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SUJET : Quand la Miko n'est pas là, les yōkais dansent

Quand la Miko n'est pas là, les yōkais dansent il y a 1 an 2 semaines #32063

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Chapitre I
Retrouvailles incongrues dans un Gensokyo désertique


Le calme règne en seul maître dans Mugenkan, assez pour laisser résonner le tic-tac inlassable de la montre de Yuuka.
Allongée lascivement dans son lit, elle se retourne sur le dos, fixant le plafond constellé. Tout ce temps passé dans son lit, sans pour autant y dormir, la pousse à se lever et s’habiller. En traversant le portail, elle croise Elly et lui signale son absence, sans préciser sa destination.
❀❀❀

Le Jardin du Soleil est resplendissant, une agréable brise caresse les majestueux tournesols. Le calme y règne, Yuuka est surprise de ne pas dénicher une fée malicieuse sous les feuilles imposantes. Pas même de farces. Serait-ce un nouvel Incident ? Elle n’y prête pas attention, après tout, il y a Reimu et Marisa pour se charger de ce genre de choses.
Elle ne s’attendait pas à cette trouvaille incongrue.
Yuuka écarquille les yeux, le moindre mouvement la fait tressaillir et elle lâche un cri effrayé.

Wriggle lève le nez lorsqu’elle entend crier. Elle se dirige vers la source de ce cri soudain, sur le chemin, elle remarque qu’elle n’est pas la seule à s’inquiéter.
Elle arrive au Jardin du Soleil et voit Yuuka, effondrée sur les genoux, le regard effrayé et le souffle court. Ça ne lui ressemble pas. Son parapluie est un peu plus loin, lâché dans la précipitation. Non vraiment pas.

Après avoir retrouvé ses esprits, Yuuka est entourée de Wriggle, Rikako, Sariel et Mima. Étrange. Mais le plus étrange est cet individu venu de nulle part, tiré brutalement de son paisible sommeil. Sa ressemblance avec Yuuka est indéniable, même cheveux verdoyants, quoique plus longs, même yeux verts et ses vêtements se composent d’un gilet à carreaux rouges, sa chemise est agrémentée d’un foulard jaune et, à défaut d’une jupe assemblée au veston, c’est un short ample. Un parapluie et une montre sont accrochés à sa ceinture.
Les questions fusent à une vitesse ahurissante, Yuuka fronce les sourcils et hausse le ton : « Je n’ai aucun lien avec ce… cette… chose.
— Pourtant, tu ne peux pas nier qu’il est ta copie presque conforme.
— Je ne crois pas qu’il y ait un quelconque lien avec notre situation, intervient Rikako.
— Je peux savoir ce qu’il se passe ?
Wriggle hausse les épaules et regarde Yuuka d’un regard perplexe.
— Reimu, Marisa, Yukari, Cirno… Pouf ! Disparues. Je n’ai retrouvé personne d’autre que ces trois-là.
— Reimu disparue ? Ça ne lui ressemble pas de laisser Gensokyo. Aya aussi ?
— Oui. Je suppose que c’est un Incident. Mais si Reimu et Marisa ne sont pas là…
— Et avec celui-là dans les pattes… commence Yuuka en adressant un regard du coin des yeux au nouveau venu.
Ce dernier la regarde avec de grands yeux, sa gêne est palpable, mais il ne dit pas un mot pour autant.
— Bon, je vais retourner à mes recherches avec Mima et Sariel. Je te laisse avec Rikako. Retrouvons-nous au village des humains pour le repas de ce soir. Il est complètement désert, mais on se débrouillera ! »

Wriggle part avec les deux autres et Yuuka reste pantoise, même Rikako semble désorientée par la situation. Elles échangent un regard et regardent l’inconnu. « Je veux bien croire que la brutalité du réveil et la surprise de la découverte te laisse sans voix, mais tu vas devoir t’y faire. Comment en est-on arrivés là ?
— J’ignore ce qu’il se passe vraiment. J’ai simplement vu le début. Les fées jouaient et Aya recherchait quelque chose pour le Journal Bunbunmaru. Et puis les fées sont parties, Cirno était particulièrement fatiguée. Je ne les ai jamais revues, pas plus qu’Aya.
Yuuka le regarde, éberluée par cette explication.
— Je te demande pardon ?
— Pour une yōkai des fleurs, je trouve ta réaction étrange. »

Il ne faut pas quelques secondes pour Yuuka à se parer au Danmaku, elle garde son parapluie devant elle, grand ouvert. Son sang bouillonne mais elle essaye de rester calme. Rikako réajuste ses lunettes sur son nez et regarde l’individu qui ne semble pas un simple étranger. « Tu étais où pendant ce temps ? » demande-t-elle.
L’homme désigne les tournesols d’un hochement de tête. Il regarde Yuuka et exhale un soupir. « Yuuka est la meilleure placée pour le savoir. Nous sommes pareils, nous venons du même endroit, et pourtant, elle me considère comme un étranger. Tout ça parce que mon apparence est… différente. »
Yuuka se radoucit, son jugement était trop précipité, faussé par la panique. Néanmoins, elle se rapproche prudemment de l’homme. Elle passe une main chaleureuse sur son visage et lui adresse un sourire. « Tu as assez de puissance pour grandir. Depuis quand ?
— Quand le soleil a commencé à décliner, je me suis endormi. Mes rêves étaient brumeux. Ta voix m’a réveillé.
— Pourquoi as-tu… usé tes forces ? Tu es conscient que tu ne seras pas éternel, tu…
L’homme lui attrape le poignet avec force et brutalité, il pose sa main libre sur la poignée de son parapluie.
— Pourquoi le serais-tu et pas moi ? Tu ne me fais pas confiance ?
— S-Si… Mais tu n’es pas obligé de me faire mal…
Yuuka ferme un œil, elle tire un peu mais elle reste captive. Elle continue :
— Tu n’as pas besoin d’être en colère, je me souviens de toi. C’est juste que… tu n’étais qu’un enfant, et ta perte m’a été insupportable. Le nom qu’on t’a donné, tu t’en souviens ?
La prise se desserre peu à peu et il tire Yuuka contre lui.
— Ne doute plus jamais de moi. Je ne supporte pas ta colère, ta tristesse ou même ton inquiétude. »

Rikako n’est pas sûre de tout saisir, mais le plus important est que cette affaire soit réglée. Le plus dur reste à faire, et ces deux-là ne seront pas de trop. Surtout s’il y a un témoin.
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Dernière édition: il y a 1 an 2 semaines par Piouffy.
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Quand la Miko n'est pas là, les yōkais dansent il y a 1 an 2 semaines #32075

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Chapitre II
La première nuit à Eientei

Comme convenu, tous se retrouvent au village des humains. Comme l’avait prédit Wriggle, l’endroit est désert.

Les idées s’échangent, mais difficile de savoir par où commencer pour retrouver au moins Reimu ou Marisa. Chacun réfléchit, le silence est omniprésent la plupart du temps. « Reimu n’est pas là, mais pourquoi vous confrontez-vous à elle ? Elle chasse les yōkais. Même ceux qui ne cherchent que la paix entre eux et les humains. À quoi bon se préoccuper d’elle ?

— Youka ! Arrête de te comporter ainsi.

— Tu ne vas pas me dire que tu l’apprécies, Yuuka.

— Je ne t’ai jamais voulu aussi stupide. Reimu, et même Marisa, ne sont pas que mauvaises. Elles t’ont aussi aidé.

— Bien sûr que je me ferai une joie de voir leur retour. Vois ça comme des vacances, Gensokyo ne nous appartiendra pas éternellement.

— Tu ne veux pas nous aider, c’est ça ? Alors disparais. »



Le silence est pesant. Wriggle regarde la scène avec perplexité, ce n’est pas le moment de se battre, qu’importe la décision, mais pourvu qu’ils restent raisonnables. Elle s’apprête à les séparer et demander le calme mais Yuuka est jetée au sol, Youka reste sur elle, cependant il prend garde de ne pas lui faire mal. Mima vient l’attraper par le col et le garde près d’elle. « Vous réglerez vos différends plus tard. Prenons du temps pour nous, de toute façon il n’y a personne d’autre pour l’instant. Je pense que ce sera reposant pour nous.

— C’est étrange. Quand même, on parle de Reimu ! remarque Rikako. Que va devenir Gensokyo ?

— Ne cédons pas au pouvoir qui nous est accordé, profitons simplement. Reposons-nous. Et je propose à Yuuka et son… fils ? Pardon si c’est un terme inapproprié. Mais je vous propose de partager du temps comme des proches. Peu importe comment vous en êtes arrivés là. »



L’intervention soudaine de Sariel est déstabilisante, mais pas moins apaisante.

Elle a raison, se reposer dans un Gensokyo déserté sera une très bonne chose pour tout le monde. Reimu finira bien par revenir ; dévouée comme elle est, il est impensable qu’elle abandonne jusqu’à même le temple Hakurei. Personne ne connaît les limites de sa puissance, mais elle a déjà une quantité hors norme de pouvoir, connaître la nature de l’Incident qui a provoqué tout ça peut attendre. Peut-être même que tout redeviendra normal du jour au lendemain !



Ils décident de s’installer dans la résidence Eientei, jugée comme la plus adaptée pour y prendre du repos. Yuuka et Youka partagent la même chambre, Mima utilise une chambre ouverte sur celle de Sariel, car l’ange semble affectée par la cécité à en croire ses yeux toujours clos. Elle ne les a entrouverts qu’une ou deux fois, dévoilant à peine des yeux bleu clair. Enfin, Rikako décide de rester là où Eirin fait habituellement ses médicaments, Wriggle dispose de la chambre de Kaguya pour elle seule.

Chacun est libre de faire ce qu’il veut, tant que ça ne nuit pas à leur paix. Chacun est libre d’aller où il veut, quand il veut ; si jamais l’un d’eux trouve la moindre information sur l’Incident, il doit en faire part, et ce, même si ça lui déplaît. Cette précision est surtout à l’attention de Youka qui a tout l’air de se délecter de cette situation. Pour éviter d’attiser la colère, même s’il a tout l’air d’être un possible responsable, personne ne donne son avis sur la question.

Après une entrevue – qu’ils décident de mettre en place à chaque dîner – pour faire le point sur la journée, ils gagnent leur chambre.



Rikako fait un rapide tour du propriétaire, il y a des choses intéressantes pour ses recherches. Elle se saisit d’un livre et commence à le feuilleter, le sommeil la gagne si rapidement qu’elle n’a pas le temps de reposer le livre et s’endort avec.

Mima veille un moment, jetant de brefs coups d’œil à Sariel. Elle finit par tomber de fatigue, de toute façon, l’ange semble dormir paisiblement.

Wriggle marche dans la chambre, faisant des allers et venues d’un pas léger. Elle est entourée de la lumière que produit des lucioles autour d’elle. Son inquiétude la maintient éveillée. Lorsqu’elle lève le nez, elle aperçoit un point lumineux approcher, la porte glisse avant même qu’elle n’ait pu réagir. Ce n’est que Youka, une lanterne à la main, visiblement il ne trouve pas le sommeil. Les insectes près de Wriggle ne le dérange pas, il se contente de rester un moment immobile avant d’entrer, de poser la lanterne et de s’installer confortablement près du bureau sur lequel il étend ses jambes. Wriggle constate qu’il est plutôt grand, elle lui rappelle les immenses tournesols du Jardin du Soleil. La jeune fille ne sait pas trop quoi dire, déconcertée et gênée par son silence. Il tourne la tête et la regarde fixement, il remarque son malaise. « Tu as trouvé quelque chose d’intéressant ici ? demande Wriggle.

— Yuuka dort, mais pas moi. Comme tu es la seule réveillée je m’interrogeais si ton éveil était dû à ta nature ou à quelques questions.

— Je ne sais pas trop quoi penser de notre situation.

— C’est juste temporaire.

— Tu as l’air tellement sûr de toi !

— Je suis seulement calme. C’est reposant, tu devrais essayer.

— Et si Reimu et Marisa et ni tous les autres ne revenaient ?

Youka se relève et prend Wriggle contre lui. Ses mains sont agréablement chaudes et porteuses d’un parfum floral. Cela en est presque enivrant.

— Je ne crois pas que ce soit possible. Si tu es allée voir le temple Hakurei, tu as bien vu que rien n’était anormal.

— Pourquoi es-tu certain que tout va bien ? Tu y es pour quelque chose ?

La voix de Wriggle se brise dans un sanglot retenu. Ses yeux brillants fixent la lanterne.

