé dans le manoir. Seuls quelques conflits sans importance éclatèrent par-ci par-là.
Il y avait juste une personne pour qui la situation ne c’était pas améliorée…

–La gardienne ? La maid ? Sortez-moi de ce placard ! Je suis journaliste, j’exige qu’on me libère, sinon je vais écrire un article sur vous et cela va barder !

Fin
"C'est pas d'la magie si c'est pas flashy."
Marisa Kirisame
"LeSavant a toujours raison."
LeSavant (moi)
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