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SUJET : Les androïdes rêvent-ils d'une Terre des Illusions ?

Les androïdes rêvent-ils d'une Terre des Illusions ? il y a 8 mois 3 semaines #32752

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Introduction : Karn l'Androïde

Avez-vous jamais entendu parler d'autres univers ? Ne vous-êtes vous jamais demandé si vous pouviez possiblement vivre dans un monde parmi tant d'autres ? Je pense que si. Beaucoup de personnes sont fascinées par ce principe de monde parallèles, alternatifs, de ligne temporelles enfin appelez cela comme il vous plaît. Moi, je m'en fiche un peu de votre opinion sur le sujet. Parce que je connais déjà la réponse à toutes vos questions, j'ai vécu bien assez longtemps pour pouvoir y répondre, et j'ai vu bien assez de choses pour posséder un savoir qu'un humain normal ne peut même pas imaginer.
Car oui, j'ai la capacité de voyager dans le temps, l'espace et globalement entre les univers. Le seul problème est que ce pouvoir est assez limité ; je peux sans problème retourner à un endroit et une période dans une réalité où je suis déjà allé, mais je ne peux pas connaître ma destination si je décide de voyager hors de ce que je connais. C'est ainsi que je me suis retrouvé à Gensokyo.

Avant d'aborder cela, je devrais m'introduire, ou plutôt non ; je vais introduire Alexis Lake.
Alexis Lake est le nom d'une personne lambda que vous connaissez déjà sans le savoir. En fait, vous devez savoir que tous les univers sont très différents, mais ils sont reliés par un point commun : Alexis Lake. Il existe une personne nommée Alexis Lake, ou quelque chose de dérivé comme Alejo Del Lago ou Alessei Deslacs, dans chaque époque et chaque univers. C'est une personne assez banale dans la plupart, parce qu'elle doit maintenir l'équilibre. Si son existence est détruite ou modifiée, le monde en question perd son "attache" et dérive jusqu'à la destruction totale. Si cette personne meurt, ou qu'elle devient trop importante, le monde auquel elle est rattaché en pâtit donc énormément ; j'en sais quelque chose.
J'étais Alexis Lake dans ma réalité. Malheureusement, ma soif de pouvoir m'a poussé à me mêler de choses qui ne me regardent pas. J'ai ainsi été assassiné. Mon cerveau a été conservé pour les besoins de la Science, mais c'était trop tard ; le monde avait commencé à dériver, puisque j'étais "mort". La suite des événements...est compliquée. Après une guerre qui a tout détruit sauf un pays, celui-ci s'est mis à tout robotiser. Ainsi, un androïde a été doté de mon cerveau, et j'ai été le premier et seul humain bâtard à vivre. J'ai aidé les IA à prendre le contrôle de ce monde, mais celles-ci m'ont exilées alors qu'elles commençaient à le détruire en quête d'énergie pour fonctionner.

Ainsi, je suis devenu Karn l'androïde. Certes, le terme exact est "cyborg" pour quelqu'un comme moi, mais j'ai rejeté mon humanité il y a bien longtemps. Et cette histoire que vous allez lire, c'est la mienne. Celle de Karn l'androïde qui a essayé de prendre le contrôle de la Terre des Illusions, Gensokyo, et de ses rencontres dans cet endroit hors du réel.


Dernière édition: il y a 8 mois 3 semaines par Antinomy.
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Les androïdes rêvent-ils d'une Terre des Illusions ? il y a 8 mois 3 semaines #32757

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Chapitre I : Le Sanctuaire


Peut-être me faut-il expliciter les raisons de ma venue à Gensokyo avant toute chose. Disons que, au fur et à mesure des années, je me suis plutôt pas mal impliqué dans un monde en particulier ; néanmoins, un jour je n'eus plus rien à y faire. Je décidai donc, pendant un laps de temps donné, d'explorer un peu les différents mondes pouvant exister. C'est ainsi que, au bout de quelques endroits explorés, j'ai soudain senti un fort flux spirituel venant d'une ligne d'univers proche. Je décidai donc, intrigué, d'aller voir de quoi il en retournait.
Bien sûr, vous savez quel était ce monde ; il se nomme "Gensokyo", la Terre des Illusions.

C'est ainsi que j'arrivais par le passage "principal", pour vulgariser. Je me retrouvais ainsi devant un sanctuaire dans un style asiatique, voire plus précisément Japonais. L'endroit ne paraissait pas réellement imposant, mais une forte puissance spirituelle en dégageait. Pas de toute, cet endroit concentrait une foi qui s'était transmise sur plusieurs générations. À l'entrée de la cour, on lisait "Sanctuaire Hakurei". Je vais donc entrer dans la demeure d'une Miko ? Eh bien, tant mieux, elles sont facilement impressionnables.
Alors que je pénétrais dans la cour, j'entendis des cris à l'intérieur du bâtiment principal. Toutes les voix ou presque étaient celles de jeunes filles, mais je reconnus celle d'une femme plus âgée. La Miko d'ici serait-elle une vieille peau qui invite ses enfants au sanctuaire ? Quel manque de sérieux. Je me rendis compte que ma supposition était peu vraisemblable, car si la foi était à ce point détériorée, d'où venait cette énergie omniprésente qui rendait ce lieu si important ? De plus, je commençais à sentir d'autres endroits où il y avait une forte présence magique, tel qu'une montagne avoisinant le sanctuaire. Je me dis qu'il allait falloir que je m'occupe de cela ultérieurement.

Je rentrais donc à l'intérieur du bâtiment, mettant en valeur ma carrure imposante d'androïde. Je ne l'ai pas vraiment dit, mais je fais à présent un peu plus de deux mètres de haut, et ma musculature est très grandement renforcée. Ainsi, de par ma seule présence physique, j'impose une menace à laquelle peu ont su résister. Je vis immédiatement les occupants de la pièce. La prêtresse était en réalité une fille assez jeune, elle devait avoir moins de 20 ans ; elle avait de longs cheveux de jais et un teint pâle. Le portrait typique d'une prêtresse asiatique, en fait. Même si, je dois avouer qu'elle a un charme indéniable. Elle était en compagnie de plusieurs personnes, toutes féminines. Je me mis à sourire inconsciemment, car aucune d'entre elle n'avait l'air menaçante.

- Bien le bonjour. Je vous conseille de bien m'écouter. Je suis Karn, et je vous cons...c...que ?!

Mon sourire s'effaça immédiatement quand je vis que celle que je prenais pour une petite fille était en fait...un Oni. Indifférente à mon état de choc, la Miko me remarqua enfin.

- Ah tiens, un habitant du village des humains. On ne s'est pas déjà vu, non ?
- Je...Attendez, non. Je viens d'une monde extérieur au vôtre.
- Yukari, c'est quoi ça ? Tu as fait quoi encore avec la Barrière ?

La dénommée Yukari était celle que j'avais pris pour une femme mature. Elle était en train de boire du saké avec une fille que j'identifiais comme une magicienne, de par son accoutrement. Au sol, l'Oni à apparence de petite fille était en train de somnoler avec une gourde bien trop grande à côté d'elle. Mais je l'ai entendue parler il y a une minute à peine, comment elle peut s'être déjà endormie ? Elle a l'air complètement saoule en fait !

- Enfin Reimu, je ne vois pas de quoi tu parles. Je n'ai rien fait de suspect depuis plusieurs jours !
- Et envoyer Ran dans le monde extérieur chercher du Saké, c'était quoi ?
- C'était une exception, Reimu. Occupe-toi plutôt de cet homme au lieu de m'accuser comme cela.
- Ouais, Reimu, détends-toi et laisse nous boire un peu ! Suika s'est déjà endormie, c'est pas drôle !

La dernière à avoir pris la parole était la magicienne. Je remarquais qu'elle avait un air plus occidental, avec ses cheveux blonds qui tombaient en cascade sur sa robe noire, et son chapeau à pointe assez cliché. C'est comme quelqu'un qui ne sait pas à quoi ressemble une sorcière européenne voulait faire des habits de sorcière ! La femme à côté était également blonde, mais ses cheveux bien plus longs étaient coiffés en plusieurs mèches. Elle était très élégante, et donnait une impression de maturité. Elle me semblait également la plus dangereuse du groupe, à seconde vue. Enfin, si on oublie l'Oni qui dormait par terre, bien sûr.

- Bon, du coup, tu as de l'argent à donner pour le sanctuaire ?

Mais qu'est-ce qu'elle raconte encore ? Yukari la reprit.

- Reimu, tu n'es pas censée poser ce genre de questions. Je pense qu'il faut que tu revoies ton sens des priorités.
- Oui, enfin c'est important quand même. Bon, du coup, comment as-tu réussi à entrer à Gensokyo ?

Je résumai donc qui j'étais. Elles se présentèrent donc à leur tour, pas plus étonnées que ça du fait que je sois un androïde ayant traversé les dimensions.

- Moi, c'est Reimu Hakurei, mais appelle-moi Reimu. Je suis la Miko du sanctuaire Hakurei, et la plus importante du coin. Il y en a une autre, celle du temple Moriya, mais cette imbécile passe son temps à faire n'importe quoi. Je suis aussi censée plus ou moins garder la Barrière de Gensokyo, celle que personne n'est censée pouvoir traverser. Hélas, elle n'est pas à l'épreuve des dieux, des gens comme toi et des lubies idiotes de Yukari. Ah, et si jamais un incident a lieu à cause des yôkai, c'est plus ou moins à moi de m'en occuper je crois.
- Je suis Yukari Yakumo, enchantée. Je ne souhaite pas trop en dire sur moi.
- Moi c'est Marisa Kirisame, salut ! J'suis une simple magicienne, enfin la meilleure magicienne quoi, donc si t'as besoin de conseils sur tout c'qui est magique, demande moi ! Ça sera pas gratuit, bien sûr, mais bon.

Tout cela m'avait l'air assez surréaliste comme situation. Je me décidai enfin à poser la question qui me brûlait les lèvres.

- Et, je ne vous inquiète pas ? Je veux dire, vous êtes les premières personnes que la vue d'un androïde comme moi ne plonge pas dans l'effroi.

Enfin, non pas les premières. Il y a eu un homme, un seul, qui ne m'a jamais craint.
Ce fut Reimu qui répondit à mes interrogations.

- Il faudra qu'on te présente à Utsuho ou Miko, à l'occasion. Tu pourrais nous dire que tu veux dominer tout Gensokyo qu'on aurait juste à te lâcher Suika ou Koishi dessus, et on n'en parlerait plus.
- Haha, manquerait plus qu'ça tiens ! Au fait, on t'a pas dit, mais Suika Ibuki, c'est celle qui dort par terre. On dirait pas mais c'est un Oni très puissant !
- ...j'avais bien remarqué, que c'était un Oni. J'étais justement intrigué de voir ce genre d'ogres dormir par terre paisiblement dans un sanctuaire.

Reimu eut un rictus qui m'avait l'air plus sarcastique qu'autre chose.

- Vu le nombre de yôkai qui décident de s'inviter ici, on est plus à un Oni près. Suika n'est pas la plus embêtante, elle nécessite juste une sacré quantité de Saké pour être satisfaite. Attends un peu de voir Miko, elle essaie toujours de faire construire une statue d'elle en l'honneur du Taoïsme au milieu de ma cour.

Visiblement, ça a l'air de sacré phénomènes dans le coin. Je pense que je ferais mieux de faire gaffe à ma peau ici.

- En même j'vais te dire un truc, Reimu a bien besoin de ça pour se faire bien voir, parce que vu son sale caractère, elle est forcée d'être polie pour être populaire !
- Marisa, je te rappelle qu'au dernier sondage sur "La Magicienne Préférée" au village des humains, tu t'es faite passer devant par Patchouli, Alice et Byakuren.
- ...t'es vraiment pas sympa.
- Bon, Karn, si tu compte rester à Gensokyo, je vais te donner un ou deux conseils, et de présenter rapidement les lieux. Suis-moi, on va ailleurs. Marisa, tu surveille que Yukari ne pille pas la réserve de Saké, et toi Yukari, qui vérifie que Marisa ne pille pas tout le sanctuaire. Si il manque un seul objet ou une seule goutte d'alcool quand je reviens, vous allez vous en souvenir longtemps !

Elle se leva, et me fit signe de la suivre. Je me dis qu'après tout, au point où j'en étais, je n'avais pas le choix. C'est ainsi que je partis rejoindre à l'extérieur la Miko d'Hakurei, dans ce monde qui me paraissait de plus en plus intéressant.


Dernière édition: il y a 8 mois 3 semaines par Antinomy.
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Les androïdes rêvent-ils d'une Terre des Illusions ? il y a 8 mois 2 semaines #32789

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Chapitre II : Gensokyo, Terre Illusoire

Je sortis donc, laissant derrière moi la magicienne, la femme mystérieuse et l'Oni endormie. J'en profitais pour mieux examiner le paysage environnant. Le sanctuaire Hakurei étant situé peu loin d'une montagne, je ne vis pas grand chose, mais en face je remarquais une route qui menait à un village que j'apercevais au loin. Ayant de bons yeux car n'étant pas humain, je vis également assez bien l'épaisse forêt avoisinante. Quant à la fameuse montagne, je demandais des renseignements dessus à la Miko.

- C'est la Montagne des Yôkai, je te conseille de ne pas t'en approcher de trop près. Même au pied, tu as des divinités assez gênantes qui risquent de te poser quelques problèmes.
- Je ne suis plus humain, bien que je l'ai été. Je ne crains pas de petites divinités, ne me sous-estimez donc pas, Miko d'Hakurei.
- Appelle-moi Reimu, enfin.

Elle a dit ça avec un sourire fatigué. Elle doit être appelée comme cela par tous les habitués du temple, je comprends donc qu'elle me voit comme quelqu'un à part si elle veut que je l'appelle Reimu.

- En plus, tu t'embêtes trop pour rien. Il va déjà falloir décider si tu reste ici ou non.
- Ce monde m'intéresse fortement. Je repartirais un jour, mais en attendant je suis bien décidé à le découvrir et à y vivre éventuellement.

Elle me lança un regard noir de travers. Pas commode, la Miko. Pourquoi elle me laisse le choix si c'est pour me jeter ce genre de regard là ?

- Je ne comptais pas vivre dans votre sanctuaire. J'irais moi-même trouver un endroit où m'installer, en marge de la civilisation humaine.
- J'espère que tu ne me causera pas de problèmes... J'en ai déjà assez comme ça.
- Je ne compte pas mettre ce monde en vrac. En vérité, je suis surtout à la recherche d'une personne qui devrait se trouver chez les humains, mais je veux aussi voir d'où viennent toutes ces sources de magies. Il doit y avoir des êtres extrêmement puissants ici, n'est-ce pas ?
- Tout dépend de ce que tu veux dire par là, je ne sais pas trop ce que tu vaux en terme de puissante brute, mais tu as l'air de quelqu'un avec de plutôt grands pouvoirs.

C'est vrai qu'elle est au courant que je peux voyager entre les univers ; en plus, je suis passé outre sa barrière censée être impénétrable. Cependant, elle reste perspicace pour en tirer des conclusions correctes aussi vite.


- En terme de puissance brute, ne vous inquiétez pas pour moi ; je suis un androïde, je peux tout détruire sur mon passage et supporter des conditions et des chocs normalement mortels pour n'importe qui.
- Hm, finalement je verrais bien un combat entre toi et Utsuho, voir combien de temps tu tiendrais. Enfin bref, trêve de plaisanteries, je vais te parler un peu de Gensokyo.

Elle s'assit par terre, et m'invita à faire de même.