— J’aimerais pouvoir te dire que je les ai cachées dans le Monde des Rêves, endormies au creux de gigantesques fleurs, mais ce serait mentir et ça te ferait pleurer pour de bon. En revanche, je sens que tout va bien.

— Il arrive à Yuuka de mentir, impossible de savoir ce qu’elle pense vraiment. Tu as l’air… plus calme et raisonnable.

— Je peux très bien te mentir.

Sans savoir vraiment pourquoi, Wriggle rit. Youka est à demi-surpris, il se doute que ce rire n’est pas anodin. Elle est nerveuse et doit imaginer quelque chose de drôle pour taire ses inquiétudes. Il défait son étreinte et penche la tête avant de demander :

— Je suis si drôle que ça ? Pourtant, je ne sais pas faire de tours de passe-passe ni de farces. Les fées sont les plus douées pour ça.

— Tu as du talent pour chasser les mauvaises idées. »



Youka passe sa main dans sa nuque, il cherche du regard quelque chose de bien précis. Il trouve une branche d’arbre entre des livres mal ordonnés, il la met sous les yeux de Wriggle et la fait fleurir instantanément entre ses doigts. La jeune fille sourit et prend doucement la branche ; l’odeur des fleurs de prunier lui remplit les narines. « Un autre de mes talents est de te laisser quelque chose qui te rassurera si tu as encore ces mauvaises idées.

— Merci !

— Je ne serais jamais très loin, c’est juste que si je viens tout le temps dans ta chambre, les autres vont se poser des questions. Passe une bonne nuit !

— Merci, à toi aussi ! »
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Quand la Miko n'est pas là, les yōkais dansent il y a 1 an 2 semaines #32080

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Chapitre III
Traversée dans les souterrains


Le lendemain matin, quand Yuuka se réveille, elle trouve Youka profondément endormi à ses côtés, sa montre qu’il garde accrochée à sa ceinture dépasse des draps. Elle affiche neuf heures passées de quelques minutes. La yōkai des fleurs effleure sa peau du bout des doigts, le caressant doucement. Elle tient à lui, mais elle sait qu’à un moment il disparaîtra à nouveau pour renaître, elle aimerait qu’il en soit autrement. Les premières fois, elle n’avait pas supporté et le Jardin du Soleil avait été affecté par sa tristesse. Peut-être qu’en devenant adulte…

Youka la regarde avec des yeux embués de sommeil. « Ne pense pas à tout ça. Nous serons toujours ensembles. Sauf si tu te laisses ronger par le désespoir. »

Yuuka s’immobilise. Il ressent tout ce qu’elle éprouve. Cela lui semble logique, après tout, ils sont pareils, Sariel a sans doute raison de le considérer comme un fils.

Elle lui adresse un sourire radieux, Youka le lui rend et caresse son visage d’une main chaude. Des moments comme ça, elle en veut bien tous les jours.



L’absence de Reimu, Marisa ainsi que tous les autres n’est plus une préoccupation, certes, c’est considérablement plus calme, mais pas moins appréciable.

Pendant que Wriggle se prélasse dans le jardin de la résidence Eientei, Rikako met son nez dans les affaires d’Eirin, tant que ça peut servir à ses recherches. Sariel et Mima discutent simplement en prenant du thé, Yuuka et Youka les rejoignent.

« Cette première nuit était appréciable. Mais je ne vais pas gaspiller mes forces dans des recherches, nos vacances viennent à peine de commencer !

— Chercher quotidiennement n’est pas une obligation, et puis tu n’es pas seule.

— Je ne compte pas t’accompagner dans tes recherches.

— M’accompagner ? Ce n’est pas nécessaire.

Pour la seconde fois depuis qu’elle est là, Sariel laisse entrevoir légèrement ses yeux bleus. Tout du moins semble-t-ils bleus. Youka se penche un peu plus et réplique :

— Effectivement, si cela concerne Reimu, il n’est pas nécessaire de faire appel à tous ses sens, elle se remarque de loin. Mima a raison, on peut en profiter un peu et commencer les recherches plus tard, disons dans cinq jours à partir d’aujourd’hui.

— Je suis d’accord, mais n’essayez pas de prendre le contrôle de Gensokyo. Je reconnais que c’est tentant, mais nous ne pouvons pas.

— Nombre d’entre nous avons tenté de prendre le pouvoir des Hakurei, de contrôler, ou même détruire, Gensokyo, chacun à ses raisons et pour avancer, nous avons le Danmaku. Tout prendre sans se battre est beaucoup trop facile, et ça ne m’intéresse pas.

Yuuka jette un regard à Youka, elle lui attrape le bras.

— J’espère que tu ne penses pas ces idées stupides, dit-elle gravement.

Le jeune homme plante ses yeux verts dans les siens et pose sa main libre sur la sienne.

— Pourquoi je n’y aurais pas droit ? Tu me sous-estimes encore ?

Sariel s’apprête à intervenir, mais Yuuka prend Youka contre elle et fait un signe à Sariel.

— Ce n’est pas à toi de le faire. Et puis, je ne peux pas être une bonne mère si tu n’apprends pas de moi. »



L’étreinte est rassurante, sans inquiétudes ni peurs. Sariel et Mima sourient à l’idée que ces deux là comprennent la situation et leur lien ; ça ne peut qu’être bénéfique tant pour eux que pour résoudre l’Incident. Cela dit, Mima et Youka ont raison, un peu de répit ne fera de mal à personne. Reimu pourrait toujours revenir entre-temps.



Le soir, ils vont à nouveau manger au Village des Humains, c’est agréable de se promener à la tombée de la nuit, et faire la course dans les ruelles. Yuuka s’assoit et regarde par une fenêtre, Wriggle joue avec Youka. Jusqu’à ce que la faim se fasse sentir et les amène à table. Les idées sont partagées, échangées et le délai des cinq jours convient à Rikako et Wriggle. La scientifique y voit une opportunité pour commencer à lire quelques carnets d’Eirin. Pour elle, c’est une chance de disposer du bureau et de la chambre d’une Lunarienne spécialisée dans la médecine. Wriggle garde un œil sur Rikako, elle ignore ce qu’elle a l’intention de faire, son objectivité et ses connaissances en sciences ne signifient pas qu’elle est forcément raisonnable.



Ils rentrent tranquillement à Eientei et se souhaitent une bonne nuit, la résidence est plongée dans le calme. Cette fois, Wriggle est plus rassurée, elle garde la branche offerte par Youka près du lit, dans un pot en verre pour ne pas l’abîmer. La jeune fille trouve le sommeil rapidement.

Quand elle se réveille, elle s’étire et jette un bref regard sur la branche de prunier. Elle ne semble pas affectée par son environnement et reste aussi belle et odorante qu’au premier jour de sa floraison. Il n’est pas très différent de Yuuka, se dit-elle en esquissant un sourire. Cependant, il lui semble encore un peu différent, et elle se demande d’où lui viennent ces deux paires d’ailes. Wriggle compte s’accorder du temps pour lui parler seul à seul.



Elle prend un petit-déjeuner en compagnie de Sariel et Rikako. Mima dort encore, par besoin, elle veille une partie de la nuit pour sa nouvelle amie. Youka s’en est allé vers la Montagne Yōkai, et Yuuka l’a suivi, naturellement. « Elle tient beaucoup à lui, mais si j’ai bien compris, il ne fait que renaître.

— Il sera mieux placé pour expliquer. Je vais les rejoindre. Je reviendrais avec eux, et ne mettez pas le bazar ici. »



À première vue, il n’y a personne quand elle survole la Montagne Yōkai. Elle trouve Yuuka près de l’entrée d’un souterrain. Elle lui fait signe et Wriggle se pose. « Il connaît bien Gensokyo, moi-même j’ignorais qu’il y avait des geysers là-dedans. Ça ne te dérangerait pas d’aller voir ?

— Il me semble pourtant que tout est alimenté par les yōkais. Si c’est le feu que tu crains, tu n’as pas à t’en faire.

— Ce n’est pas ce qui me dérange le plus. Je ne connais pas bien les lieux, je ne m’aventure pas tant que ça ici.

Wriggle sourit, elle croit deviner pourquoi Yuuka reste là, bien qu’elle soit inquiète pour Youka.

— Je prendrais soin de lui, et nous reviendrons. Mais tu n’as pas à t’en faire, je sais qu’il va bien. Sinon, la branche de prunier qu’il m’a offert aurait fané.

— Je te fais confiance. »



Wriggle pénètre dans le souterrain, elle traverse un long tunnel, passe une passerelle et arrive à ce qui fut, probablement, un village. La jeune fille éprouve un sentiment étrange, en temps normal, elle n’aurait pas fait tout ce chemin si facilement. Elle en regrette presque la première fois où elle a dû affronter Reimu.

Elle se pose et regarde les différentes maisons, elle choisit d’explorer celles qui ont l’air habitées, et trouve finalement Youka dans une maison plus aménagée que les autres. Quand il se retourne, Wriggle baisse la tête, partagée entre la gêne et la honte. Visiblement, l’homme sort d’un agréable bain chaud. Ce sont ses ailes qui lui ont fait de telles cicatrices ? se demande Wriggle avant de répéter la question à voix haute. Youka lui adresse d’abord un regard dubitatif puis se retourne, s’affairant à se rhabiller. « Oui, elles ont traversé ma peau, et elles le font chaque fois. Mais ce n’est pas douloureux. Toutes les créatures ailées connaissent ça, tu pourras demander à Sariel.

— Ta mè… Yuuka s’inquiète pour toi.

— Je sais. Mais elle est quand même rassurée de me sentir, c’est pour ça qu’elle reste à l’entrée du souterrain. La considérer comme une mère n’est pas faux. Quand j’étais enfant, elle était devenue « Maman Yuuka » autant pour moi que pour les autres.

— Je me souviens de nos jeux, avec d’autres fées. Et puis, quand tu es rentré, tu es allé te coucher. Jusqu’à ce que tu renaisses des années plus tard.

— Ne sois pas triste, je ne meurs pas vraiment.

Youka passe une main dans ses cheveux ondulés pour les remettre en ordre. Il s’immobilise un instant comme pour regarder ses souvenirs avant de prendre Wriggle sur ses épaules. Il reprend :

— Quand j’étais enfant, la première fois, je ne comprenais pas. J’étais inquiet parce que je me sentais de plus en plus faible. Yuuka m’a rassuré en me disant que ce n’était qu’une sorte de grande sieste. Et quand j’ai finalement fermé les yeux, les jours suivants étaient tristes. Le jardin ressentait les larmes de Yuuka et faisait dépérir les tournesols. Marisa a été la première à venir la voir, pour la soutenir. Elle allait mieux, et le jardin prospérait à nouveau. Mais Yuuka ne supporte pas de me perdre, elle est consciente que vivre ici est pour moi un miracle, je suis différent des autres yōkais. J’imagine qu’on peut appeler ça l’amour maternel. »



Wriggle reste silencieuse, elle aussi était triste quand il a fallu lui faire un au revoir. Elle apprécie beaucoup Youka. La jeune fille glisse sa main entre les mèches soyeuses de ses cheveux, elle remarque qu’ils sont à peine plus foncés que ceux de Yuuka. « La branche de prunier que tu m’as offert est liée à toi, pas vrai ?

— Tu es très observatrice. Essaye de parler comme si tu me parlais, je ne pourrais pas forcément te répondre mais je t’entendrais. Les fleurs sont sensibles à leur environnement, elles apprécient le soin, l’attention et l’amour qu’on peut leur porter.

— J’essayerais. Et j’en prendrais soin. Si tu ne vas pas bien, elle fanera ?

— Probablement.

Ils s’arrêtent un instant, Wriggle lève le nez, ses antennes ont un soubresaut incontrôlé. Youka sourit nerveusement.

— Ce serait cruel de ma part de te demander de ne pas trop t’attacher à moi.

— Pardon !

Wriggle ne sait que dire de plus, elle baisse les yeux.

— Ne t’en fait pas, petite luciole, quoiqu’il arrive, il faut rester positive. Je suis toujours là, et même si tu ne me vois pas, moi je te vois. J’apprécierais toujours ta gaieté que tu apportes dans le Jardin du Soleil avec tes amies. »



Ils arrivent à la sortie du souterrain et Yuuka signifie d’un sourire qu’elle est heureuse de les voir. Pendant le trajet jusqu’à Eientei, Youka rapporte ce qu’il y a dans les souterrains et évoque une piste probable pour résoudre l’Incident.
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Chapitre IV
Comment Mima a fait avancer la situation


Les rayons du soleil viennent tirer Youka de son sommeil, d’abord aveuglé par la puissante lumière. Une fois complètement réveillé et levé, il se saisit de ses vêtements et, tout en s’habillant, se force à se souvenir de ses rêves. Il ignorait qu’il en était capable, mais il a bel et bien rêvé. Il frissonne à l’idée de la sensation que les rêves peuvent procurer.

Il trouve Yuuka, Wriggle, Rikako, Mima et Sariel dans le jardin de la résidence. La journée est agréablement lumineuse et chaude, et une odeur sucrée vient compléter ce tableau.

Youka prend une des sucreries dans l’assiette presque vide et l’apprécie, il se laisse tomber sur l’herbe et regarde le ciel. Yuuka vient dans son dos et passe une main dans ses cheveux, comme pour signaler sa présence, avant de s’asseoir à ses côtés. « Désolée de t’avoir laissé, mais tu dormais si paisiblement.

— Ne t’en fais pas ! Je ne suis pas à ça près. Et puis, tu as bien fait. J’ai rêvé.

— Il devait être passionnant pour qu’il te maintienne autant de temps endormi.

— Yukari Yakumo était avec moi, nous étions tellement proches l’un de l’autre… Elle souriait et laissait glisser ses doigts sur mon visage, mais elle n’a pas prononcé le moindre mot.

— Yukari ? Tu en es sûr ?

— Oui. En quoi ça ne va pas ?

— Tu as rêvé d’une résidente de Gensokyo, Yukari qui plus est. On pourrait penser que ce n’était pas vraiment un simple rêve. Qui sait quelles sont les limites de ses pouvoirs ?

— Je considère cela comme un simple rêve. Tu devrais en faire de même. Si elle avait tenté de communiquer par cet intermédiaire, elle aurait été explicite. »



Plus tard au cours de l’après-midi, Wriggle joue avec Youka, ils décident d’un Danmaku, rien de très sérieux cependant, Yuuka et Mima comprennent que ça les démange. Sariel et Rikako sont dans le bureau d’Eirin, mieux vaut ne pas laisser la scientifique seule quand c’est possible. Sariel approche d’une étagère où quelques flacons de médicaments sont rangés. Elle parcourt du bout des doigts l’étagère avant de prendre un pot étiqueté, deux pétales de Lycoris rouge sont plongés dans un liquide légèrement gris. « Soin magie muette. Ca ne t’intéresserait pas, Rikako ?

— Non, je…

La scientifique réfléchit un instant, Sariel ne comprendrait pas ses raisons à son dégoût de la magie. Elle soupire et reprend :

— Je ne vais pas m’approprier tout ce qui se trouve ici, j’ai déjà toutes ses observations et ses recherches, je ne vais pas la démunir de ses médicaments. Et puis c’est dangereux, qui sait si ce médicament donne les effets escomptés ? Par contre, ramène-le à Yuuka ou son… fils.

— Je vois, tu veux comprendre l’utilité des composants. Tu as une idée à propos de notre situation ?

— Pas encore, mais je n’ai pas encore vraiment cherché. »

Sariel tourne la tête vers les feuilles volantes en désordre, griffonnées de toutes sortes de choses incompréhensibles, et hausse les épaules. Peut-être que ces recherches ne sont que pour elle et non pour résoudre la situation.



Ils ne leur reste que trois jours de quartier libre avant de partir résoudre cet « Incident ». Habituellement, il est question d’Incident lorsque des trouble-fête viennent déranger la tranquillité de Gensokyo, les problèmes sont réglés par le Danmaku et Gensokyo retrouve sa tranquillité jusqu’à ce qu’un nouvel Incident brise à nouveau ce calme. Yuuka commence à être partagée entre apprécier ce calme quotidien, sans une prêtresse ou une sorcière pour venir la réveiller, et s’inquiéter réellement de ce quotidien inhabituel.

Mima prend son sceptre et fait signe à Yuuka « Je m’en vais me promener un peu dans la forêt.

— Tu ne veux pas être accompagnée ? Il me semble qu’il est facile de s’y perdre.

— Ce n’est pas un problème, les arbres n’atteignent pas les cieux.

— Hm, c’est vrai. Bonne promenade alors ! »



Yuuka adresse un regard à Sariel qui lui tend un pot d’une composition médicamenteuse. Tout en lui expliquant ce qu’elle cherche, ou plutôt ce que Rikako cherche, elle attire l’attention de Youka et Wriggle qui s’arrêtent de jouer pour venir voir. Sans tergiverser, Youka saisit le pot et regarde à travers la paroi ce qu’il contient. Le silence est troublé par une soudaine explosion à peine plus loin, là où Mima est partie se promener. Instinctivement, Youka pose le pot et attrape Wriggle. Yuuka se met devant eux et regarde en direction de l’explosion. « Du Danmaku. Mima semble avoir trouvé quelque chose. » remarque Sariel.

Ils partent aussitôt, Rikako les rejoints, elle prend une nette accélération pour être sûre de ne pas laisser le temps à Mima de se déplacer.



Ils trouvent Mima en compagnie de trois personnes, à en juger par leur calme, Mima les a effrayées. Vu l’ampleur du choc et du bruit, ce n’est pas étonnant, se dit Youka en fixant l’une des trois jeunes femmes ; elle est blonde, aux yeux violets, habillée d’une robe violette et d’un chapeau blanc. La ressemblance avec Yukari est frappante, mais ce n’est pas ce qui le marque le plus. Yuuka remarque son regard étonné mais ne dit rien. Mima soupire et sourit : « Difficile de passer inaperçue, mais au moins ça m’aura évité de les traîner jusqu’à Eientei toute seule. On a commencé les présentations sans vous. La blondinette c’est Maribel Hearn, et voici son amie Renko Usami. Je pense que certains d’entre vous connaissent Mokou. »

Wriggle se retient d’hurler de joie de voir quelqu’un qu’elle connaît alors que Gensokyo est désertique depuis un trop long moment. Mokou semble à la fois perdue et ravie de trouver quelqu’un. Quoi qu’elle fuit du regard Youka. « Comment tu as fait pour échapper à cet Incident, Mokou ? s’empresse de demander Wriggle.

— Hein ? Je te retourne la question ! J’étais en train de faire mon boulot, et puis c’est devenu tellement calme que j’ai trouvé ça bizarre. J’étais sur le chemin d’Eientei et j’ai croisé Maribel et Renko, elles ont eu peur de moi, je les ai attendues pas loin de leur planque. Elles m’ont fait un peu plus confiance, et finalement Mima nous a trouvées et a eu la merveilleuse idée de balancer ses Spell Cards !

Mima hausse les épaules.

— Au moins, je suis sûre que vous restiez là et que ça allait alerter les autres, se justifie-t-elle.

— Je ne sais pas ce qui me retient de te faire ta fête… Plus important, j’imagine que vous êtes dans la même situation que nous.

— Oui, venez, on va tous rentrer et faire le point. Je pense que ce sera un bon début. »



Ils regagnent Eientei. Sur le chemin, Mokou discute avec Renko et Maribel pour les accoutumer à la situation, Mima renchérit en expliquant que, même s’ils sont non-humains, ils ne vont pas les manger et même pas les attaquer, mais Mokou réplique que pour le côté pacifiste, c’est manqué. Youka les écoutes en silence et adresse de nouveau un regard à Maribel qui lui répond d’un regard en coin. L’un et l’autre pensent sensiblement à une même chose, mais il laissera Maribel poser ses questions ce soir, quand ils seront seuls.
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Chapitre V
Les fleurs du souvenir I


Sariel regarde attentivement les feuilles que Rikako a griffonnées de diverses choses. Elle ne comprend pas la majorité des éléments, mais son intuition lui dit que ce n’est pas vraiment des recherches personnelles. Elle se retourne quand le petit groupe entre dans la résidence et laisse tout en place, elle regagne le séjour où les autres sont déjà installés et discutent de leur situation. Mokou a échappé à cet Incident pendant qu’elle était occupée dans la forêt, là où Renko et Maribel se sont aussi retrouvées. Youka fait rapidement le lien, il regarde tour à tour Mima, Wriggle, Sariel et Rikako et demande : « Lorsque cet Incident a commencé, vous veniez d’où ?

— De la Forêt de Bambous, répond Wriggle.

— J’ai croisé Wriggle au beau milieu de cette forêt, elle était affolée, répond Sariel.

— J’étais près du sanctuaire de Reimu, Rikako m’a rejoint, pour le reste… je ne suis pas sûre de pouvoir tout restituer correctement, répond Mima.

— Je suis tombée à cours d’énergie et j’ai chuté pas très loin du sanctuaire, je ne sais pas l’endroit exact, répond Rikako.

— Tu penses que la Forêt de Bambous a un lien avec cet Incident, Youka ? demande Yuuka.

— Ça aurait pu, mais dans ce cas, Rikako et Mima auraient dû venir de là aussi. Nous aurions eu une piste exploitable.

— Et pourquoi elle ne le serait pas ? remarque Renko.

— Exact. Mima dit ne pas pouvoir restituer les détails, Rikako ne connaît pas l’endroit où elle est tombée, ça laisse des possibilités. »



La journée se termine, Youka va dans sa chambre provisoire pour rester seul un moment. Depuis son réveil, il a de nombreuses idées en tête, il a besoin de les mettre en ordre. Il ne sait pas s’il aura assez de forces pour les accompagner jusqu’au bout, il n’a pas songé aux prochains jours, à l’éventualité de sa présence une fois l’Incident résolu, mais atteindre cette forme montre des possibilités qu’il n’aurait jamais envisagé étant enfant. Cependant, il ne peut pas nier qu’il se sent faible, nettement moins réactif et son sommeil est plus lourd. Il se laisse basculer sur le lit, dos à la porte, et ferme les yeux.

Maribel entre doucement, coulissant prudemment la porte et la refermant derrière elle. Elle se débarrasse de ses chaussures et s’approche du lit à pas feutrés. Dans cette douceur, elle s’assoit sur le bord du lit et regarde timidement Youka. Elle penche la tête et jette un coup d’œil sur sa montre, avant de s’appuyer contre un coussin et replier ses jambes sur les draps.

Dans une parfaite immobilité, elle le regarde fixement un moment avant de regarder aux alentours, elle remarque quelque chose d’inhabituel par terre. Près d’une fenêtre, une tâche colorée sur le parquet d’un brun homogène. Maribel ne cherche pas à aller le ramasser, l’examiner, ne serait-ce que savoir ce que c’est. En revanche, son regard suit un trait invisible depuis cette tâche verte sur le sol. Elle sent qu’il s’agit d’une frontière, infime mais bien présente. Prévenir les autres est nécessaire, mais elle n’est pas à – tout au plus – quelques heures près.

Maribel se fait surprendre par un mouvement soudain de Youka, sa main tombe lourdement sur ses pieds mais elle réussit à rester silencieuse et immobile, il exhale profondément et redevient calme, son autre main posée sur la chaîne de sa montre. La jeune femme revient sur cette discrète frontière et tente de comprendre son utilité. Elle a déjà vu ce genre de choses, mais celle-ci est différente, elle est comme fermée et n’altère que légèrement ce qui l’entoure, sa puissance est très faible. Maribel garde en mémoire chaque détail, elle est curieuse de savoir si une frontière comme celles qu’elle a déjà vues peut être latente.



Youka se réveille brusquement et tombe dans les bras de Maribel, elle passe une main dans ses cheveux et lui adresse un sourire chaleureux. Dérouté par ce réveil, Youka ne bouge pas quelques instants avant d’écarter les bras de la jeune femme. Il s’assoit sur le bord du lit et secoue la tête, une certaine manière de chasser la brume dans son esprit. « Ce n’est pas ta chambre. Que fais-tu ici ?

— Ce n’est pas la tienne non plus. Tu voulais me parler, me serais-je trompée ?

Youka tourne la tête et la regarde avec de grands yeux, avant de retourner au vague qu’il regarde sans savoir que faire.

— Pourquoi je voudrais te parler ? Oh oui, tu penses peut-être que je vais te poser des questions pour cette chose là, dit-il en désignant d’un hochement de tête le coin de la pièce.

— Tu ne dis rien aux autres ?

— Et toi ? Plutôt que d’espionner mon sommeil, tu devrais aller clamer ta découverte.

— Je préfère réfléchir avant de faire quoique ce soit. Merci de me laisser cette chance.

— Pas de quoi.