- Le monde où tu as atterri est celui de Gensokyo. Pour faire court, il est relié à ce que l'on appelé le "monde extérieur", qui est plus...normal ? Je ne sais pas comment mieux l'expliquer. Ce monde réunit tout ce qui a été oublié, ou qui est venu ici en recherche de foi ou de pouvoir. Il y a des yôkai, des Yaoyorozu no Kami (ndlr: divinités du Shinto), des Dieux, des ermites...et aussi des humains comme moi ou Marisa que tu as déjà rencontrée.
- Il y a apparemment aussi des Oni. Sont-ils beaucoup ? Cette "Suika" m'avait vraiment l'air d'une puissance effroyable.
- Disons que Suika est l'une des plus à craindre ici, et c'est l'une des seules qui peut se balader librement. En général, les autres Oni sont dans les souterrains, au-dessus du Palais des Esprits Terrestres. Tu risque de t'y rendre, déterminé comme tu as l'air, donc fais particulièrement attention à celle qui se nomme Yuugi. Enfin, le pire se situe dans le Palais et sa partie inférieure, l'ancien Enfer.
- Vu comment vous me le décrivez, cela m'a l'air d'être l'endroit le plus dangereux ici. Enfin, exception faite des Enfers actuels, mais je doute m'aventurer du côté des morts.
- Hm...en sachant que tu as l'air de pouvoir aller un peu où tu veux, vu que tu as franchi la Barrière d'Hakurei, je ne sais pas tellement. D'autres lieux pourront éventuellement être plus dangereux, mais tu as raison de ne pas vouloir visiter les Enfers. En plus, le Yama est vraiment insupportable...

Tiens donc, un Yama ? Je ne risque rien de ce côté tant que je ne vais pas du côté des Enfers de toute façon.

- Surtout qu'elle vient parfois réprimander les gens pendant les jours où elle ne travaille pas, alors essaie de faire profil bas dans ce genre de cas, et il vaut mieux qu'elle ne t'ai pas remarqué traîner du côté de son territoire.

Finalement, il se trouvait que j'avais tort. Ce Yama s'annonçait être une vilaine épine dans le pied d'après ces nouvelles informations. J'allais donc effectivement éviter les Enfers autant que possible.

- De toute façon, Karn, tu découvriras que ce n'est le seul endroit où voir les morts. Enfin, j'aimerais juste te dire que tu si tu veux un coin un peu tranquille, tu peux t'installer du côté du village des humains ou dans la forêt des Yôkai qui l'avoisine. Ceux qui y vivent ne représenteront sûrement pas un danger quelconque pour toi, et à part cette abrutie de Cirno, normalement personne ne viendra s'attaquer à plus fort que soi.
- Un coin tranquille ? Reimu, vous n'y êtes pas. Je ne suis pas venu pour passer du temps à visiter les sentiers battus, plus le danger est grand et plus je suis intéressé. Bien sûr, je n'irais pas volontairement me faire passer à tabac par une créature bien plus puissante que moi, si tant est qu'elle puisse exister, mais tout de même. En fait, ce que vous m'avez dit sur cette Utsuho m'intéresse bien, ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd !

Je me mis alors à rire de manière franche ; Reimu m'accompagna plus ou moins, mais je voyais à son air désabusé qu'elle riait jaune. Apparemment, elle avait connu bien d'autres personnes au moins aussi téméraires que moi.

- Reimu, ne vous inquiétez pas. J'ai beau avoir mon caractère, j'essayerai de vous poser le moins de soucis possible. Je suis peut-être un peu brute de décoffrage, mais je sais jauger le danger !
- (soupir) Au moins, tu te rends compte que tu peux m'en causer, mais ça sonne un peu creux.
- Vous doutez de moi ? Eh bien, qu'à cela ne tienne ! Si vous avez un incident à régler, je vous autorise à me demander de l'aide. Bien évidemment, je m'autorise à la refuser, tout dépend de ce que vous me présentez.

À ces mots, le visage de Reimu s'éclaira. Je le sens mal, ce coup là...

- Justement, j'avais un souci à régler ! Tu peux surveiller les trois ivrognes qui squattent le sanctuaire ?

Je le sentais venir. Néanmoins, il était hors de question pour moi d'avoir à gérer ces trois-là, surtout si l'Oni se réveillait ! Je répondis donc immédiatement par la négative. Contrairement à ce que je pensais, elle le prit très bien, et au contraire un sourire large se forma sur son visage.

- Vraiment ? J'ai du mal à te croire alors. Enfin, quoique, je peux aussi te charger l'incident en soi, mais je ne sais, pas, c'est peut-être trop compliqué...

Elle dit ça avec un sourire énorme, j'ai du mal à la croire. C'est évident qu'elle joue sur la corde de l'égo, mais bon, je n'ai rien de mieux à voir, je vais donc accepter.


- J'ai horreur qu'on essaie de me manipuler, mais c'est d'accord. J'accepte la tâche.

Son visage reprit une expression plus habituelle.

- Bon, ce n'est rien de bien difficile en vérité. Certains événements ont été repérés du côté du village des humains, comme des vols de nourriture ou une forme sombre qui se déplaçait la nuit. Le problème, c'est que ça ne correspond à aucun des Yôkai connus du coin ; la forme était trop rapide et se déplaçait à pied. De plus, certains villageois se sont retrouvés mis à terre par une salve d'attaques très rapides, et Marisa m'a dit qu'elle a vu certains Yôkai assommés en allant au village ces derniers jours. Donc, on pense que ça serait quelque chose qu'on ne connaît, ou qui n'a rien à faire d'ici. Va chercher certaines informations, et reviens me voir pour que je fasse une liste des suspects.

Hm, je vois. C'est loin d'être une tâche idiote pour un nouveau venu comme moi. En fait, elle me permettrait de m'intégrer auprès des autres humains, ceux desquels je me rapproche le plus, et plus en savoir sur ce monde. Reimu avait certes voulu me refiler une tâche ingrate pour elle, mais pour moi elle tombait à pic, surtout après ce que je venais de dire. La Miko avait beau jouer à l'innocente, je sais que derrière sa paresse se cache une réflexion par rapport à ça, et qu'elle s'est dit la même chose que moi.

- Eh bien qu'il en soit ainsi. Je me contenterai de cela pour commencer, j'y vais de ce pas.
- Euh...je te conseille de te changer avant, tu es intimidant comme ça...

Il est vrai que j'étais dans ma tenue "classique": armure sur mon corps, une cape rouge écarlate, tout l'attirail d'un conquérant en somme. Il allait falloir avant tout un sérieux relooking avant de se la jouer Sherlock Holmes, mes aventures allaient donc devoir attendre un peu.


Dernière édition: il y a 8 mois 2 semaines par Antinomy. Raison: C'est mieux quand le titre est centré
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Les androïdes rêvent-ils d'une Terre des Illusions ? il y a 8 mois 2 jours #32814

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Chapitre III:
Uh Oh, Karn arrive en ville ! L'incident urbain de la Forme Ténébreuse (1)

Bien sûr, il va sans dire que pour quelqu'un comme moi, me changer est plus simple que pour les autres. J'ai juste à me réfugier dans un trou entre deux lignes temporelles - les détails sont complexes - et à prendre des habits. Si je peux voyager entre les dimensions, je peux également faire apparaître des objets venant d'autres univers ; c'est aussi le cas pour les personnes, mais c'est déjà une affaire plus complexe. Celles que je veux faire voyager doivent être assez résistante pour tenir, et un saut entre deux lignes trop éloignées est impossible. Attention aux paradoxes, également !

C'est donc munis d'habits plus adaptés ici que je pris le chemin du village des humains. Bien sûr, avec mon apparence, il aurait impossible de passer inaperçu parmi ces gens qui doivent tous se connaître. Je suis assez grand et imposant comme je l'ai déjà dit, mais il me faut préciser que j'ai des cheveux mi-longs d'un gris métallique et des yeux rouges. J'ai donc choisi un kimono et un hakama pour mieux me fondre dans cet endroit. J'avais appris certaines choses sur les cultures tout autour du monde, et ici je repérait une dominance des croyances asiatiques, et en particulier japonaises.

J'arrivais donc au village, mais je suscitais moins l'attention que prévu. Je décidai donc de m'informer un peu sur où pourrais-je être hébergé, et sur les détails de l'affaire. J'étais assez heureux de ne pas être dépaysé par la structure du village ; je me suis immédiatement dirigé vers la place centrale du village, là où sont toutes les échoppes, les magasins et où la population se réunit. Au vu du ciel, il était un peu avant midi, j'allais donc pouvoir trouver pas mal de monde et me fondre dans la foule. Soudain, je sentis une présence qui n'était pas humaine à une échoppe qui vendait de la médecine qui m'avait l'air de bonne qualité. J'ai vu plus d'un charlatan dans ma vie, mais elle n'a vraiment pas l'air d'en être un. Elle ne m'a pas l'air humaine, mais, je n'arrive pas à savoir ce qu'elle est réellement... Comme si un puissant sortilège la camouflait. Je décidai de ne pas me formaliser de cette jeune fille aux yeux rouges, mais je la gardais dans un coin de mon esprit. D'ailleurs, j'aurais juré avoir vu des oreilles de lapin du coin de l'oeil...

Distrait par cette affaire, je réfléchissais, et c'est perdu dans mes pensées que je me heurtais à une femme en habits de domestique.

- Oh, excusez-moi, j'étais ailleurs, vraiment désolée !

Elle était curieuse. Une Maid anglaise ici ? Ça m'en avait tout l'heure, et malgré mon apparence intimidante, son accoutrement la faisait plus ressortir que moi. Comme personne n'en tenait rigueur alors que j'avais le droit à quelques regards intrigués sur mon passage, j'en déduis qu'elle devait être une habituée du village.

- Hm, non, c'est aussi de ma faute.
- Mais, vous n'êtes pas d'ici non ? Je ne vous ai point vu auparavant !

Elle est rapide à la réflexion ! En plus de cela, quelque chose en elle réveillait ma méfiance. Est-ce qu'elle porte...des couteaux ? Elle les cache bien en plus ! Mais il y avait quelque chose de plus, dans son comportement, qui n'allait pas. On aurait dit qu'elle avait l'habitude du paranormal, un peu comme ce que j'ai ressenti chez Reimu.

- Euh...excusez moi, mais je vais devoir repartir, la Maîtresse va m'attendre !
- Je ne vous ai même pas répondu... Enfin, non je ne suis pas d'ici, et sur ce au revoir je suppose ?
- Oh, vous ne devez pas connaître la Maîtresse alors ! Eh bien, si un jour vous avez le malheur de la rencontrer, vous comprendrez pourquoi je ne veux pas la faire attendre. Au revoir !

Elle partit avec un sourire un peu sadique sur le visage. C'est quoi cette Maid ? Elle a l'air d'avoir un grain. Alors, c'est ça qui se cache derrière ses bonnes manières ?
Je me repris rapidement. Elle m'avait en réalité l'air de quelqu'un de très poli, mais qui n'avait pu se retenir une mauvaise plaisanterie. Il faudra, à l'avenir, que je me renseigne sur cette fameuse "Maîtresse" dont elle parle. Au vu de ses habits, elle doit être un démon occidental, maintenant il faudrait savoir lequel. Un démon britannique ? Il pourrait peut-être d'agir d'une Selkie, il y a un lac pas loin d'ici, et cette domestique allait dans sa direction. Quand même pas une Merrow qui habiterait dans un lac, ou un Grindylow ? Dans ce dernier cas, ça pourrait expliquer les événements, mais d'après Reimu, personne n'a disparu et encore moins des enfants. Alors... une Banshee ? De toute façon, rien ne dit qu'elle soit liée à l'incident. Je demanderai à cette Maid des explications plus tard, et elle me répondra de gré ou de force.

Malgré ces rencontres, je n'en étais pas plus avancé. Je décidai donc d'aller voir celui qui avait plus ou moins la place de "Maire" de ce village, Devido Kuraso un homme assez rond, chauve mais très sympathique. Je me suis présenté en tant qu'envoyé du sanctuaire Hakurei puisque la prêtresse était trop occupée pour venir. Bon, elle empêchait surtout ses invitées de mettre un bazar pas possible et limite les débordements, mais évidemment je ne pouvais pas dire ça. Notre conversation fut des plus cordiales et n'était pas réellement passionnante. Néanmoins, je lui parlais de la Maid, et son visage s'assombrit.

- Vous avez des problèmes avec Miss Izayoi ?
- Pas particulièrement. Je l'ai croisée (enfin, heurtée) ce matin, et elle m'avait semblé assez étrange. Elle m'a parlé de sa maîtresse comme de quelqu'un que je devais craindre, vous devez en savoir plus que moi non ?
- Hm... ce n'est pas du genre de Dame Remilia de faire ce genre de choses. Je ne pense pas non que l'une de ses servantes soit derrière tout cela.
- Si vous le dites. Néanmoins, elle est dans ma liste de suspects.
- Je pense que vous finirez par avoir affaire à elle mais...mieux vaut éviter de se mêler de ses affaires. Vous feriez mieux d'explorer d'autres pistes avant de supposer que l'incident a un lien avec elle.
- Très bien, je ne veux pas vous apporter des ennuis. Cette Dame Remilia, c'est une yôkai ?

Son visage devint encore plus grave, lorsqu'il me dit, d'une voix faible :

- Non monsieur, c'est pire. Remilia Scarlet est une vampire.

Une vampire ? Oh, je crois que je comprends un peu mieux...

- Je comprends, eh bien je suis d'accord qu'il va falloir attendre avant de venir l'embêter. Puis-je juste savoir où elle réside ?
- Dans le manoir Scarlet, de l'autre côté du lac proche d'ici. Vous voyez duquel je parle ?
- Oh, oui. Ne vous inquiétez pas pour ça.

Cela concordait avec mes observations. J'allais donc devoir me méfier de cette domestique et de sa maîtresse.
Je remerciais l'homme d'avoir accepté de me recevoir, et je partis de chez lui. Néanmoins, dans l'entrée je me heurtais à une jeune fille.

- Oh, bah mince alors, désolé m'sieur !

C'est pas vrai, ça va commencer à devenir une habitude !


- 'Pas grave. J'espère que tu ne t'es pas fait mal, au moins.

J'observais bien la jeune fille. Elle était d'une taille normale, bien qu'un peu petite tout de même. Elle avait l'air assez fine, mais néanmoins je remarquais qu'elle avait une musculature assez développée. Ses deux yeux verts étaient pétillants, et ses cheveux or coupés courts. Je ne lui donnais pas plus de 16 ans.

- Tu es la fille de monsieur Kuraso ?
- Wah, vous êtes bien fort ! Il vous a parlé de moi, ou vous avez deviné.
- Tu viens de me rentrer dedans pour entrer dans sa maison, et tu as l'âge physique d'être sa fille. Tu as dans les 16 ans, non ?
- 17, mais j'vois pas comment vous avez deviné ça par contre !

Son visage juvénile était marqué par un grand étonnement. Je ne pus m'empêcher de sourire.

- Disons que j'ai l'oeil.
- Et vous, z'êtes qui ? Un ami à mon père ?
- Je suis Karn. J'enquête pour le compte du sanctuaire Hakurei sur les incidents du village. Tu as dû en entendre parler, non ?
- Ouais, et donc vous êtes allé demander à mon père ? C'est un bon réflexe j'pense.
- Exact. Pour l'instant je ne suis pas très avancé, mais je pense que je trouverai assez rapidement.

J'en racontais plus que ce que j'aurais dû, mais cette fille m'était sympathique. J'avais l'impression de déjà la connaître, qu'elle et moi on était fait pour s'entendre.

- Mais, vous logez où ?
- Bonne question. Tu connais un bon endroit qui offre le gîte et le couvert dans le village ?
- Oui, y a une auberge où vous pourrez dormir. La proprio est une amie à moi, on va dire.

Nous marchâmes donc côte à côte. J'étais assez content de trouver de trouver quelqu'un qui ne me craignait pas comme tous les autres ; à vrai dire, son père était un peu pareil. Il avait rapidement arrêté ses regards nerveux.

- Tu es née ici ?
- Plus ou moins, oui. C'est une longue histoire, et on se connaît pas trop donc je ne peux pas vraiment tout vous raconter.

Je notais ce détail dans un coin de mon esprit. Il faudra que j'en sache plus, ça m'intrigue.

- Qu'importe. Ça te plaît ici ?
- Oh, oui. Je connais pas mal de yôkai qui viennent ici, et je suis même devenue une pro pour les débusquer !
- Et...vous les chassez ?
- Les autres villageois voient la plupart des yôkai d'un mauvais oeil, mais pas moi. Je préfère sympathiser avec eux, comme M'dame Keine nous apprend.
- Comment ça, qui est elle ?
- Notre institutrice, c'est un yôkai. Elle s'est très bien intégrée !

Qu'est-ce que que... C'est un endroit de dingue, ici !

- Eh bien, c'est remarquable. D'habitude, je ne vois pas ce genre de cas.
- Oh bah, c'est rare hein, mais ça arrive. Y aussi Reisen, tout le monde la reconnaît malgré son déguisement, mais on la laisse venir parce qu'elle ne pose jamais de problèmes ! Par contre, Tewi, on la laisse pas approcher haha !
- Reisen... C'est quel genre de yôkai ?
- Un lapin sélénite ! Tewi, c'est un yôkai lapin du coin par contre. Tu peux repérer la première avec ses yeux rouges, et la deuxième... bah elle essaie toujours de porter un foulard pour cacher ses oreilles mais elle ne change pas de fringues. Du coup, si tu vois une fille toute petite avec une robe blanche et pieds nus, bah c'est elle.

Reisen hein ? C'est donc elle la fille aux yeux rouges de tout à l'heure, il faudra que je lui pose quelques questions.

- Je retiens. J'ai déjà vu cette Reisen ce matin.
- Oh, très bien, ça, très bien !
- Et cette Tew...
- On est arrivés !

Effectivement, j'étais devant une auberge. Oui enfin, elle n'avait pas à me couper comme elle l'a fait ; mais bon, c'est son caractère j'imagine. Il n'y a pas tellement de quoi lui en vouloir.

- Dîtes à la gérante que vous venez de la part de Arekushia Kuraso ! Allez, salut, moi je dois y aller sinon mon père va me gronder, mais on pourra se parler une autre fois ! Je vous aime bien monsieur Karn !

Eh bien, elle est directe au moins. Je la regardais donc partir en courant avant de rentrer dans cette fameuse auberge. Moi qui pensais avoir une nuit assez tranquille, on peut dire que je n'étais pas au bout de mes surprises.


Dernière édition: il y a 8 mois 1 jour par Antinomy. Raison: Arekushia est pas censée s'appeler Reina en fait
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Les androïdes rêvent-ils d'une Terre des Illusions ? il y a 7 mois 3 semaines #32818

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Chapitre IV :
Vienne la Nuit, Sonne l'Heure. L'incident urbain de la Forme Ténébreuse (2)

J'entrais donc dans cette auberge. L'ambiance était calme, mais assez chaleureuse et l'endroit était assez grand. Les gens dans la salle principale buvaient joyeusement mais sans débordement, en discutant chacun de leur journée. Je m'étais demandé si l'intérêt d'une telle auberge n'était pas limité dans un endroit où il devait y avoir peu de visiteurs, mais visiblement je me trompais. Je reconnus même quelques personnes qui n'étaient pas humaines, mais je ne dis rien. Après tout, la jeune fille de tout à l'heure, cette "Reisen", ne voulait pas se faire démasquer.

Je m'avançais en direction du comptoir où était la gérante, quand soudain je remarquais deux choses. La première était une statue assez bizarre d'un Tanuki qui me semblait presque vivante. L'autre, c'était une jeune fille qui venait de tomber juste devant moi. Elle était habillée dans des haillons rapiécés, était pied nus et avait mauvaise mine. Ses longs cheveux bleus étaient emmêlés et dans un sale état. Je voulais l'aider à se relever, mais quand je m'approchais d'elle, je tombais moi aussi à terre. Je venais de glisser, mais sur quoi ? Quelle poisse, j'ai l'air ridicule ! Je me relevai donc, mais elle...rampa à terre. Elle se hissa sur le comptoir et gémit :
- Madaaame, j'ai encore perdu ma clé, je suis désolée. Je dois vous rembourser combien, et est-ce que je dois repayer ma nuit ici ?

La propriétaire de l'auberge, une femme d'âge mûr, lui répondit gentiment qu'elle n'avait pas besoin de se soucier de cela, et qu'elle savait à quel point c'était dur pour elle. Je décidai donc de couper court à la conversation, car j'avais une chambre à prendre.

- Excusez-moi, madame. Je me nomme Karn et je viens sur conseil d'Arekushia Kuraso ; on m'a dit que c'était un endroit agréable où passer la nuit ; je venais donc vous demander une chambre pour un temps indéterminé.

Le visage de la gérante ne trahit aucune émotion telle que la peur ou la crainte ; elle eu juste l'air légèrement impressionnée de me voir.

- Ah, on m'a parlé de vous ! Vous êtes l'envoyé du sanctuaire Hakurei non ? Vous avez fait forte impression chez certains du village. Ha, en plus vous êtes ici parce que Arekushia vous a dit de venir ? Eh bien, restez aussi longtemps que vous le voulez ! Vous êtes le bienvenue, la maison vous offre votre séjour !

On dirait un piège, et pourtant... elle a l'air sincèrement gentille. De toute façon, je n'ai pas grand chose à craindre je pense, de sa part. En plus, j'ai confiance en celle qui m'a emmené ici, je n'ai donc pas de raison de m'en faire.

- Eh bien, j'accepte. Vous êtes tout à fait sûre de vouloir me faire cette offre, cependant ? C'est d'une amabilité que je ne peux qu'apprécier mais...
- Oh, mais oui, bien sûr ! Ça me rendra un fier service, et à tout le village aussi, que vous puissiez résoudre l'incident ! En plus, si la Miko vous a choisi, c'est que vous n'êtes pas n'importe qui !

J'allais faire la remarque qu'elle ne m'avait rencontré que dans la journée, mais je me tus. Il est vrai que cette fille esttrès perspicace, et a l'air de parfaitement savoir ce qu'elle fait.

- Je suis touché par cette attention. Néanmoins, soyez prévenue que je ne sais point quand est-ce que cet incident sera résolu. Je ferais néanmoins tout en mon possible pour que cela soit terminé le plus rapidement possible, soyez en sûre.
- Mais enfin, Karn, je me doute bien que cet incident ne se règle pas en une journée ! D'autant plus que vous m'avez l'air nouveau ici.

Elle avait l'air le genre à appeler les gens assez familièrement. Parfait, cela me met à l'aise au moins, et elle n'hésitera sans doute pas à me donner quelques informations si je demande. Pendant qu'elle alla chercher la clef de ma chambre, je remarquai la fille à côté de moi, toujours aussi désespérée et avec un air vraiment pitoyable.

- Mademoiselle, allez-vous bien ? Vous m'avez l'air un peu...
- Hein ? Ah moi ? Vous ne devriez pas trop me parler, vous savez, ça porte la poisse.

Pas très sociable, dîtes donc. J'en suis presque vexé. Eh mais...attendez...

- Dîtes moi, vous n'êtes pas humaine n'est-ce pas ?

Son visage se crispa soudainement. J'ai vu juste ! Cela se ressentait notamment par la malchance de tout à l'heure, qui m'avait fait trébucher, mais aussi par l'aura qu'elle dégageait. Ayant l'habitude de ce genre de chose, je l'avait deviné assez rapidement. Malgré tout, elle restait silencieuse, et regardait ailleurs comme si de rien n'était, mais son visage montrait qu'elle était en train de commencer à paniquer.

- Vous savez, je ne suis pas humain non plus. Je m'en fiche de qui vous êtes et de pourquoi vous seriez source de malchance, au contraire je pense que cela serait une bonne chose que nous nous parlions.

Elle rougit d'un coup, mais continua d'éviter mon regard.

- De plus, je me ferais une joie de vous démêler ces cheveux. Vous savez, fut un temps, j'ai eu les cheveux d'une longueur à en faire pâlir plus d'un...et plus d'une. Autant vous dire que vous auriez quand même plus d'allure comme cela.

Elle avait l'air de se calmer, mais rougissait de plus en plus. Elle qui avait des cernes immenses, cela lui donnait l'air d'une coccinelle avec deux points. Elle se décida enfin à m'adresser la parole.

- J...Je suis Shion Yorigami. Je suis une déesse mineure de la pauverté, et j'apporte la malchance à tout ce qui m'entoure, ainsi qu'à moi-même. Enchantée, monsieur Karn.

Comme prévu, j'avais réussi à la mettre en confiance. Elle pouvait m'être d'une utilité remarquable, en tant que non-humaine. Peut-être sait-elle qui est à l'origine de tout cela ? Ou bien a-t-elle des suspicions concernant l'une de ses connaissances ? Et puis, je l'avais un peu prise en pitié.

- Appelez moi Karn, mademoiselle Yorigami.
- Ah, euh, très bien. Euh...si vous pouviez m'appeler Shion, ou mademoiselle Shion si vous y tenez, parce que j'ai une soeur...

Une soeur ? Il y en a deux des comme elles ? Peut-être est-ce une déesse de la chance...

- Hélas, Joon n'est vraiment pas aimée en temps que déesse des plaies, surtout qu'elle passe son temps à voler tout le monde... À l'époque où elle m'avait utilisée pour ses combines, elle me martyrisait. On ne s'aime pas trop, mais on se supporte quand même. Elle n'est pas toujours sincère quand elle m'insulte.

Apparemment, j'avais tort de faire ce genre de suppositions. Je suis bien tombé sur la bonne des deux, à ce qu'on dirait.

- Effectivement, ça n'a pas l'air d'une personne très appréciable, ni de quelqu'un de fréquentable à vrai dire. Vous pensez qu'elle pourrait être liée à l'incident ?
- Oh, pas du tout. Elle est plutôt du genre à viser plus gros que de simples vols comme il y a eu, et puis en général elle se fait attraper rapidement parce qu'elle n'a aucune discrétion. En plus, elle est déjà occupée à essayer de voler le contenu du Grand Mausolée ; sauf que bon, les résidents sont déjà au courant...
- Hm, je vois. Vous ne sauriez pas qui pourrait être derrière tout cela ?
- Eh bien...pas tellement, désolé.

C'est à ce moment que la gérante ramena la clef de ma chambre. Elle la posa sur le comptoir, et s'excusa de devoir s'absenter. Le silence s'installa entre Shion et moi. J'essayais d'attraper la clef, mais celle-ci me glissa des doigts et tomba par terre ; en la ramassant, je me cognai la tête. Décidément, ce n'était pas un mensonge quand elle disait apporter l'infortune. Quand je fus relevé, je vis que Shion rougissait et avait l'air très gênée. Enfin, là elle rosit, vu son teint de craie. Néanmoins, je commençait à me sentir observé par la statue qui était juste à côté. D'ailleurs que faisait-elle dans un tel endroit ? Elle dénotait totalement avec le reste.

- Euh...je crois que je sais d'où vient cette statue...
- Ah, vous aussi elle vous intrigue mademoiselle Shion ?
- Elle n'est pas là d'habitude mais je crois savoir d'où elle vient... Surtout que Mamizou a disparu d'un coup tout à l'heure.

Mamizou ? Est-ce la propriétaire de la statue ?

- Je dois avouer ne pas comprendre...
- Attendez, laissez moi faire.

Elle s'avança vers la statue, et je sentis son aura de malchance devenir plus puissante. Soudain, la statue tomba et se cassa...et je vis un Bake-danuki, un démon Tanuki, apparaître.

- Voilà...c'est Mamizou.
- Aie...ça va pas de briser mon déguisement comme ça, Shion ?

La fameuse Mamizou se tourna vers moi, l'air d'un gamin que l'on va réprimander pour une mauvaise farce.

- Je...désolée, mais bon, j'avais envie de savoir qui vous étiez. Vous avez l'air puissant, et apparemment, vous savez voyager entre les mondes, donc je voulais pouvoir vous espion-euh, vous surveiller sans me faire repérer.
- Mais...comment avez-vous fait ça ? Avez-vous le pouvoir de vous transformer à votre guise ?

Shion décida d'apporter quelques éclaircissements sur la situation, et rejoint la conversation.

- Eh bien...voyez-vous, Mamizou a le pouvoir de déguiser les choses et de les faire passer pour autres qu'elles ne sont réellement. C'est sa perception qu'elle fait voir aux autres, donc cette fois-ci c'était une statue.
- J'ai un peu paniqué, j'ai pris la première chose qui m'est venue à l'esprit. En plus, je me trouve pas mal en statue de Tanuki...
- Mais, ne vous inquiétez pas Karn. Mamizou est une personne sûre en qui on peut avoir confiance, elle pourra sûrement vous aider mieux que moi.

Je comprenais mieux la situation maintenant. Cette Mamizou n'avait pas l'air envoyée par quelqu'un d'extérieur.

- Euh...c'était les habitants du temples Myouren qui m'ont dit de vous surveiller après avoir eu la nouvelle de votre arrivée par Yukari. Notamment, une amie à moi aimerait bien avoir un oeil sur vous, mais maintenant que j'ai été repérée, je ne pense pas être plus utile. En plus, vous m'avez l'air de ne pas vouloir mettre le bazar ici.

Je n'ai rien dit, mais je croyais que c'était une personne de confiance !

- Pour votre enquête sur l'incident, si vous voulez on pourra en discuter demain, qu'en dîtes vous ? Retrouvez moi sur la place du village. Je vais devoir partir par contre, Nue m'attends. Allez, au revoir !

Elle disparut alors dans un nuage de fumée...avant de réapparaître juste devant la porte, et de l'ouvrir pour de nouveau disparaître.

- Excusez-la, elle ne sait pas gérer le stress. C'est une personne très gentille en tant normale, en tout cas beaucoup plus que ma soeur.
- Hm...je vois le genre de personne que c'est. D'ailleurs, qui est cette Nue ?
- Espérons que vous n'ayez jamais à la rencontrer. En tout cas, si un objet vous paraît bizarre et que quelqu'un d'autre le voit différemment, c'est que Nue est dans les parages, donc faîtes attention à vous.

Ce n'est pas rassurant du tout, mais qu'importe. Je suis prêt à affronter cette Nue si elle en a envie.

- Au fait, on dirait bien que nos chambres sont côte à côte, donc si vous avez besoin de quoique ce soit n'hésitez pas à me rendre visite Karn. Enfin, ce n'est forcément une bonne chose que nous soyons voisins de chambre, je tombe régulièrement de mon lit quand je dors et ça risque de vous gêner pour dormir.
- Ne vous formalisez pas pour cela, c'est votre noble intention qui importe. Par ailleurs, que diriez vous que nous discutions ce soir ? Je n'ai personne avec qui manger, également, et je déteste la solitude pendant les repas.

Shion rougit, mais accepta. Nous mangeâmes donc ensemble le soir, bien que Shion n'arrête pas de faire tomber sa nourriture et de casser ses baguettes. Je comprends mieux pourquoi elle est si maigre... Après cela, je l'invitai dans ma chambre pour lui démêler les cheveux. N'importe qui aurait abandonné vu leur état, surtout que la brosse se cassa au bout de 5 minutes, mais je pouvais en faire apparaître d'autres, et j'étais largement assez patient pour cela. Shion grimaçait parfois de douleur, mais elle ne se plaignit pas. J'en appris ainsi plus sur Gensokyo, sur les différents lieux, leurs habitants et d'autres. J'appris également énormément de choses sur Joon Yorigami, vu qu'elle en parlait assez souvent. Leur relation avait vraiment l'air compliquée.

Au bout d'un certain temps, Shion s'endormit. C'était aux alentours de minuit. Je l'amenai donc dans sa chambre, et me préparai pour sortir cette nuit ; je n'avais pas besoin de dormir, en tant qu'androïde, et j'avais le sentiment que mon enquête allait avancer pendant que tout était noir.