La distance que met Youka entre Maribel et lui est nette, mais la jeune femme tente coûte que coûte de se rapprocher.

— C’est étrange, tu n’es pas comme les autres, c’est probablement la première fois qu’on se rencontre, et pourtant…

— Tu as un sentiment de familiarité. Tu devrais réparer ta mémoire plutôt que de lâcher ce discours trop souvent à mon goût.

Maribel fronce les sourcils. Elle sait que Youka n’est pas du genre à bavasser avec les autres, qu’il ne veut pas créer de liens quelconques et que la seule à qui il fait confiance est Yuuka, mais de là à se montrer ouvertement hostile est assez étonnant de sa part.

— Tu peux être franc avec moi, tu sais. Je te dérange ? Tant pis pour toi, je ne bougerais pas. Tu ne m’intéresse pas. Avec Renko, on est impliquées dans vos problèmes, pour je-ne-sais-quelle-raison. Commencer par comprendre le pourquoi de la question est tout ce que nous avons à faire. Tu peux te montrer utile où rester dans ton coin, peu m’importe.

Un sourire malicieux se dessine sur les lèvres de Youka.

— Tu ne t’es pas remise de cette promenade sur la rivière Sanzu.

— Je déteste les Lycoris, ce sont des fleurs effrayantes. Et elles apportent les incendies.

— Tu as eu peur de mourir, c’était justifié. Je n’aurais pas dû te tirer de force, mais je pensais que tu apprécierais le calme des lieux. Je suis à peu près sûr que tu l’as vécu comme un cauchemar, surtout que Renko n’était pas là. Tu avais pourtant besoin de te reposer, de fuir ton quotidien un moment. Mais inutile de me dire pourquoi, tu ne m’en as jamais fait part jusqu’à présent.

— De tous ceux qui peuplent Gensokyo, il a fallu que je tombe sur toi. Tu es juste d’ici car tu vis au travers des tournesols, et aussi de Yuuka. Ce rêve… non ce cauchemar était le plus bizarre que j’aie fais. »



Youka ne réplique pas, il comprend la colère de Maribel. Mais il y a autre chose, une question qu’elle ne parvient pas à formuler. Leur promenade sur la rivière Sanzu remonte à quelques années, pour Youka, c’était la première fois qu’il arrivait à garder cette forme, il n’a pas pu la maintenir très longtemps et ne l’a jamais dit à Yuuka. À ce moment, il voyait en Maribel un moyen de devenir un yōkai comme les autres et de partir de Gensokyo. Il a voulu lui donner confiance en lui offrant quelques fleurs, mais la jeune femme a toujours haï les Lycoris rouges, après quoi, il a fait un Danmaku contre Komachi pour la punir de ses mauvais conseils, vidant ses dernières forces.

Il regarde un instant Maribel qui s’est déjà rapprochée de la frontière. Il soupire, se lève et s’approche à son tour. Il pose ses mains sur les épaules de Maribel et lui confie : « C’était quelque chose de nouveau pour moi, avoir autant de puissance m’a fait suivre le mauvais chemin. J’ai cédé à l’impulsivité et à l’impatience. Tout ce que je voulais c’était d’être un de tes amis, et pourquoi pas un de tes voisins dans le Monde Extérieur.

— Tu n’aimes pas cet endroit ? Et Yuuka ?

Youka secoue la tête.

— Bien sûr que si mais… Je me sentais juste bizarre, j’avais l’impression d’avoir un nouveau pouvoir tellement puissant que je pouvais enfin vivre comme un yōkai. Sauf que c’était trop pour moi, j’ai cédé à de mauvais sentiments et gaspillé mes forces.

— Tu m’as emmené sur la rivière Sanzu juste pour disparaître discrètement et vivre en yōkai à Kyoto ? Rappelle-moi de remercier celle qui t’a donné ces maudites fleurs. Quelque chose me dit que si tu avais réussi à aller vivre à Kyoto, les choses seraient terribles à l’heure actuelle. Pour toi.

— Eirin a récupéré les Lycoris que je t’avais… offert. Elle en a fait un médicament pour soigner l’absence de magie. Il n’a jamais servi si j’en crois le pot que Sariel a trouvé.

— Je vois, tu veux retrouver Eirin vis-à-vis de ce médicament. Tu comptes faire quoi ? »

Youka ne répond pas. Il ignore s’il sera encore là pour voir Eirin. Et dans le cas où il pourrait la voir, il ignore ce qu’il fera. S’il dispose d’une magie constante et qui ne s’épuise jamais, sa vie sera longue, il reste indécis quant à savoir ce qu’il pourrait en faire. Aller vivre dans le Monde Extérieur lui semblait une bonne idée, dans le sens où il pourrait rester avec Maribel et Renko et vivre comme elles. Mais il tient beaucoup à Yuuka plus que n’importe qui d’autre et vivre comme un humain, sans elle, est effrayant.



En baissant les yeux, il remarque une feuille au sol. Sans pouvoir se contrôler, il frissonne et a un bref mouvement de recul. Maribel se retourne, même si elle ne le sent ni le voit, elle sait que Youka éprouve soudainement un certain malaise. Elle ramasse la feuille et remarque quelque chose qui la surprend ; il s’agit bien d’une feuille, mais elle n’est pas tout à fait ordinaire. Elle ignore ce que c’est réellement, mais elle ressent que Youka en est le propriétaire.
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Chapitre VI
Changement

Cette nuit là, c’est Wriggle qui vient dans la chambre de Youka et Yuuka, prenant garde de ne pas réveiller cette dernière.

Elle trouve Youka profondément endormi, en revanche, la lampe allumée et le livre fraîchement tombé par terre indiquent qu’il s’est endormi que récemment. Wriggle se gratte la tête, gênée de la situation, et fait demi-tour. « Wriggle ? » demande brusquement Youka dans un murmure. L’intéressée se retourne et répond d’un sourire crispé. Elle secoue la tête et baisse les yeux.



Le lit grince sous le poids de Youka quand il se relève, il reste un moment assis, tourne la tête pour regarder Yuuka et se lève, il invite la jeune fille à le suivre avant de passer sa chemise et d’aller dehors. Il referme les portes derrière lui et s’assoit sur l’engawa[1]. Wriggle partage le drap qu’elle a pris de sa chambre. Peu de temps après, ils sont entourés de lucioles et d’autres insectes plus discrets. « Désolée de t’avoir réveillé…

— Ne t’en fais pas, de toute façon, mon rêve n’était pas plaisant.

— Alors, tu rêves vraiment ?

Youka lui adresse un regard dubitatif. Wriggle baisse la tête et explique :

— La fleur que tu m’as offerte réagit à tes rêves. Mais j’ignorais que c’était des rêves. De voir à nouveau cette réaction m’a inquiétée. Je voulais voir si tu allais bien.

— Hmph… Je vois. Merci de t’inquiéter pour moi, petite luciole.

Le sourire si chaleureux et serein de Youka rassure Wriggle qui se relève, abandonnant la chaleur du drap.

— J’aimerais me faire pardonner de t’avoir réveillé.

— Je te l’ai dit, ce n’est pas un problème, tu m’as tiré d’un mauvais rêve, c’est amplement suffisant.

Wriggle se rassoit, Youka l’enroule dans le drap pour ne pas qu’elle attrape froid et il laisse une luciole se poser sur sa main.

— Ils t’apprécient. Et visiblement, ils ne te dérangent pas.

— Mon odeur leur est agréable apparemment. C’est plutôt moi qui ai perturbé ton sommeil.

— Je ne dormais pas.

— Dis-moi ce qui ne va pas. »



Plutôt qu’une réponse, Wriggle se jette dans les bras de Youka et laisse s’échapper des larmes. Naturellement, il l’étreint avec douceur, mais il ne cherche pas à dire des paroles rassurantes, considérant qu’elle a d’abord besoin de pleurer tout ce qu’elle a retenu jusque là.



Ils passent une partie de la nuit à discuter, et finalement, Wriggle s’endort, vacillant sur les genoux de Youka. Ce dernier la prend sur son dos et la ramène dans la chambre, il prend soin de border la literie et éteindre sa lampe, ne laissant que les douces lumières virevoltantes des lucioles.

Dans sa chambre provisoire, Yuuka l’attend de pied ferme, à peine a-t-il refermé la porte qu’elle lui demande : « Qu’est ce que ça signifie ?

— Wriggle était triste de m…

— Non ! Je ne parle pas de ça, Youka. Je me fiche de savoir quel genre de lien tu tisses avec les autres. C’est plutôt la présence de cette frontière que tu vas devoir expliquer.

— Je vois que Maribel n’a pas encore fait part de sa découverte.

— Arrête de jouer la comédie, Youka !

Le silence dans la pièce devient pesant, l’un comme l’autre ont les mêmes sentiments. Yuuka est la première à briser le calme.

— J’aurais dû comprendre lorsque tu as évoqué tes rêves. Yukari est forcément la responsable de ceci. Qu’est ce que vous tramez ?

Youka reste silencieux, ce qui a le don d’énerver un peu plus Yuuka. Elle se saisit de son parapluie.

— Youka, je ne voudrais pas briser nos liens, il m’est impensable de m’en prendre à toi. Malheureusement, je crains ne pas avoir le choix. Ce n’est pas bon de garder une fleur malade, au risque de contaminer toutes les autres.

L’homme baisse la tête, d’un geste nerveux, il emmêle la chaîne de sa montre autour de ses doigts. Il ne parvient pas à dissimuler un bref mouvement de recul.

— Je te donne une dernière chance. Tu sais très bien ce qui va se passer si tu me laisses faire ça.

— Sous le coup de la colère, tu m’oublieras, tu ne mesureras pas ton acte. Mais après ça, tu vas tellement regretter ton geste que tu te laisseras aller à un désespoir bien plus fort que lorsque tu m’as perdu la toute première fois. »



Youka relève la tête, fixant d’un regard ardent la yōkai des fleurs. Cette fois, c’est à Yuuka d’esquisser un mouvement de recul qui trahit sa surprise. L’homme ramène sa montre à hauteur de ses yeux et regarde le mouvement des aiguilles. « Qu’est ce que tu veux faire, là ? demande Yuuka, quelque peu inquiète.

— Te ramener à la raison. Je sais que, depuis le début, tu me soupçonnes d’y être pour quelque chose. Tu as dû sentir ce que j’ai ressenti lorsque Maribel était là. Je ne peux pas te cacher ce que je ressens, mais toi non plus. Malheureusement pour toi, je n’y suis pour rien. Mon énergie était suffisante pour me maintenir sous cette forme. Mais je suis plutôt mal tombé, à ce moment, Gensokyo était devenu désert. Même la si puissante Reimu Hakurei n’était plus là. Pourtant, rien ne semble anormal, la Grande Frontière est intacte. Cela dit, ça ne t’a pas empêché de me tenir pour responsable. Un plan parfait…

— … Requiert de la patience pour aboutir.

Yuuka détourne le regard, frustrée de savoir qu’elle ne parvient pas à lui cacher certaines de ses pensées. De son côté, Youka se met à rire, puis il se reprend.

— Tu penses toujours que je suis une mauvaise graine ? Que je vais vous trahir pour je-ne-sais quel plan délirant ? La première fois où j’ai atteint cette forme, j’y ai pensé. J’ai pensé partir de Gensokyo et aller vivre comme un humain avec Maribel et Renko. Mais cette idée était stupide, je ne compte pas l’appliquer. De toute façon, je n’en ai plus pour très long.

— Qui me dit…

— … Que je ne suis pas capable de te cacher des choses ?

— Arrête ça.

— Les mensonges sont faciles à croire quand tu n’as aucun lien avec la personne à qui tu mens. Mais je ne suis pas ce genre de personne. Même si toi ou moi racontions un mensonge, l’un et l’autre pourraient le savoir. Je ne serais jamais comme toi, mais tu as laissé assez de marques pour me permettre d’être temporairement un yōkai. »



Yuuka soupire et repose son parapluie. Elle réfléchit un moment avant de venir aux côtés de Youka. D’un même geste, ils s’assoient sur le lit, Yuuka regarde le cadran de sa montre. « Le mouvement des aiguilles semble être bien plus intéressant, tu es complètement absorbé depuis tout à l’heure. Je peux savoir pourquoi ? » demande la jeune femme.