J'avais raison, bien évidemment. La nuit, à Gensokyo, on peut faire des rencontres dangereuse, et j'allais l'apprendre dans quelques heures.


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Les androïdes rêvent-ils d'une Terre des Illusions ? il y a 7 mois 5 jours #32883

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Chapitre V :
Night Falls ~ L'incident urbain de la Forme Ténébreuse (3)

Je décidai donc de quitter discrètement l'auberge, en faisant bien attention avant à me concentrer pour voir si je sentais quoi que ce soit qui pourrait indiquer qu'un Yôkai me surveille. Ne sentant rien, je sortis par la fenêtre pour gagner le toit de l'endroit.

Je pense qu'il serait ici le moment de faire un point sur mes capacités pour mieux comprendre ce qui suit ; déjà, gardez en tête que je ne suis pas un humain. De ce fait, je peux "voir" dans l'obscurité. Ma vision normale, comme toutes mes capacités, est largement supérieure à celle d'un humain normal ; dans le cas de la nuit, je ne vois plus les couleurs, et ma vision se retrouve moins performante. Néanmoins, je peux m'appuyer sur tous mes sens, et même ma perception du surnaturel dans le cas où ce qui m'attaquerait ne serait pas humain. Bien évidemment, mon corps est très résistant, et je suis doté d'une force et d'une agilité bien au-delà de ce qu'un humain ne pourra jamais atteindre. Mais, il ne faut pas non plus oublier deux éléments qui ont leur importance : en premier lieu, j'ai vécu plusieurs centaines d'années, et en second lieu je peux voyager dans l'espace-temps, et je peux faire apparaître n'importe quoi tant que ça vient d'une dimension avoisinante.
De ce fait, je précise également que contrairement à une autre personne que je connais ayant cette capacité, je n'utilise pas une dimension pour stocker ce que je veux utiliser. Je n'ai qu'à faire un "emprunt" à un endroit situé dans un univers, espace ou temps proche.

Maintenant que cela a été dit, nous pouvons revenir à ma nuit dans le village des Humains. Je n'entendais que peu de bruit dehors, et une fois sorti sur le toit, je ne vis rien non plus. Rien que deux ou trois personnes rentrant chez elles, des magasins qui ferment... Bref, une scène tirée d'un village normal à cette heure ci. Néanmoins, il était hors de question pour moi de baisser ma garde ; j'avais toujours ce pressentiment, comme quoi quelque chose allait se passer. J’attendais donc sans impatience que quelque chose se réveille, ou n’apparaisse. L’ennui était que les évènements ne se passaient pas chaque nuit, j’étais donc peut-être obligé de veiller pour finalement ne tomber sur rien.

Néanmoins, quelque chose clochait. Je me sens observé par quelque chose, comme si...un Yôkai se cachait pour me regarder. Mais, il ne semblait pas présent ici comme s’il m’observait depuis autre part. Comme s’il utilisait un portail...eh mais !

Je le rendis soudain compte qu’un portail était ouvert vers la forêt des Yôkai. Un humain n’aurait pas pu le remarquer, mais je rappelle que je peux voyager d’une façon semblable. Je m’y engouffrais donc, espérant trouver le coupable derrière tout cela. Même si ce n’était pas lui, ce genre de choses valait le coup de se déplacer ; les utilisateurs de pouvoirs de cette sorte peuvent se révéler représenter un grand danger, il me fallait agir quoiqu’il se passe. J’arrivais donc, et la première chose que je remarquais c’était une petite boule qui tourbillonnait, et dans ma direction. Je tentais de lui donner un coup de pied, mais elle allait trop vite et c’est tant bien que mal que je l’évitais, mon flanc se retrouvant griffé au passage. Toujours incapable de distinguer ce que c’était, à cause de l’absence de luminosité et de sa vitesse de mouvement, je réussis à l’intercepter à son second passage d’un coup de coupe en revers bien placé. La forme tomba et se révéla être...un chat à deux queues ?

- Mya-h ! C’est douloureux ça, z’êtes vraiment pas un chouette type !

Que...ce serait donc elle ?

- Myaîtresse Raaan, j’veux pas continuer à me faire taper, venez m’aider !

- Inutile. Mène moi à tes maîtres et je te laisserais peut-être partir sauve. Qui es-tu, et que me veux tu ?

- Je suis Chen, et mya myaîtresse s’appelle Ran. Je suis son Shikigamii, et elle c’est celui de myaîtresse Yuk…

Soudain, elle se fit frapper derrière la tête par une autre forme, laquelle était bien plus menaçante. Mais, elle a commencé à parler d’une certaine Yuk-je ne sais pas, et ça me dit quelque chose… où ai-je entendu ce nom ?

- Chen, tu parles trop. Et s’il te plaît, arrête de dire « myah » tout le temps.

La nouvelle venue était sans doute la dénommée Ran, et effectivement j’avais un peu de souci à me faire. C’était un Kyûbi, un démon renard à neuf queues ; ils n’étaient pas réputés pour être très cléments en combat.

- Cessez donc de m’ignorer. Vous êtes cette dénommée Ran, n’est-ce pas ?

- Oui, Ran Yakumo. Ma Maîtresse ne désire pas faire connaître son identité, Chen et moi avons donc décidé de vous surveiller à sa place… Enfin, on a été invité à faire cette décision par la Maîtresse.

- (Yakumo…) Eh bien, que me voulez-vous ? Si vous êtes derrière l’incident qui préoccupe le village, vous êtes mal en point. Dans le cas contraire, vous avez tout intérêt à fournir une bonne raison pour m’avoir espionné !

Ah, ça y est, j’ai compris. Décidément, j’ai été long à la détente. Le portail aurait dû me mettre sur la voie.

- Notre Maîtresse nous a chargé de vous surveiller, et d’essayer de réunir des renseignements sur vous. Elle a été mise au courant de votre venue, comme beaucoup de personnes. Vous avez déjà dû savoir que Byakuren Hijiri et Nue Houjuu ont envoyé Mamizou vous espionner ? C’est la même chose pour Chen et moi.

- Vous direz donc à Yukari Yakumo que la prochaine fois, elle a intérêt à mieux s’y prendre pour conserver son anonymat, et que si elle a un problème avec moi, elle n’a qu’à le régler en personne au lieu d’envoyer ses laquais.

Ran grimaça comme je l’avais prévu et Chen poussa un « Myaaaaah ! » de stupéfaction. Néanmoins, c’était un résultat prévisible, et pour le coup elles ne pouvaient s’en prendre qu’à elles-même pour m’avoir mis sur la piste.

- Ran, Chen, partez. Je voudrais m’entretenir seule avec ce cher Karn.

Mais que ?! Pendant que je parlais, celle-ci s’était glissée derrière moi. Je la reconnus immédiatement malgré les ténèbres, notamment parce qu’elle avait la même aura mystérieuse que chez la prêtresse d’Hakurei.

- Comme vous le voudrez, Maîtresse.

C’est ainsi que les deux shikimogami disparurent d’un coup, et que je me retrouvais seul face à Yukari.
- Alors c’est vous qui êtes derrière tout ça ? J’aurais pensé que vous viseriez plus haut que de terroriser un groupe d’humains, mais je suppose que vous devez avoir vos raisons…

Elle rit élégamment à ces mots, cachant son visage derrière un éventail.

- Vous vous trompez. Je me fiche bien de cet incident, et je n’en suis pas à l’origine. Je voulais juste me renseigner sur vous, et voir ce que vous voulez. Je ne me trompe pas en disant que Ran n’aurait pas pu obtenir la victoire face à vous, je pense.

- D’après ce que j’ai senti chez elle, elle aurait pu me donner du fil à retordre malgré tout.

Son sourire se faisait de plus en plus grand, ce qui n’était pas pour me rassurer. Elle doit avoir quelque chose derrière la tête, mais quoi ?

- Eh bien, en tout cas j’aimerais voir ce que vous valez. Nous allons donc passer un marché, qu’en pensez-vous ? Je vous dirais ce que je sais du coupable si vous parvenez à m’infliger un seul coup !

Et elle disparut dans une gerbe de projectile. Je les évitais tous, mais il en venait de tous côtés, et impossible de savoir où elle était passée. Enfin, j’avais surtout l’impression qu’elle essayait de me piéger en me faisant croire qu’elle se trouvait à l’origine des projectiles, mais avec des portails il est aisé d’en lancer de tous côtés. Si je ne me trompe pas elle est…

- Ici !

Je lançais moi-même un projectile coupant en sa direction, là où elle se trouvait au départ. En la voyant parer mon attaque d’un revers de son éventail, ma théorie fut vérifiée ; elle avait dissimulé sa présence en créant des leurres.

- Vous n’êtes pas mauvais Karn ! Mais je veux bien savoir d’où vient ce projectile…

- Je suis un voyageur, je peux me servir d’objets qui ne sont pas dans cet espace-temps à ma guise !

Pour prouver mes dires, je sortis deux automatiques et tentais de la cribler de balles. Elle les absorba via une brèche, mais de suite je réussis à me placer derrière elle et à placer un coup de pied en direction de son angle mort...qu’elle para de son ombrelle. Elle ne manque pas de ressource cette Yukari, ça va être tâche ardue de lui faire abandonner ! Elle tenta ensuite de me heurter avec des panneaux (c’est original ça) que je broyai d’un seul geste. Elle relâcha ensuite sur moi mes propres balles, qui ricochèrent contre mon corps. Voilà un avantage d’être un androïde, il en faudra plus que ça pour me blesser ! Elle eut l’air assez surprise qu’une arme normalement létale n’aie aucun effet sur moi.

- Je ne pensais pas qu’un androïde pouvait être aussi résistant. Vous m’épatez pas mal !

- C’est que je suis de la haute qualité, il faudra vous en souvenir à l’avenir pour éviter certaines déconvenues.

Elle continuait de m’envoyer des salves de projectiles de différentes directions, mais je les évitais sans aucun mal.

- Et quel genre de déconvenues ? Ne vous surestimez pas trop, Karn, kyahaha !

J’utilisais un de ses portails d’où elle envoyait ses projectiles pour directement lui envoyer un des miens. Elle le reçut de plein fouet, surprise. Je me servis de ça pour me glisser derrière elle et lui infliger un coup bien placé au centre du dos, pour la paralyser. Hélas, elle ne laissa pas avoir et disparut, pour réapparaître quelques mètres plus loin.

- Ne vous embêtez pas plus que ça, on peut considérer que vous avez gagné. Félicitations, vous êtes l’un des premiers à retourner mon pouvoir de barrières contre moi !

Je la vis arrêter l’offensive, et fis donc de même. Si c’était un piège, j’étais cependant toujours sur mes gardes, et cela ne marcherait pas ; je serais sans pitié si elle essayait de me jouer ce genre de tours.

- Vous parlez à Karn, voyageur depuis nombres d’années maintenant. De plus, vous utilisez votre pouvoir d’une façon semblable à la mienne, bien qu’ils soient différents. Je connais donc vos forces et vos faiblesses, Dame Yakumo.

- Oh, je vois que vous avez décidé d’être d’une politesse appréciable, mais je vous prierais de plutôt m’appeler Yukari. D’après ce que j’ai vu, vous le méritez largement.

Elle n’a pas l’air de vouloir me rouler, je pense qu’elle veut vraiment arrêter le combat ici. Eh bien, soit, je me plie à sa volonté.

- Comme vous le voulez Yukari. Maintenant, dîtes-moi ce que vous savez sur cet incident.

- Eh bien… j’ai deux pistes assez probables. La première, c’est que c’est un coup d’un yôkai de la forêt que nous n’avons pas encore observé. La seconde...eh bien, il semblerait qu’il y ait un humain qui cache ses pouvoirs aux autres par peur de se faire rejeter. Je ne sais pas lequel c’est, mais d’après les rumeurs entendues par Ran, ce que moi-même j’ai pu savoir lors de mes visites au sanctuaire et les discussions que j’ai pu avoir avec certaines personnes, c’est ce que nous avons supposé.

- Merci bien. Je vous suis reconnaissant de votre aide, je saurais m’en souvenir en temps voulu. Ne croyez cependant pas que ma garde est relâchée pour autant, je suis et reste méfiant par rapport à vous.

Yukari eut de nouveau un petit rire en se cachant avec son éventail.

- Vous êtes très intéressant Karn, et un adversaire redoutable. Croyez bien que je ne souhaite pas me retrouver à devoir vous confronter, vous êtes à la fois doté d’un corps puissant et d’un esprit tranchant.

- Vous me flattez, mais vous avez raison, moi non plus je ne souhaite pas devoir m’opposer à un adversaire de ce calibre, du moins dans l’immédiat. Néanmoins, je vais devoir repartir, je vous salue donc. Désolé d’écourter la discussion, j’ai un village à surveiller.

- J’aurais juste une dernière question avant de vous quitter.

Une question ?

- Allez-y, je vous répondrais si possible.

- Pourquoi êtes-vous venu à Gensokyo ? Dans quel but ? C’est important dans le sens où je veux savoir où je dois vous situer, plutôt ami ou ennemi.

Je souris alors largement. Je me doutais que quelqu’un finirait par s’en enquérir, et je sentais bien que cette question lui brûlait les lèvres.

- Voyez-vous, je suis venu par curiosité pour ce monde, mais aussi…

Mon sourire se fit plus large.

- … par amour du défi. Je veux me confronter à de véritables problèmes, à des humains, des yôkais, des créatures d’une puissance qui puisse rivaliser avec la mienne. Croyez-moi que je ne me contenterais pas éternellement d’enquêtes dans un village, il me faut aussi ma part de combats. Je n’irais pas créer des problèmes, mais je n’hésiterais à en résoudre certains par la manière brute. Rien ne m’arrêtera, pas mêmes les dieux !


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Chapitre VI :
Masques et Légendes ~ L'incident urbain de la Forme Ténébreuse (4)

Le lendemain matin, Shion rougit dès qu'elle se réveilla et se confondit en excuse pour s'être endormie dans ma chambre, puis le pied du lit cassa et elle s'excusa de nouveau. Ça avait beau être embêtant, son aura de malchance ne me faisait ni chaud ni froid ; Shion était de bonne compagnie et cela était plus que suffisant pour me faire oublier l'effet négatif de sa présence qui était tout au plus légèrement irritant. Mais, à y réfléchir, c'était normal que pour elle ce fut un handicap, et qu'elle soit exclue de ses pairs pour cela.
Lui demandant des précisions sur l'incident qui la concernait, elle et sa soeur, elle me raconta l'histoire de la Possession Parfaite, du chaos que ça avait provoqué et de l'effet sur le Monde Onirique.

- Donc, vous avez été chargé par Yukari de vous débarrasser de ces doubles oniriques qui ont été libérés si je comprends bien. Il n'en resterait pas un, par hasard ?
- Oh, non. Nous avons été très prudentes, et j'ai même pu faire la rencontre d'une Céleste qui est devenue mon amie après qu'on l'aie crue du monde des Rêves.

Voilà qui est très spécial. De plus, une déesse de la pauvreté amie avec une Céleste ? Les êtres d'ici sont décidément hors du commun.

- Et, la forme noire n'apparaît que de nuit. Ça ne pourrait pas avoir un rapport avec cette Sumireko, ou la Yôkai des rêves ?
- Non, non. Reimu les a interrogées, et elles ont nié toute implication. De plus, je vois mal comment Sumireko pourrait être lié à cela, et Doremy n'a aucun intérêt à faire ce genre de choses. Nous avions suspecté qu'elle ait fait sortir un clone de la Yôkai des ténèbres Rumia, mais le Yôkai qui domine le monde Onirique n'irait sûrement pas permettre à un de ses résidents d'aller à Gensôkyô.
- Et la vraie Rumia alors ?
- Elle fait partie des Yôkai qui se sont retrouvés K.O. sans qu'on sache pourquoi. Vous devriez aller les voir, elles pourraient vous aider. Il y a Rumia mais aussi Mystia Lorelei, Cirno la fée des glaces, Wriggle Nightbug et un Kitsune dont je ne connais pas le nom.