Pour toute réponse, Youka se redresse, l’air perdu. Il lâche sa montre et regarde ses mains. Perdu dans ses pensées, il se fait surprendre agréablement par Yuuka qui écarte quelques mèches de ses yeux et laisse glisser ses doigts le long de sa chevelure. « Même si tu me disais que ta montre renferme de l’énergie volée, tout ce qui m’importe est de constater que tu en as pour plus long que tu ne le crois. Tu as raison. Plutôt que de t’accuser, je ferais mieux de réfléchir sur les possibilités. »

Youka garde les yeux clos, il apprécie la douceur de ce moment.



La porte de la chambre s’ouvre brusquement sur une Wriggle larmoyante et inquiète. Yuuka et Youka tournent la tête, perplexes autant l’un que l’autre. Les larmes et l’inquiétude s’évanouissent instantanément lorsque Wriggle se rend compte que son interprétation était fausse. Elle remarque que son ami est quelque peu différent : ses cheveux ont poussé et lui-même semble un peu plus grand, plus large aussi. Yuuka sourit et murmure : « Il apprécie les bains de rosée, à l’aube. »

Wriggle sourit. Elle vient sur le lit et se jette dans les bras de Youka, incapable de contenir sa joie de le voir ainsi, en pleine forme.
[1] Bande de sol suspendue en bois, elle se trouve juste devant les fenêtres ou les volets des pièces dans les maisons traditionnelles japonaise.
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Chapitre VII
Commencer à rétablir l'ordre à Gensokyo

Au petit-déjeuner, Rikako est la première à s’étonner de l’apparence de Youka. Mima lève les yeux, intriguée par ce soudain calme. Elle sursaute et s’exclame : « Tes cheveux étaient encore courts hier ! Ça t’arrive souvent de pousser comme ça ? »

Face à autant de réactivité, Wriggle se met à rire et se rapproche de son ami quand il vient s’asseoir à la table pour prendre sa part de petit-déjeuner. Mima fronce les sourcils et retourne à son repas.



Rikako continue de regarder fixement Youka un instant et jette un coup d’œil à ses notes. Elle reprend son crayon et griffonne des choses incompréhensibles pour les autres.

Mokou rentre dans la résidence, elle se défait de son chargement de bois et croise Maribel et Renko, tout juste réveillées. Les trois jeunes femmes rejoignent leurs compagnons, elles remarquent les changements de Youka, mais ne se montrent pas aussi réactives que Mima. « Tiens ? Sariel est habituellement ici avant nous. Mima, tu l’as vu sortir ?

— Non, elle dormait. Rien de plus normal. Mais je suis tombée de sommeil à un moment. Je pensais qu’elle était déjà levée.

— Allons la chercher. »

Mima et Rikako décident d’y aller, Mokou se propose de les accompagner. Wriggle regarde Youka et se souvient des réactions de sa fleur et son brusque changement. La fleur avait fané mais une nouvelle l’a remplacé rapidement. Elle est devenue bien plus imposante et odorante. Cette fleur réagit à l’énergie de Youka, mais il ne semble pas avoir conscience qu’elle est à ce point imprégnée.



Yuuka pose la tasse de thé vide et fait le point elle aussi, elle jette un coup d’œil à la montre de Youka et finit par lui demander : « Tu n’as rien fait à Sariel ?

— Pas que je sache. J’étais avec Wriggle, je l’ai ramenée quand elle s’est endormie et je suis revenu aussitôt dans la chambre. Et puis, Mima la veille.

— Pas forcément de manière directe.

Yuuka se relève et se dirige vers la chambre où dort habituellement Sariel.

— Tu continues à douter de moi… constate Youka en baissant la tête. Je ne sais pas, et si c’est de ma faute, ce n’était pas volontaire.

Pendant que Yuuka cherche quelque chose qui pourrait indiquer ce qui est arrivé à Sariel, Renko intervient :

— Si je comprends bien, tout le monde a disparu de Gensokyo sauf nous neuf. Nous partageons plus ou moins un lien avec Youka. Sariel a disparu, et il est plus fort qu’hier. Sariel est la personne avec laquelle il partage le moins de lien. Or, il peut être un yōkai jusqu’à ce qu’il n’ait plus assez de forces physiques et magiques. Mais si on en croit nos souvenirs et vos dires, Youka était enfant il y a encore quelques années. Dans ce cas, il est probable que Youka a volé les énergies de chaque habitant de Gensokyo pour devenir un yōkai de manière définitive.

— C’est absurde, Renko. Tu n’imagines pas combien nous sommes ici, et les puissances varient. S’il avait fait ça, il ne serait pas comme ça. Je peux le sentir, et je t’assure que ses forces ne dépassent pas les miennes. Même s’il en a un peu plus qu’hier, je te l’accorde.

Maribel intervient à son tour :

— Et que faisons-nous de la frontière dans votre chambre ?

Yuuka fronce les sourcils, mais Youka lui fait signe et répond :

— Je sais que vous êtes épuisées de cette situation, mais nous n’avons pas assez d’éléments pour avancer. La frontière dans la chambre où nous dormons est un élément supplémentaire dont nous ne savons rien. Battre de l’air vous épuisera davantage, alors inutile de vous acharner sur chacun de nous quand un détail concorde. Dans ce cas, nous sommes tous responsables, vous y compris. »

Renko appuie sa tête dans une main et réfléchit silencieusement. Maribel lui adresse un regard interrogateur avant de s’étirer et se resservir du thé.



Mima, Rikako et Mokou reviennent avec Sariel, cette dernière explique qu’elle s’est réveillée plus tôt, cela dit, elle s’est égarée en chemin alors qu’elle voulait aller dans les souterrains où Youka s’était baigné. Soulagés de voir que Sariel n’était que perdue, tous s’organisent en groupe pour commencer des recherches. La situation est devenue plus compliquée pour tarder davantage.

Une fois organisés, chacun mène des recherches. Rikako reste à Eientei avec Maribel et Renko pour étudier cette étrange frontière.



Mokou s’arrête un instant et lève les yeux, regardant le ciel. Si cette sotte était restée sur la Lune… se dit la jeune femme avant de reprendre sa route avec Mima et Wriggle. Cela dit, elle garde dans un coin son idée pour l’exposer à tout le monde au moment du repas.

Youka, Yuuka et Sariel, de leur côté, inspectent le temple Hakurei. En fin de journée, ils vont au temple Moriya.

Lors du repas du soir, ils se retrouvent et font chacun leur rapport. Mokou exprime alors son idée : « Je propose que nous aillions rendre visite à nos amis de la Lune. Si cet Incident n’affecte que Gensokyo, ils pourront nous être d’une aide précieuse. Attendons la Pleine Lune et allons-y.

— J’ai moi aussi une idée, intervient Youka.

Le silence se fait et des regards dubitatifs se tournent vers lui. Il reprend :

— Renko, Maribel et Rikako, vous me donnerez vos résultats de recherches sur cette frontière. Je la traverserais, Yukari est forcément au bout. Maribel, j’ai besoin de ta capacité à voir les frontières.

— Bien sûr ! répond prestement l’intéressée. Mais c’est dangereux, non ?

— Vous prendriez autant de risques pour rétablir l’ordre à Gensokyo, n’est ce pas ?

Chacun acquiesce en guise de réponse. Youka prend quelques gorgées d’eau et conclut :

— Je me charge du reste. »



La nuit, Youka met son plan à exécution. Rikako lui explique les éléments qu’il n’arrive pas à comprendre. Ils oeuvrent toute la nuit, Rikako met son savoir scientifique à profit tandis que Maribel et Renko font des estimations, Sariel les rejoint, prétextant qu’ils auront besoin d’un soutien magique en cas de besoin. Youka échange un regard avec la jeune femme et revient sur les plans de Rikako. La scientifique se montre étonnement douée en magie, suffisamment pour obtenir des résultats ; la frontière s’ouvre et Youka jette un bâton sur lequel est nouée une corde que Sariel tient. La corde ne l’entraîne pas, elle est tout de même relativement tendue.

L’homme traverse la frontière sans plus attendre.
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Chapitre VIII
Démêler le vrai du faux


Lorsque la corde retombe aux pieds de Sariel, sans le bâton au bout, elle se saisit de son sceptre. Youka va avoir besoin de forces, c’est ce qu’elle pense avant de réfléchir sérieusement sur ce qu’il en résulterait. Utiliser le Danmaku ainsi est dangereux, cela pourrait toucher l’homme par inadvertance. Elle desserre sa prise sur son sceptre et s’assoit sur le lit, tout de même inquiète de cette situation. Elle leur en veut un peu de ne pas avoir accordé la moindre attention à l’idée de Mokou qui semblait moins risquée et bien plus simple.



La porte de la chambre glisse doucement, Wriggle rentre, la fleur de Youka dans les mains, et la montre à Maribel, Renko, Rikako et Sariel. Inquiète pour son ami, la jeune fille leur explique les raisons de ce cadeau et ses propriétés. « Même si elle est plus grosse et odorante qu’avant, habituellement elle reste normale. Mais ça doit faire quelques minutes que les insectes viennent dessus et là où ils ne sont pas, ça s’effrite. Je ne sais pas comment interpréter une telle réaction, ni même comment c’est possible.

— Lorsqu’une fleur normale fane, ses pétales flétrissent et perdent toute leur odeur et leur couleur. Si cette fleur là est liée à Youka par l’énergie qui l’a fait fleurir, peut-être qu’il est tout simplement en train de s’affaiblir.

Wriggle écarquille les yeux et regarde Yuuka dont le sommeil n’est aucunement troublé.

— Non ! Yuuka ne dormirait pas si c’était le cas ! s’exclame Wriggle, les larmes aux yeux.

— Effectivement, elle ne dort pas, remarque Rikako qui s’est approchée de la yōkai des fleurs. Elle est inconsciente. Elle est sans doute affectée par l’état de Youka, du fait qu’ils partagent la même énergie. Elle nous reviendra sans doute affaiblie, mais ça ira. En revanche, Youka épuisera à nouveau toute son énergie et il disparaîtra. »



Wriggle éclate en sanglots, Sariel la prend dans ses bras, dans la tentative de la calmer et la rassurer. Maribel repense au Lycoris rouge qu’Eirin a finalement utilisé pour un médicament, la jeune femme se lève brusquement, ainsi, elle obtient l’attention de chacun, elle explique : « Il y a quelques temps, quand il avait réussi à atteindre cette forme, il a tout mis en œuvre pour devenir un vrai yōkai et quitter Gensokyo, mais il s’est résigné, il ne voulait pas laisser Yuuka, notre monde l’effrayait. Y vivre sans Yuuka lui était impensable. Cependant, il y a repensé avant de préparer ce plan, j’imagine qu’il avait déjà tout calculé », Maribel tire une plume verte de sa ceinture. « Chaque fois qu’il a utilisé une grande quantité d’énergie, ça laissait des traces. Il a fait mine de ne pas le remarquer, mais quand je l’ai vu pour la première fois, son regard m’a fait comprendre qu’il savait qu’il ne pourrait plus se cacher. Je pense que Yuuka le savait aussi, voilà pourquoi elle a mis bien plus de distance ces derniers temps et qu’elle ne nous a pas accompagnés. Et comme elle et moi le savions, il ne voulait pas que quelqu’un d’autre le sache aussi, il a su nous convaincre de suivre son idée, ignorant totalement celle de Mokou.

— Pourquoi il a tant tenu à disparaître alors qu’il tient, depuis longtemps, à être un yōkai comme Yuuka ?

— Je ne pense pas qu’il avait l’intention de disparaître. Bien au contraire, je serais tentée de dire qu’il a essayé de réellement voler l’énergie de Yukari, profitant du Gap dans cette chambre. Mais ses tentatives n’ont fait que l’épuiser.

— Et on l’a laissé partir ? s’étonne Rikako.

— Oui, il nous a convaincu que c’était pour nous aider, mais je pense qu’il veut d’abord trouver Yukari pour s’emparer de toute sa puissance, il pourrait revenir nous rapporter des informations, mais en cachant le fait qu’il ait laissé Yukari derrière lui. Le temps qu’elle récupère, nous continuerons de chercher sans se soucier de rien. Je pense qu’il a trouvé une piste exploitable.