Je notais ça dans un coin de ma mémoire, afin d'élargir la liste des personnes à aller voir pour en savoir plus. Après cela, Shion voulu se lever et tomba, pour ensuite aller déjeuner. Elle m'invita, et j'acceptais avec joie. Dès que nous eûmes fini, nous sommes partis de l'auberge en saluant poliment la gérante pour aller interroger les habitants. Je me souvenais du rendez-vous de Mamizou, nous passâmes donc régulièrement sur la place vérifier si elle était là ou non. Au bout d'un certain temps, je repérai une tête que je connaissais ; je décidai donc d'aller voir cette jeune fille aux yeux rouges.

- Bonjour, Reisen. J'ai entendu dire que vous étiez un lapin sélénite. J'aurais plusieurs questions à vous poser, ça ne vous embête pas j'espère ?

Celle-ci poussa un petit cri et ses yeux se mirent à regarder dans tous les sens. Elle vit Shion, mais hélas pour elle, celle-ci était occupée à interroger des villageois et ne pouvait donc venir à son secours.

- Je...eh...c'est faux, hein...
- Ne vous inquiétez pas, je ne vous veux aucun mal, et je ne le dirais à personne. Je suis juste celui qui travaille sur l'incident de la forme nocturne. Si tu pouvais dire ce que tu sais dessus, ça m'aiderait grandement.

Je la vis se détendre un peu, et perdre son air paniqué.

- Ah...euh...je peux juste vous dire que ça n'a rien à voir avec nous. Maîtresse Eirin a été très sérieuse dans sa recherche du coupable parmi les Yôkai lapins, et qu'aucun n'est lié à cela. D'ailleurs, notre Tewi s'est faite attaquer, mais elle refuse d'en parler.

Oh, voilà qui est intéressant. Cette Tewi ne sera sans doute pas très loquace, mais je pourrais m'en servir comme dernier recours si je ne trouve vraiment pas.


- Eh bien, si vous ne savez rien de plus...
- Si, je pense que vous devriez vous méfier de Yukari. On m'a dit que vous avez eu affaire à elle, mais elle est vraiment arachnéenne.
- Arachnéenne ?
- Oui, elle a des yeux partout, et elle fera tout pour vous piéger dans sa toile afin de faire de vous sa proie.

Je comprenais mieux la comparaison. Effectivement, si Chen m'avait l'air un peu idiote, les deux Yakumo étaient bien plus à craindre, en particulier Yukari. Néanmoins, on verra bien lequel de nous deux aura le dernier mot !

- J'apprécie le conseil, mais ne vous inquiétez pas outre mesure pour moi. Je suis plein de ressources, bien plus qu'on ne pourrait en croire.
- Très bien. Je vous suis reconnaissante de garder mon secret et de résoudre cet incident, donc si vous avez besoin d'un cou de main, n'hésitez pas à venir me voir à Eientei. C'est dans la Forêt de Bambou des Âmes Perdues, demandez à un lapin le chemin en lui disant que vous êtes là de ma part et c''est réglé.
- Oh, merci. Eh bien, bonne journée à vous, et merci de votre aide !

Elle me rendit mon salut, et je repartis vers la place. Un détail me gênait cependant, c'était cette impression que tout le monde semblait craindre cette forme. Il y avait ici des êtres incroyablement puissants, et aucun d'entre eux n'ose s'en charger ? De plus, si tout le monde voit ça comme une chose négative, alors qui pourrait avoir un quelconque profit à faire ce genre de choses ? Il y avait décidément quelque chose qui ne collait pas dans toute cette histoire.
Lorsque j'arrivai sur la place, je vis que cette fois-ci Mamizou était là. Elle semblait avoir apporté quelqu'un avec elle, une Yôkai qui portait plusieurs masques sur elle. Elle avait un regard assez vide, avec des cheveux d'un fushia assez délavé, et des habits bouffants à motifs carrelés pour le haut. J'identifiais de suite un Tsukumogami.

- Oh, voilà Karn. Bonjour, Karn !
- Bonjour, mesdemoiselles. Mamizou, je vois que vous avez ramené une amie ?
- ...salutations.

Elle a l'air assez timide. Néanmoins, elle a l'air assez puissante, et je pense que de l'avoir comme alliée me sera d'une aide certaine.


- Oui, voici Hata no Kokoro, une Yôkai des masques. Elle manipule les émotions des gens, et elle est liée à une affaire fâcheuse qui a eu lieu dans ce village. Mais, elle est dépêchée par les Taoistes et les Bouddhistes, et pour une fois que ces deux clans sont d'accord c'est que c'est du sérieux. En plus, je l'accompagne, donc elle n'a rien à craindre.
- ...Mamizou est quelqu'un d'appréciée ici. Elle a souvent aidé les humains du villages, et elle me permet de me faire une meilleure réputation.

Son ton était monotone, comme si elle ne ressentait rien en parlant. Ses yeux ne trahissaient aucune émotion, et étaient les seuls à bouger. Elle me rappelait la Sorcière Infinie des Miracles, Dame Frederika, que je n'avais pas vu depuis longtemps. C'était véritablement une personne intéressante.

- Eh bien, enchanté mademoiselle Hata no Kokoro. J'espère pouvoir vous compter parmi mes alliés à l'avenir également, vous m'avez l'air prometteuse.
- ...merci, mais appelez moi Kokoro. Je ne ressentirais pas de gêne, et vous non plus.
- Bref, rentrons dans le coeur du sujet. Karn, j'ai des nouvelles de la part des Tanuki qui vivent dans la forêt des Yôkai. Apparemment, vous suspectez certains d'entre eux comme Mystia ou Cirno non ?
- ...tu vas l'effrayer à lui déballer ce genre de choses comme ça. Il va croire qu'on l'espionne.

Effectivement, c'est quoi son problème à elle ? Je viens juste d'en parler avec Shion ce matin, ne me dîtes pas que... Oh, c'était ça alors ce tableau que je n'avais pas remarqué hier ? Je vais finir par devenir paranoïaque...

- Oui, effectivement je les suspectais et de même vous me faîtes un peu peur.
- Eh bien, devinez quoi ? Les Tanuki ont disculpé chacun d'entre eux en les observant à travers un camouflage que j'ai préparé. Ça vous en bouche un coin, hein ?
- Vous me rendez service, et pourtant je ne parviens à m'enlever de l'esprit cette impression que vous êtes une sorte de stalker très dangereuse...

Non mais sérieusement, elle a un talent pour espionner tout le monde qui me froid dans le dos ! Elle a même réussi à me faire observer par un de ses Tanuki sans que je m'en aperçoive !

- ...dîtes, je voudrais bien vous aider moi.
- Ah ? Eh bien que comptez-vous faire N
- ...vous recommander à une connaissance à moi. C'est une ermite du nom de Kasen Ibaraki, et elle pourrait grandement se montrer utile.

Une ermite ? Quelle coïncidence... Elle n'a sans doute rien à voir avec Sirius, mais effectivement elle me sera d'une grande aide.

- ...vous m'avez l'air troublé, Karn.
- Je suis moi-même un ermite venu d'un autre monde. J'en connais 3 autres, c'est pourquoi j'étais étonné d'en retrouver une ici.
- Oh, vous êtes un ermite ? Ça se sentait !
- Je suis l'ermite de l'Espace-Temps. Quelque soit l'espace ou le temps où un endroit se situe, je suis capable d'y aller autant de fois que je veux. Cela me rend techniquement invincible, puisque si je meurs, je peux annuler le fragment d'espace et de temps où ma mort a lieu.

Je voyais bien que je les avais impressionnées. Cela ne doit pas être tout le jour qu'elles peuvent rencontrer quelqu'un avec de tels pouvoirs, et les ermites ont l'air d'être plutôt rares dans leur monde. Outre cette Karen et la Céleste, je n'avais entendu parler de personne d'autre qui corresponde.

- ...il y a peu d'ermites ici. Il y a les Célestes, enfin c'est surtout Tenshi à laquelle on a affaire, Futo, Miko et Seiga du Taoisme...
- Inutile de trop lui en dire. Je n'ai pas envie de la voir se mêler des affaires du Mausolée.

J'avais déjà entendu cette histoire de Mausolée quelque part. Il me semble que c'était Jo'on Yorigami qui voulait voler des choses là-bas ? Je vais devoir jeter un coup d'oeil à la situation une fois cet indicent résolu.

- Ah, d'ailleurs, je vais devoir partir ! C'est bientôt l'heure de la Réunion des Tanuki. Eh bien, Karn et Kokoro, je vous laisse !
- ...au revoir Mamizou.
- Ah, eh bien je vous salue Mamizou. J'espère pouvoir compter sur vous à l'avenir.
- Pas de problème, eheh ! Ne me demandez juste pas de vous aider avec cette Ermite...

Sur ces mots, elle disparut dans un nuage de fumée.

- Elle a l'air de ne pas tant aimer cette Kasen Ibaraki.
- ...un concours de boisson qui a mal tourné. Ne vous en souciez pas, c'est de l'histoire ancienne.
- Comment ça... Oh, et puis je ne suis même plus étonné.
- ...vous avez dû rencontrer Suika ? C'est d'elle que je le tiens. Elle retient toutes les histoires de boisson de Gensôkyô. Elle a une mémoire vraiment impressionnante, pour se souvenir si bien de ça.

Hata no Kokoro et moi continuâmes notre conversation tout en marchant dans le village. Nous retrouvâmes Shion, et allâmes à l'auberge afin de discuter ce que nous avions appris autour d'un repas.


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Les androïdes rêvent-ils d'une Terre des Illusions ? il y a 5 mois 3 semaines #32975

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Chapitre VII :
L’Ermite des Fleurs Sauvages ~ L'incident urbain de la Forme Ténébreuse (5)

- Gh...Ça va être dur de vous parler comme ça, Kasen…

J’étais entouré par divers animaux qui me mettaient en danger, et avaient l’air clairement menaçants. Un tigre, qui avait essayé de me mordre, était en retrait après s’être pris un coup de pied dans la mâchoire. Une otarie essayait de me donner des coups de queue que je devais éviter tout en gardant au coin de l’oeil l’aigle qui voulait me transpercer de ses serres.

- Enfin, Kasen, écoutez-le un peu… Il me semble que c’est le nouvel arrivé, il doit avoir quelque chose à vous dire…
- Non ! Nouvel arrivé ou pas, il n’a rien à faire ici, et je ne sais pas comment il a fait pour accéder à mon dojo !

Plutôt qu’un dojo c’était plutôt une grande maison dans un style oriental qui rappelait plus la Chine, même s’il y avait effectivement un dojo à côté. Devant ce bâtiment se tenaient un Shinigami aux cheveux écarlates et Kasen Ibaraki, que Kokoro m’avait conseillé d’aller voir.
Après avoir retrouvé Shion et mangé tous les trois ensemble, elle m’a conseillé d’aller voir l’Ermite Cornue et Sauvage, Ibaraki. Hata no Kokoro étant une de ses connaissances, elle connaissait très bien le chemin pour aller chez elle. Sa maison se situait sur la montagne des Yôkai, sur un flanc accessible à travers la Forêt des Yôkai. Je croisais la fée Cirno tant on m’avait tant parlé, mais elle ne valait franchement pas grand-chose comme adversaire. Quelques secondes après, son amie Daiyousei me traitait de « sale violent » parce que j’avais donné une leçon à Cirno pour m’avoir agressé. Bref, j’allais donc seul sur le chemin de la résidence de Kasen car Kokoro avait des affaires à régler – une certaine Koishi à aller voir pour des affaires de masque volé, je crois. Toujours est-il que, comme prévu, l’ermite vivait dans un Sekai. C’est un mot japonais qui désigne un espace en marge de la réalité mais créé à son image, sur lequel le principal résident peut en général influer. Celui de Kasen était une version améliorée du flanc de la montagne où elle habitait, car le climat y était bien plus doux et elle contrôlait plus ou moins ce qui pouvait y entrer. Bien sûr, je ne suis pas tenu à me plier à cette dernière règle, en tant qu’Ermite de l’Espace-Temps.

- Kasen Ibaraki, sachez que je suis tout comme vous un Ermite. Vous devriez donc arrêter vos animaux de garde…
- Ben voyons, vous croyez que je vais vous croire ? Prouvez le !

Ah, on y est enfin. Un sourire apparut sur mon visage, car j’allais enfin pouvoir démontrer mes pouvoirs. Kasen commençait à douter de son initiative de me pousser à prouver mon identité d’Ermite, et la Shinigami avait l’air ravie de la voir en difficulté.
En effet, en tant qu’Ermite de l’Espace-Temps, je peux invoquer des objets et des êtres. Si je n’ai utilisé que des objets contre Yukari Yakumo, c’était parce que je craignais ses pouvoirs ; je n’avais aucune raison de faire de même à présent. Et pour impressionner la galerie, je savais qui invoquer.

- Ronove, 27e des 72 lieutenants démons, je t’invoque au nom de ton maître, Goldsmith!

Un homme habillé en majordome apparut du néant. Son apparence était très élégante, il portait par ailleurs un monocle et une fine moustache. En un instant, il repoussa mes attaquants de par une barrière. L’otarie, essayant de la briser, se retrouva propulsée au loin ; cela stoppa toute tentative d’offensive du reste de son groupe. Ronove arbora un sourire narquois devant l’air déboussolé de Kasen.

- Allons, Karn, non seulement vous m’appelez pour m’occuper d’un misérable groupe de bêtes afin de vous donner de la crédibilité auprès d’une dame, mais en plus vous usurpez le nom de Goldsmith ? Quelle déchéance pour un démon comme moi…
- Mesdames, laissez-moi vous présenter Ronove. Il peut avoir l’air quelque peu impoli, mais en vérité c’est une véritable langue de vipère.

La Shinigami applaudissait en riant, alors que Ronove fit une courbette. Quel lèche-botte, je vous jure…

- Komachi, si vous vouliez arrêter de l’applaudir… Eh bien, je suis forcée de vous croire monsieur Karn.
- Je vous en prie, appelez moi juste Karn.
- Comme vous voudrez. Je peux vous inviter boire un thé à l’intérieur pour discuter de la raison de votre venue ?

D’un coup, la Shinikami qui s’appelait apparemment Komachi intervint.

- Enfin, Kasen, ne soyez pas radine, offrez lui un peu de votre légendaire saké !
- Komachi...vous n’aviez pas du travail à faire, par hasard ? Votre supérieur, le Yama, risque de s’énerver encore une fois si il apprend que vous tirez au flanc, à embêter une ermite au lieu de faire votre boulot ?
- Ah...Mince, m’dame Shiki va encore m’enguirlander si elle voit que je suis pas à la rivière Sanzu… Bon, eh bien je vous laisse, j’ai du travail !
- Je crois que moi non plus ne suis plus d’aucune utilité, très cher Karn. Je m’en vais donc, merci de ne plus m’appeler avec le nom de Goldsmith pour des broutilles.

C’est ainsi que la Shinigami partit, et que Ronove retourna à son monde. Kasen avait l’air passablement énervée, mais je décidai de faire comme si Komachi n’avait rien dit.

- Vous me parliez donc d’un thé ?
- Oh, oui. Installez-vous à l’intérieur, je vais vous le préparer de suite !