— C’est vrai que du jour au lendemain il est devenu plus grand et plus large, ses cheveux sont devenus plutôt longs et ses yeux étaient vifs, comme nous quand nous avons assez dormi. Et la fleur qu’il a offerte à Wriggle a réagi en conséquence. »



Sariel baisse la tête, elle entrouvre ses yeux pour regarder Wriggle et lâche un soupir. Sans crier gare, elle couvre les oreilles de la jeune fille de ses mains et se tourne vers Maribel et Rikako. « Je l’ai aidé. Il m’a fait part de sa méthode et je suis allée chercher une source énergétique. Il a la ferme intention de devenir un yōkai, et il sait qu’il a besoin d’assez de forces, il aurait pu attendre le retour d’Eirin à qui il aurait demandé le médicament. Il m’a assuré qu’il ne faisait ça que parce qu’il était fatigué de devoir disparaître pour renaître et qu’il n’aimait pas voir Yuuka en peine. J’ai cru en ces bonnes intentions, mais il s’est bien gardé de me dire qu’il allait utiliser Yukari pour arriver à ses fins. »

Sariel libère les oreilles de Wriggle et pose une main sur sa tête. Elle lui adresse un sourire rassurant.

Renko s’assoit à son tour sur le lit, elle se laisse tomber et croise ses mains derrière la tête. « Reimu va agir. Même si Maribel et moi ne sommes pas d’ici, on sait bien comment ça marche. Si la fleur de Youka réagit comme ça, c’est que de l’autre côté de ce Gap, il a dû tomber sur un os, » dit-elle en imaginant un piège mis en place par Yukari elle-même.



Rikako tombe de sommeil, Maribel et Renko luttent comme elles peuvent mais le sommeil les gagne aussi. Il n’y a que Sariel qui ne ressent pas la fatigue, et Wriggle est trop inquiète pour dormir. Ses antennes ont parfois de légers soubresauts, et la fleur qu’elle garde contre elle est couverte d’insectes. Wriggle les contrôles, sa volonté de revoir Youka les pousse à l’aider comme ils peuvent. La jeune fille est bien contente d’avoir cette fleur. Elle trouve finalement le sommeil, rassurée de savoir que tout n’est pas perdu.

Une fois plongée dans un profond sommeil, Sariel porte Wriggle dans sa chambre. Elle revient dans la chambre où Yuuka, Rikako, Maribel et Renko dorment, avec Mima et Mokou. Elle leur explique ce qui s’est passé et demande à Mokou de se débarrasser de cette fleur, peu importe que ce soit très plaisant pour Wriggle. Mokou réfléchit avant de faire quoique ce soit et demande : « Qu’est ce qui vous confirme qu’il veut effectivement faire tout ça ? Ca paraît tordu comme idée, surtout que l’énergie ne se donne pas comme ça.

— Comment tu expliques qu’il ait changé du jour au lendemain ? Je lui ai transmis moi-même cette énergie.

— J’ignore comment vous êtes arrivées là, Reimu s’était chargée de vous sceller, si ce n’est plus. Mais ici, à Gensokyo, le temps a passé. Au début Youka était une fragile enfant, elle suivait le cycle des tournesols. Et en quelques années, elle a réussi à atteindre une nouvelle forme. C’est cette forme qu’on connaît.

— Il a changé tout seul ? Ce n’est pas plutôt avec l’énergie de Yuuka… ?

— Non. Yuuka ne se balade que très peu ici. La dernière fois c’était parce qu’il y avait une floraison anormale et qu’elle voulait admirer ce phénomène. Elle continue quelques fois de venir dans le Jardin du Soleil. Elle garde ses distances, que ce soit avec les yōkais ou les humains. Le reste est entre eux, souffle Mokou en regardant Yuuka, mais Youka sait se débrouiller seul.

— Et ce que j’ai moi-même fait ?

— Tu dis avoir trouvé une source énergétique ? Je pense que ça porte bien son nom. Mais cela signifie que quelqu’un était là et a perdu toute son énergie dans un Danmaku. Étant donné que Gensokyo est vide, ça signifie que c’était là depuis un moment, et ça nous donne une bonne piste.

— Donc on attend tranquillement qu’il rentre, en prenant le risque qu’il…

— Oui. On l’attend. Si ta théorie se confirme, on est trois. Un Danmaku en trio sera suffisant contre un seul adversaire.

— Dans ma théorie il aura volé…

— Dans ma théorie, il s’est fait piéger par Yukari elle-même. Il reviendra comme il est parti. Et même s’il avait la puissance de Yukari, il n’a pas une énergie continue. Voler de l’énergie ne suffira pas, il le sait, sinon, il n’en aurait pas après ce médicament. »



Sariel se résigne, Mokou n’a pas tort. Imaginer Youka capable d’être aussi calculateur et manipulateur ne lui plaît pas, pourtant il s’est joué de tout le monde. La peine de Wriggle sera incontrôlable, et Yuuka le sera probablement aussi. Sariel serre les mains sur son sceptre, sous le regard inquisiteur de Mima.
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Quand la Miko n'est pas là, les yōkais dansent il y a 1 an 1 semaine #32149

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Chapitre IX
Manipulation


Le silence amplifie le tic-tac des aiguilles de la montre de Sakuya. Elle jette un regard glacial à Youka, immobilisé, incapable de faire quoique ce soit. Yukari se libère de la prison florale qu’il a fait naître et fait signe à Sakuya. L’homme bascule en avant, reprenant brusquement le mouvement précédent.

« Il y a des années, Yuyuko nous volait le printemps. Mais ça n’a jamais eu cette ampleur. Toi, tu voles notre énergie, à chacun, j’ai dû nous protéger ici, en as-tu conscience ? » demande Yukari qui garde une certaine distance avec Youka.

L’homme baisse les yeux, il pense à la confiance de Yuuka, au bonheur de Wriggle, chacun des bons moments passés. « Sariel m’a aidé.

— Sariel ?! s’exclame Reimu.

La jeune femme se souvient très bien de Sariel, ça remonte à l’époque où elle ne contrôlait pas ses pouvoirs, ni n’avait la capacité de vol indépendant, mais la confrontation avec l’Ange avait été longue et épuisante.

— Vous ne semblez pas au courant que de vieilles connaissances sont réapparues. Je me demande pourquoi. Sariel m’aide depuis un petit moment, je ne partage rien avec elle, je ne la connaissais pas avant ces jours passés ensemble. Personne ne pouvait la soupçonner de quoique ce soit.

— Malheureusement pour toi, ça s’arrête là ! »



Reimu se prépare à le sceller, Youka s’élance dans les airs et déploie ses ailes, il braque son parapluie, la pointe en direction de Reimu. Avant que l’un et l’autre ne fassent quoique ce soit, Yukari s’interpose. Elle fait claquer son éventail avant de dire : « Reimu, tu n’en auras pas besoin. Il a beau accumuler tout le pouvoir qu’il veut, ça ne restera pas. Tant que nous sommes ici, nous ne risquons rien, attendons qu’il s’affaiblisse seul. Cherchons plutôt la raison de la présence des autres. »

Elle s’arrête nette lorsque Youka se met à rire pour une raison qui lui échappe, les deux femmes sont surprises quand leur adversaire rouvre les yeux ; l’un est complètement noir donnant l’impression que son iris n’est plus qu’une tâche rouge, l’homme se jette sur Reimu. Surprise de cet assaut soudain, la jeune femme ne parvient pas à se défendre et son adversaire l’attrape par un poignet, il tend sa main libre vers le visage de Reimu, un éventail claque sur le bout de ses doigts qu’il retire aussitôt, lâchant sa prise brusquement. Une prison de sceaux magiques le retient, sans lui laisser le temps de se remettre ou de répliquer.

Contre toute attente, il s’en défait avec une facilité déconcertante et renvoie une boule lumineuse qui se mue en orbe Yin-Yang, bien qu’instable avec une couleur noir dilué d’un côté. Lorsque Reimu la repousse, elle s’évapore en volutes fantomatiques. Youka en a profité pour partir. Reimu regarde fixement les restes du projectile et baisse les yeux sur son bâton. « Je rêve où il a réussi à me voler mon pouvoir ?

— Ce n’est qu’une partie de ton énergie. Ca ne durera pas, et la faiblesse de cet orbe nous montre qu’il n’en aura déjà plus une fois de l’autre côté.

— Combien de temps devrions-nous encore rester là ? Gensokyo va dépérir sans moi !

— Ne t’inquiète pas, ça ne sera plus très long. Et même s’il est aidé par Sariel, ça ne suffira pas. J’ai fais en sorte de trouver un allié dont il ne soupçonne pas les intentions. Et même s’il a quelques doutes, il ne pourra rien contre elle.

— Quand même… Sariel. Voilà bien des années que je n’avais pas entendu son nom. Elle a pourtant été scellée, aurais-je échoué quelque part ?

— Je ne pense pas que ce soit une erreur de ta part, mais ce n’est pas non plus la faute de Youka. Il y a encore quelque chose d’autre et c’est là-dessus que nous devons nous concentrer. »



Yukari réfléchit un instant, elle a déjà des suppositions. Bien qu’elle connaisse nombreux yōkais et humains à Gensokyo, qu’elle ait vu de nombreux Incidents depuis la création de Gensokyo, elle n’écarte pas la possibilité d’une entité, yōkai ou humaine, inconnue et responsable de cet Incident. Et elle utilise probablement Youka qui ne doute pas d’être sous son contrôle, ce qui expliquerait également cette impulsivité qui ne lui est pas habituelle. En ce cas, ce qui lui arrivera à cause de cette chose rendra folle de rage Yuuka. Yukari se retourne face à Reimu et lui dit : « Je pense que tu devrais te reposer, il n’est pas impossible que tu doives affronter la colère la plus terrible de Yuuka. »



Youka revient dans la chambre à Eientei, il remarque que le sommeil a pris de court ses amies. Soudain, une force qui appuie sur ses épaules le fait vaciller, il se rattrape comme il peut mais tombe sur le bord du lit. Sariel est visiblement heureuse de le retrouver, ce qui ne semble pas être le cas de Mima et Mokou qui le regardent d’un air méfiant. « Désolée, j’ai dû leur dire que je t’aide à atteindre ton but », elle marque une pause pour observer la réaction de l’homme. « Mais rassure-moi, tu ne vas pas nous trahir ? »

La question reste en suspens. L’esprit de Youka est confus, embrumé par toutes sortes d’idées.

Les mains de Yuuka viennent l’entourer dans son dos, le contact chaleureux l’apaise peu à peu, le souffle chaud vient lui caresser un coin du visage. « Je sais ce que tu penses, et ça nous laisse un indice primordial. Ça ne te ressemble pas, ce ne sont pas tes idées. Quelqu’un abuse de ta personne, et ce quelqu’un est aussi le responsable de tout ça. Je me ferais une joie de lui faire payer le prix fort car on ne touche pas à toi », elle marque une pause avant de nicher sa tête dans le creux de l’épaule de Youka. « Tu es mon fils. Et je suis une mère très protectrice. »

Avec Sariel qui lui adresse un sourire et Mokou et Mima qui se détendent, Youka se sent soulagé, à un point tel, qu’il perd son sang-froid et enfoui ses larmes dans les bras de Yuuka.



Un peu plus tard, Youka a trouvé le sommeil sous les caresses douces de Yuuka. Cette dernière enroule une mèche de cheveux autour de ses doigts avant d’écarter quelques mèches de ses yeux. L’homme soupire et se retourne, ses cheveux s’étalent dans son dos marqué par ses propres ailes. Yuuka remarque une légère entaille plus haut sur l’épaule. En lâchant ses cheveux, elle en garde quelques-uns dans les mains. La jeune femme fronce les sourcils, inquiète de cet état. Elle finit par s’endormir contre lui jusqu’à ce que les rayons du soleil viennent titiller ses paupières.



Yuuka ouvre les yeux péniblement et se retourne sur le dos, elle se redresse aussitôt et cherche Youka du regard. Elle saute du lit, s’habille rapidement et se dirige dans la salle qui leur sert de salle à manger. Les autres la regardent perplexes, elle met ses chaussures et se dirige dehors. « Youka… » souffle-t-elle en levant les yeux au ciel.
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Quand la Miko n'est pas là, les yōkais dansent il y a 1 an 6 jours #32157

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Chapitre X
Le plan de Yukari


Yuuka baisse les yeux, perdus dans le vague. Elle ne peut pas croire qu’il a disparu, qu’il a déjà disparu. Surtout avec cette quantité d’énergie.

La jeune femme rentre à nouveau, prend son parapluie et s’en va sans dire un mot. Wriggle la rejoint peu après ; elle aussi est inquiète pour son ami. Sariel reste sur le pas de la porte et les regarde, entrouvrant ses yeux. Maribel la rejoint, suivie de Renko, toutes deux froncent les sourcils.