Je rentrais donc dans la résidence de Kasen Ibaraki, et l’attendis dans une pièce assez grande où était disposée une table au milieu. Naturellement, je m’assis en l’attendant. Le temps qu’elle préparait le thé, j’observais les environs. Les murs étaient remplis de peintures et d’oeuvres calligraphiques. Moi-même, je dois reconnaître qu’elle est doué pour ce genre de choses. Je devrais lui montrer mes textes calligraphiés en gothique, en tant qu’amateure de cet art elle pourrait les aimer…

- Vous avez l’air dans vos pensées, Karn.
- Oh vous étiez là ? Vous êtes ma foi bien discrète. Je regardais juste votre décoration intérieure, et je dois avouer que je l’aime bien. Je reconnais bien là ce que Hata no Kokoro m’a dit de vous…
- Oh, c’est donc Kokoro qui vous a envoyé ici ? Je suis au courant de votre enquête, mais cela m’étonne qu’un ermite s’adonne à ce genre de passe-temps. Bien sûr, il m’arrive aussi d’aider Reimu, mais je ne pensais pas que c’était le cas d’autres personnes de ce rang…
- Voyez-vous, je viens d’un autre monde, et je suis à la recherche d’un monde comme le vôtre, où je peux mener ce genre d’enquêtes. Bien sûr, j’aurais préféré quelque chose de plus palpitant, mais pour apprendre à connaître un peu Gensokyo c’est une bonne opportunité.

Je voyais l’ermite en face de moi se détendre au fur et à mesure que nous buvions notre thé. Je dois d’ailleurs reconnaître que c’était bien là le breuvage d’une personne dont la sagesse dure depuis des siècles ; j’ai rarement pu goûter un thé aussi bon que celui-ci, j’avais l’impression de revivre rien qu’à le boire.

- Je vous comprends, surtout que vous avez l’air de quelqu’un de puissant. Invoquer Ronove, c’est quand même quelque chose d’incroyable… Surtout que ce monde a tendance à rejeter ce qui vient de l’extérieur sans être oublié, et qu’il est un endroit dur à vivre pour tout ce qui est occidental. Les 72 démons de l’Enfer étant des créatures mythique d’Europe, je suis surprise que vous ayez réussi à en faire venir un !
- Je suis l’Ermite de l’Espace-Temps, c’est l’un de mes pouvoirs. De plus, il me semble que vous avez un vampire ici, non ?
- Ah, oui, les sœurs Scarlet. Exact, nous avons quelques démons occidentaux, comme par exemple Sekibanki. C’est une Dullahan, étonnant non ?

Un Dullahan ? Ça rappelle des souvenirs… Mais je ne pense pas qu’Irvin apprécie que je l’emmène ici, même pour rencontrer une de ses paires.

- On a aussi un loup-garou. Mais, j’avoue ne pas voir quel type de créature pourrait avoir causé l’incident du village…
- Je vais être direct. Vous avez votre idée sur la question, non ?
- Que voulez-vous dire par là ?
- Que peut-être que comme moi, vous avez pu commencer à suspecter qu’au vu de la nature de Gensokyo, l’incident pourrait ne pas avoir été causé par le type de créature que l’on pourrait croire…

Je vis Kasen comprendre enfin à qui elle avait affaire. Je me doutais dès lors que j’avais touché en plein dans le mille.

- Alors vous avez compris, hein ? Maudite Reimu, je voulais qu’elle trouve la réponse toute seule, mais au lieu de ça elle trouve le moyen de vous refiler le sale boulot…
- Yukari Yakumo elle aussi avait compris. Pourquoi ne lui avez vous rien dit ? C’est assez cruel pour elle, mais surtout pour les villageois.
- Yukari doit faire ça pour son amusement personnel, même si je doute qu’elle ne soit à l’origine de tout cela. Ce n’est pas son genre. Personnellement… Je trouve que cet incident serait le moyen rêvé pour Reimu d’enfin pouvoir comprendre que tout n’est pas aussi simple que de juste trouver un coupable et de le combattre. À part quelques légers dégâts matériels et des Yôkai assez faibles mis à terre, cet incident n’était pour l’instant pas dangereux.
- Mais, il aurait pu dégénérer, n’est-ce pas ? Les habitants commencent à parler de l’éventualité que cette forme nocturne ne s’attaque à des gens…
- C’est pour ça que je gardais le village sous surveillance. Personne ne soupçonne un oiseau ou un chien errant d’épier les conversations pour ensuite me les rapporter, c’est comme ça que j’étais au courant de ce qu’il se passait. Je pense que c’est pour cela aussi que Yukari a chargé Ran et Chen de surveiller l’endroit la nuit, afin d’éviter tout dégât trop grave.

Je vois. C’est une personne redoutable, elle est vraiment très intelligente. Je vais devoir la garder en tant qu’alliée elle aussi, j’ai l’impression.

- Eh bien, en tout cas, je pense connaître la source de l’incident, et le moyen de le résoudre. J’irais parler de mes conclusions à Reimu, je lui dirais que vous m’avez aidé. Je ne lâcherais pas un mot sur vos cachotteries, c’est promis.
- Oh, d’ailleurs. J’aurais peut-être besoin de votre aide pour un autre problème, pour éviter une guerre de clans. Vous pourriez revenir demain à la même heure ici, s’il vous plaît ?
- Pas de problème. C’est une manière comme une autre d’apprendre à connaître Gensokyo que de régler les problèmes qu’il y a.

Je me levais donc, prêt à partir. Juste avant de quitter sa maison, je lui adressais quelques derniers mots.

- Au fait, Kasen Ibaraki. Je voulais vous remercier de votre hospitalité. Je me souviens d’une Oni, Suika Ibuki, que j’ai croisé à mon arrivée. Elle avait l’air plutôt du genre à abuser de l’hospitalité des autres, vous devez la connaître non ?

Kasen eut un sourire crispé. En effet, je venais de faire allusion a un point qui ne plaisait pas et je le savais très bien.

- Dépêchez vous de partir avant que Komachi ne revienne, sinon elle va vous demander d’invoquer votre ami le majordome. Allez, filez d’ici !

Et c’est ainsi que je partis de chez Kasen Ibaraki, ayant pu vérifier mes hypothèses sur la nature de l’incident. J’allais directement voir Reimu, mais avant je voulais amener avec moi Shion Yorigami et Hata no Kokoro, mes nouvelles acolytes.

- Il faudra vraiment que j’en sache plus sur cette Kasen…l’Ermite Cornue et Sauvage hein ? Ça sonne comme un titre d’Ogre ça...


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Les androïdes rêvent-ils d'une Terre des Illusions ? il y a 5 mois 3 semaines #32988

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Chapitre VIII :
Karn, la nouvelle Légende Urbaine ~ L'incident urbain de la Forme Ténébreuse (Epilogue)

J’arrivai ainsi au sanctuaire Hakurei, après être allé voir Shion et Kokoro. Je n’avais pas trouvé la seconde, mais la première avait accepté de me suivre avec joie.

- Ça fait longtemps que je n’ai pas vu Reimu, c’est quelqu’un que j’apprécie aussi vous savez !
- Oh, vraiment ? Il me semble pourtant que c’est elle qui a brisé vos plans, à vous et à Jo’on.
- Oui, mais j’ai été en charge de son sanctuaire fut un temps. J’ai appris à vivre avec elle, et c’est vraiment quelqu’un d’intéressant.

Elle grommela juste après quelque chose à propos d’une histoire de sale caractère et de saké, mais je ne comprenais pas tout. Nos arrivâmes ainsi au sanctuaire, où Reimu nous attendait de pied ferme. Ce jour là, elle n’avait comme seul visiteur que Marisa, la sorcière.

- Oh, m’sieur Karn, ça faisait un sacré bail ! Ah mais t’es là aussi Mion ?
- C’est Shion, pas Mion…
- Bonjour Marisa, ça faisait longtemps effectivement. Je suis venu voir Reimu pour lui donner les résultats de mon enquête sur l’incident. Je crois bien avoir trouver sa source, et j’ai une solution pour faire disparaître cette fameuse forme noire sur le long terme.
- Ah, v’la quelque chose qui sonne bien ! Je vous retarde pas plus longtemps, mais dis moi Shou, ça te dirait pas de rester discuter un peu ?
- C’est pas Shou, c’est Shion, mais si tu veux…

Je laissais donc Mi-euh, Shion s’occuper de parler avec Marisa et j’allais donc témoigner de la résolution de l’incident. Je rentrai dans le sanctuaire, et Reimu me vit directement.

- Ah, vous voilà Karn ! Alors, vous avez trouvé une solution ? Apparemment, on a plus eu une attaque depuis le début de votre arrivée en ville !
- Est-ce vrai ? Ça confirme ce que je pensais. Je crois avoir trouvé, avec l’aide de l’Ermite Ibarakasen, la source de tous ces maux.
- Vraiment ? Alors, c’est un coup de quel yôkai cette fois-ci ?

Je souris intérieurement, puis lui annonçait ce que j’avais conclus de toute cette affaire.

- Ce n’est le coup de personne. Ou plutôt si, c’est de la faute d’une certaine Arekushia Kuraso. La Forme Ténébreuse du village des humains n’est qu’une légende qu’elle a créé et qui a pris vie.

La prêtresse resta les bras ballants, et bouche bée.

- Vous devez savoir à quel point elle est bavarde ? J’ai entendu de la part de tous les villageois que ce serait elle qui leur aurait parlé d’une créature qui agissait de nuit, et qui mettait le bazar dans les villages. Le détail qui m’a fait comprendre, c’est que non seulement la description de ses agissements était exactement la même que celle de la Forme, mais en plus la première fois où elle en a parlé date de deux jours avant la première attaque. Ainsi, une Légende Urbaine s’est créée, et elle a commencé à devenir de plus en plus puissante. Je pense que les villageois ont commencé à lancer des rumeurs sur le fait qu’elle pourrait s’en prendre aux Yôkai, d’où ceux qui ont été attaquer. En vérité, je pense que tout cela est juste dû aux rumeurs lancées par une jeune fille qui voulait juste faire l’intéressante sans savoir qu’à Gensokyo, les Légendes Urbaines prennent vie.
- Alors là… J’y crois pas, j’y avais même pas pensé… Mais du coup, c’est pour ça qu’il n’y a plus d’attaques depuis votre arrivée ? Parce que vous occupez les discussions du village ?
- Je n’y avais pas pensé avant que vous m’en parliez, mais je suppose que c’est ça. Nous devons juste répandre la rumeur que nous avons réglé l’incident à présent, et cette Forme ne réapparaîtra plus avant un bon moment.

Nous fîmes donc je l’avais prévu. Le temple Myouren fut rapidement mis au courant de la source de l’incident par Mamizou, et Yukari sut on ne sait comment tout ce que j’avais conclus. J’utilisais toutes les personnes que je connaissais au village des humains pour répandre la nouvelle: Karn avait résolu l’affaire et la Forme ne s’en prendrait plus au village. Même Reisen accepta de jouer le jeu, et je fis pour l’occasion la rencontre de Rinnosuke, un curieux personnage mi-humain mi-yôkai qui tenait une boutique en marge du village. Lui aussi se conforma à ce que j’avais prévu.

Je n’étais cependant pas au bout de mes surprises. En allant chez Kasen comme prévu, je tombais cette fois-ci sur deux personnes. L’une d’elle était une prêtresse de temple, elle ressemblait à Reimu mais elle avait de longs cheveux verts...comme des serpents. L’autre était habillée dans un style très ancien, avec un eboshi sur sa tête. Ses yeux gris semblaient me jauger, et tout chercher à savoir sur moi.

- Eh bien, je ne m’attendais pas à trouver autant de gens ici. Arriverais-je au milieu d’une fête improvisée ?

La jeune Miko se leva, et jeta un regard vers Kasen et la femme aux habits d’un autre temps.

- Kasen, Mononobe, vous permettez ?
- Qu’importe. Commencez de ce pas à délivrer votre message, prêtresse Kochiya, je ne puis prendre votre place de manière si indélicate.

Celle-ci se tourna donc vers moi.

- Bonjour, Karn. Je suis Sanae Kochiya, du sanctuaire Moriya.
- Oh, c’est donc vous la fameuse prêtresse de Moriya ? C’est ce sanctuaire sur la montagne des Yôkai non ? J’en ai entendu parler.
- Exactement. Le fait est que vous avez aidé à diffuser la rumeur que vous avez résolu l’incident grâce à l’aide de la Miko d’Hakurei, et…

Elle resta silencieuse un petit moment, mais je savais ce qu’elle allait dire.

- ...elle commence à avoir de la Foi de la part de beaucoup de gens du village. Maîtresse Kanako et Maîtresse Suwako vous demandent donc un partenariat, pour que vous puissiez aider le sanctuaire Moriya à engranger plus de fidèles. Elles vous proposent donc de vous fournir leur bénédiction et…
- Je refuse. Je ne sais pas qui sont ces déesses que vous servez, mais je n’ai pas de camp. Je ne suis pas venu ici pour me mêler de vos guerres religieuses, donc je ne suis de votre côté ni de celui du sanctuaire d’Hakurei.

À vrai dire, au vu de ceux qui fréquentent le temple Hakurei, j’ai un peu peur de voir les dieux du temple Moriya.

- Je vois, à vrai dire je m’en doutais un peu…
- Mais, si vous avez une mission à me confier qui ne nécessite pas de prendre position par rapport à vos conflits de sanctuaires, ce sera avec joie.
- Non, moi je n’en ai pas, en revanche Mononobe ici présente aura sûrement quelque chose pour vous. À présent, excusez moi mais si je prends trop de temps, Maîtresse Suwako va s’impatienter et encore mettre des grenouilles partout…

Elle partit donc. Attendez, comment ça mettre des grenouilles partout ? Kasen fit un autre à la seconde personne que je ne connaissais pas, et celle-ci se leva pour me saluer respectueusement.

- Excusez mon impolitesse de me tenir céans devant vous en demeure d’un autre Ermite, mais ce qui m’a mené ici est le besoin de recevoir expressément votre aide. Je suis Mononobe no Futo, représentante du clan Futo maintenant éteint. Je suis une Ermite également, une Shikaisen pour être précise.

Je comprenais mieux ce sentiment de déjà-vu que j’avais eu en l’observant. Cette Mononobe no Futo était donc une ermite descendant du clan Futo, un vieux clan japonais qui avait aidé le clan Soga à répandre le Bouddhisme si je ne m’abuse. Et si mes souvenirs sont bons, ça s’est fini en guerre entre les deux…

- À ce jour, je suis disciple de Toyosatomimi no Miko, qui m’a appris la voie du Tao. Elle m’envoie demander votre soutien pour une affaire qui nous fâche beaucoup. Cela concerne notre résidence, le Mausolée des Rêves, où nous vivons avec nos disciples respectifs, et Seiga-sensei.
- Excusez mon impolitesse, mais j’ai entendu une rumeur concernant ce mausolée par Shion Yorigami. Apparemment, sa sœur, Jo’on, serait en train de planifier un vol de votre Mausolée non ?
- Oh, je vois que vous êtes déjà au courant. Néanmoins, cela me perturbe grandement que vous l’ayez ouï de sa propre bouche.

Comment ça ? En plus, cette Jo’on n’a pas l’air si dangereuse… Ces Taoïstes devraient être capables de s’en charger seuls, non ?

- Que voulez-vous dire par là ? Soupçonneriez-vous Shion d’être dans la combine de sa sœur ?
- Ce sont plus que des soupçons. Nous savons de source sûre que les sœurs Yorigami sont de concert pour venir nous subtiliser différents artefacts. Je possède notamment des objets ayant appartenu à des grands maître du feng-shui, et Miko-sensei est devenue l’équivalent d’une sainte, ce qui fait de ses effets personnels des reliques au sens le plus pur du terme.
- Que...mais pourtant ? Pourquoi Shion m’aurait-elle parlé de cela ?
- C’est très exactement le point que je ne puis comprendre… Et, elles sont aidées par un ou plusieurs yôkai, mais il nous est strictement impossible de déterminer lesquels.

Décidément, il semblait que je m’étais encore mêlé d’une histoire compliquée. Mais, l’incident étant résolu, cette histoire en est une autre ; je vous conterais la prochaine fois le Double Incident des Antinomies Oniriques.


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Les androïdes rêvent-ils d'une Terre des Illusions ? il y a 4 mois 5 jours #33089

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Chapitre IX :
Allons vivre dans un adorable cimetière ! ~ Le Double Incident des Antinomies Oniriques (I)

- Alors là, j’avoue que je suis surpris. Vous ne m’aviez pas dit que vous étiez près d’un si bel endroit.
- Diable, qu’est-ce encore que cette mascarade ! Yoshika, Seiga, qu’est-ce que vous avez encore bien pu faire !

Devant nous s’étalait un magnifique cimetière. Vous vous demanderez sûrement comment un cimetière peut-il être d’une quelconque beauté, un lieu si triste ? Eh bien, justement. Celui-ci était rempli de pétales de cerisiers, lesquels avaient poussé entre les rangées de tombes. Des fées inoffensives virevoltaient dans les airs avec les pétales tandis que Mononobe no Futo était bouche bée. Dans cette avalanche de rose, trois personnes se détachaient. Je repérais un Jiangshi, un Tsukumogami d’ombrelle et...je ne sais qui est cette personne mais elle a l’air très puissante.

- « Si je puis me permettre, ce n’est pas entièrement de ma faute ».
- Argh, madame Kaku va nous massacrer… Je vais plus pouvoir traîner dans le coin maintenant, moi…
- Bah euh… Pourquoi on serait mal déjà...Ah mais c’est pas m’dame Futo ? C’est qui la personne à côté ? Eh, euh, c’est quoi ces cerisiers ?

On dirait que je suis encore tombé sur les plus cocasses des yôkai… Tandis que le Jiangshi gesticulait en débitant un nombre de paroles inutiles et que la tsukumogami se lamentait sur son sort, la personne dont je ne connaissais pas l’origine me fixa attentivement. Elle avait une posture très noble, et une seule aile dans son dos. Elle s’adressa directement à moi, alors que les deux autres ne m’avaient même pas prêté attention.

- « Vous êtes Karn. Je le sais. Vous devez être venu pour... »
- Déesse Kishin, avant de vous demander ce que vous faîtes ici, je vous conseille de ne pas finir votre phrase sans repenser aux conséquences éventuelles.
- « Oh. Oui. Eh bien, Karn, je suis Sagume Kishin, déesse Sélénite. Je suis ici par pure curiosité, mais il semblerait que j’ai pu provoquer ce que vous venez de voir par mégarde.»

Futo avait l’air de la connaître au vu de sa remarque. C’est donc une déesse ? Oh, je sais, ce doit être elle…

- Dîtes moi, Déesse Kishin, j’ai l’impression que votre pouvoir vient des mots. Ai-je raison ?
- « Eh bien, oui. Dès que je parle d’une situation, elle aura tendance à s’inverser par tous les moyens possibles. Notez bien que si rien ne peut inverser la situation, elle sera influencée dans la limite de ce qui est possible ; c’est pour ça que je peux parler de mes pouvoirs, ils ne peuvent pas s’inverser eux-même. »
- Je vois… Et, du coup, vous n’auriez pas un quelconque rapport avec le fait que des Légendes Urbaines prennent vie ?

Je la vis d’un seul coup se raidir et serrer les dents. Il semblait que j’avais vu juste.

- « Pourrions-nous en parler ultérieurement ? Il pourrait y avoir plus urgent à traiter. »
- Vous savez ce qui est arrivé à cet endroit, du coup ?
- « Eh bien, j’ai dit `Cet endroit est vraiment déprimant`. Je pense qu’au vu de mes pouvoirs, vous comprenez où je veux en venir ? »
- Oh. Eh bien, il semble que notre amie la jiangshi va se retrouver avec une jolie décoration pour son lieu de vie. C’est un adorable cimetière où vivre !

Pendant que je parlais avec Kishin, Futo semblait discuter avec la tsukumogami et la jiangshi.

- « Si cela ne vous embête pas, je pense que je vais y aller. J’étais simplement venue faire un peu de repérage, apparemment il y a un incident en préparation. Je vous salue Karn, transmettez mes salutation à Dame Seiga si vous la voyez.»

Avant que je n’ai le temps de dire « Ah, très bien. », la déesse s’était envolée. Bizarre, elle était bien loquace pour une déesse qui a des mots aussi puissants. Je m’approchais donc de Futo et de la Jiangshi. La tsukumogami semblait avoir fui.

- Morbleu, Yoshika, mais que va-t-on bien pouvoir faire ? Ces cerisiers sont absolument magnifiques, mais qu’ils dénotent avec ce cimetière n’est point une bagatelle ! Cet endroit nécessite une ambiance, un ton qui lui sied !
- Bah euh…J’suis désolée, m’dame Futo ! C’est la déesse...elle...euh...enfin, vous voyez quoi...Oh vous êtes qui au fait ?
- Enchanté, je suis Karn, un simple ermite venu visiter un peu Gensokyo. Vous êtes une Jianshi, si je ne m’abuse ?

La personne qui se tenait en face de moi n’avait pas l’air d’être une flèche, sans vouloir être méchant. Le fait est que son visage affichait un air assez hagard, ses yeux ne reflétaient pas une quelconque intelligence et, même si cela n’avait rien à voir, elle dégageait un relent de putréfaction assez gênant pour toute personne, ce qui était mon cas, se tenant trop près d’elle.

- Ouais, c’est ça ! Oh, ermite...c’pas comme m’dame Seiga ? Vous la connaissez ? Euh...attendez...Kran ?
- Yoshika, arrêtez un peu d’être aussi peu polie avec notre invité. Karn va nous aider à enquêter sur les sœurs Yorigami qui voudraient nous voler.
- Ah oui, j’m’en souviens d’ça...euh...Jion et Sho’on, non ? Bah, sinon, moi c’est Yoshika Miyako !

Voyant que Futo ne réagissait pas, je me dis qu’elle devait se souvenir de son nom. C’est bien le seul, avec celui de ses maîtresses, qu’elle retient on dirait…

- Yoshika est la gardienne du cimetière Myouren, elle travaille pour l’ermite Seiga Kaku. Elle est missionnée de surveiller sans pause aucune cet endroit, bien qu’elle puisse être distraite par cette fauteuse de trouble, Kogasa. C’est la tsukumogami qui a fui, vous avez dû la voir ?
- Oh, oui. Je vois de qui vous parlez.
- Eh bien, laissons la à ses problèmes futiles. Veuillez attendre ici, je vais parler à Dame Miko de votre venue. Quelqu’un reviendra vous chercher, n’ayez donc ni crainte ni ressentiment.
- Loin de moi cette idée. Je vous attendrais donc ici.

Elle s’en alla donc en direction du Mausolée des Rêves, me laissant seul dans un cimetière au sol jonché de pétales de fleurs de cerisier. Il faisait un magnifique soleil, l’ambiance n’avait ainsi rien d’effrayant. Je me reposais donc en dessous d’un des arbres, laissant Yoshika à ses problèmes d’ordre personnels et à son appréhension du retour de cette Seiga.
Je m’assoupis ainsi quelques temps, pour me réveiller lorsque j’entendis une voix que je ne connaissais pas. Entrouvrant les yeux, je vis une femme à l’apparence intemporelle, aux cheveux noués et aux habits étranges. Si je devais résumer son apparence en un mot, ça serait « bleu ».

- J’suis vraiment désolé, m’dame...mais la déesse euh...elle a dit un truc de trop...c’est quoi son nom déjà ?
- Yoshika, Yoshika. Décidément, tu n’es pas une lumière ; au moins tu m’es utile. Cet incident mineur me perturbe un peu, mais bon, au moins ça change un peu le paysage. Il faudra juste tenir cette rapace de Miko d’Hakurei loin d’ici, et persuader Hijiri de ne pas faire venir les gens ici.

Est-ce qu’elle vient de qualifier Reimu de « rapace » ? À peine ai-je eu le temps d’avoir cette pensée qu’elle s’aperçut que je m’étais réveillé et les observai. Elle tourna son regard vers moi, et je vis dans ses yeux plus de ruse et de malice que ce que j’aurais voulu y trouver.

- Tiens, vous voilà donc levé. Karn, n’est-il pas ?
- Vous avez tout bon. Vous devez être cette fameuse ermite du Tao, Seiga Kaku, non ?
- Hoho, bien joué mon cher. C’est Futo qui vous a amené ici ? Elle doit être allé quérir mademoiselle Miko pour annoncer votre venue.

Tiens, « mademoiselle Miko » ? C’est curieux, elle a l’air de la respecter bien plus qu’elle ne le fait pour Mononobe no Futo…

- C’est exact. Vous n’avez pas l’air d’être comme Futo, je sens que vous êtes une ermite à un niveau bien plus avancé qu’elle.
- Vous me flattez, vous ne devriez pas. Toutefois, il est vrai que j’ai un rôle bien plus important : j’ai été la mentor de Toyosatomimi no Miko, la maîtresse du Mausolée des Rêves. C’est moi qui lui ai donné les clefs de la voie du Tao, le seul chemin vers le statut de l’ermite ultime !
- C’est ironique de votre part, vous êtes une Shikaisen, non ?

Je la vis perdre d’un coup de sa superbe, et me lancer un regard noir. Il est vrai que pour un ermite, il est très désagréable de s’entendre dire qu’on est un Shikaisen : c’est la sorte d’ermites vue comme la moins élevée, la plus disgracieuse, puisque leur immortalité se fonde sur une tromperie. On les voit comme impurs de ce fait, même si certains ont atteint le niveau de Seiga ou même de cette Miko.

- Ne faîtes pas trop le malin, Karn. Vous êtes censé être quelle sorte d’ermite, vous ?
- Oh, moi ? Je ne suis pas un ermite dans votre conception du mot. Disons simplement que j’ai atteint un niveau de conscience assez élevé pour ne plus avoir à m’attacher à des notions comme l’espace et le temps, ou à un plan matériel. Mon corps est celui d’un androïde, mais c’est parce que je n’ai plus rien d’humain en moi que je peux m’attacher à un « vaisseau » non organique, qui me sert d’avatar.
- Plus ça va, plus vous m’intéressez. Vous avez déjà rencontré Kasen, eh bien je pense que mademoiselle Miko vous plaira tout autant. Entre nous, ce n’est pas mon genre de lui faire de la publicité, mais vous devriez vous entretenir aussi avec Hijiri la bouddhiste, elle est au même niveau spirituel que mademoiselle, bien qu’elle n’ait pas choisi la bonne voie.

Elle était assez drôle, à vrai dire, cette Seiga. Pendant qu’elle parlait, elle pavanait autour de moi en m’observant sous toutes les coutures, avec ses vêtements amples et son sourire narquois. Elle me rappelait quelqu’un, quelqu’un qui pourrait être utile dans cette situation. D’ailleurs, il ne m’était pas impossible de l’utiliser…

- Enfin, on les soupçonne d’avoir quelque chose à voir avec les conspirations Yorigami, ce pourquoi vous êtes ici. Cette affaire est un tel bazar, tout le monde suspecte tout le monde, ça risque d’être très compliqué pour vous mon cher Karn.
- Dîtes moi. Si je ramenais quelqu’un pour m’aider, quelqu’un de confiance, vous n’auriez aucune objection, non ?
Je la vis surprise par ma requête. Elle devait croire que je parlais de Ronove (elle devait être au courant, rusée comme elle en avait l’air), ou d’une des youkai que j’avais rencontré auparavant.

- Je n’y vois pas d’inconvénient, mais il faudra voir avec mademoiselle Miko et les disciples du Mausolée. Et puis, je ne suis pas sûr que quelqu’un d’extérieur soit vraiment bien vu, surtout si c’est un youkai en lien avec les sœurs Yorigami…
- Dîtes moi, Seiga, connaissez-vous le Décalogue de Knox ? Ces dix lois qui entourent chaque mystère écrites par Ronald Knox ?
- Oh, bien sûr. Je suis assez intéressée par tout ce qui est littérature occidentale, et étant une ermite je dois m’instruire, mais pourquoi…

C’est alors qu’apparut derrière moi une jeune femme...enfin, plutôt, une jeune fille aux habits dans un style plutôt vieux et très enfantins, en plus d’être fastes : jamais on a vu telle quantité de dentelle sur une robe rose à jupons. Sur ses longs cheveux bleus coiffés en arrière en deux couettes hautes, sans que cela n’empêche deux mèches de tomber de chaque côté de sa tête, elle postait un ornement représentant des roses. La fille fit un grand sourire, et dit :

- 7e loi de Knox, le détective ne peut pas commettre le crime ; vous n’avez donc rien à craindre de moi. Enchantée, je suis Erika Furudo, et je suis ici pour vous servir et pour aider ce cher monsieur Karn dans sa tâche. Mais ne vous méprenez pas, je n’obéis qu’à ma maîtresse, et elle ne m’a rien ordonné ; je ne suis ici que pour l’amour du mystère !


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Les androïdes rêvent-ils d'une Terre des Illusions ? il y a 3 mois 2 semaines #33112

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Chapitre X :
Le Détective dirigé par ses Désirs ~ Le Double Incident des Antinomies Oniriques (II)

- Enchanté, je suis Erika Furudo, pour vous servir.
- Il me semble bien que ce n’était pas prévu. Futo ne nous a prévenu que d’une seule personne, et c’est ce Karn. Seiga, c’est vous qui l’avez amenée ici ?
- Bien sûr que non, Tojiko, réfléchissez un peu enfin. Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? Les cheveux ? C’est les cheveux bleus, non ? Eh bien, toute personne aux cheveux bleus n’a pas un rapport avec moi je vous signale.

Seiga ne semblait que très peu ravie de l’arrivée d’Erika, que j’ai invité moi-même. La nouvelle venue, qui était ici pour nous guider dans le Mausolée jusqu’à Toyosatomimi no Miko, avait plus l’air surprise que réellement contrariée. Elle s’appelait Soga no Tojika, et contrairement aux ermites, elle était en vérité un spectre. C’était assez drôle de voir une telle apparition parler d’égal à égal avec Seiga, mais le temps n’était pas à cela.

- Si je puis me permettre, Erika est quelqu’un qui saura m’aider à coup sûr dans mon enquête, et bien qu’elle ait un caractère assez...particulier, elle ne peut pas vous nuire dans cette affaire. Elle obéit strictement au Décalogue de Knox, et comme elle m’est affiliée, elle compte comme le détective.

Sous le regard désapprobateur de Seiga et celui étonné de Tojiko, Erika bomba le torse et eut un grand sourire. Elle ressemblait vraiment à une enfant, ses traits n’arrangeant rien. Je ne sais pas si c’est une si bonne idée de l’utiliser ici, mais de toute façon, elle ne peux pas nous nuire ; si elle enfreint le Décalogue, cela reviendrait à trahir sa maîtresse, et elle en est incapable.

- C’est bien beau, mais cette affaire peut attendre. Moi, j’ai à faire, comme...eh bien...tirer cet histoire de cerisiers au clair et surveiller que la Miko d’Hakurei ne fasse pas de coup bas !
- Je vois. Suivez moi donc, tous les deux. Je vais vous mener jusqu’au Mausolée. Néanmoins, mademoiselle Erika…
- Appelez moi mademoiselle Furudo ! Ou mademoiselle la détective…
- Tojiko, ne vous embêtez pas. Appelez la Erika, elle ne mérite rien de plus.

Celle-ci grimaça, mais ne dit rien. Elle ne pouvait pas me contredire ou me tenir tête, car en tant qu’ermite, j’ai le pouvoir de lui pourrir la vie. En effet, celle-ci est sensible à ce qu’on appelle la « vérité rouge ». Toute phrase que je dis « en rouge » représente la vérité, et est incontestable même pour le détective, le rôle qu’elle joue. Je peux ainsi poser des bases défavorables à son enquête en exprimant toutes les vérités qui lui déplaisent, et en les rendant incontestables. Elle peut elle aussi utiliser cette vérité pour énoncer l’une des 10 lois de Knox.