La Montagne Yōkai, la Forêt de Bambous, les Souterrains, même le Jardin du Soleil, tout est vide et calme. Wriggle remarque alors quelque chose, elle se dirige droit au temple Hakurei et découvre avec effarement un trou béant dans le sol, le bâtiment fissuré par endroits, une source incommensurable d’énergie affluant comme une mer démontée. Yuuka se précipite et s’approche prudemment du trou ; elle voit son propre reflet altéré par le flux énergétique, bien que de l’autre côté semble s’étendre l’univers et ses multitudes d’étoiles.

Wriggle s’effondre, à la fois surpassée par cette sensation étouffante et bouleversée par la situation. « Il nous a menti ! » sanglote-t-elle en s’enfouissant le visage dans ses mains.

La yōkai des fleurs la prend par les épaules, elle reste de marbre, silencieuse, ne sachant que dire pour soulager son amie, tout en étant à son tour incrédule.



Un raclement de gorge les surprend toutes deux, Yuuka se retourne et voit Kurumi. Troublée par sa présence à Gensokyo, elle n’arrive pas à prononcer le moindre mot. L’explication à cette situation devient très nette. Après un petit moment, Yuuka reprend ses esprits. « Je vois, il n’y a plus aucune protection, aucun sceau, rien. Gensokyo ne semble plus séparé du Monde Extérieur que par ce vide étoilé. Leur arrivée correspond… C’est ce trou dans la Grande Barrière Hakurei qui nous attire tous. Et voilà pourquoi tout est si désert », la jeune femme baisse la tête. Et que Youka a disparu.

Yuuka secoue la tête et le redit à Wriggle. Ses yeux emplis de larmes s’illuminent soudainement, mais les larmes ne s’arrêtent pas de couler pour autant, elle n’est pas heureuse, simplement rassurée, mais elle est dévastée de savoir que Youka a très certainement permis à cette faille de devenir une porte béante qui prive Gensokyo de toute protection et attire même les yōkais scellés pour l’éternité.



Kurumi se racle à nouveau la gorge et demande : « On part à la recherche du coupable maintenant ? Parce qu’à ce rythme là, Gensokyo va s’effondrer sur lui-même.

— Si seulement Yukari était là… Nous devons mobiliser tous nos efforts et chercher dans le moindre recoin. Et pas seulement à la surface ou dans les souterrains de Gensokyo.

— Et Mugenkan ?

— Si Gensokyo est détruit et qu’il ne reste que quelques yōkais, ça ne sert plus à rien de protéger Mugenkan. Va chercher Elly.

— Très bien.

— Toi et moi, Wriggle, on retourne à Eientei. On leur expliquera et on avisera. Ca ne sert à rien de rester ici, c’est beaucoup trop dangereux.

Wriggle reste cependant immobile. Tout en fixant la faille, elle demande :

— Est-ce que je pourrais revoir Youka où est-ce qu’il m’a été encore une fois arraché sans que je ne puisse lui…

Le reste de sa phrase se perd dans ses larmes. Yuuka la prend dans ses bras et trouve enfin des mots convenables :

— Jamais on ne me prendra mon fils, nous allons punir le responsable, faire renaître Gensokyo et je demanderais à Eirin de lui administrer ce médicament. Je ne peux pas te le promettre, mais nous allons tous nous battre pour pouvoir faire une promesse qu’on tiendra.

— Yuuka… tu es si gentille. Pourtant, tu es une yōkai cruelle qui ne fait pas seulement jouer innocemment au Danmaku.

— Reimu ne changera jamais, et je suppose que son amie non plus. Mais ne crois pas ce qu’on veut bien te montrer.

— Yuuka, tu es vraiment une yōkai ?

— Oh pitié, épargne-moi cette comparaison au cœur humain. Ces expressions n’ont de signification que pour les imbéciles. Comment peut-on parler d’humanité quand on vous réveille au beau milieu de la nuit, qu’on vous vole et au final qu’on vous fait passer pour une yōkai sans foi ni loi ? »

Wriggle laisse échapper un doux rire. Elle se reprend et file devant, à pleine vitesse, pour regagner Eientei. Yuuka la regarde en souriant et se retourne pour expliquer à Kurumi ce qu’elle doit faire, avant de s’en aller à son tour.



« Donc la Grande Barrière Hakurei est complètement fichue, et ce, grâce à Youka qui était manipulé par on-ne-sais-qui. Une situation hors norme pour résumer. Et Renko et Maribel dans tout ça ? Et ce Gap dans la chambre ? » demande Mokou tout aussi incrédule que Wriggle et Yuuka la première fois qu’elles l’ont vu.

Il est vrai qu’imaginer Gensokyo dans un tel état, où même Reimu Hakurei ne peut rien n’y faire, l’imaginer partir ou être emmenée de force, ce n’est pas possible. Pourtant, personne n’y voit une autre explication.

Maribel attire l’attention en se levant et en marchant de long en large calmement dans la pièce. « Renko jouera le rôle de Reimu pour cette fois, et Yukari me cède sa place.

— Quoi ? s’étrangle en chœur les autres.

Renko ferme les yeux et acquiesce d’un hochement de tête. Maribel reprend :

— Yukari a compris certaines choses mais n’en avait pas la certitude. Pour les vérifier, rien de tel que d’envoyer deux humaines de sa connaissance et non-natives de Gensokyo et dont les seules aptitudes sont ni défensives, ni offensives. Nous ne sommes pas affectées par l’état de Gensokyo, mais vous tous, si.

— Celle-là est toujours prévoyante et fait tout dans son coin… Bon, si ça peut nous sauver, ça me va. Mais comment Renko va réparer cette faille et faire revenir tout le monde ? Vos pouvoirs sont inutiles si ce n’est ni défensif, ni offensif ?

— Justement, nous n’avons pas le même rapport que vous à toutes ces choses : le Danmaku, les compétences propres à chacun et les grands pouvoirs. Notre ennemi ne peut pas nous atteindre à moins d’avoir notre vision des choses. Or, depuis le temps, nous n’avons été nullement dérangées.

— Et pourquoi avoir attendu tout ce temps ? Gensokyo est ouvert et cette faille nous happe tous !

— Yukari ne voulait pas en arriver là, mais elle ignore quoi affronter. Nous avons quand même essayé de laisser les choses se faire entre vous, et en profiter pour échanger nos informations avec Yukari.

— Je ne suis pas sûre de te suivre.

— Disons que nous avons cherché à notre manière indépendamment de vos recherches. Et ce plan là n’était qu’un plan B.

— Les humains… quelle bande d’égoïstes, souffle Wriggle qui repense à Youka.

— Hé ! Qui n’est pas humain ici ? rétorque Mokou, blessée par cette remarque. Tu leur diras merci quand elles nous auront tous sauvés. Et Youka, il n’est peut-être pas humain ?

— Ne l’insulte pas ! s’énerve Wriggle. Youka essaye d’être un yōkai, mais toi tu peux pas comprendre ce sentiment, madame l’immortelle !

— Alors je vais t’apprendre ce qu’est la réincarnation flor… »



Sariel frappe le sol de son sceptre pour arrêter les querelles inutiles, elle fait comprendre que personne n’a besoin de gaspiller son énergie pour savoir si le comportement de Renko et Maribel est correct. Le plus important est de mettre un terme aux agissements du responsable pour éviter que Gensokyo ne soit privé entièrement de protection, au risque que tout disparaisse. Trouver quelqu’un capable d’une telle chose n’est pas évident, chacun doit faire confiance à Maribel et Renko, surtout si Yukari est derrière cette idée.
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Chapitre XI
La colère ardente de Mokou


Maribel et Renko marchent devant leurs camarades, elles se rendent au temple Hakurei. Kurumi et Elly les y attendent, les deux femmes viennent à la rencontre de Yuuka pour lui annoncer les nouvelles : « Dans le village des humains, on y a trouvé le responsable. Seulement, on n’a pas pu s’approcher de sa maison, elle est très protégée.

— On sentait une odeur fleurie très forte. C’est ce qui nous a aidé à localiser la maison. Une odeur similaire à la vôtre, Yuuka, rajoute Elly. On s’est posé des questions d’ailleurs.

— Gardez-les pour plus tard et guidez-nous, répond Yuuka.

— Très bien. »

Yuuka serre son parapluie. Chaque fois qu’on allait dans ce maudit village, il se nourrissait de Youka, et il va payer pour ça, se dit la yōkai des fleurs. Elle ne partage pas cette pensée avec les autres, surtout avec Wriggle en proie à la tristesse muée de colère.



Le village des humains est aussi tranquille qu’habituellement, mais désormais une odeur fleurie flotte dans l’air. Yuuka sait déjà qu’il s’agit d’un moyen pour trouver le chemin qui mène à l’ennemi, mais cela signifie également que Youka est entre ses griffes. La yōkai des fleurs se prépare à ce qu’elle redoute le plus et cherche déjà les mots pour réconforter Wriggle.

Tous arrivent devant la maison du responsable, l’odeur est enivrante tant elle est forte. Sans crier gare, Wriggle se jette sur la porte et l’ouvre à la volée.



Un homme vaque à ses occupations, imperturbable dans sa tâche. Il pose finalement ses outils et se lève de sa chaise. L’individu, vêtu d’un uniforme dont une lourde cape est attachée sur ses épaules, semble avoir tout juste quarante ans, ses yeux noirs encore vifs regardent tour à tour les nouvelles arrivantes. Il a des cheveux noirs, clairsemés de blanc ça et là, il ne possède aucun signe distinctif si ce n’est que quelques vieilles cicatrices marquant son visage et ses mains. Il plisse un œil en fixant Mokou et écarte les bras, il sourit tout en fanfaronnant : « Je me demandais si j’allais devoir vous donner la solution pré-mâchée. Parmi vous, il n’y en a que trois qui me connaissent déjà. Enfin… connaissent est un bien grand mot. Quoiqu’il en soit, je crois qu’il est temps d’en finir. C’est étonnant de voir comment Gensokyo se débrouille sans Reimu, dire que c’est, pour la plupart d’entre vous, une ennemie, voire une nuisance, alors que vous ne voulez que le bien entre yōkais et humains ou même juste mener votre vie tranquillement. »

Avant qu’il ne rajoute quoique ce soit, Yuuka se jette sur lui, ils basculent, Yuuka lui attrape une épaule et frappe la pointe de son parapluie sur sa tête, il évite le coup au prix de quelques mèches de cheveux désormais emmêlés et écrasés autour et dessous. Il sourit à l’avantage qu’il possède désormais, c’est pourquoi il ne cherche pas à répliquer. Yuuka fulmine de rage et appuie un peu plus sa main sur l’épaule de son adversaire. « Je ne t’épargnerais pas ! Tu vas apprendre ce que ça fait quand on s’en prend à mon fils ! » crie-t-elle en levant son parapluie.

L’homme pousse sur ses jambes et se laisse rouler plus loin pour finalement se relever, sans pour autant être débarrassé de la menace d’un Master Spark en pleine figure. Il lève les mains, son sourire toujours accroché à ses lèvres, et ne réplique rien. Mokou remarque qu’il est complètement désarmé.



Wriggle se hâte vers Youka, elle le trouve allongé sur un lit de fortune, avec tout juste une couverture. Elle remarque que des poches contenant différents liquides sont disposées sur un carton, à la tête du lit. Rikako s’en approche, elle remarque qu’il s’agit de produits expérimentaux. Probablement des tentatives pour pousser Youka à devenir un yōkai excessivement puissant. Elle comprend que c’est grâce à cette puissance démesurée qu’il a réussi à creuser la Grande Barrière Hakurei. L’autre produit est probablement un remontant que son corps convertit en énergie. Le troisième sert à le maintenir debout, ce qui démontre que la méthode est très instable.

Wriggle tire la couverture et passe ses mains dans le dos de son ami, ses gestes sont mécaniques, elle ne cherche pas à réfléchir, mais Rikako l’arrête après avoir remarqué que le corps de Youka se contracte et qu’il tremble. Sous les effets de la douleur, il gémit et remue, comme pour se dégager d’une quelconque emprise. « Attends ! Il a certainement de la fièvre. Son corps est brûlant mais il a froid. Et ses réactions me laissent penser qu…

— De la… quoi ?

La scientifique soupire, elle finit par répondre :

— Son corps est malade si tu préfères. Cet homme a quelques connaissances en sciences, il fait en sorte que Youka devienne son arme. Sauf que le corps de Youka ne le supporte pas, explique Rikako en tâchant d’aller au plus simple. Son corps essaye de guérir, à l’instar de ce que cet homme lui donne. Forcément, ça donne des réactions non voulues.

— Alors pourquoi tu me retiens ?