- Eh bien, Erika, alors. Vous n’êtes pas tout à fait humaine, rassurez-moi ?
- Je suis mi-humaine mi-sorcière, pourquoi ?
- Très bien. Je vais donc vous faire passer par le chemin des Désirs, un trou mystique dans le Hall du mausolée, qui vous conduira directement au Sekai où vit maîtresse Miko.

Un Sekai ? Evidemment, c’est une ermite…

Nous passâmes donc d’un chemin de pierre à son équivalent dans un autre monde, le Sekai des Taoistes du Mausolée. Nous étions au milieu de centaines de désirs, matérialisés sous formes d’esprits, qui volaient tous vers l’entrée du Mausolée. Des fées nées de ces désirs virevoltaient, mais n’attaquaient ni moi ni Erika. En une minute à peine, nous passâmes d’un spectacle ordinaire, un chemin de pierre au milieu d’une rangée d’arbres, à un presque onirique : les pierres reflétaient les cents couleurs des esprits et fées qui peuplaient le lieu, lequel semblait perdu à mille lieux du cimetière où nous étions tout à l’heure.

- Voilà qui est impressionnant. Toyosatomimi no Miko est décidément un grand Ermite du Tao pour pouvoir créer un tel lieu. C’est elle qui ramène tous ces esprits juste ici ?
- Oui. Elle possède le pouvoir d’écouter dix souhaits en même temps, et elle attire naturellement les désirs de tout être existant à Gensokyo.

Voilà qui est impressionnant. Cette Miko sera donc quelqu’un à avoir dans mes amis, pas mes ennemis…
Nous nous enfoncions plus encore dans ce trou mystique, quand soudain, nous vîmes quelqu’un que nous ne nous attendions pas à voir ici. Une ombrelle nous empêcha soudain d’avancer plus, ainsi qu’une pluie de projectiles.

- Kogasa, que faites-vous là ? Laissez nous avancer enfin !
- Tiens, vous êtes la tsukumogami de tout à l’heure, non ?

Celle-ci nous regarda avec un grand sourire, et je vis qu’elle avait un œil d’une autre couleur que l’autre. Son œil droit était rouge, et le gauche était bleu.

- Eh eh, pas question que je vous laisse passer, ordre de ma chef ! Vous auriez dû faire plus attention à l’ombrelle laissée à part, maintenant elle vient vous attaquer ! Signe de Pluie « Histoire fantomatique d’une nuit pluvieuse » !

Une vague de projectile supplémentaires tomba du ciel, comme de la pluie, en notre direction. Erika eut du mal à les esquiver, mais Tojiko et moi évitions ça en tout naturel. Alors, que je me préparais au combat, cette dernière me fit signe de m’arrêter.

- Je vais régler ça, Karn. Ne vous embêtez pas, je connais son point faible.
- Mon point faible ? Attends un peu, Fantômette, que j’utilise ma technique ultime sur toi !
- Flèche Tonnerre « Cyclone de Gagouji » !

Le nom de cet attaque ne mentait pas, un cyclone de flèches électriques alla percuter Kogasa qui ne fit pas long feu face à cette attaque. Mais bien sûr, les tsukumogami craignent la foudre, donc cette Tojiko en a profité pour l’attaquer avec une attaque électrique. Pendant ce temps, Erika applaudit avec un grand sourire.

- Bien, très bien ! Son point faible n’était pas spécifiquement le sien, mais celui de tous les tsukumogami, vraiment excellent ! Il y en a une qui a oublié d’être bête on dirait, mais ça me plaît !
- Silence, Erika. Nous devons interroger cette Kogasa.

Soudain, avant que nous puissions faire quoique ce soit, un personnage étrange apparut devant nous. Elle portait un bonnet étrange, comme si elle allait dormir, ce qui allait bien avec ses yeux mi-clos et son air assez paisible de quelqu’un à deux doigts de tomber dans les bras de Morphée. Elle eut un demi-sourire, et se courba.

- Merci bien à vous de m’avoir permis de calmer le jeu avec cette hystérique. Mademoiselle Tojiko, monsieur Karn et...euh...qui que vous soyez, je crois que je vous devrais des explications un peu plus tard.

Le visage d’Erika se déforma en un rictus horrible témoignant d’une rage intense. Que cette personne ne la traite pas avec le même respect que nous, cela la mettait manifestement dans une rage face à laquelle je n’aimerais pas être.

- Eh, une seconde espèce de sale petite nuisance. Je vais t’apprendre à ne pas me parler avec respect.
- Erika, par pitié, calme-toi.
- Oh, vous devez être Erika Furudo alors ? Ça tombe bien, j’ai de quoi vous occuper.

Soudain, elle disparu dans un nuage ressemblant au pelage d’un mouton, pour faire réapparaître...Erika ? Mais, elle est juste à côté de moi, c’est impossible ! Et pourtant, devant nous, se tenait une autre Erika Furudo, qui portait une expression moqueuse sur son visage.

- Oh, eh bien pour qu’on me sorte de là où je suis pour me mettre devant une pâle copie de moi, c’est que tu dois en valoir le coup, non ?
- Je...mais qu’est-ce que ? C’est quoi ça ? Tu es qui ?
- Erika Furudo, très chère.

Je vis une lueur que je ne connaissais que trop bien passer dans les yeux d’Erika. Celle-ci voulait dire qu’elle allait utiliser les « hypothèses bleues ». C’est une attaque très efficace contre les créatures comme les sorcières ou les yôkais, car elle consiste à rationaliser leur existence ; si la personne visée ne se défend pas de ces accusations correctement, elle est physiquement atteinte.

- C’est impossible. En sachant que je suis Erika Furudo, ce qui est un fait que Karn peut établir en rouge, tu ne peux pas être Erika Furudo.
- Cependant, dans mon existence tout est semblable à celle d’Erika Furudo. Knox interdit toute présence de jumeaux ou de déguisements d’un personnage en un autre, il est donc impossible que je ne sois pas Erika Furudo.

Que… la vérité rouge ? Erika ne peut pourtant pas l’utiliser en dehors du décalogue de Knox.

- Saleté…
- Erika, je vais te donner un coup de main. Moi, Ermite de l’espace et du temps, reconnais la personne que j’ai appelée ici comme Erika Furudo. Par conséquent, son existence ayant été prouvée, ton existence est rendue impossible.

Un pic bleu se planta dans la cheville droite de l’autre Erika. Elle grimaça, mais ne sembla pas être réellement blessée.

- Il peut exister deux personnes semblables appelées Erika Furudo. Par conséquent, « Erika Furudo » peut être moi ou elle.
- Ah, tu le prends comme ça ? Knox interdit toute résolution comme celle-ci, à l’exception de si un indice a été laissé avant. De ce fait, tu ne peux pas exister !

Erika venait d’envoyer là son attaque verbale finale, qui venait de prendre la forme d’un pieu bleu qui menaçait de se planter dans le coeur de son double. Pourtant, celle-ci nullement impressionnée, sourit et dit :

- Un indice a été donné avant. Il s’agit de l’identité de celle qui m’a emmené ici.


Un immense bouclier rouge, incassable, bloqua le pieu comme si ce n’était qu’un simple bout de bois. L’autre Erika eut un rictus moqueur qui déforma son visage enfantin et éclata dans un rire assez désarmant, avant de disparaître d’un seul coup.

- Je...Bordel, c’est quoi cette blague ? C’était qui ça ? Personne ne peut me répondre comme cela ! PERSONNE ? Auauauua…. C’est pas vrai !

Erika semblait vraiment choquée de ce qu’il venait de se passer. Elle était en train de pleurer à genoux en hurlant et en frappant le sol. La connaissant, je ne suis même pas étonné. C’est une jeune fille avec un ego surdimensionné, et elle déteste que l’on puisse la contredire ou lui tenir tête.

- Erika...tu veux t’arrêter là ?

Je décidai de prendre tout cela en main, afin d’éviter les débordements qu’il peut y avoir avec Erika. En la renvoyant dans son monde, j’allais pouvoir sans doute éviter une autre scène dans le genre.

- Sniff Oui, Karn…J’en ai marre de ça, c’est pas marrant…Le Sorcier Doré au moins, il installe une rivalité entre nous et il joue avec moi… Il essaie pas sniff de juste m’écraser…
- Inutile de pleurer. C’est de ma faute, je n’aurais pas dû t’impliquer là-dedans. Allez, je te laisse repartir d’où tu viens. Au revoir, Erika.

C’est ainsi qu’Erika disparut à son tour. Tojiko et moi restâmes silencieux quelques temps, puis elle prit la parole.

- Cette histoire s’annonce être très compliquée. Je vous emmène de suite voir Dame Miko !


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Chapitre XI :
Ombrelle de la Discorde ~ Le Double Incident des Antinomies Oniriques (III)

- Nous voilà dans une situation qui me semble ma foi bien compliquée. Karn, vous êtes sûr de ce que vous avez vu ?

- C’est à n’y rien comprendre. Il y avait deux Erika l’une en face de l’autre.

- Voilà qui est fort préoccupant. Si c’est vraiment elle...

Nous étions actuellement en train de parler à Toyosatomimi no Miko, la maîtresse des lieux. Elle était comme je pouvais l’imaginer, une personne d’une grande prestance ; sa présence ne pouvait être inaperçue. Sa longue cape flottant derrière elle ajoutait encore plus à cette impression de puissance.

- Je dois avouer ne pas bien comprendre votre situation. Ne connaissez-vous pas cette youkai qui a emmené Kogasa pour qu’elle s’enfuie ?

- Karn, je vous dois des explications je pense. J’aurais aimé faire plus ample connaissance avec vous avant, mais le temps presse.

Soga no Tojiko lui avait déjà parlé de l’incident de façon très brève. Très rapidement, Miko avait ordonné à Futo de demander à Seiga et Yoshika d’aller au temple Myouren pour leur demander une explication, et lui amener Kogasa mains et pieds liés. Elle avait l’air de penser à quelque chose, mais je ne pouvais pas savoir quoi. Toujours est-il que j’avais l’impression qu’elle et Futo savaient quelque chose que je ne savais pas.

- Voyez-vous, Karn, je suis le représentant du Tao à Gensokyo, et en temps que tel, je me retrouve parfois dans des conflits idéologiques face à d’autres représentants de cultes. En général, je n’ai pas trop de soucis avec les Shintoïstes d’Hakurei et de Moriya, mais il y a une forte rivalité entre moi et les Bouddhistes du temple Myouren.
Vous avez déjà rencontré Futatsuiwa, la Bakedanuki du temple que l’on avait à l’origine envoyé empêcher ma résurrection de devenir un problème, en stoppant mes envies de conquête par la force. La Miko d’Hakurei a beaucoup contrarié Nue Houjuu en étant plus rapide qu’elle, et depuis elle et moi n’avons plus aucun problème. Cependant, il y a un puissant antagonisme entre moi et Byakuren Hijiri.

- Oh, je comprends mieux. Bien sûr, j’ai entendu parler de vous deux. Vous êtes Toyosatomimi no Miko la conquérante, qui est prête à utiliser toute la force qu’elle a pour résoudre ses problèmes, en opposition à Byakuren Hijiri la pacifiste, qui utilise la diplomatie avant tout et cherche toujours à éviter le combat.

- C’est un peu simpliste comme résumé. Je peux avoir une attitude belliqueuse, mais il m’arrive aussi d’agir avec sang froid et de trouver une solution qui n’implique pas le conflit. Quand à Hijiri, elle n’est pas toute blanche : il lui arrive aussi d’utiliser des manières plus dures que la discussion pour arriver à ses fins.

Ce que Miko me racontait en révélait plus qu’elle ne le pensait. J’étais en face d’une personne certes incontestablement crainte et puissante, mais elle me montrait aussi une sagesse insoupçonnée mais qui n’était en réalité pas étonnante pour un ermite.

- Je crois voir où vous voulez en venir. Vous soupçonnez les Bouddhistes de Myouren d’être de mèche avec les sœurs Yorigami et d’œuvrer contre le Mausolée des Rêves ?

- C’est en effet une possibilité. Toutefois, j’ai bien peur d’avoir une autre idée en tête que Futo va nous aider à valider ou non. J’aimerais bien que ce soit un coup du temple, mais ça peut aussi être...quelque chose de bien pire.

Je commençais à m’inquiéter de sa réaction. Elle avait l’air fort troublée par cette affaire, et il était désormais évident qu’elle ne m’en disait rien de façon purement intentionnelle. Cependant, je devais hélas lui faire confiance pour l’instant. Elle ne me cachait pas non plus qu’elle étudiait un autre cas de figure que celui que j’avais déduit, c’est donc qu’elle devait envisager de me mettre dans la confidence si besoin.

- Cela doit avoir un lien avec la youkai dont on vous a parlé non ? Par ailleurs, Kosaga agissait bizarrement. Je ne sais pas si je vous l’ai dit, mais elle et l’autre Erika avaient un comportement étrangement agressif envers nous.

- En effet, c’est en lien avec elle. Nous avons déjà eu affaire à elle une fois où Hijiri et moi nous étions unies pour faire face aux sœurs Yorigami. C’était l’époque de l’incident de l’Antinomie des Fleurs Communes, qui avait posé un certain problème par la suite. Je vous en parlerais plus en détail une fois Kogasa revenue, mais j’ai demandé à Futo d’en toucher un mot à Hijiri pour avoir son avis sur la question. Ce serait vraiment étrange comme coup de leur part, ça ne leur ressemble pas de juste envoyer Kogasa nous attaquer d’un coup, et ça n’a aucun sens.

- Ah, je vois de quoi vous parlez. Shion m’avait raconté quelque chose à propos des suites de cet incident. C’était une affaire de Monde Onirique… Oh, je crois que j’ai compris.

J’avais compris ce que Miko voulait dire. Je venais de me souvenir d’un point du récit, celui où m’avait raconté ce que sa sœur et elle ont dû faire pour réparer leurs erreurs. Tout cela était sur ordre de...comment s’appelle-t-elle déjà ?

- Oh, elle vous en a parlé ? En effet, je pense que Doremy Sweet, celle qui leur a donné cette tâche à réaliser, est la youkai que vous avez rencontré et cela expliquerait tout l’incident. Resterait à comprendre si le plan des sœurs Yorigami a un lien avec cela, et pourquoi est-ce que cela arrive.

À ce moment là, Soga no Tojiko arriva et nous informa de l’arrivée de Seiga et Futo. On les vit débouler à toute allure, avec Yoshika derrière peinant à suivre et portant une Kogasa ligotée et baillonée. Celle-ci était visiblement un peu sonnée, mais n’avait vraisemblablement rien pu faire face à deux ermites bien plus puissants qu’elles. Ses yeux rouge et bleu étaient vides.

- Dame Miko, nous sommes enfin de retour. Les Bouddhistes ont accepté de nous livrer Kogasa pour blanchir leur nom et le sien, il rejoignent d’ailleurs votre thèse liée au youkai des rêves. Elle n’a cessé de scander qu’elle était innocente, c’est pour cela que nous fûmes forcée de stopper ses paroles peu agréables à ouïr.

Attendez, rouge et bleu ?

- Très bien Futo, je te félicite. Je suis assez inquiète, surtout que nous n’avons pas de moyen de vérifier notre thèse.

Ce n’est pas normal...J’en suis pourtant sûr, c’était autrement tout à l’heure…

- Miko, Futo. Ce n’est pas cette Kogasa qui nous a attaqué tout à l’heure.

- Comment ça, Karn ? Comment pouvez-vous en être sûr ?

Non, je ne me trompe pas. Tandis que les Taoïstes me regardaient avec gravité, je me décidai à parler.

- Tout à l’heure, j’ai remarqué que Kogasa avait l’oeil gauche bleu et l’autre rouge. Or, vous voyez bien que ce n’est pas le cas pour elle.

Tout le monde se retourna donc vers la tsukumogami au sol, pour vérifier ; tout le monde se rendit ainsi compte que cette Kogasa avait l’oeil droit bleu, et l’oeil gauche rouge.


Dernière édition: il y a 3 mois 2 jours par Antinomy.
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