— On doit savoir ce qu’il a reçu avant de le déplacer. On ne sait pas comment il réagirait si on coupait le circuit… Je veux dire, si on lui enlevait ces produits. »



Rikako se retourne et s’approche de l’homme, elle glisse quelques mots à Yuuka en passant à côté d’elle et se plante devant l’ennemi, toujours aussi calme. Elle rajuste ses lunettes et croise les bras. « Vos méthodes démontrent que la science vous est on ne peut plus familière, alors réglons ça entre personnes de sciences.

— Si vous hésitez autant à vous débarrasser de moi, il sera trop tard.

— On se doute que vous avez encore quelque chose, vous n’allez certainement pas vous laisser faire alors que vous êtes si proche du but. Je me fiche de savoir vos raisons pour détruire Gensokyo, cet endroit ne m’intéresse plus depuis longtemps. Dites-moi ce que vous tentez avec Youka. Et vous feriez mieux de le laisser tranquille car il y en a une ici qui n’a pas ma patience.

— Ce n’est ni un humain, ni un yōkai, difficile de déterminer ce qu’il est exactement. Donc c’est l’outil idéal pour ouvrir Gensokyo. De plus, il est totalement imprévisible, il a tenté de s’enfermer dans une… sorte… une sorte de dimension végétale mais je l’en ai empêché. D’une seconde à l’autre, il a dégagé une énergie qui m’aurait brûlé si je n’étais pas protégé, pour finalement être complètement stable. Son œil droit a réagi étrangement, comme… fissuré et complètement noir, et ses iris sont devenus rouges, c’est très intrigant et intéressant.

— Vous exploitez cette force donc, au risque de lui faire du mal. Je comprends pourquoi Yuuka est dans une colère qui pourrait tout ravager en un instant. »



Pendant que les deux scientifiques parlent, Maribel et Renko appliquent le plan de Yukari. Mokou inspecte chaque recoin de la maison, ouvre chaque placard et chaque tiroir. Elle trouve des cahiers éparpillés dans l’un d’eux et les feuillette. Ce n’est ni plus ni moins que ses rapports sur les recherches qu’il mène, elle n’a pas besoin de comprendre tous les éléments pour savoir qu’il n’a fait qu’une expérience de plus.

Fatiguée de tout ça, elle attrape l’homme sans prévenir et le fait tomber avant de s’en aller de la maison. « Tout ça n’est qu’un tas d’absurdités. Un ancien scientifique Lunarien, banni, qui fait désormais bande à part et nous prend pour des rats de laboratoire, mais c’est sans moi. Je préfère le Danmaku à l’ancienne. Tous ces trucs sont trop compliqués et trop sérieux. Comme si Gensokyo allait disparaître ! Au pire, il faut bien une fin à tout.

— En voilà des paroles ironiques, Mokou. Mais je te comprends, les Lunariens te rappellent Kaguya. Et t…

— Tu parles trop. Et ça devient chiant tout ça. »



À la surprise de chacun, Mokou engage un Danmaku, son adversaire ne bouge pas, il ne prend pas non plus son arme, et un incendie engloutit dans la maison que tout le monde évacue. Sariel aide Rikako à porter Youka qui, bien que conscient, ne tient pas sur ses jambes. Maribel et Renko se font surprendre dans leur tâche, elles échangent un commun accord et abandonnent tout pour fuir avec les autres.


❀❀❀



Cet Incident terminé, Renko et Maribel restent un peu, bien que finalement, leur plan de secours n’ait pas été nécessaire. De plus, Yukari préfère éviter tout déplacement au-delà de la Grande Barrière Hakurei le temps de la remettre en état. Même Yuuka a été priée de rester, pour éviter tous risques inutiles. Reimu a retrouvé la nostalgie de l’affrontement contre Sariel et Mima, mais cette fois, c’est plus pour les formes. Rikako attend l’accord de Yukari pour repartir en laissant, à nouveau, Gensokyo loin derrière elle. Kurumi et Elly restent aux côtés de Yuuka. Cette dernière ne quitte pas Youka, soigné par Rikako – la scientifique n’a cependant pas assuré de l’efficacité de ses méthodes – et Wriggle suit Eirin, dans l’espoir d’arriver à lui faire part de son souhait.
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Dernière édition: il y a 1 an 4 jours par Piouffy.
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Quand la Miko n'est pas là, les yōkais dansent il y a 1 an 4 jours #32181

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Chapitre XII [Ending]
Final Dream ~ Les fleurs du souvenir II


Youka a eu quelques phases de réveil pour exprimer la soif ou la faim, mais il s’est rendormi aussitôt. Depuis, Yuuka ne lui a pas lâché la main. Un peu plus tard, elle s’est allongée contre lui sans cesser de lui tenir la main, pour se donner un espoir.



Durant la nuit, Youka s’étire et s’ébroue avant de se redresser. Il se retourne quand il entend la main de Yuuka glisser sur le lit, et jette un coup d’œil à la porte qu’il entend coulisser.

Maribel entre doucement, éclairée par une lanterne à la flamme minuscule – juste assez pour voir autour de ses pieds – et reste un instant immobile devant la silhouette en mouvement de son ami. Elle perçoit un geste qui l’invite à venir.



La nuit calme, seulement troublée quelquefois par le bruissement des feuilles sous le vent, est apaisante, le silence est cérémonial, Youka contemple les étoiles parsemées dans le ciel, sa respiration est lente et profonde, comme en plein sommeil. Maribel remarque les lucioles virevolter autour de l’homme, elle appuie sa tête sur une main et contemple à son tour la voûte céleste. « Ce craquage de Mokou était bienvenu. Elle a mis fin au problème en si peu de temps, nous ne saurons jamais qui était vraiment cet homme. Mais elle et lui semblaient avoir un lien qui nous échappe à tous, sa présence la dégoûtait.

— Je me demande ce qui se serait passé si nous avions décidé de couler nos jours dans un Gensokyo déserté avec cet homme qui aurait continué ses… machinations. Quelque part, il a peut-être eu ce qu’il cherchait.

— Maintenant que tu le dis… il n’a pas cherché à se défendre. Sa seule arme était démontée sur la table et s’il était apte au Danmaku, il n’a fait que lever les mains pour se rendre. Plutôt étrange. Et toi, tu te sens comment ?

— Comme tu peux le voir, mon état n’est pas très beau à voir. Je ne suis pas sûr de vouloir être un yōkai avec cette apparence… Il n’a fait que me… gaver pour que je lui serve de clef. Tout du moins c’est ce qu’il disait. Tant d’ambitions qu’il n’a pas cherché à défendre.

— Qui sait ? Mais tout est rentré dans l’ordre, c’est le principal.

— Hm, je préfère ce calme là. »



Maribel adresse un regard à son ami, elle baisse les yeux, hésite une seconde, puis elle relève les yeux. Elle pose entre eux le fameux médicament et lui explique qu’Eirin est d’accord, à condition qu’il réfléchisse bien à sa décision. L’homme tend la main et la relève, il touche du bout des doigts le visage de Maribel qui écarquille les yeux et esquisse un mouvement de recul. Après quoi, il se lève et pose ses pieds nus sur l’herbe humide de rosée nocturne. « Je te l’ai dit, je refuse. Et puis… non, je ne peux pas. Je ne veux et ne peux accepter ce cadeau. La renaissance florale est particulière, mais ne crois-tu pas que si les choses devaient être autrement, elles ne le seraient pas d’elles-mêmes ? J’ai déjà réussi à atteindre cette forme, je peux m’en contenter. Qui sait ce qui viendra à l’avenir ?

— Bon retour, Youka.

Ils restent silencieux pour mieux apprécier la sérénité qu’ils partagent. Youka ferme les yeux et se concentre sur la terre sous ses pieds.

— Au fait, tu peux réellement rêver comme n’importe qui d’autre ?

L’homme se retourne et hausse les épaules.

— Il faut croire.

— Tout s’est passé si vite, on rêve de se promener tranquillement et tout d’un coup, on se retrouve sur une barque au milieu d’un océan déchaîné sans en comprendre le sens.

— Dans ce cas, qui rêve de l’autre ?

— Je tâcherais de me souvenir de cette question. Juste à côté de « Gensokyo est-il réel ? » qui a aussi le mérite d’être posée.

Maribel plisse les yeux et regarde Youka avec un sourire amusé.

— Tu veux prendre racine là ?

— Tu n’en manques pas une, ricane Youka. Mais quant à parler de mes racines, elles sont propres et ça me fait du bien de sentir la terre fraîche et meuble, cette sensation court le long de mon corps depuis ma zone plantaire, c’est plutôt agréable et relaxant.

— Les humains ne comprennent définitivement pas la sensibilité nerveuse des plantes.

— Et pourtant, les humains ont aussi des racines. Différentes mais pourtant présentes. Les humains ne le ressentent pas pareil, sinon vous auriez juste besoin de photosynthèse et d’eau aussi.

— Crois-moi, il est parfois bien plus simple d’être ce que tu es.

— Une fleur nourrie d’âmes ?

— Oui. Mais j’hésitais à te qualifier de fleur alors que tu ressembles plus à un humain qu’à un tournesol. »



Ils rient et continuent de discuter de tout et de rien jusqu’aux premières lueurs du jour. Maribel le sert dans ses bras une dernière fois et lui prie de prendre soin de lui et de Yuuka. Ce à quoi ils rient à nouveau, en effet, Yuuka est plus à même de s’occuper de Youka et non l’inverse. Enfin, elle lui fait part de sa satisfaction et lui souhaite qu’ils se revoient l’été prochain, lorsqu’il aura entamé ce qu’il appelle son « cycle de re-floraison. »



Cette fois, c’est au tour de Yuuka de se réveiller dans les bras de son fils, elle s’étire et ils passent un moment agréable l’un contre l’autre. La yōkai des fleurs écarte les mèches des yeux de Youka et effleure de ses doigts le contour de l’œil droit de l’homme. L’intérieur s’est complètement noirci, la peau s’est tirée. Son iris n’est plus qu’une tâche rouge qui reste, cependant, parfaitement synchrone avec son œil gauche, lui aussi rouge. Ses cheveux sont tombés par paquets, ne lui laissant qu’une longueur courte qui se perd dans sa nuque. Sa peau, quant à elle, s’est asséchée par endroits, laissant des croûtes blanchies. « Tu n’as pas voulu le prendre. Tu vas donc continuer ton cycle. Profitons de ce dernier matin. Et puis… joue au moins une dernière fois avec Wriggle. Elle voulait que tu restes, je pense qu’elle comprendra si c’est toi qui lui parle.

— D’accord. Et toi, viens avec ton sourire aussi radieux que le soleil, comme tu le fais chaque fois. »



En effet, Wriggle se montre très compréhensive et ils jouent ensemble comme voulu. Ils font un Danmaku amical puis une course, et enfin, un concours d’acrobaties. Youka vole en tournoyant dans une nuée de plumes vertes et violettes ternes. Lorsqu’il les étend, il inspire profondément et regarde la lumière chaleureuse du soleil. Il bascule sur le dos, ferme les yeux et se laisse tomber. Yuuka lève la tête, elle soupire et sourit, Wriggle revient vers Mokou et fait un signe de main, le sourire aux lèvres.



Yuuka les laisse pour retourner au Jardin du Soleil, entre les allées de tournesols et les quelques arbres qui permettent d’ombrager judicieusement l’endroit, elle regagne une petite maison en bois. Elle va dans une chambre pourvue d’un lit et y allonge Youka dessus. Il entre-ouvre les yeux, complètement ternes. La yōkai des fleurs lui adresse une dernière caresse dans ses cheveux, il lui attrape le poignet et le garde contre son cœur. La jeune femme sourit. Ils n’ont pas besoin d’échanger le moindre mot pour se comprendre.



Lorsque le soleil se couche, elle se relève et s’affaire à remplir un arrosoir, prendre un panier et une poche où quelques outils sont rangés. En prenant sa pince pour relever ses cheveux en un chignon, elle pose sa main sur le chapeau de paille de Youka. Un cadeau des fées qui viennent souvent jouer dans le Jardin du Soleil et qui ont remarqué qu’il ne se protège pas avec son parapluie, oubliant que dans son état de yōkai il devient sensible au soleil comme Yuuka.

La jeune femme attache sa pince sur son chignon et sort avec tout son matériel pour s’occuper des tournesols. Elle s’accroupit devant une pousse fraîche et s’en occupe avec soin, lui donnant eau et nourriture. Elle reste assise là et murmure qu’ils se reverront à la prochaine saison.
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